fin du Mexique et suite…

Du Sud  du Mexique  au  Guatemala

A lire auprès du feu, par petits bouts!

 

Nos derniers  tours de roues dans ce pays immense et plein de contraste vers son tout  petit voisin, le Guatemala que nous avons tant aimé.

 Nous sommes  actuellement au Nicaragua,  à la frontière du Costa Rica,   et nous avons des tonnes de mots et de photos à vous offrir.  

Pour commencer,  les piafs ont rédigé  à  12 mains    leur virée en chiffres:

134 jours
23000 kilomètres
7 pays dont  3  frontières en 2 jours!

 nos réserves

entre 6 et 8 litres  d’eau par jour pour boire
40l d’eau  par jour pour  le  reste ( vaisselle, toilette, ménage)! 

  Altitude

le point culminant: 4000 mètres; le  plus bas: au Monument Valley,  -104 mètres en-dessous du niveau de la mer ?

 Températures 

 maximale: 52 degrés, minimale: 3 degrés

sur la route

 1367 ralentisseurs (approximatif!), 4 vidanges d’huile, 2 pocs sur la Piafmobile,   POc et Repoc! Aie!

sur la courbe de croissance

Foucault:  5cm, Côme: 3 cm, Théophile: 2,5 cm, Basile:  2,5cm!

 Santé

189345 piqures de bébêtes, dont 100000 pour Luc

d’où 1 visite aux urgences…  pour l’allergie de Luc qui se transformait en poisson lune!

2 Turista : 1 pour Côme(après l’unique  hamburger, véridique! fini, les hamburgers!!!) et 1 pour Caroline (après une Margarita… pas fini, les Margarita!)

sécurité
1vol (téléphone, aux US)
2 pertes ( l’autre téléphone, au Guatemala…et une casquette, on ne sait pas où!)
Nous avons été escortés 2 fois par de gentils policiers (Mexique, Guatemala)
2 fois arrêtés  abusivement par de sales flics corrompus ( Mexique et Nicaragua)

On a croisé 50  barrages  de militaires armés jusqu’aux dents, qui ont visité 3 fois la piafmobile,  mais 0 agression, 10000 sourires

  petits extras

1 nuit dans un hôtel
2 nuits sur un ferry
10 soirées home-cinéma dans la Piafmobile!

Combien de rencontres?…Impossible à chiffrer! Unique à chaque fois
 Et on n’a pas compté le nombre de photos!

 Nous avons été réveillés la nuit par
Des trains, des singes hurleurs, des camions, des Rangers,  des coqs, des voitures, le soleil, des chants d’oiseaux,  des pas  d’animaux sur le toit, la montre de Côme,  la pluie, des gens, le tonnerre, le froid, le chaud, le bruit des vagues,  un policier ivre chantant sous la douche :  » no quiero agua, yo quiero cerbeza! », le ronflement de…, « et ce matin, un bisou ! » dit Basile…

 La Piafmobile a dormi
sous des citronniers, des sapins,des palmiers, sur  la plage, au fond d’une impasse,  sur le port, dans la jungle, dans la montagne,  au milieu d’une ferme,  dans des quartiers chics, des quartiers pauvres, des parcs,  devant un volcan,  dans des stations services, en plein centre ville, dans des parkings d’hôtels, de centres commerciaux, devant des maisons d’amis, chez la police, dans la cour d’une église, dans un champ, dans une marina,  la tête en bas, la tête en haut, sur la route, dans des campings, au milieu de nulle part…

 Ce qui nous manque le plus:

(…silence…)

Une conversation  de fille (Caroline ), le fromage, les bonnes baguettes françaises,
 la neige  et le Québec (Basile)…
à l’unanimité: VOUS,  nos amis, nos familles!!!

 Oaxaca, San Cristobal  de las Casas …et la jungle

 Oaxaca, notre région coup de coeur

Dans un parking franchement laissé à l’abandon,  nous garons  la  Piafmobile pour 3 jours et  faisons la  rencontre d’ un homme incroyable, un amoureux du voyage

Canadien, Georges est  régulièrement sur   la route depuis  40 ans, pour Caritas ou la  Croix Rouge, ou pour le simple bonheur de « traverser ». Il connait donc le continent comme sa poche! Il  nous laisse un cadeau inestimable:   Sur notre clé USB, la  liste des  bivouacs avec coordonnées  GPS et commentaires, des cartes Garmin pour chaque pays que nous traversons, des infos  pour notre traversée au Panama… Plus nous avançons, plus les voyageurs que nous rencontrons nous ressemblent,  portés par  un même souffle qui pousse à aller un peu plus loin. Le même gout pour la déroute, la rencontre,  la  simplicité.

  Entre nos 2  véhicules,  un van abrite un jeune couple californien depuis six mois, volontaires pour une association de micro-crédit: la fondation  En Via ( www.envia.org )

 En Via travaille avec les femmes d’un village proche de Oaxaca, Teotitlan del Valle, dont le tissage de tapis est la spécialité et la principale source de revenus. Le tourisme est donc primordial.  En Via soutient les femmes dans leurs projets et dans la commercialisation des  tapis dont elles seules connaissent les secrets de fabrication. Avec  un prêt de 1300 pesos (80 €) sans intérêt, les femmes peuvent  acheter la laine ou la cochenille pour la teindre, développer leurs ateliers… Toutes les semaines, elles remboursent 10 pesos, et peuvent progressivement  obtenir des prêts supplémentaires jusqu’ à leur complète autonomie.

 12 volontaires, des jeunes de toutes nationalités, animent pour 3 ou 6 mois des ateliers: cours d’anglais,  de gestion,  d’internet.

  

 Rencontre de 2 volontaires, Tania, Suisse, et Samantha, Américaine.

 Au village, nous sommes frappés par l’atmosphère joyeuse, les visages détendus, la volonté et la créativité des femmes. 
Nous rencontrons  l’une des pionnières:  organisée, elle  fait la visite de son atelier et nous  présente les différentes étapes  de tissage:

 Cardage et filage 

Teinte  avec des produits naturels:  cochenille, pierres, insectes,citron, plantes, feuilles ou fruits…

tissage de motifs traditionnels, mais aussi  fraichement inventés

Des idées plein la tête pour développer son activité (Casa Bazan ), Rosa respire la créativité et l’intelligence!
 Et puis un peu plus loin, nous avons promis de parler de Conchita,qui  tient un petit comedor, pas cher et délicieux!


  Alors pour ceux qui passent à Teotitlan del Valle,  allez au Conchita’s Food, en face de la tortillaria et dégustez les  délicieuses Tlayudes, huaraches, quesadillas,  …  

Concepcion Bautista Lorenzo CALLE AV JUAREZ  104\Tel 019 51 52 44600 

 les Monti, les 5M et les Carapatte : faites passer!

 Oaxaca la ville

 nous déambulons dans le Zocalo, en en prenant pleins les yeux et les oreilles

 

On a adoré l’ atmosphère  très particulière  dûe au riche mélange des cultures qui colorent la ville: Zapotèques, Miztéques,  et  autres communautés qui viennent  ici pour vendre leur artisanat traditionnel. Beaucoup d’indiens des pueblos avoisinants vendent des  huipiles (vêtements brodés),  tapis de laine (satrape)  animaux en bois sculpté, poteries, la caverne d’Ali Baba. Au marché,  nous dégustons le plat local,  le mole negro ( sauce à base de cacao et de fèves).

 

Nous aimerions trouver les mots pour décrire le charme, l’esprit qui règnent au milieu  des couleurs, senteurs, et dans le brouhaha incessants du marché. Est-ce dû a la présence des chamans, à  l’authenticité des traditions qui font la fierté des indiens?  il y a   ici une force qui contraste avec  la culture de la soumission  vue  parfois ailleurs. 

   Des  manifestations orchestrées par des mouvements d’extrême -gauche  rassemblent les  opposants au régime : des slogans  virulents dénoncent la faim et la misère des indiens.

   le santo domingo

    moinillon- danseur! aller…

…et retour!

Chuipiles, dégustations de sauterelles marinées et grillées, ultra proteinées!

 

 Nous frappons à la porte d une école  toute bleue et blanche, le directeur nous accueille et nous visitons l,établissement avec deux jeunes collégiennes.

 Nous passerons la  fin de la matinée avec  elles: elles nous  accompagnent jusqu’au  San Domingo, magnifique couvent attenant à l’église. le lendemain, nous partons pour Monte Alban,  la plus grande cité zapotèque
 Nous visitons le site cérémoniel, le jeu de balle,  l’observatoire et les glyphes très bien conservés.
   Monte Alban

 grand calme et vaste terrain de jeu

Los  danzantes, série de sculptures montrant des hommes dans d’ étranges postures ( danseurs ou prisonniers torturés? les interprétations varient…)

Lorenzo est un artisan local, il parle encore la langue zapotèque. Sa culture est très proche de celles de ses ancêtres: médecine  de plantes,  alimentation à base de mais, artisanat fait avec la jade locale, cérémonies,… Il vit dans un village près du site, dans une maison au toit de palme comme ses ancêtres.

  le Chiapas

la province la plus pauvre du pays (ici, plus de 80% n’ont ni eau potable, ni hôpitaux, ni électricité; la moitié de la population souffre de dénutrition et environ 80% des enfants souffrent de malnutrition.)… Et pourtant,  les plus grandes ressources naturelles se trouvent ici: agriculure, élevage, pétrole, gaz…!

« C ‘est la région pauvre la plus riche »  dit Basile

 
« Et la région riche la plus pauvre » répond Théophile.

 
 San Cristobal de las Casas


 Fondée en 1528 par les Espagnols. 
 Ici  débuta le mouvement zapatiste.L es rues ont été balayées par la queue de l’ouragan qui a traverse le pays,  nous sommes à 2300 m d’altitude.
 pour notre arrivée entre chien et loup,  nous cherchons un bivouac,  pas  facile ! Nous devons recevoir plusieurs refus d’hôtels censés accueillir les camping cars.  Un peu désoeuvrés, nous nous arrêtons   dans la nuit sur la rue principale pour trouver une solution . Théophile repère juste sous nos yeux l’ indication d’un trailer park :  dans ces moments de grâce, on croit  au miracle!
 Pour  nos amis  campingcaristes: rue guadaloupe de Victoria,près de l hôtel  la Merced  c’ est un autolavado, et parking pour les bus: eau et électricité à disposition,  une lavanderia à 2 pas, en plein centre, donc parfait, bravo Théophile!  Nous y rencontrons Lencho , Sol et leur petit garçon Cinchao, qui vivent dans un bus scolaire aménagé et sillonnent les routes sud- américaines depuis 15 ans.

San Cristobal de las Casas, une vieille cité provinciale de l ‘époque coloniale avec ses arcades et ses maisons basses aux fenêtres grillagées de fer forgé, encore et encore…  Règne ici une atmosphère très cosmopolite, nous sommes à 2140 m d’altitude, le écarts de températures sont surprenants.
 

Le marché  explose en  variétés de légumes, de fèves colorées,  et contraste avec les rues piétonnes proprettes et lèchées  destinées au touristes ou aux hippies locaux, très présents ici.

 

 Dans une atmosphère new age,  écolo-bobo,  San Cristobal attire les touristes férus de mystique  pré-hispanique.

 L ‘avantage : on y trouve une EXCELLENTE  boulangerie française,  et son jeune boulanger!

  

 Et pour répondre à vos questions sur notre petit quotidien du type:

‘ »mais comment vous faites pour laver votre linge ? » 

Voila une lavanderia type, où nous déposons notre linge et le récupérons  tout -propre -plié-  et-presque-repassé : on paie au poids ! 

   San Juan de Chemula

   Un pueblo tzotzile ,  à flanc de montagne. Nous n’aurons pas le droit de prendre des photos à l intérieur,  et pour cause,  l’entrée est interdite aux photographes, on prendra quand même la porte en photo, magnifique, du pur style chemula!


 

Quant à l interieur,  complètement fou,  en voici la description, la plus fidèle  possible …

 
Dans cette église, pas de bancs ni d’autel. Tous les jours, une bonne centaine de personnes  assises à même le sol  viennent en procession prier, porter leurs offrandes, cette petite église ne désemplit pas. 
De larges pans de tissu  fleuris pendent du plafond et, au fond, le Christ est remplacé par le saint local, san  Juan.
Partout de  longues aiguilles de pin  jonchent le sol au milieu de  milliers de petits cierges allumés par dizaine, qui tiennent  bien droits sur le carrelage.Le décor  se perd dans une fumée verticale,  embrumé, encensé dans un brouhaha d’incantations et de musique ( flutes, tambours) qui nous   plonge dans un autre temps. Les femmes enveloppent leurs visages  frippés  dans les tissus locaux. Les hommes, eux, portent des vestes de longs poils  de laine noire et    un chapeau de paille dont il se découvrent en entrant; au cou un miroir  en pendentif sert à refleter l’âme de celui qui le porte.  Un peu partout, des hommes et des femmes assis tiennent les  poules et coqs qu ils vont sacrifier, d’autres  aspergent  le sol de l’eau de vie locale, mangent et boivent, fument en  s’ inclinant avec ferveur… Certains   guident les prières des autres bien que chacun  semble  isolé  dans le marmonnement  de ses propres incantations; des femmes chantonnent, les enfants s’endorment.
    Dans des processions  et  une atmosphère très mystiques, des gestes  indescriptibles rappelant  un vague signe de croix  se mêlent  à des rituels  sans doute plus ancestraux. Les fidèles ont apporté des pierres, des bouteilles remplies de la tequila locale qui aide  la transe, de la nourriture en offrande…
 Tout nous échappe, les codes sont incompréhensibles,   mais une force  très particulière se dégage de ce lieu. Impossible d’y être insensible…

 Nous continuons vers le sud-est dans les bordures de la jungle

Palenque

 Qu’il fait chaud et lourd ici!!! Nous visitons l’une des plus grandes cités  mayas du Mexique dont on ne voit pourtant qu’une faible partie; le reste est enfoui sous la végétation tropicale. L’atmosphere Indiana Jones plait au  plus jeune d’entre nous!

 Argg! Une tarentule!

    Au petit matin, nous passons la frontière toute proche

Guatemala

 

 Au passage de la frontière, des bâtiments colossaux côté mexicain et de l’autre,   une  pauvre barraque en préfabriqué :   serait-ce   l’avant-goût du contraste qui nous attend? le Guatemala, un petit pays, enfin, que nous pourrons visiter sans trop rouler.

 A quelques mètres de la frontière, les  traces de l’ouragan.

 En quelques  minutes, nous nous sentons ailleurs.
les paysages et l’ atmosphère humides  évoquent pour Luc l’Afrique Equatoriale, l ‘Asie du Sud- Est pour Caroline : tout  se dessine en courbes souples: vaches à bosse,  douces collines vertes.
Les palmiers dattiers émergent au milieu de vastes champs  et dans  cette campagne luxuriante, des petits cochons, un cheval, des dindons  nonchalants traversent la route; tout cela contribue à laisser de prime abord une impression de sérénité, d’ harmonie heureuse. Les visages sont souriants, les regards curieux et rieurs.Nous sommes au nord du  Guatemala, dans le Peten.


 

 l’animal que nous avons le plus souvent croisé!

 Sans conteste c est le » tumulos« , plus petit et un peu moins agressif que  son cousin  mexicain le Tope,  mais égal en nombre!

Ici, le soleil se couche très rapidement,   à 6 heures il fait nuit noire; on nous déconseille encore le camping sauvage.
Pour notre première nuit, au détour d’un chemin de terre, au milieu des champs,  un homme et sa famille  nous proposent  de garer la Piafmobile devant leur maison.


Le lendemain matin, nous  fêterons l’anniversaire de Basile, entourés de la famille de Ricardo et des voisins,  curieux  et amusés de notre passage. 

La matinée se passe en échanges joyeux et simples. Les enfants font visiter leur maison: au sol, de la terre battue; un hamac et quelques  chaises dressent le mobilier. Les poules, dindons et cochons vont et viennent. Les enfants  du village visitent à leur tour notre maison roulante, on  s’observe, se pose des questions, et puis on souffle 7 bougies ensemble!

 

Une petite fête qui  fut une belle surprise pour Basile, pour nous et pour tous nous l’ espérons.

 El Remate

La route passe par des flancs de collines couverts de champs de mais  dans une végétation luxuriante parsemée de petites maisons de bois. Un coin agreste, doux, peuplé de dindons et de chevaux qui traversent à la hâte l’unique route goudronnée. Ici, l’hiver s’en va doucement vers l’été. Le lac invite  au repos, à la baignade…  Entre les cours et les devoirs, on en profite !

 

En l’honneur de l’anniversairé, nous nous offrons une randonnée à cheval.  Notre Basile  chapeauté  joue au cow boy  en poussant des « yaaaah ! »pour lancer son cheval au galop! Un cavalier  de 7 ans téméraire et enthousiaste !

 

 

Ici, tout semble doux à vivre,  pauvreté ne signifie pas misère. Au cours de la randonnée équestre, Chon  nous explique un peu la situation de son pays: la guerre  civile encore  très présente   dans les esprits,  les massacres des années 90, les élections imminentes…  Nous apprendrons plus tard que Chon comptait parmi les rebelles. 

 Nous avons un coup de coeur pour cet homme libre et attachant. Et puis,  nous sommes au cœur de l’actualité politique: le deuxième tour des élections présidentielles aura lieu le jour de notre départ!

  Tikal

 On nous l’avait dit, nous nous y  attendions: Tikal nous a  éblouit!
 Avant le lever du soleil, nous prenons nos frontales, chaussons nos gros souliers et partons dans la jungle, au milieu des cris des singes hurleurs et des  premiers  battements d’ailes  de toucans et de perroquets. Nous partons   pour l’ascension du temple qui offre un panorama unique sur la canopée tropicale.

le site est prodigieux,  peuplé d animaux et de plantes exotiques… Nous nous sommes perdus dans ses dédales avec une délicieuse inquiétude! Heureux tout de même de retrouver un sentier  après quelques heures de totale errance dans la jungle!

Nuovo horizonte
 Chon nous donne l’adresse de son frère, fondateur d’une coopérative   qui  développe parallèlement à sa mission agricole des projets  éducatifs  et  de tourisme solidaire.

Santa Ana, nuevo horizonte
 Www.coopnuevohorizonte.com
Visite d une coopérative agricole.


Afin de  comprendre la démarche de cette association de paysans mayas, nous devons entrer   dans l’histoire du pays et plonger  dans une réalité pas franchement douce.

      Pendant la guerre civile, un nombre effarant  d’indiens furent exterminés,  la terrible  politique oligarchique et totalitaire de la  » terre brulée » fit raser plus de 400 villages dont la majorité  des habitants furent massacrés. La guerre fit plus de 15 000 victimes civiles. Alors que la  forêt servait de refuge aux indiens, le  gouvernement ordonna  d’abattre les arbres au nom de la lutte « anti-insurrectionnelle ». Une véritable persécution  dirigée contre les indigènes. Aujourd’hui,   la reforestation est l’ un des  projets de nuevo horizonte.
Alors que la terreur d’ Etat contre les communautés indiennes rurales (descendants des Mayas )avait atteint son apogée de 1982 à1990,  4 organisations de guerillas se regroupaient et  près d’un demi-million de personnes- surtout des paysans des hautes terres-  leur apportaient un  soutien actif.
 la coopérative que nous visitons est gérée  par d’anciens guérilleros; nous constatons une organisation rôdée et volontaire, défiant le pouvoir en place, des hommes et des femmes qui n’ont  confiance que dans leurs propres forces pour penser l’avenir.   Cette coopérative rassemble ceux qui ont  perdu terres et  familles.

 Pisciculture, agriculture, commercialisation, tourisme équitable, reforestation, éducation (dans le pays, on atteint un taux d’alphabétisation de 73%, mais  l’enseignement n’étant plus gratuit à partir de 13 ans, beaucoup abandonnent).

 Nous visitons cette exploitation de 900 hectares où vivent désormais 450 personnes qui pourraient  maintenant vivre en  complète autonomie.
Derrière la façade souriante qui nous  a séduit d’abord, nous comprenons que la violence est encore présente dans les esprits et les moeurs,  La « lucha » (lutte) ne semble pas terminée. D’ici la fin de notre séjour, les guatémaltèques auront fait leur choix présidentiel entre un candidat prônant la force armée, émanation  directe de l’ancienne dictature militaire,   ou un démagogue fascisant. Malheureusement, ces élections ne laissent présager que du pire pour ce pays  pourtant si beau, dont les richesses naturelles  et humaines semblent  une provocation à la violence et à la folie des  tyrans qui les gouvernent.

 la Côte  Caraïbe

On voulait voir ça. Un autre visage du Guatemala,  d’autres peaux et d’autres musiques, une autre langue,une histoire à part.

 Nous arrivons au bord de l’immense  lago Izabel.
Le lac  se déverse dans le Rio Dulce  qui s’élargit en aval pour se jeter dans la mer des Caraïbes, à Livingston.
 Pas de route pour rejoindre cette bourgade à part, et c’est tant mieux!  Les Garifunas   peuvent donc préserver leur culture et leur identité  si particulières.
 Pour la première fois nous laissons la Piafmobile une nuit, c’est un peu la fête: une nuit à l’ hôtel!!!


 

Nous  traversons le fleuve en longeant des villages lacustres où la pirogue est le seul moyen de transport,  des pontons  conduisent aux paillottes sur pilotis dont les habitants vivent de la pêche et du tourisme. Des enfants s’approchent de notre barque pour nous vendre des coquillages ou des carapaces de tortues.

 

  

 

Livingston

 A l’embouchure du fleuve, la ville de Livingston nous plonge dans un monde nouveau. Ce qui nous a marqué et touché:  la  cohabitation  étonnante entre le peuple maya, les « ladinos »(métis) et les Garifunas.

Les  Garifunas
  Beaucoup de  Garifunas vivent  en Amérique Centrale.  Dans l’histoire tumultueuse  de l’intrusion européenne sur le continent américain  et du trafic d’esclaves noirs, peu d’épisodes sont aussi émouvants que celui du peuple Garifuna.Ils seraient les  seuls Noirs du continent américain  qui n’aient jamais connu l’esclavage! Issus d’un  naufrage de négriers espagnols survenu en 1635 sur l’ile de San Vicente, dans les eaux caribéennes, les  survivants africains  se  mélangèrent  aux peuples autochtones  en  adoptant leur langue; le parler des descendants  africains a donné naissance à la langue garifuna, aujourd hui enfin considérée comme culture particulière,  digne de protection. La culture garifuna, « chef d’oeuvre de l’humanité », selon l’Unesco.

 

  

   petit touriste blond

nous partons faire un tour à la playa blanca où nous  assistons à un baptême dans la mer

 une petite fille   qui nous a partagé ses chansons.

A Los sieste altares, nous rencontrons un  drôle de chaman

son autel

 dans  son jardin  il y a un bassin…

Côme  étant toujours partant pour les défis: plouf!

 

 

 

 

 

les Hautes Terres, le coeur du Guatemala culturel

Antigua (les photos ont mystérieusement disparues !)

 Où les murs passent sans transition de la peinture fraîche à la décrépitude lépreuse. Des airs de cité hantée, perdue, désertée. en cette saison…  Singulière atmosphère de ruines  après la catastrophe. Est-ce dû  aux irruptions volcaniques  successives, aux tremblements de terre, est-ce à cause du récent ouragan, de la fin de la saison des pluies? la période électorale et l’avenir incertain ont aussi vidé les rues de leurs touristes.
 En revanche, si les  couleurs des murs ont été délavées par le temps  (ce qui n’est pas sans charme) , les habitants,  eux, arborent leurs tissus dans  une  véritable explosion de couleurs. 

   pour Fleur:   ici, les  mamans  papotent aussi bien au lavoir que sur la plage du Moulin!

 1 er novembre, la Toussaint pour nous.  Ici,  la  fête des Morts.
 Nous prenons un petit collectivo (microbus toujours plein comme un œuf!)   pour un village  situé à 25 km d’Antigua, à  Santiago.
 Dans les villages, on se retrouve par centaines sur les tombes et mausolées, un cerf volant de papier de soie à la main.
Entrainés par cette foule  en marche vers le grand cimetière surplombant la ville, nous nous laissons gagner par le jeu, la fête.


Plus nous approchons du  cimetière, plus les cerfs volants flottent au-dessus de nos têtes, le ciel est multicolore!
Si certains sont achetés individuellement, la plupart ont été  fabriqués à plusieurs. Tous les âges se réunissent  pour commémorer les êtres  disparus et agiter dans le soleil   le cerf volant  confectionné en famille, entre amis, ou avec le village.

 

Délicat papier de soie, couleurs éclatantes, c’ est un ballet multicolore et dansant au- dessus de nos têtes. Là des tombes  fleuries, ici de simple mottes de terre pour les moins argentés.  Le cimetière se transforme en un vaste terrain de jeu et tout  autour des  tombes, des hommes, des femmes,des enfants dressent leurs sourires vers le ciel, poussent des cris de joie devant l’ envol  d’un cerf volant ou se désolent  en riant de sa chute.

Le vent léger et  le soleil ont sans doute contribué à  rendre cette journée particulièrement lumineuse  mais c’est encore autre chose qui nous a charmés ici.  Dans une célébration joyeuse de la vie et de la mort, les fils tendus vers le ciel  semblent  manifester une confiance   évidente dans un au-delà omniprésent.
 Nous avons aimé cette manière ludique et joyeuse de rendre hommage aux êtres chers, de les fêter, et de faire des cimetières  un lieu de retrouvailles festives. On garde en mémoire l’idée des cerf volants pour la prochaine fête de la Toussaint!

 Sur le parking de la police turistica oè nous restons ces quelques jours,  nous rencontrons des  voyageurs  venus d Israel

 Jonhathan et Tamara et leur petit garçon
 Quand débarque un petit van Westfalia venu droit du Québec,

 Au volant: Valérie,  une maman sur la route, jeune trentenaire
 en copilote: Camille, 7 ans
 Leur site
 www.voyagerpourgrandir.ca

 

Elles seront toutes les deux nos comparses  pour quelques  jours vers Le lac Atitlan.

   Comme on dit au Québec, nous sommes  » tombés en amour »de cette maman et de sa petite fille, tout le monde est sous le charme!

 lac Atitlan

 Nous partons ensemble jusqu’ à Panajachel; sur la route, les  garçons apprendront à  changer un pneu!

   Nous nous arrêtons tous les 8 pour un bivouac dont nous aurons du mal à décoller, en face des volcan du lac Atitlan.

 

retour du marché!

 Avec Camille et Valérie, nous apprenons quelques mots dans une langue  magique, celle  des signes. Et puis nous avons tout compris: Camille est une fée!

Elle a le pouvoir extraordinaire de faire ouvrir les bras et provoque instantanément un élan incontrôlable de tendresse , nous sommes totalement envoutés!

Nos repas à 8 autour du feu devant le volcan   resteront gravés dans nos mémoires. De là, nous prendrons une petite lancha vers les villages voisins, passerons à l’association  qui soutient la scolarisation des enfants les plus démunis du  village,  www.clubquetzal.org

 

 les rues sont pleines , les  femmes tissent sous nos yeux noeud après noeud  des tissus d’une beauté unique.

 

les hommes aussi sont coquets!

 Nous prenons notre envol, encore une fois…

 

L’ Amérique Centrale en quelques jours , quelques lignes  et sans images ( plus d appareil photo!)

Salvador, Honduras, Nicaragua

 Ici, on   parle peu du passé très récent, les guerres civiles assassines, mais on suppose sans risquer de se tromper qu’il a été terrible. L’état des routes, les rues et les visages mal lavés, les étals frugaux, tout révèle la pénurie discontinue comme s’il manquait le nécessaire pour réparer les moindres petits dégâts de la vie ordinaire. Et puis  surtout, où est donc passé ce qui rend digne une famille, un peuple,… la culture ? le contraste est saisissant avec le Guatemala, si culturellement « authentique ». Ici, rêve- t-on  davantage de ressembler aux géants du continent ? Disparus ces tissus si beaux  et place est faite  dans les rues pour  la musique américaine tapageuse… d’autres en feraient peut être un autre portait, plus nuancé, ce fut certainement trop court.

 Frontières…

 Si  celle  du Guatemala-El Salvador est facile, celle du Honduras  fut assez pénible.  Nous traversons une faune dense, des étals tous azimuts, des femmes entassées entre leurs paniers d’oranges pelées, des camionneurs aux visages grêlés tendent leurs hamacs sous leurs énormes véhicules en attendant le lever du jour. Nous sommes littéralement harcelés par les faux-guides qui bondissent surla Piafmobileen tentant de nous faire croire qu on ne pourra pas se passer de leurs services pour passer la frontière! Une grappe d’enfants s’accroche aux rétroviseurs pour nous vendre leurs oranges, ou nous demander des chaussures.  Nous nous sentons riches,  étrangers, mal à l’aise.

 Après une série de photocopies et de paperasses, les douaniers, dans leur lenteur soucieuse, tapent avec l’index leur clavier, entre les pauses et les conversations qui n’en finissent pas…

Dans l’attente et la moiteur, nos enfants persévèrent pour  avancer leurs devoirs. Ils sont en avance sur le programme,  et les premiers résultats sont excellents, chapeau bas!

Nicaragua
 Le pays le plus grand d Amérique Centrale, le plus pauvre aussi.  Ça saute aux yeux dès les premiers kilomètres.   On  dit le plus sûr? C ‘est pourtant ici que nous devons subir notre premier  vol sérieux: infraction du véhicule,   vol d’ appareil photo et de notre argent hebdomadaire…. Aarggg! Les photos de passages de frontières volatilisées… en plus  des enquiquinements de policiers corrompus!

Mais  une rencontre suffit pour nous faire aimer notre séjour au Nicaragua: pour les  amis campingcaristes, allez  à Mi Viejo Rancho, a Catarina (près du très beau lac Apoyo), Yolanda est une femme extra, Horacio  incroyablement prévenant,   et saluez les pour nous!!!

Pour notre première nuit à qq kilomètres de la frontière, nous nous arrêtons dans  une station service.  Une guirlande de petites filles entourent la Piafmobile, nous vendent leurs  oranges.

 Nos portes s ouvrent,  après quelques rires étouffés dans les cols, les questions habituelles, l’épellation de chaque prénom,  nous nous installons sur  une marche en béton, cherchons  l ‘atlas, et nos albums pour enfants en espagnol. Une   bibliothèque Uno ( le Shell  d’ Amerique Centrale) s’improvise à la tombée de la nuit. Âgées de 7 à 12 ans, ces fillettes ne savent ni lire ni écrire mais aiment  visiblement les histoires.
 Quand je leur demande de dessiner à quoi elles aimeraient que le monde ressemble,  elles  me disent leurs  rêves: avoir un lit, de belles chaussures, une belle maison, et une bicyclette!

 dessin de Basile

Dessiner, lire, se conter des histoires est un Sésame prodigieux pour se rencontrer, « être » ensemble.   

Voila  la frustration de la route: le choix de l’ itinérance rend les rencontres fugitives, bien qu’intenses.   Même s il est arrivé que nous ayons l’envie de  nous attarder, ce déplacement , curieux, observateur, que nous espérons généreux aussi, est une école passionnante et riche, et  nous ne  nous sentons pas la vocation de rester ailleurs que dans notre maison roulante, à pas de tortue, pas  d’autre appel aujourd’hui que celui de prendre la route, chercher encore l’horizon derrière chaque village, et le visage de Dieu derrière chaque visage. Avant de revenir chez nous pour continuer le voyage.

 La traversée du Panama nous attire comme un aimant:  de l’autre côté, nous avons le projet de nous arrêter plus longuement  grâce  aux beaux contacts qui nous attendent. Nous poser, donner des coups de mains si possible.

   Et puis 2 rendez vous  très importants nous attendent en Equateur!

Pour clôre,  un dessin de Côme qui met à l’honneur le tissage guatemaltèque comme une oeuvre d’art!

titre: Métissage

Une réponse à fin du Mexique et suite…

  1. Bonheur bonheur bonheur!
    Quel plaisir de vous lire!!
    Aye aye aye, quelle aventure! Je me demandais comment vous aviez vécu les derniers jours pour vous… Que d’histoires!
    Nous pensons souvent à vous et vous portons dans nos cœur!
    Bizou spécial a koucoco de Camille et becs de nous 2 à vous 6!

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