C’est Bo li Vie!

avril 14, 2012

LA PIAFMOBILE CHERCHE TOUJOURS UN ACQUÉREUR: ELLE EST TOUTE PRÊTE, PARFAITEMENT ÉQUIPÉE POUR UNE REMONTÉE VERS LE NORD!!!

 Écrivez-nous : lucsaintbonnet@gmail.com ou  csaintbonnet@gmail.com

Entre la Bolivie et le Chili

 Un  petit mois d’allers et venues entre ces deux pays voisins et presque antagonistes. Certes, ils partagent des paysages lunaires, célestes, des salars blancs comme neige et des canyons rouge sang,  des voûtes étoilées, des cheminées de fée… et si les vigognes et les lamas passent sans vergogne d’un pays à l’autre, les hommes, eux, connaissent les limites  des frontières: dans les postes-frontières, des affiches rappellent les derniers conflits en prévenant le touriste de la présence de mines anti-personnelles…Plongée dans une Histoire douloureuse.
 

 Le poste-frontière bolivien ressemble  à une cabane à frites! Pour la première fois, les douaniers, des deux côtés, veulent allonger  les frais…Nous restons fermes,  remplissons les papiers, et en moins d’une heure, nous voilà en

Bolivie

 Copacabana, Traversée du Lac Titicaca

Sur une barge plutôt sommaire, la Piafmobile croise des congénères  boliviens: bus, collectivos, et des voitures privées fraichement baptisées! En effet, à l’eglise de Copacabana, on se gare  en file indienne pour faire bénir son véhicule tout fleuri.

Un peu d’eau bénite, un signe de croix et Hop! le voyage est  garanti-assuré pour les prochains kms!

Nous nous préparons pour des routes hautes en altitude, en couleurs, et en coût d’essence: ici, le prix de l’essence, quand on daigne servir les étrangers, coûte 3 fois plus cher que pour les locaux. Evo Morales, premier président indigène en Bolivie, a tenu ses promesses de nationalisation des carburants. Entre autres…

Juli
 Marché avec un chaman -conteur-bonimenteur, la langue Quechua très gutturale donne à son boniment une gravité presque tragique d’obscure sorcellerie! Plus loin, des vendeurs de cordes tressées, de souliers fabriqués avec des pneus usés, de tulmas ( pompons à attacher au bouts des longues tresses noires),  des étals de racines improbables, d’herbes médicinales, de bloc d’argile et des pierres de sel, des sacs remplis de feuilles de coca… Bref, un marché avec ses aveugles,  ses petites filles, ses vendeurs de pacotille, ses chiens errants,..plus loin, un homme vend une poudre  magique  » testée par les Nord Américains, Mesdames et Messieurs, les japonais en raffolent! », c’est vous dire si ça vaut la peine!

 Nous quittons  bientôt les doux paysages lacustres  du Titicaca
 Ses dimensions, son  altitude  lui donnent  une impression unique et dans un ressac presque maritime, ses petits cailloux roses et blancs jouent une musique douce  de clapotis.

 Dans les villages, C’est Carnaval!

 

Dans l’altiplano, au mois de Février, les villageois dansent dans la boue au son d’une musique aigrelette, c’est le carnaval dans les campagnes.

 Ils tournent en  rond, deux par deux ou seuls,  agitant un mouchoir qu ils font tournoyer  au-dessus de leurs têtes. Le gros tambour et la flûte ne se pressent pas mais ne manquent  aucune pause  pendant que les jupes valsent allègrement.
Sur la route, nous nous arrêterons plusieurs fois pour admirer ces défiles colorés, et généreusement arrosés!

 

 les bandas:

L’arrivée à la Paz


 Une entrée  sportive et contrairement au nom qu’elle porte, cette ville nous a paru d’emblée totalement folle et  nous aura presque rendus fous!

Au détour d’une grosse avenue bondée,  entre deux places, nous nous glissons dans des ruelles un peu plus calmes

Le marché des sorcières et les foetus de lamas (pour les offrandes à la pachamama), les amulettes, les rues, les églises baroques, le couvent san Francisco…

amulettes

foetus de lamas

manifestation

 le couvent san Francisco

le musée de la musique

..et une circulation dingue sans priorité ni signalisation!.. Ici, c’est  le paradis du  » combi », taxi collectif duquel un préposé hurle à tout vent la destination à qui veut l’entendre. Ça grouille, klaxonne au milieu des cireurs de chaussures, diseuses de bonne aventure, entre hommes d’affaire ou jeunes mendiants. Une ville étonnante, perchée entre 3200 et 4000m d’altitude sur des formations géologiques surréalistes qui rougeoient à la tombée du jour.

la Valle de la Luna, tout près du seul bivouac possible pour la Piafmobile, nous offre de belles ballades  à l’écart de la ville. A pied pour moi, en quad pour mes gars !!!

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 on s’amuse!

 Mais n’imaginez pas que nous passons notre temps à sauter,  l’école continue, les enfants travaillent assidûment tous les jours;  voila plus d’un mois que les cours du CNED ont été envoyés depuis la France… La poste bolivienne nous aura rendus complètement chèvres et grâce à l’aide de Robert, le neveu de notre amie Ana Maria  et à sa persévérance , nous pourrons enfin récupérer les cours des grands. Grand merci Robert pour ton aide si précieuse!!!

 Nous ferons sa connaissance lors d’un repas  convivial durant lequel nous retrouvons Ana Maria et sa famille.
Une rencontre, comme à chaque fois, qui nous enrichit beaucoup.
 Robert travaille à l’ONU. Journaliste passionné par son pays,  il nous livre des informations précieuses sur la Bolivie et son histoire sur laquelle il a écrit plusieurs livres. Il nous  confie son analyse de la situation politique actuelle de Morales, proche de celle de Chavez au Venezuela. Si Morales offre comme promis de nouvelles opportunités aux communautés rurales isolées, les indispensables éducation et accès aux soins, il bloque peu à peu les frontières au marché international, canalisant les médias,  briguant l’opposition, … Robert parle avec réalisme d’une dictature voilée présentant de réels dangers pour les années à venir. Cet après-midi fut extrêmement instructive et tellement agréable! Un moment convivial, passionnant, chaleureux.  Et combien frustrant de ne pas se connaitre davantage… Sois le bienvenu quand tu veux en France!

Retrouvailles avec les SALMON-CECCINI
Nous retrouvons nos chers voisins montréalais:
 Florent, Valérie, Hugues et Laure, les tant attendus!

Sur les chemins de la valle de la luna, aux formations rocheuses  si étonnantes, le soleil tape, aie aie, sur les petites peaux blanches de nos amis Canadiens.

Luc et Flo

Un joueur de flûte perché sur un pic rocheux laisse résonner le son aigu de sa  kéna.

 Belles premières journées  à nous 10, pour 10 jours ensemble entre la Bolivie et le Chili.  

Comment ne pas vous présenter la mascote du moment, un chien abandonné que les enfants ont baptisé Fidesco: il ne nous quitte pas de tout notre séjour à la Paz!

Écriture à 4 mains pour ce qui suit, Valérie m’ayant envoyé des lignes de son  » journal de bord » ,  je les  glisse  en bleu entre les miennes,  et vice versa!

En route vers  le parc Sajama

La route est très belle: nous passons à travers des formations géologiques incroyables, un paysage  semi-désertique avec des  mousses d’un vert pomme et des lichens, des herbes sèches, des cactus, des  petits taillis et le long de canyons, des  cheminées de fées… et peu à peu, à mesure que nous montons en altitude, les sommets enneigés pointent leurs nez

construction d’une digue, les plus jeunes suivent l’exemple des plus grands!

Arrivée à Tomarapi

Un village avec sa petite église blanchie à la chaux, ses murs d’enceinte en adobe.


Derrière les murs de pierres sèches  qui encadrent le village, des enfants nous épient et se cachent… Nous sortons  notre ballon, une partie de Tomate ouvre les vannes: rigolade des deux bords! 

Depuis plusieurs semaines, nos albums  illustrés en Espagnol ont mystérieusement  disparu…  Nous devrons  faire sans.
La pluie se met à tomber en fin d’après midi. Des feutres, des feuilles, chacun dessine sa maison avec ses montagnes, ses vigognes, les canards, le chien.

 Nous passons la nuit dans ce petit village isolé.
la famille Salmon dans l’unique gîte, les Saint Bo dans la piafmobile. la nuit est glaciale, Basile dort avec son bonnet en alpaca, nous gardons tous nos chaussettes! Glagla…

 

Le lendemain matin, la neige tapisse  les plaines désertiques. Silence et pureté.

 

Nous prenons une piste qui mène aux thermes pour plonger dans des  eaux entre 35 et 40°’ en pleine steppe, perdus dans les vastes plaines, au milieu de lamas impassibles. Du pur bonheur!

 La route qui mène à la frontière est une large piste non- asphaltée qui nous ballade entre nids de poules et ornières. Les vigognes et lamas se promènent allègrement dans la végétation altiplanique.

Nous aimons particulièrement  ces décors  : nous rendraient-ils  plus vastes nous mêmes, pour un temps au moins? 

C’est un peu comme si nous nous élargissions.

CHILI

 Nous passons devant la caravane sans fin de camions chargés de marchandises chiliennes


  pour arriver à la frontière

Plus que 4 heures de décalage avec la France!!!
Nous nous  approchons du bout du voyage, du bout du continent,  même si nous prévoyons de faire des allers et retours et  encore quelques  larges boucles avant de rejoindre la côte Atlantique! C’ est d’ailleurs assez difficile de tracer notre itinéraire pas encore clairement défini pour ces 2 derniers mois. Nous oscillerons entre le Chili et l’Argentine, avec un court passage au Brésil sans doute,  selon l’avancée de la vente de la piafmobile…

 En attendant, nous atteignons 4696 m à la frontière chilienne: record battu!!!

 En température aussi…

 Les SALMON  expérimentent les problèmes de passages de douanes. Sans papiers ni  sans assurance  du véhicule des SALMON pour le Chili, (merci au loueur de la Paz!)  Luc et Florent passent leurs soirées en pourparlers pour accélérer le processus. Les Chiliens  semblent sous-estimer l’intégrité bolivienne, et pourtant, même si les douaniers sont  très coopératifs des 2 côtés, nous passerons la nuit à la frontière, bien heureux d’avoir pour nous 10 notre maison sur le dos!!!… Près du lac le plus haut du monde, le lac Chungara.
 Nous continuons notre descente le long de l’épine dorsale de l’Amérique du Sud parsemée de volcans avoisinant les 6000 m d’altitude.

 arrivéée à Putre:

  • où nous chercherons désespéremment le moyen de retirer de l’argent, pas de banque, pas de change, pas de caisse…pas de chance!
  • où notre petite Laure attrappe un furieux mal des montagnes et ira respirer sous un  masque à oxygène: revigorant!
  • où nous trouverons une grande cuisine familiale avec un vrai four pour faire de vrais gâteaux!
  • où les couchers de soleil sont magnifiques (merci Valérie!)

Le lendemain, nous partons à 10 dans le 4×4 pour le parc de la Vicuñas. Une très belle journée nous attendait au Salar de Surire. Au programme: une multitude de flamants roses, des autruches, des buses, des petits renards et toujours des dizaines et des dizaines de lamas, vigognes et alpagas.


Nous avons traversé plusieurs guets qui  ont rappelé aux Salmon les traversées de rivières à Tahiti! Mais rien n’a découragé Flo et nous sommes rentrés sans problème, avec des images plein la tête!

 

 

Couleurs délicates, palette pastel.  Notre premier salar

 

Défi pour l’amateur de photo:
 Approcher une vigogne sur la pointe des pieds  avec la légèreté  d’un flamant rose, sans faire crier les mouettes, et clic! Saisir en un instant le cliché du siècle!

champs de quinoa

Renards du déserts, ouates andines,  flamants roses Saint James, vigognes ou guanacos…On en prend plein les yeux avant de reprendre sous des trombes d’eau une route  chaotique!

 15 ans le 5 Mars!!!

  15 bougies dans un resto style Bagdad Café  entre les cactus candélabres vers la route qui mène à Arica…

 téléphone arabe (lancé par Théophile) :

 « un chasseur-s’appelant-Foucault -avec-son-chapeau-jouait-du-charango-sur-sa-peau-de-guanaco! »

faites passer…

« … »

Le rdv des camionneurs et des militaires. On nous y sert un excellent repas, un cadre pittoresque pour célébrer un anniversaire! 15 bougies (durement dénichées à Putre), sur un gâteau fondant au chocolat (maison)…Joyeux anniversaire Foucault!!!

Arica et Iquique

 Retour au désert, nous rejoignons la cote chilienne, en passant devant des vergers et des champs d’oliviers plantés par les colons espagnols,  adieu les polaires, nous sortons les maillots!

 les Salmon nous ouvre les portes de leur hôtel,  et on plonge!!!

entre détente et dictées…

Le Chili ré-ouvre des portes que nous ne franchissions plus depuis de longs mois: des supermarchés,  des boutiques de chaines vestimentaires et dans les rayonnages: des pots de Nutella!!! dans les rues piétonnes: des pizzerias, des ventriloques, et des magasins de téléphones portables. Bon retour dans le monde de la consommation…

 

Le Chili  est considéré comme une référence économique en Amérique Latine. Ce pays ultralibéral est pourtant plein de paradoxes et de contradictions: le seuil de la pauvreté atteint encore les 15% et plusieurs millions d’habitants vivent juste au-dessus.
L’industrie  minière est le pilier de l’économie chilienne: 1er exportateur de cuivre et de lithium, de nitrate naturel et même de saumon d’élevage (avant la Norvège), par ailleurs bourré de colorants et d’antibiotiques!
 Le manque de diversité représente sans doute un danger pour l’économie  chilienne(le cuivre représente 55% de ses exportations)

 Au fur et à mesure que nous approchons de Arica, le contraste avec la Bolivie est de plus en plus frappant: aucun panneau de circulation en Bolivie, routes bien balisées après la frontière chilienne.
Au détour d’une conversation, nous apprenons que le Chili est en ce moment terre d’accueil pour de nombreux immigrants espagnols fuyant la crise; l »arrivée de médecins espagnols et autres professionnels est particulièrement bien appréciée.

La fameuse église commandée aux ateliers Eiffel fait face à l’océan.

Mais nous ne nous attardons pas car une mission plus importante nous attend:

découvrir les fameuses glaces artisanales de Arica.

Double glace pour tout le monde! Puis nous déambulons dans la ruelle des artisans. Les étals ont envahi l’étroit passage et regorgent de petits objets faits-main: du petit porte-monnaie à l’ocarina, en passant par les sacs en toile, les bijoux …Les affaires ne semblent pas miraculeuses mais qu’importe!

 Les vendeuses ont le sourire aux lèvres et engagent allègrement la conversation avec Théophile, puis toute la famille!

De Arica à Pica, Chili

9:45 départ pour Pica. Un long voyage nous attend. Quelques 6h de route pour 326km.
Nous quittons l’océan pour replonger dans le désert et ses dunes de sables à perte de vue. C’est la région de Pacha. Dans les vallées, palmeraies, oliveraies, arbres fruitiers, grâce à la présence de rivières savamment employées pour irriguer la terre. Une touche de vert au milieu des montagnes de sable (et de sel!).

Après quelques montagnes russes version dunes de sable (nous montons le long des flancs de montagne de rocaille) nous revoilà à 1300m sur les hauts plateaux. Une belle route toute neuve, toute droite, attention peinture fraîche… Et 30 degrés dehors!

12h45: des géoglyphes à l’ouest, des mini-tornades à l’est. Nous traversons des plantations d’arbres, tentatives de prise de contrôle sur une nature plutôt stérile.

 géoglyphes

1125 mètres d’altitude, 28 cm du sable, des roches volcaniques, des virages inattendus, un camion renversé malgré les maintes recommandations à la prudence…

Les hauts plateaux sont interminables mais nous arrivons enfin à Humberstone.
Une visite s’impose.

Ce qui n’est aujourd’hui qu’un village fantôme était, entre 1930 et 1960 une ville de 10,000 personnes, dont 3000 travaillant à la mine de Nitrate de sodium. Bâtie par le propriétaire de la mine, l’Anglais Humberstone, elle connut son apogée dans les années 50. Nous y retrouvons un théâtre,

 

un ancien court de tennis, une belle piscine en métal, une école, un hôpital… La ville aujourd hui totalement abandonnée avait sa forge, sa menuiserie, son hôpital, bref, tout à fait autonome. la sécheresse a permis une conservation quasi intacte des lieux, un decor idéal pour jouer au cow boy.

quelques clichés far-west pour un scenario  toujours en cours de réalisation… en avant-première: les images d’un western spaghetti:

Où est Charlie? 

a

 Pica

Nous reprenons la route à travers un désert de cailloux. Cette oasis tant promise semble invraisemblable dans ce décor. Au loin, une masse verte commence à se définir. Nous traversons des plantations de palmiers-datiers, d’orangers, de citroniers, de pamplemoussiers et de manguiers. une vraie oasis où les habitants de Iquique, petits et grands, aiment se ressourcer le week-end. Nous posons nos penattes à Santa Rosa. Il y a de tout : piscine, poules, paons, oies, canards, moutons, lapins et surtout des manguiers et dattiers qui proposent leurs fruits gentillement, au grand plaisir des enfants.

Pas très loin, Iquique et ses plages étendues de sable blanc. Les enfants construisent des châteaux de sable, et sur le port, dans les  vagues énormes du Pacifique, les phoques pêchent et plongent leurs grosses têtes de lions de mer avant de s’étaler au soleil sur les quais.

 Gratte ciel, belles demeures coloniale, une allure de station balnéaire? dans les zones urbaines, avec ses petites baraques colorées et une couche de peinture cache-misère, Iquique farde les maisons les plus misérables et frôle pourtant l’allure de bidonvilles.

Les geoglyphes de Pintados

 Des traces datant du IX ème siècle qui servaient à orienter les caravanes  qui traversaient les salares depuis l’Altiplano pour les échanges commerciaux avec la côte. Sous une chappe de plomb, on s’amuse à reconnaitre les dessins de lamas, les silhouettes humaines ou les formes géométriques sur le flanc des collines. Les pierres furent  placées de telle manière que ni le vent ni le temps n’ont eu raison de leur patience  et de leur entêtement à rester  là, à la vue de tous, comme de grands panneaux de signalisation visibles de loin. Pour les caravaniers d’hier et pour les curieux d’aujourd’hui.

De Pica à Uyuni

Départ de Pica à 9h40

caché dans le four: le quatre-quart à la mangue cueillie par Laure tôt ce matin, mais shuuuut! C’est une surprise!
Après discussion avec un paysan, nous préférons opter pour la route asphaltée, même si elle  rallonge le trajet de quelques 150km.

Ce matin, le ciel semble encore plus bleu que ces derniers jours. La chaîne de montagne se profile à l’horizon. Le paysage désertique s’étend à perte de vue.

11h30, 1900m, 24 degrés dehors .

 La route grimpe insidieusement. Les « moraines » font place aux dunes de sable. Ah! Je m’y verrais bien sous un parasol, avec un grand verre de « pisco sur » glacé! Les montagnes se rapprochent, ou bien est-ce une illusion? Non. Elles étaient toutes bleues et là, commencent à se revêtir de brun, de verts, puis d’un ocre omniprésent. Élégamment parées de leur petits chapeaux de nuages blancs. 2500m.

11h55, 3007 m.
12h05, 3500 m.
12h15, 4000 m. La température tombe à 9°c.
Rencontre de 3 carabinieros vraiment sympas: l’expérience, la connaisance, la motivation.

Florent échange des autographes (et oui, on ne rencontre pas des acteurs tous les jours!) contre de l’info sur l’état des route, les postes frontière. …
13h15, 4330m.

Pour rejoinder le salar d’Uyuni, nous ne parvenons pas à connaitre l’état des routes…et par où passer?

Par le Sud, par le Nord ? les carabineros se contredisent,  pour certains la piste serait impossible sans 4×4, pour d’autres,  il n ‘y a même pas de poste frontière au sud,  le seul moyen serait de remonter au nord par Colchane?  Trop loin pour nous, nous n’avons de toutes façons pas assez de carburant, et de surcroit, il n’y aurait pas de station essence… Nous tentons donc notre chance par Ollaque. C’est l’aventure! Et c’est sans regret tant les paysages sont à couper le souffle!


 Heureusement, le 4×4 des Salmon nous trace la route, et nous suivons entre contemplation et crainte  la route qui sillonne au milieu des volcans enneigés, des lacs salés.

 Les nuages projettent leurs ombres  galopantes sur les flancs des montagnes.

Par chance, il semble que la déniveleuse vienne de passer, aplanissant  la piste rien que pour nous! Ouf!  Nous pouvons traverser cette route  normalement impraticable pour la Piafmobile, et absolument magnifique…

Les grands paysages comme un cadeau pour nous tout seuls, sous un ciel pur. Le long de notre route silencieuse, nous réalisons le privilège d’être ici, devant de si larges panoramas. Quel bonheur, comment le partager?…  un nouvel espace s’ouvre en nous; ni vertige ni euphorie, simplement ce qu’on appelle sans doute la Paix.
 

En voici de maigres aperçus… Des clichés d’espace et d’infini
 

 

Mais attention, une si belle route ça se mérite!
 Et parfois même, ça se refait: Florent, Foucault et Côme se transforment en cantonniers, calent de grosses  pierres volcaniques dans les crevasses pour que la Piafmobile passe.

Et elle passe!

Quelle équipe: Florent et Valérie, sans vous cette route était inenvisageable, Merci de l’avoir traversée avec nous!!! Quel bonheur pour nous de faire la route avec  votre famille, enthousiaste, simple et joyeuse!

 Passage de frontière, retour en Bolivie.
 Mais le Chili n’a   peut être pas dit son dernier mot: reviendrons-nous à Santiago?… à la fin de notre voyage, si la vente de la piafmobile nous le permet…

La montagnes nous dévoile ses richesses une à une.

Le salar de Copaiso s’étend au pied des sommets enneigés et nous invite pour les 7 ans de Hugues! 

Tartinade d’avocat et oeufs brouillés, chiffonnade de tomates en dé, chips et Gâteau aux Mangues maison, avant une partie de Piñata  et de 1.  2. 3. Soleil!!!

Joyeux 7 ans Hugues!!!

Nous passons devant une grande mine de cuivre à ciel ouvert. Un lac a été créé pour la  retenue d’eau, ses couleurs nous semblent d’un vert peu naturel. Des viscachas se sauvent à notre approche, les vigognes sont de retour et les montagnes au loin paraissent inatteignables.

Nous voilà à Ollagüe, poste frontière.

Les démarches se passent sans problème mais le départ est retardé: les clés du camping car sont restées à l’intérieur et la porte est verouillée!! Passant par la petite fenêtre, Basile  nous sauve!!

 comme il y a toujours un bon côté aux imprévus, ce petit retard nous permet d’être témoins d’un coucher de soleil spectaculaire: des rayons bleus s’élancent dans le ciel alors que le soleil va se cache dernière les sommets enneigés.  Nous n’en croyons pas nos yeux!

Nous avons un nouveau compagnon pour quelques centaines de kms, Thomas, jeune routard vagabond-voyageur-au grand coeur…il plantera sa tente près de celle de Florent et Valérie.

La nuit s’abat sur nous et nous trouvons vite un endroit pour dormir. La lune est presque pleine, les étoiles apparaisent. Aucun vent, aucun bruit. Le poste frontière étant fermé, plus personne ne passera par là jusqu’à demain matin. Dans la Piafmobile, soirée pâtes sur fond de charango, arrosé d’un bon vin chilien. La tente est montée. La nuit s’annonce douce.

Lever 7h30. Petit-déjeuner « sur l’herbe ».


Une petite randonnée sur la colline au pied de laquelle nous avons dormi. Des montagnes enneigées sur 360 degrés, une pause pour méditer sur ce vaste territoire encore vierge et silencieux.

  …et lancer des cailloux!

 

11h15, nous prenons la route pour Uyuni.

 Nous avions  perçu la blessure encore béante en Bolivie de la perte de leur accès aux côtes du Pacifique. Les gens semblent méfiants, répondent hâtivement, sourient peu…  Ce pays nous aura paru dur, blessé,  et surtout extrêmement pauvre.
 La guerre du Pacifique a entrainé la perte injuste d’accès a la mer, le conflit inégal mit en scène les forces limitées de la Bolivie face à l’expansionnisme chilien. Appuyé par l’Angleterre pour l’exploitation du guano et du salpêtre, le Chili en sortit facilement vainqueur. De son coté, la Bolivie aura subi successivement des pertes de territoires avec les pays frontaliers en quête de  richesses minières. Evo Morales,d’origine aymara, met aujourd’hui en place une politique socialiste favorisant les campagnes et les populations indigènes jusqu’ici fortement délaissées. Difficile de ne pas s’en rendre compte en traversant ce pays: les axes routiers relient exclusivement les grandes villes, les régions  restant isolées, extrêmement pauvres.  De grands chantiers tracent  aujourd’hui de nouvelles routes encore à moitié asphaltées. La piafmobile n’aura jamais autant vibré sur  de la tôle ondulée! Et malheureusement devra renoncer à d’autres, encore inondées par les pluies, peu entretenues…Nous traversons aussi des villages abandonnés, des montagnes rognées pour l’exploitation de l’argent, du cuivre, de gaz…
  Par exemple, le nouveau village de San Cristobal a vu se développer des infrastructures alléchantes pour les habitants (électricité, eau courante…) mises en place par l’entreprise japonaise qui exploite les mines d’argent. Le village installé en amont sur les veines d’argent a été délocalisé quelques kilomètres plus loin. A court terme, la population se satisfait de cette aubaine qui assure aux agriculteurs,devenus mineurs pour un temps, un travail pour les 10 prochaines années.  C’est malheureusement sans considérer les dégâts écologiques ( les lagunes sont asséchées, les montagnes se transforment en gruyère!) et les impacts sociaux à long terme. Mais comme dit un taxi:

« Quand on est pauvre, on pense pour aujourd’hui, pas pour  demain. »

 le Salar d’Uyuni

 Arrivée dans la ville d’Uyuni, drôle de cohabitation  entre les locaux,  souvent très pauvres, et les colonies de voyageurs au long cours 

 

 le salar

Immense désert de sel de 12 500 km²,  c’ est éblouissant et on ne sait plus bien si on est…

Sur l’eau?


…ou dans les airs?

Sur ce paradis blanc, des centaines d’hommes piochent pour dégager des briques de sel non iodé…pour 0,60€ la tonne de sel!


Cet immense lac salé serait-il menacé? D’après des scientifiques, plus de la moitié des réserves  mondiales de lithium gisent sous le Salar, ce qui en intéresse plus d’un… A suivre!

 Avant que les oiseaux canadiens reprennent leur vol, clic Clac, l’oiseau sort du sac! l’horizon infini et sa planéité parfaite nous offrent l’occasion  de pauses photo rigolotes!


 

Nos amis reprennent la route vers la Paz, puis s’envoleront vers la Belle Province, d’autres espaces tout blancs, et Montréal que nous aimons tant. A bientôt les amis!

 Le Sud Lipez

  Nous partons  pour 3 jours en 4×4 avec teophilo notre guide dans le  magnifique sud Lipez, parmi les paysages les plus beaux de notre voyage, sans aucun doute!

   la Laguna colorada,

 envol de piaf

un lac rose entouré de volcans que les flamants  survolent nonchalamment. Le silence qui y règne est pénétrant, l’air est  pur… Un paysage presqu’ irréel.

 

 les reflets des monts enneigés

 

Laguna Verde licancapu  5980 m
Nous sommes à la frontière du Chili et de l’Argentine… ça mérite une petite danse, non?

Plus loin,Pampajara, qu’on surnomme aussi le Désert de Dali  (on comprend assez bien l’allusion) avec ses rochers aux silhouettes surréalistes!

La  Laguna Polques, appelée aussi  Laguna salada nous invite dans ses bains chauds à  37°, avec des Polonais,nous nous prélassons  dans un petit bassin  naturel et avons bien du mal à en sortir!

Les  Geysers  Sol de la Mañaña, attention très très chaud: 200 °c, et très très haut: ça y est, nous avons atteint les 5000 mètres!  il fait très froid!!!

Ici, on utilise la géothermie pour mettre en place des turbines électriques  afin d’alimenter le sud-Lipez en électricité.

 L’arbre de pierre
 

le plus téméraire de tous atteint souvent les sommets  avant les autres!

 devinez: de qui s’agit il?

La vallee de las Rocas

 des piafs sous les ailes du vautour de pierre

Au retour à Uyuni, nous ressortons nos cartes  et demandons l’avis des locaux sur l’état des routes. À notre grand regret, nous devons renoncer a la route des Missions jésuites, au Nord-Est de  la Bolivie. Nous irons visiter celles de l’Argentine…

En route donc vers Potosi

    Nos nouveaux compagnons de route pour quelques jours, Julien et Louise, un couple franco-belge rencontrés à Potosi,   jeunes amoureux-voyageurs au long cours

Potosi

Ville coloniale grouillante, animées, polluée (le manque d’oxygène liée à l’altitude n’améliore pas la combustion de CO2). Une ville historique  dont voici la devise:
  » Je suis la riche Potosi, le trésor du monde, la reine des montages et la convoitise des rois »,rien que ça!
Avec la découverte des mines d’argent du Cerro Rico,Charles Quint éleva la ville au rang de ville impériale!
On dit qu’au milieu du XVIIème siècle, Potosi était aussi importante que Londres ou Paris…
Mais à quel prix? 6 millions d’Indiens, Aymaras, Quechuas, des Africains venus par le biais du commerce triangulaire furent  soumis à la Mita (travail forcé …et gratuit!) pour l’exploitation des mines d’argent. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de mineurs mourraient d’épuisement ou empoisonnés par les vapeurs toxiques du mercure.
 Le flux d’argent de Potosi vers l’Europe favorisa le développement du capitalisme, dont les vrais bénéficiaires furent les pays du Nord de l’Europe, la France notamment.

 Musée de la monnaie: c’est ici qu’on frappait les pièces d’argent pour le vieux continent.

Les mines


 Autrefois exploitées à ciel ouvert par les Espagnols, la montagne est aujourd’hui un véritable gruyère. Quant aux conditions de vie, c’est Germinal!


 Organisés aujourd’hui en coopératives, les mineurs  disposent de moyens minimes: l’ascenseur, trop cher, est remplacé par un système de poulie manuelle qui descend au creux de la Terre en 17 étages, remontant pierres et hommes dans des larges sacs en cuir.

Dans la boue et la poussière, à travers des tunnels sombres et des passages étroits, nous posons nos pas pour quelques heures dans ceux des mineurs, âgés de 13 ans  à 65 ans.  Les conditions de vie sont plutôt sombres: silicose, accidents; moyenne de vie: 45 ans.


les mineurs doivent acheter leurs propres explosifs, gèrent eux-mêmes leur temps de travail, parfois sans limites: payés au rendement,  selon la quantité de pierres et selon la chance, ils ne comptent pas leurs heures.. La feuille de coca chiquée en permanence (tous les mineurs mâchent une  boule proéminente, mélange de coca et de pâte de bicarbonate de soude entre leurs dents noircies) coupe la faim et  permet de lutter contre le sommeil. On nous dit qu’elle sert aussi de filtre respiratoire contre les dangereuses émanations?

Le travail consiste à suivre une veine alliant le plomb, l’or, la pirryte ( l’or des fous), le zinc, le cuivre, l’argent, il y a aussi de l’amiante et de l’arsenic…


 El Tio, le dieu diabolisé par les Espagnols qui s’en servaient pour manipuler les mineurs en les terrorisant, est aujourd’hui vénéré par les mineurs.

 Ils lui vouent un culte en lui présentant des offrandes  de coca et d’alcool à 95 °qu’ils partagent avec lui les jours de fête du Saint Esprit et des Compadres. Un  mineur, Fernando, prend le temps de nous expliquer son travail, les garçons sont captivés par les pierres et  nous sommes tous émus par les conditions de vie des mineurs, parfois à peine plus âgés que nos aînés.

et nous montre les pierres précieuses et semi-précieuses

 

 après avoir remonté la poulie avec Foucault, Côme se met au travail; c’ est lourd et plutot pénible!

En plus des dégâts écologiques, cette organisation auto-gérée nous choque; comme dit Foucault:

« c’est de l’auto-exploitation!!! » 

 Ont-ils vraiment le choix? Depuis Morales, les mineurs ont néanmoins une meilleure protection sociale et une assurance vie (minimalistes)…Difficile de ne pas tomber dans le misérabilisme…La visite fut très marquante pour chacun d’entre nous. Comment ne pas etre bouleversés par la rudesse de ses vies au coeur de la Terre?

 Sur la route vers l’ Argentine.
 Comme souvent à l’approche d’une frontière, nous  traversons un sas durant lequel nous ne savons plus bien où nous sommes, entre  deux Histoires, deux cultures, deux peuples qui ont vécu des conflits parfois récents, des pertes de territoires, des pertes humaines… Et souvent aussi, nous avons senti les méfiances d’un peuple envers l’autre, des rancœurs, voire du racisme. Notamment de la part des Chiliens envers les Boliviens. Comment en effet la politique de Morales et celle, ultra-libérale du Chili, peuvent-elles coïncider? les blessures successives depuis la guerre du Pacifique ne laissent pas présager des échanges plus paisibles…et si les forces sont terriblement inégales, les alliances s’organisent: Cuba,  le Venezuela, le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, l’Argentine unissent leurs forces.

Vers quel avenir?

 ce sont eux qui nous le diront:

 sur les grandes routes, ou les chemins de terre, partout nous croisons  des enfants, parfois vendeurs de pacotille, souvent aussi  petits écoliers dans leurs uniformes impeccables. Ceux-là  parmi tant d’autres font du stop pour rejoindre l’école la plus proche, et sont un peu intimidés, puis tout heureux de monter dans la piafmobile!

.

En attendant, nous retrouvons les joies du camping sauvage!
 

En quelques heures, nous redescendons à 2800 mètres, les lamas cèdent la place aux vaches et aux ânes.
Plantée au milieu d’un cirque de montagnes rouges, Tupiza nous révelle, tout près de la frontière argentine, une  Bolivie plus riche et à la température plus clémente.

 

 

Nous avons beaucoup aimé l’atmosphère de cette petite ville paisible, son marché bien garni, sa place ombragée avec ses tables de billard  à l’extérieur.


Le paysage de  la Quebrada, gorges aux formations rocheuses fantastiques, invite les garçons à une ballade à cheval à travers ces canyons au relief lunaire.

 Ambiance Far West!

 

Feu de camp, barbecue, école sur nos tables de camping ou assis dans l’herbe avant la recréation sauvage à la recherche de petit bois…  On est seuls au monde  pour quelques jours et on adore ça!  Autour du feu, on lève les yeux vers un ciel constellé d’ étoiles pour trouver la croix du Sud.

Trouvée!

Notre dernière nuit bolivienne sous la voûte céleste nous fera savourer à quel point, vraiment,
C’EST BO, LI VIE!!! 

 Nos billets de retour sont pris, nous atterrirons à Nantes le 19 Mai, et comme dit justement Basile en évoquant le dernier jour sur le continent américain:

  » on sera à la fois très tristes et très heureux »…

En attendant, nous sommes impatients de découvrir l’Argentine, les gauchos, les chutes d’Iguazu, la pampa,

mes carnivores de garçons  préparent  déjà le barbecue pour les légendaires grillades,

nous avons hâte de retrouver  Florencia, Gonzalo…  

 Et puis comme d’habitude, nous nous attendons au meilleur: l’inattendu!


le Sud du Pérou

février 29, 2012

   AVIS

 LA PIAFMOBILE EST À VENDRE: FAITES PASSER!

Le Sud du Pérou

 Oui, cet article est long, très long…Mais comment résumer  un mois si intense?

Lisez-nous en pause café, entre le fromage et le dessert … Ou d’une traite  pour les boulimiques? Surtout, en diagonale ou ligne par ligne,  allez jusqu’au bout du Pérou : amis, parents, c’est pour vous !

 (un grand MERCI à tous  ceux qui qui  réduisent les distances par leurs  mots et nouvelles !)

dessin de Basile: une vache française en voyage sur le bord du lac Titicac

(au premier plan, un champs de quinoa)

  NB pour les  jeunes curieux :

  vous trouverez  dans l’article une légende, 2 devinettes  de Piafs  et un  texte à trous  :  à vous de jouer

 

Entre Campoy et Manchay, banlieues de Lima

 Deux villes  perdues dans l’aridité du désert liménien

Sécheresse, poussière…Avec le temps, nos yeux, nos coeurs  s’acclimateront à ces décors  hostiles. La pauvreté qui  sautait aux yeux au début a laissé place au paisible quotidien fait de rencontres ordinaires. Simplement extraordinaires.

Un film  péruvien (pour ado et adultes!), tourné à Manchay   vous plongera dans les rues de ces deux villes où nous avons vécu  deux semaines. On y découvre l’héritage de la peur liée au terrorisme du Sentier Lumineux, la liberté à gagner, et dans la vie courante: les décors,  les relations  entre les hommes et les femmes, les marchés et les fêtes un peu Kitch… Un visage du Pérou comme on l’a effleuré, du bout des doigts, près de Lima.

Pour les toqués de la bobine indépendante :

  Pour commencer., Bienvenue à Campoy!

le Père Humberto fut l’un des premiers à répondre à nos courriers et  dans cette « banlieue » pauvre de Lima, il nous a immédiatement accueillis. Grâce à ses contacts, nous résolvons nos petits problèmes mécaniques. Dès les premiers jours, nous apprécions cet homme pragmatique, attentif  aux besoins des gens. S’il est lucide,  il  est  aussi animé d’un élan  profondément  attaché au  Christ.  Nous apprécions son esprit critique, sa rigueur et sa profonde bienveillance.  Grand merci Hubert!

À Campoy, nous goûtons  pour 10 jours au plaisir de la sédentarité: la boulangère nous reconnaît,  Basile peut  inviter le voisin à jouer  » à la maison » et les enfants  se donnent rendez-vous  pour des parties de foot  mémorables sur la place.

Tous les jours, une nouvelle rencontre s’ajoute à la précédente. Le camping -car est souvent visité!

 Nos voisins  nous invitent pour un petit déjeuner, ou un dîner…

Ici,  nous nous sentons particulièrement bien,  il n’y a rien de beau (c’ est même  assez laid), mais nous n’arriverons pas à partir!

Hubert est un bâtisseur: en 10 ans, il a mis en place des projets solides  et autonomes. La  paroisse de Campoy est un lieu de vie intense,  nous en sommes témoins: sans arrêt, des groupes, des familles, des enfants, des ados vont et viennent, l’église est un peu leur maison.

 Créée par le Père Humberto et d’autres, la Polyclinique est désormais  totalement autonome et accueille les malades  de tous acabits. Nous ferons une chaîne de seaux d’eau à travers la cour de la paroisse: l’eau manque à certaines heures pour les soins quotidiens…Cela parait sans doute misérable depuis la France, et pourtant  l’endroit est propre,  la pharmacie bien achalandée, le personnel très professionnel. Plus loin, un centre d’accueil et de psychomotricité pour les jeunes enfants,  des bénévoles  pour l’accueil et l’éducation des  mères adolescentes, nombreuses ici, et la régularisation de leurs papiers.

Le vivero (pépinière) est   un autre projet lancé par  le Père Humberto,  pour lequel nous serons pendant quelques jours les volontaires fortement stimulés par Véronica.

El vivero de Véro

 Véro la  très-vivante!

 Malgré trois jours par semaine passés à l hôpital,  cette jeune femme déborde de vie et son humour est décapant!  Elle nous dit qu elle puise toute son énergie dans la messe du dimanche. Sa force intérieure  nous énergise.

 Le Vivero, en plus d’être une pépinière, est  un lieu d’expérimentation  pour les plantes ornementales consommant peu d’eau. En effet, Campoy  se reverdit grâce au vivero qui plante  les « molles » le long des rues, remplaçant les ficus importés du Chili  chers et grands consommateurs d’eau. Les molles, »faux poivriers » endémiques, économiques,  ont besoin de très  peu d’eau  pour pousser et donnent de l’ombre aux passants, créent de l humus…

Nous retirons avec soin les petites feuilles mortes de ces bébés-poivriers,  remplissons des sacs de terre,  cela nous fait du bien de mettre la main à la patte et  les doigts dans l humus!!!

 des rencontres,encore des rencontres… Les petites soeurs de l’Assomption,  engagées sur le terrain,  nous attendent chez elles et racontent leur vocation: offrir une présence dans les quartiers les plus pauvres pour se rendre disponibles aux personnes selon les besoins. Quelles personnalités rayonnantes de bonté !

 

Une autre rencontre marquante,   celle de Jean Baptiste, jeune séminariste, volontaire dela DCC

 pour une petite entrevue, les enfants  ont preparé  leurs questions :

A quoi rêves-tu pour l’avenir du Pérou?

 moins de corruption: elle s infiltre partout ici et à tous les niveaux, c est terrible. Et une meilleure estime de soi pour les jeunes(…)

 -As-tu connu des périodes difficiles?

 mon estomac surtout! et quand on est loin on passe par des hauts et des bas, bien sûr

 -Est ce que tu as appris quelque chose de vraiment important?

 J’ en apprends tous les jours, j ai appris qu il n y a pas  qu une manière de penser,  appris àvoir les choses sous un autre angle, comme avec un autre projecteur sur la réalité.  Une autre manière de penser Dieu aussi.

 J’ai aussi appris que  « pauvre » ne signifie pas forcément « innocent »! Je partirai moins candide.

Est ce qu’il y a des rencontres qui t’ont marqué?

Oui, plusieurs. Je pense à Veronica qui a une grave maladie de reins et change 3 fois par semaine son sang. elle ne se lamente pas et mord dans la vie. C est une femme très forte et d’une énergie incroyable  (nous conjfirmons !)

Quelle est ta mission , en fait, comment se passe une journée ordinaire pour toi ?

 J accompagne des groupes de jeunes, un groupe de  » pandilleros » (délinquants) qui consomment drogue et alcool et se battent. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, c estla Mafiaqui fait régner l’ordre pour éviter  la présence de la police.  Ils sèment la terreur dans la ville et il y a parfois des amalgames de la part de la population avec le terrorisme. Ma présence en tant qu’étranger  me permet d être assez respecté, je parle peu mais je suis là pour leur dire  » au nom de Jésus, on ne vous laisse pas tomber, si vous avez besoin de nous, on est là ». Alors parfois on organise des  choses avec eux, des  fêtes,  des matchs… Quand je suis là, ils ne fument pas, ils  se battent moins en ma présence. C est tout simple.

 Je m’occupe aussi des groupes de confirmation. L intitulé de ma mission, c’est:  » ouverture à une autre dimension », c’est large ! Finalement  ca veut peut être dire parler d’une autre manière, c’est le plus souvent dans  la rencontre informelle que  les choses se passent ( en jouant au ping pong par exemple!)

 GRAND MERCI JB !

  les  barrios de Vizcuchera

 A Vizcuchera, près de Campoy, comme à Manchay on retrouvera les mêmes paysages de collines envahies par de drôles de colonies…  On les appelles les invadores ( les envahisseurs) : les habitants  de ces cerros (collines effroyablement sèches) arrivèrent dans l’urgence  et la confusion depuis la Sierra pour fuir le Sentier Lumineux ou  plus récemment depuis Lima pour fuir l’insalubrité, la densité et chercher un bout de terrain de sable…visite avec Hubert

Les futurs habitants arrivent en groupe, investissent un terrain, et en quelques heures s’installent.   Ils posent d’abord leurs premières  briques pour tracer  les limites du terrain puis plantent une baraque  de bois le temps d’accumuler l’argent nécessaire pour acheter les suivantes. A Manchay : le scénario se répète : il n y a pas d’eau, il faut attendre le camion -citerne qui vient un peu quand il veut, pour remplir les réservoirs devant les maisons .L’eau est une denrée rare et chère. Les enfants réalisent les écarts : «  Et dire que nous, on utilise de l’eau potable pour notre toilette et nos chasses d’eau! » Hubert  et la paroisse travaillent auprès des habitants pour leurs accès à la propriété, à la santé, à l’obtention de papiers dans des jeux politiques parfois sensibles. cette petite église de désert  est  un lieu pour l’engagement social.

  nous rencontrons des volontaires ATD QUART MONDE qui créent un bibliothèque de rue dans ce quartier, un projet que nous aimerions suivre…

La Cité des Rois

Avant de rejoindre Manchay,  nous visitons Lima

Ici s’entasse presque le tiers de la population du Pérou soit 9 millions de personnes.  Encore une mégalopole latine avec ses larges avenues et ses concerts de klaxons… Derrière sa crasse et son côté décadent, le centre nous a beaucoup plu; nous avons aimé les bâtiments néo-coloniaux de la  Plaza Major

Le Monasterio San Francisco et son beau cloître recouvert d’azulejos, la superbe bibliothèque (photo interdite, comme d’hab)…

Les balcons à encorbellements avec leurs parois ajourées

Et puis la relève de la garde  devant le Palais présidentiel !

Le Musée Larco se situe dans une belle demeure coloniale entourée d’un  jardin fleuri.. Les pièces en or, la céramique nous enseignent encore au sujet des cultures pré-incas.

 

QUIZZ numéro 1:

Quel est cet objet (ci-dessous)? A quoi sert -il?

Les fans des Cités d’Or devraient connaitre… 

Côme attend vos réponses: comesb@hotmail.fr

 

Horreur ! Dans le taxi qui nous dépose dans le centre, nous laissons l’enveloppe avec tous les devoirs à envoyer au Cned ! il faudra tout recommencer (heureusement pour Théophile et Basile, le Cours Sainte Anne sera beaucoup plus compréhensif ).

Avec  Esther, une volontaire de Campoy,  nous terminons la visite de Lima  par une sortie aux Aguas magicas en guise de consolation!!!

  Manchay, au Sud-Est de Lima

   A quelques kilometres de Campoy, nous ferons la connaissance d’une famille de volontaires: Claire, Serge, Louis et Julien. La famille Bonnet , volontaire Fidesco depuis 4 mois,  s est engagée pour une mission de  2 ans dans les écoles de Manchay. Allez voir leur blog : www.lesbonnetsperuviens.blogspot.com et  le blog de la Fidesco, pour ceux que l’idée titillerait;-) :    www.fidesco.fr

 

Nous tissons des liens au fil des jours, et comme dit Louis  » avant on se connaissait pas, on s’est rencontré, et maintenant on est des amis! » Une belle famille pleine d énergie et de créativité, drôle aussi ; leurs désirs de se donner et de découvrir  nous ont touchés. Nous savons que nous nous reverrons!

Claire

 Serge et Louis

Julien

Nous rencontrons l’équipe de la Fidesco de Lima et  ses environs,  et fêtons la galette des Rois avec eux après une baignade dans le rio

 

 Mathilde et Mariliane travaillent  aussi dans une école à quelques kms, la famille Chacone, Guillermo,  Marie  et leurs 4 enfants,  eux, arrivent en fin de mission: bonne route à eux!

Nos enfants  se régalent des bons petits mots de Julien, totalement lunaire, et de l’énergie dévorante de Louis.  Ces deux larrons, en attendant le retour en France,  sont pour nos grands des petits cousins de substitution à croquer !

Claire  est professeur d’arts dans 2 écoles dont 1 pour enfants handicapés (mais ce sont encore les vacances d’été ici), Serge  a 2 missions : il est professeur d’anglais et chargé du projet de Manchay Verde.

 MANCHAY  VERDE

 Nous donnons un coup de main pour  le projet-pilote .

 Explication de Côme  et schéma de Théophile à l appui:

Manchay est une banlieue de Lima dans le désert qui a de sérieux
problèmes d’eau. Des volontaires FIDESCO ont le projet de reverdir cette
zone en plantant des faux poivriers (des  » molles « en Espagnol) sur le flanc
de la montagne.  A terme, cela recréera de l humus, captera l humidité …

Ces arbres ne consomment que cinq litres d’eau par jour. Pour
économiser l’eau qui est très chère dans ce milieu aride, Manchay
Verde de la FIDESCO récupère les eaux usées de différentes écoles et les
filtre grâce à un filtre naturel composé de plusieurs couches de sable, de
graviers de différentes tailles et de roseaux (comme le montre le schéma
de Théophile).

L’eau est acheminée par une pompe située au niveau du puits.
Ensuite, elle passe à travers les graviers qui retiennent les grosses
particules et le sable termine le travail. Enfin les roseaux apportent de
l’oxygène à l’eau qui peut alors irriguer les plantes (sur le schéma, on
ne représente que le « pilote» mais le projet est similaire). L’eau sort du
tuyau à l’aide de buses d’irrigation qui permettent premièrement d’irriguer
seulement le pied de l’arbre et pas à côté et deuxièmement d’irriguer de
manière égale tous les arbres.

le projet pilote:

Ca marche!

 

Manchay Verde organise aussi des campagnes de sensibilisation à
l’environnement dans des écoles par le biais de concours de recyclage et
de mise en place de projets similaires dans certains établissements.

Ce projet m’a beaucoup intéressé au point de vue technique et
environnemental pour des pays en voie de développement comme pour
chez nous.

Nous mettons à neuf les bacs de recyclage que Manchay Verde met à disposition dans les écoles pour leur projet de sensibilisation à l environnement.

  recyclage: rien ne se perd, tout se transforme!

Notre dernière soirée sera  musicale, avec  deux professeurs de  musique, l’un est professeur de saxophone, l’autre de chant et de piano.  De Lima, ils choisisssent de venir enseigner dans ce quartier . Quelle belle soirée !

 

 les Bonnet chantent!

Au moment de se quitter, on se demande pourquoi on part… A bientôt, on vous attend en France, les Bonnets Péruviens !

Basile entre en CE1! Bravo Basile!

 Ses ainés s’amusent à le déguiser en premier de classe

 Sur la route , nous faisons halte pour renconter les sœurs de Point cœur à  Pachacamac

Eléonore, Marie, Myriame, Marie-Emmanuelle, Gabrielle

En quelques heures, elles nous communiquent une belle joie de vivre. france.pointscoeur.org/Servantes-de-la-Presence-de-Dieu.html 

On the road again…

Nous longeons la côte jusqu’à Nasca. En attendant, nous découvrons à Pisco l’apéro du Pérou : le Pisco, tout simplement!

 Dégustation dans l’une  des bodegas de Pisco de ce vin doux péruvien, le cocktail national 

Recette  pour un punch latino :

 10cl de Pisco,   ajoutez le jus d’un citron vert, 1cl de sucre, 1 blanc d œuf, quelques gouttes d aromatic bitter… Salud !

 Ica

 Une ambiance de station balnéaire péruvienne. Nos enfants travaillent sur des tables en terrasse devant des ribambelles de gamins amusés, qui déposent dansla Piafmobile des petits souvenirs… Les Péruviens offrent beaucoup de petits cadeaux; nous nous sentons gênés de  n’avoir finalement pas grand chose  à offrir en retour… Parfois un dessin, une petite pièce de monnaie d’un autre pays, notre temps pour jouer…

mais grillé.

Tandis que des files de touristes font la queue pour les iles Ballestas,  nous prenons le chemin qui mène à la réserve  de Paracas, entre  des dunes  de sable et les vagues du Pacifique.

 

 en pente…

 

Il n y a personne, hormis un garde et un petit chat perdu dans le désert: » mais qu’est ce que tu fais là, toi? »

 

Magnifique ! Le vent  a façonné les dunes et  donné aux falaises des silhouettes étranges. Les dégradés  de rose, de jaune et d’ocre tranchent  avec la mer turquoise. 

Plus loin, les  pélicans barbotent  et se disputent les poissons autour des barques de pêcheurs.

Réminiscence de notre  premier contact avec le Pacifique, il y a 6 mois, à la frontière de l’Alaska: les mêmes  oiseaux  marins aux becs rouges courent sur les plage du Pérou e sur celles d’Haida Gwai!

Dans l’oasis de Huacanchina

 Pour quelques heures, les Piafs se sont pris pour  Stéphane Peterhanse  et Michel Bourez à la fois,   et  dévalent des dunes de sable en sandboard :  bienvenue au Sahara du Pérou!

 Plus loin, nous observons Les lignes de Nasca depuis  un mirador flanqué sur la route. Bof. on en apprend plus sur Wikipedia!

La Sierra

 Des cactus au niveau de la mer  à la Sierra en quelques heures… Le mal des montagnes nous guette!

 

Entre Nasca et Cusco,   la route   sillonne entre des plateaux, des rivières, et des  lacs, des étendues à perte de vue. Nous traversons la Réserve de Galetas de Pampa où l’on croise  pour la première fois les douces vigognes, petites gazelles des Andes. On découvre que tous les lamas ne se ressemblent pas !

les jolies vigognes

Lamas et Compagnie
 Texte à trous pour les enfants écrit par Foucault

Au Pérou, il existe 5 sortes de « lamas »: le lama, l’alpaga, l’alpaca, la vigogne et le guanaco. Ils ont plusieurs points commun:  ils crachent pour se  . . . . . . . . , ils sont tous le cousin du chameau, leur poil est laineux, ils ont  des dents uniquement sur la mâchoire  . . . . . . . . . . leurs grands yeux noirs  bordés de longs cils leur donne un regard attendrissant.
3 de ces espèces sur 5 sont domestiquées. Le lama, bien qu’étant le plus connu, n’est pas le plus utile: il ne sert qu’à porter des charges dans les . . . . . . . . . . En revanche,en ce qui concerne l’alpaca, plus petit, sacré pour les Incas, on peut consommer sa viande, utiliser sa laine très fine et très douce et il peut porter des charges. Enfin l’alpaga est un croisement entre le lama et l’alpaca, il rend les mêmes services que l’alpaca mais de moins bonne qualité.
La  laine de la vigogne, sorte de petit lama sauvage très gracieux, est la plus douce au monde ! Seul le roi Inca pouvait porter des vêtements de  . . . . . . .  . Cet animal était en voie de . . . . . . . . . . .  il y a 10 ans. Aujourd’hui, il a repris du poil de la bête!
Pour finir le guanaco sauvage,trop . . . . . . par l’homme pour sa fourrure, est en voie de disparition: nous n’en avons jamais croisé!😦
 Foucault
Envoie-moi  tes réponses à foucaultsb@hotmail.fr

 

Sur les routes de montagne, on atteint 4560 m d’ altitude et la nuit, Luc est saisi d’ un terrible mal de tête, le Soroche a fini par frapper !

 courses sur la route

picnic

Parfois la seule beauté de la route contribue à nous mettre de  bonne humeur!  Il arrive que Basile aime ces journées entières sur la route, comme une journée passée « à la maison »sans rien faire. Et d’autres jours sont ponctués de « Maman, quand est ce qu on arrive ? »… réponse : « dans 4 mois, mon chéri !»

  Nous voyageons   dans l’espace et dans le temps : les cultures  évoquent  pour nous le passé  avec ses villages où chacun vit grâce au commerce du voisin, au troc quotidien et au  lien étroit avec la terre.

Culture de pommes de terre (il y aurait près de 2000 espèces de patates!)

Les girouettes représentent des oiseaux,  une échelle,  une croix, parfois encadrées de deux taureaux en céramique,  ont été offertes par les voisins ou la famille; elles ornent les toits  pour célébrer la  fin de  la construction d’une maison, la croix portant bonheur évidemment.

 Cusco, la capitale inca

 En Quechua, Cusco signifie « nombril », en effet, Cusco est l’ombilic du monde pour les Incas, , c est ici que se retrouve l’élite et de là partent toutes les voies qui mènent aux territoires conquis et aux temples de l’Empire. Nous visitons le couvent san Domingo et le temple du soleil Qoricancha (pas de photo, c’est interdit…), lieu stratégique de l’Empire. Les Espagnols ont pillé, fondu les trésors que recelait ce temple mythique, prestige du l’empire inca.

Mais les pierres parlent encore!

Les pierres de Cusco

 La caractéristique la plus frappante de la ville est son architecture. Ses énormes murs aux pierres parfaitement ajustées sans mortier témoignent du génie technique du peuple inca. Ces blocs de pierres étaient soumis à un long travail de taille et  d’usure très laborieux,  les Incas disposaient de beaucoup de main d’oeuvre (pas d esclavage officiellement…).

 Les murs possèdent la fameuse inclinaison inca et la forme trapézoïdale des fenêtres et des portes   leur confèrent une sécurité antisismiques.  Ironie du sort : lors du tremblement de terre de 1650, seuls les murs  incas résisteront à la catastrophe, les murs espagnols d’architecture coloniale s’effronderont lamentablement.

La place d’Armes

On chante sous la pluie!

 

La cathédrale et l’église de la Compania ( Jésuites)

 Les péruviens se disent  « catholiques andins »et  le  syncrétisme  mêle subtilement la foi chrétienne aux traditions incas: chacun est baptisé et  va à la messe dominicale, mais  adore aussi Pachamama, la Terre Mère. A certaines occasions, le Péruvien moyen présente  ses offrandes (foetus de lamas, feuilles de coca, maïs pour remercierla Tierra Madre).  La vierge est assimilée à la déesse, sa cape de forme  triangulaire rappelant celle de la montagne que les quechuas vénèrent. Tout cela n’est pas incompatible et se pratique aujourd’hui dans un syncrétisme  très naturel. Malgré des pressions terribles au temps de la conquête, la culture andine résiste pacifiquement par son expression artistique avec beaucoup de subtilité: Dans les tableaux baroques,  on verra trôner sur  la table dela Cèneun cuy (cochon d’Inde,  la spécialité locale; il remplacera même parfois le pain); au pied dela Croix, Saint Jean etla Vierge mâchent  des feuilles de coca (rituel de deuil inca) et  la couleur de peau du Christ en croix rappelle singulièrement celle des Quechuas!

Fiesta de los compadres

Depuis la conquête espagnole, les fêtes indiennes coïncident avec le calendrier grégorien mais leur symbolisme est souvent lié à de très anciennes coutumes.

 Aujourd’hui, on  célébre  tous les saints masculins: les habitants décorent des croix  qu’ils dressent devant leurs églises. Un  arbre est décoré d’objets farfelus

 et après la procession, c’est réjouissances et libations jusqu’au soir!

 Au coeur du marché, nous assistons à une cérémonie très recueillie, quelques larmes versées par les femmes puis, portée par la musique, la petite communauté part dans une farandole joyeuse.

Nous n’avons pas tous les codes, mais la ferveur et la joie simples nous ont touchés.

La résistance pacifique à l invasion brutale des Espagnols se reflète à bien d’autres niveaux (agricole, gastronomiques, …) et l’on comprend que les indiens ont  intégré dans cette partie du monde la culture coloniale imposée tout en gardant profondément enracinées  leurs propres identités.

 L’artisanat cusqueno

 Fascinant de raffinement et de finesse. Quel savoir-faire !

 fileuse

tricoteuse

 les hommes aussi!

Côté musique…

 S’il faut bien reconnaitre que maintenir la pratique musicale  était un peu ambitieux (vraiment on n’y arrive pas!) les garçons s’exercent à   de nouveaux instruments plus « couleur locale »:  le charango pour Foucault, le cajon  et la kena  pour Théophile, l’antara pour Côme, l’ocarina pour Basile; les Piafs s’exercent à de nouvelles mélodies et s’éclatent ensemble sur les longs trajets! Petits concerts garantis au retour !

Rencontre d’un  super musicien qui initie Théophile, un   très beau moment

 Côme construit une flute… pour un petit cousin?

flâneries dans les rues

 

 La Vallée des Incas

 Dans des paysages sublimes, nous empruntons des pistes encadrées par les sommets enneigés ou  sur les hauts plateaux qui annoncent l’altiplano tout proche. Nous traversons les villages   entre Cusco et le Machu Picchu, aller-retour…

 

Ollataytambo

 

Le seul village qui ait gardé le plan d origine inca avec ses puits, ses rigoles dans lesquelles l’eau dévale  depuis la montagne et dessert  les maisons avant de continuer sa course pour irriguer les champs alentours.  C’est ingénieux et joli.

 Le site  archéologique est magnifique, notre favori! A quelques kms du Macchu Picchu, le village servait de relais aux Incas de passage pour les grandes fêtes religieuses. Nous circulons au milieu  des  vestiges des habitations, des temples, des thermes, nous découvrons comment les incas transportaient les pierres de plusieurs tonnes: tous les habitants participaient à la construction du  temple en échange de biens  en nature ( nourriture, vêtements…) que l’ Inca leur rendait.  Certains trouveront dans l’ organisation  inca des similitudes avec le socialisme, mais le rapprochement semble plus proche de la  récupération idéologique que d’une analyse poussée.

 

Las Salinas

Des salines comme à la maison! Mais à flanc de montagne, et à  des centaines de kms de la mer !

 Plusieurs  milliers bassins d’évaporation d eau salée venue d une source souterraine,que les familles de Maras se partagent depuis des siècles et  déjà exploitées par les civilisation pré-incas. Très beau !

c’est très très salé… et chaud!

 

Moray

 cultures en terrasse

 

 

Chinchero

 Le village des coopératives de femmes 

 Si nous avons vu parfois  la misère déguisée derrière les belles étoffes et les couleurs vives (les pieds surtout sont souvent bien abîmés,  certains ne portent pas de chaussures et l’hygiène  n’est pas souvent au rendez vous) ici, en revanche,  les femmes sont  joliment coiffées, leurs pieds sont chaussées, le soin qu’elles peuvent accorder à leur tenue revelle aussi leur implication dans le travail et le niveau de vie qui en découle.

Les femmes s’organisent en coopératives. solidaires, elles présentent leur artisanat aux touristes admiratifs que nous sommes, elles  savent vendre leurs produits. Elles nous expliquent fièrement  leur méthode de tissage, les teintes à base de plantes, de fleurs…

 Chapeau!

 Pisac

 un site gigantesque  et un marché coloré.

 

Macchu Picchu

 

Depuis  Ollantaytambo, nous partons le soir pour attraper le train vers Aguas Calientes puis  tot le matin pour attraper  le bus vers le Machu  Picchu. Vous suivez?  nous non plus: cette expédition fut un vrai casse tête et on aura cassé la tirelire pour la Grande Cité Perdue… (les étrangers paient un prix exorbitant, nous avons  râlé, en bons Français, et obtenu une légère réduction…) 

Cela valait largement la peine.La Cité de la Paix se  se laisse découvrir comme on ouvre un paquet cadeau.

Le matin dans les nuages,  nous marchons encore peu  isolés des autres touristes  et partons pour une belle randonnée jusqu’au sommet de Huanay Picchu.  

  La montée est raide et la récompense  à la hauteur!

Au milieu du brouillard, nous apercevons les montagnes qui surplombent le Rio Urubamba. le Macchu Picchu semble  jouer à cache-cache derrière son rideau de nuages. On guette, on évoquerait presque le Dieu  Soleil, et on s’extasie à chaque percée!

des pauses  trapèzoidales

Dans la descente, les rideaux s’ouvrent sur un paysage andin grandiose,  la cité du Macchu Picchu émerge des montagnes; est-ce la magie du lieu et son lot d’Histoire, les images qu’on en a vu, son mystère, ou encore les forces conjointes des montagnes et de la cité qui nous ont ainsi saisis, émus? Ce lieu rassemblait l’élite spirituelle et intellectuelle Inca.  La culture inca la plus avancée est gravée dans les pierres,  uniques témoins  d’un savoir faire architectural  et astronomiques exceptionnels, d’un système d’irrigation ingénieux,  d’une organisation politique,d’une civilisation sur un territoire  très étendu.

 Le Temple du Soleil,  l’Observatoire, le temple de la lune,les lieux de sacrifices: nous vous passons les détails  passionnants de la visite, ce serait long, Geo vous en parlerait mieux que nous!

En quelques générations, les Incas ont étendu leur empire depuis le sud dela Colombiejusqu’à Santiago du Chili (à vos atlas,  vous verrez, c’est hallucinant !). En revanche, l’indigénisme a parfois idéalisé la culture inca, impérialiste et pas si pacifique, qui a surtout tiré profit des cultures  pré-incas  qu’elle colonisait.

QUIZZ numéro 2

les Incas ont  succombé aux Espagnols parce qu’ il leur manquait :

1-    la roue

2-  l’arme à feu

3-  l’écriture ???

 Côme attend vos réponses à  comesb@hotmail.fr

 

Andahuaylillas

 Une église jésuite magnifique , du pur baroque andindans un petit village d’adobe perdu dans la montagne.

 on trouvera des representations de sirenes jouant du Charango, les miroirs et les vierges  triangulaires si spécifiques,, des motifs geometriques et symboliques andins et une porte encadrée de texte en latin, quechua, Aymara et espagnol.

les orgues

le plafond

les  Péruviens défilent dans les rues pour que le maire… reste en place! Sur la place il semble qu il y ait des divisions, ceratains disent que les manifestants sont payés par la municipalité…

Près du collège Saint Ignace, nous visitons le projet Q’ewar et faisons la  rencontre de son fondateur: Julio est sculpteur. Professeur à Lima, il décide  avec sa femme en 2002 de créer une Ecole Waldorf à Andahuaylillas pour venir en aide aux familles  les plus démunies.

Le lieu est beau et paisible , les matériaux choisis.

 

 Il y a des ateliers de musique, de poterie, un jardin potager pour les enfants. Les femmes, elles, confectionnnent  des petites poupées qui seront vendues à un prix équitable dans d’autres pays. http://www.qewar.com

 sur la route, quelques problèmes mécaniques… qui appelle Luc « Mac Guyver »?

 IL EST FORT MON MARI!!!

Puno

 Quelle chance : nous arrivons de justesse à la fin du carnaval de La virgen dela Candelaria.

 

Les danseurs arrivent en groupe et paradent dans la ville jusqu’à la place d’Armes pour danser jusqu’au bout de la nuit!

 

On nous asperge de mousse bleue, les grands l ont évitée avec soin, nos petits l’ont cherchée avec le même soin…

 C est la fête!

Les iles du lac Titicaca

La légende du fameux lac Titicaca, racontée par les Aymaras et reportée par Théophile:

Dans les plaines du Pérou vivaient  des tribus indigènes Aymaras.  Bravant un interdit, elles se réfugièrent dans les montagnes pour se cacher de la colère des Dieux. Pour les punir,les dieux envoyèrent des pumas qui les tuèrent. Le dieu du Soleil  qui les aimait pleura 40 jours sans cesser.  Au bout du quarantième jour, le  flot de ses larmes inonda la plaine. Les pumas moururent et se transformèrent  tous en pierres. D’ ailleurs, le mythe  et la réalité se rejoignent car « Titikaka » signifie « rocher du puma » en aymara.

 Théophile (appelé  aussi WIKI).

Nous quittons la piafmobile pour une nuit  chez l’habitant et 2 jours sur les îles.

Les Uros ,  iles flottantes

  Drôle de sensation en posant nos pieds sur un sol qui s enfonce.

 Ici, on parle Aymara.  A l’origine, les peuples  Uros ont fui l envahisseur inca et trouvé ce mode d habitat flottant pour échapper à sa domination. Sur chaque ile vivent plusieurs familles, son président change chaque année.

 Le toturo ( roseau) nourrit hommes et bêtes,  sert de combustible, d’engrais, de plancher et de toit,  il est  aussi la matière première de  l’artisanat.

mobile en roseau: pour qui celui là?

Pratique : On peut déplacer l’ile en cas de litige de voisinage, et même la couper  en deux si les couples  ne s entendent plus !

Sur cette terre artificielle, les Uros vivent  chichement de la chasse, peuvent cultiver… la pomme de terre, évidemment ! Assez maigre récolte quand même, et largement insuffisant pour faire vivre les familles. Le tourisme est une manne tombée du ciel, avec ses bons et moins bons côtés. Ceci dit, la culture est authentiquement préservée et il ne faut pas bouder ces rencontres uniques.  Nous ne sentons pas d’excès dans la  présentation  du folklore et des traditions (hormis le  tour en drakkar un peu anachronique!), même si la visite  est très organisée.

 l’ île Amantani

10 communautés se relaient pour accueillir les touristes chez elles.

Celle de Valéria et Elias nous accueille  dans leurs maisons en adobe pour une nuit. Ils ont quelques moutons et un petit terrain.

Nous participons à la préparation du repas, frugal et sain : soupe de quinoa,  fromage frit avec du riz, tisane de coca ( maté).

Maté

Les hommes travaillent pour la plupart dans les champs et cultivent pour leur propre consommation du mais, des pommes de terre, du quinoa, des racines (uca).  Les femmes tissent et tricotent toutes la journée en marchant, cuisinant, et lors des conseils  hebdomadaires qu’elles tiennent avec leur Président sur le stade de foot  pour régler les litiges et organiser la vie courante.

Un ballon est toujours un vecteur de jeux et de rencontres immédiatement efficace!

 Elias nous dit combien ce tourisme équitable a aidé les communautés à sortir de la misère et de l isolement. Ne vivant que du troc et n ayant aucune entrée d argent, le peuple Amantani était voué à la misère et ne pouvait s’auto suffire. 

 

Les traditions sont préservées, et s ils vivent encore  très modestement, les insulaires préservent avec dignité leur culture.

 le soir, on participe à une fête, Valeria nous costume…

 

Les touristes que nous sommes se considèrent honorés d’avoir partager un peu de la vie quotidienne

 L île de Taquile

 un modèle communautaire d’inspiration collectiviste. Plus riches qu’à Amantani, les habitants de l ile s organisent en coopérative. les textiles sont classés au  patrimoine de L Unesco. Ici, les hommes tissent  eux mêmes leurs bonnets dont les couleurs et motifs traduisent le statut social.

 Le carnaval, toujours..depuis  le lac, la procession s arrête dans les maisons jouant flûtes, tambours, quena, sampona avant de continuer sa lente ascension. Superbe !

 

 

 

le lac nous a beaucoup séduits. Ses dimensions, son microclimat, son  altitude  lui donnent   un air unique . Dans un ressac presque maritime, ses petits cailloux rose et blancs jouent une musique douce  de clapotis.

 

C’est sur cette note lacustre que nous quittons le Pérou. Nous n avons fait  qu’ effleurer, savons que nous n’avons des choses qu une vision fragmentaire, emportés par l’étreinte du voyage, nous continuons la route vers  Copacabana, et traverserons le lac Titicaca pour la Bolivie et ses surprises.

 Florent Valérie  Laure et Hugues nous retrouveront à la Paz!

…Aux artistes-danseurs, aux pêcheurs, aux joueurs de kenas et aux joueurs d’échecs, aux tricoteuses, aux fileuses, aux vendeurs de coca,  aux cultivateurs de pommes de terre, à ceux qui n ont  que leurs mains et rien à vendre, aux visages marqués par le soleil et le travail, aux sourires timides, aux  regards curieux, aux enfants vendeurs de pacotille, aux femmes courageuses , avec qui nous avons parfois  échangé quelques  simples mots, 

A tous ces visages,nous voulons rendre un grand hommage…En attendant de retrouver les vôtres !

 

 

 

 


le Nord du Pérou

février 17, 2012

 Bienvenue au monde à Antoine!

Vers l’ Eldorado, à petits pas, en  commençant par le Nord du Pérou

 ( dans le lien Bivouacs,  pour ceux qui nous suivent, la  liste continue)

 Derniers tours de roues en Equateur

à Cuenca, après des heures de vol  et de transit,  2 nouveaux piafs  prennent la route  avec nous: les parents de Caroline s’ ajoutent à  notre petit monde pour 2 semaines :  gazouillements, piafferies, joie  des retrouvailles!  Nous nous gargarisons  de nouvelles nationales, électorales, la crise et le triple A, et  surtout de nouvelles familiales (on en veut toujours plus! Les petits cousins-cousines manquent)!
 les parents se glissent parfaitement dans notre rythme  de nomades,   grand merci  à vous 2 d’avoir si bien joué le jeu d’une vie  itinérante!

 Vilcabamba


 Dernière étape équatorienne
Le  6 janvier, la fête des rois se célèbre dans  la rue,  et dans la   Piafmobile aussi:

Vive la Reine!

et vive les Rois!

en offrande  à  l’enfant Jésus: de la chicha, alcool de  mais,Santé! 

Nous suivrons en musique le début d’une longue  procession depuis l’église: le petit niño Jésus sera déposé dans la chapelle  d’un autre village.

 Vilcabamba, la ville de l éternelle jeunesse?
 

 

Rues  silencieuses,  place paisible. Nous croisons beaucoup de  seniors aux cheveux blancs au pas alerte et  assuré. On dit que l’ on vit plus longtemps ici…Attention, c est sérieux,  plus que de simples rumeurs, c’est  prouvé! Des chercheurs américains, nutritionnistes, gériâtres, scientifiques de tous poils avancent  des théories plus ou moins convaincantes pour expliquer le phénomène. Reste que l’atmosphère  tranquille et reposante préserve certainement du stress…
A Vilcabamba, beaucoup d’Américains bobos ou ex-hippies se sont installés comme chez eux, peut être pour ne pas vieillir?  La place regorge de troquets où le menu figure en Anglais (vegetarian sandwiches and organic muffins) et de tour operator pour des excursions « all inclusive »!  Au milieu de cet îlot  de Ricains, les « locaux »  un peu (pas trop encore)  gâtés par le tourisme continuent de couler de longs jours tranquillles sous le soleil… Et  nous, sous l’eau!

 Près de l’hôtel des parents, nous découvrons un projet de permaculture, mêlant  de manière  raisonnée les herbes folles et les plantes endémiques de la région, inspirée des pratiques locales ancestrales ( les fameuses cultures en terrasse que nous retrouverons plus au Sud).

 Et  le lendemain, la randonnée à cheval sur la crête est une véritable cure de jouvence! Au milieu des agaves et des courants tumultueux, Anne-Hélène a réveillé son  savoir-faire équestre. 

 Gilles trotte et galope  allègrement, Côme a retrouvé de belles sensations sur un petit cheval andin tonique, Luc aussi évidemment, Foucault part au triple galop; quant à Basile,  il est cette fois un peu moins téméraire la ballade étant plus périlleuse que les dernières fois!  Moi, je savoure: la vue depuis la crête est imprenable.

Prochaine galopade  familiale sur les plages de la presqu île guérandaise?

  El Peru

On passe la frontière en moins d’une heure, du jamais vu! 

Nous changeons nos   dollars équatoriens en Sol péruvien, pas  de queues ni  paperasses mais   une autre prise de tête: pour tracer le parcours, nous retournons  à 4 la carte dans tous les sens, le pays est immense mais plein d’obstacles: il faut faire des choix.

 La forêt amazonienne et les Andes paraissent des barrières infranchissables avec la Piafmobile, le territoire péruvien est en effet divisé en trois régions naturellement distinctes:  la Sierra (les Andes) au milieu, la Selva (la jungle) à l’Est  et la Costa ( la côte Ouest). Tout au long de la traversée, nous entendrons parler de ces trois entités disséminées dans des régions aussi vastes qu’isolées.  C’est décidé, pour des raisons de temps et  d’accessibilité, nous découvrirons  la côte Nord avec les parents; plus accessible,  elle nous offre des paysages  inattendus, loin des clichés andins…   Nous serons saisis tous les 8  par la variété des paysages : des déserts, des rizières, des dunes de sable, de misérables barraques de bois, de riches places coloniales, des hauteurs vertigineuses et enfin  la campagne andine inondée de rivières, puis, à nouveau des déserts arides… Tout cela en  l’espace de quelques jours, parfois quelques heures, sur la panaméricaine qui nous mène à Lima.

La Costa
Apres une nuit à Piura,  nous traversons de longs  paysages désertiques.

arrêt picnic sur la route

 

D’après vous,  le désert péruvien:

 1. »c’est soleil et sable fin, idéal pour des vacances balnéaires« 

 2. »y a rien à voir,  c’est franchement mort. »

  3. »ça change tout le temps,  c’est  bien mieux qu’une télé! »

Nous, nous avons aimé  traverser ces dunes  infinies et variées de roches et de sable qui offrent au voyage une  belle pause contemplative… 

A Pimentel, les parents feront une nuit blanche dans un hôtel de routards  avinés… Une fois suffira! Par la suite, nous dormirons dans les parkings  chics des hôtels des parents  et les  retrouvons  pour les  petits  déjeuners gourmands, voire pour un plouf dans la piscine après l’école sur de belles nappes blanches…Changement de rythme super agréable!

 

 La région récelle aussi de véritables trésors culturels  pré-incas que les archéologues  continuent de découvrir. Nous avons le  sentiment d’être   privilégiés  en explorant ces  sites encore  mi-enfouis sous le sable: moins connus  et moins visités que ceux du Sud,  ils révèlent   néanmoins des cultures fondatrices et particulièrement  avancées.
On assimile souvent la civilisation andine aux Incas, mais  de nombreuses cultures  les ont précédés:
 Les Moches (II-VIIè s.), les Chimus (apogée entre le XII et le XVè s.) étaient des orfèvres habiles et créatifs,  maîtres de l’art de la céramique et de l’architecture.

  Musée  Tumbas Reales de Sipan (Chiclayo)

 La  pyramide compte parmi les plus grandes découvertes  archéologiques du Pérou de ces 50 dernières années ( 1987)
Depuis 1750 ans  le señor de Sipán gisait  tranquille entouré de quelques milliers d’objets en or et céramique, d’un garde, de sa concubine, de son fils, de lamas et de chiens…

Photo trouvée sur internet, car nous n avons pas eu l’autorisation de sortir  notre appareil

 Le musée est passionnant, nous découvrons  la civilisation Moche,  experte  en orfèvrerie, métallurgie, céramique, architecture.  Les pièces exposées révèlent les échanges commerciaux avec le Chili, l’Equateur, la Colombie ( on retrouve les émeraudes!),  la finesse et la beauté des pièces sont à couper le souffle! Les enfants trouvent que ce n’est pas si facile d’être roi: porter tous les jours 15 kg de parures, pectoraux, tuniques, couronnes avec disque solaire, boucles d’oreille gigantesques  et percing en or…  Pas  si dorée, la vie royale!


  

Trujillo
 Huacas del Sol y de la Luna ( temples du Soleil et de la Lune)

La pyramide du  Soleil ne se visite pas, elle est en cours de fouille, on la confondrait d’ailleurs facilement avec une colline naturelle, non?

 Pourtant, c’est la plus grande pyramide du Pérou et les fouilles réservent encore de belles surprises même si Espagnols en détruisirent une bonne partie en détournant le cours du fleuve Moche.  La huaca del Sol avait  une fonction politique et administrative, celle de la Luna  servait aux rites religieux.  

 Huaca de la Luna
A la mort du roi, on recouvrait le temple avec des briques d’adobe puis on bâtissait un nouveau temple sur l’ancien: la structure compte  ainsi 9 temples s’ajoutant les uns sur les autres.

les  superbes bas-reliefs polychromes encore en bel état illustrent les cérémonies sacrificielles et la vie quotidienne.

Les danseurs


les soldats

 Le désert, toujours et encore,  entre deux sites archéologiques…


 

Chan Chan

Un temple  du royaume Chimu,  antérieur au peuple moche, au milieu du désert de sable … Très beau!
 


Entre  les murailles  en tapia  ( mélange de pierres et de paille) ,  il n’y a pas  de porte mais des angles savamment positionnés pour cacher chaque pièce du regard. De ce palais il ne reste  aujourd’hui  qu’un labyrinthe  de murs  qui  s’élèvent  parfois à plus de 7 mètres sur une longueur de 60 mètres. 

  Certains sont décorés de frises représentant des oiseaux ou des poissons stylisés, des serpents bicéphales, symbole de fertilité (nous trouvons bien des similitudes avec  les figures  mayas du Mexique).

Filet
 

oiseaux marins

poissons

le peuple Chimu, peuple pacifique,  vouait un culte,vous l’aurez deviné, à la mer.

 …

Puis nous continuons notre descente vers Lima en longeant la côte  sur  des routes de désert en croisant de rares  barraques en bois, des villages d’une grande pauvreté,  et des stations services isolées au milieu de nulle part.

pPour rejoindre un village à un autre, on utilise  les mototaxis, chouchouté par leurs chauffeurs. Basile en raffole, c’est bien mieux qu’un tour de manège!

  Huanchaco

 ici, on savoure  de délicieux ceviches, les meilleurs de toute l’Amérique Latine!

 Cette petite ville au bord du Pacifique est connue pour ses  cabalitos de totora, frêles embarcations de roseaux qui rappellent celles de Uros du Lac Titicaca (…prochain article!).

 

La Sierra

Depuis  Casma,   nous bifurquons et traversons des hauteurs vertigineuses, les  chaines de montagnes de la Sierra.

les paysages changent rapidement,  entre désert et hautes montagnes, l’air est de plus en plus froid.

La  Cordillère Blanche
C est la petite Piaf qui monte qui monte, dans des petits virages serrés serrés… Anne Hélène serre les dents mais garde le sourire! Dans la piafmobile, nous gardons les yeux rivés  sur le GPS pour battre notre  record d’altitude!  Il faut dire que nous approchons  de la plus haute chaîne de montagnes tropicale de la planète. Nous traversons des paysages à couper le souffle,  au sens propre du mot aussi: l’oxygène manque sérieusement!

 nous avons atteint 4230 mètres!!!


 Les pics rivalisent d’élégance,  l’altitude se fait sentir  et il faut reconnaitre  humblement nous ne sommes pas  des alpinistes chevronnés : nous nous essoufflons (pas les enfants!) en montant les moindres petites marches de la ville de Huaraz. Point de départ des treks, Huaraz  est  perchée à 3090 m, coincée entre les imposantes  cordillères Blanche et Noire et prend l’allure d un Katmandou des Andes! Nous apercevons le plus haut sommet du Pérou, le mont Huascaran ( 6768 m) vers lequel les alpinistes s’aventurent.
 La plupart des villages que nous traversons ont été entièrement détruits par les  tremblements de terre. En 1970, toute la vallée fut ravagée et l’on compta  plus de 80 000 morts. Les rues des villages  reconstruits de manière impersonnelle arborent  désormais de petits immeubles de béton disgracieux. Mais toujours animés: les marchés, les boutiques, les visages surtout égayent  les rues  les plus anodines.


 

horloger

 

cordonnier

 

 

 on découvre de nouveaux fruits, à croquer, sucer, mâcher, chiquer …

Dans les villages, rien ne semble avoir changé depuis des siècles. Les costumes d’abord: jupes de laines de couleurs différentes enfilées les unes sur les autres, chemisiers brodés aux couleurs vives, un carré de tissu dans le dos placé en bandoulière permet de porter  bébés, herbes, provisions…

Les chapeaux, entre le  haut de forme et le melon, tressés ou feutrés, parfois ornés de plumes ou de fleurs  varient  de style d’un village à l autre, la couleur du ruban signifiant le statut social: noir ou brun pour les veuves, blanc pour les femmes mariées…

 

Sur la route qui nous mène  à la lagune Chinancocha,  l’air fleure bon l’eucalyptus. Le lac, bleu turquoise, est situé à 4750 mètres d’altitude.  les parois des montagnes  sont  abruptes et on apercoit au loin  9 pics enneigés. Etrange pour nos références européennes: nous atteigons des lacs de glacier dans une douce température avoisinnant les 15 degrés.

 

 Douceur de l air et de l’eau


 En chemin, nous nous arrêtons pour une dégustation de cuy, les cochons d’Inde grillés, pas très appétissants et  franchement coriaces!  Gilles et Caroline se contenteront de regarder…

  Lima

Le Paris-Dakar  à Lima

 Pour  les derniers jours passés avec les parents,  il est impossible de circuler dans la capitale péruvienne! Nous nous perdons dans les rues liméniennes au milieu d une foule euphorique, serrés  comme des sardines entre les fanatiques de course de désert…

En attendant que le centre de Lima se vide de ses 4×4 vrombissants,  nous flânons dans  les rues de Miraflores et  découvrons un Lima chic  et paisible, avec sa promenade  de bord de mer bordée de palmiers et de belles boutiques.   le grand Lima  colonial nous ouvrira ses portes plus tard,  mais il est déjà temps pour les parents de boucler leurs valises. Nous avons le sentiment d’avoir découvert avec eux le visage d’un Pérou très varié et inattendu, et  partager ce morceau de vie un peu à part.

ils pourront comprendre mieux que quiconque  parmi nos proches (avec nos potes les Viard of course, et bientôt les Salmon-Ceccini en Bolivie!!!) ce qu’a  signifié pour nous:

 dénicher un  nouveau nid tous les soirs,  faire un exercice de géometrie dans les vibrations et les tournants, chercher désepéremment une carte sim pour l’ipad dans une ville inconnue, négocier entre désir d’exotisme et réalité d’une piste impossible en Amazonie, ils sauront combien l’eau est précieuse et compté notre usage électrique, comment charmer la police corrompue et rester ferme à la fois, pester contre un GPS  incapable de vous donner le degré d’inclinaison et la largeur des pistes, préparer un repas pour 8 dans une cuisine d 1 mètre carré, jouer à1 2 3 soleil sur l altiplano,  réciter une leçon sur Louis XIV dans la sierra, faire une toilette de chat, inventer des charades quand la route devient longue, lire en diagonale les guides touristiques et écouter son intuition, dresser une table dans le désert,  gouter au bonheur d’une rencontre fugace sous un parapluie , donner à un tee shirt franchement crade l’apparence  de propreté quand on en a que 3 ,  ils auront aussi compris le  grand bonheur pour nous de dénicher un tuyau pour faire le plein et  celui de trouver des toilettes dans une station service!

  Le voyage apprend à s’assouplir,  il aiguise l’intuition,  il apprend à accueillir le miracle d’être emmenés par le souffle de chaque instant.

Et puis ils  sauront combien  pour nous vivre ensemble et  voir  tous les jours nos enfants grandis et transformés par la vie est un trésor inestimable!

 Bientôt,  dans le sud du Pérou, nous vous promettons des photos de lamas et de grands paysages andins,de belles rencontres aussi…On y est déjà!


la Colombie

janvier 26, 2012

Avis pour  les amis de la route: nous proposons une nouvelle rubrique « pratique » sur nos bivouacs: à  notre tour de  vous donner les astuces  pour vous éviter  les  heures de recherche d’un lieu sûr! … on le tiendra à jour autant que possible…

 Comme promis, voici un grand retour en arrière jusqu’aux portes de l’Amérique  du Sud. Nous posions les pieds pour 25 jours dans la « Vice Royauté de la Nouvelle-Grenade », autrement dit

 la Colombie

 Et parce qu’une fois n’est pas coutume et qu’ici la coutume  est  festive, une introduction en chanson (traditionnelle), dédiée à nos amis qui liront ces lignes dans leur langue, sera notre porte  d’entrée  :

No vaya a olvidar,
por lejos que esté,
que esta tierra linda,
es de sumercé.
Digan lo que digan,
Colombia es amor,
y no hay otra tierra como está,
como está mejor.
¡Y no hay otra tierra como está,
como está mejor!

Premier couplet, en arrivant du Panama depuis la mer:

Carthagène  de las Indias
Voilà 2 mois, nous  débarquions pour quelques jours  dans le centre de cette ville de couleurs et de lumière; la Piafmobile, elle, finissait sa traversée des Caraibes au milieu de ses colocataires-containers.


Dans un petit hotel du centre, nous posions  nos sacs  salés et fermions  pour la nuit nos yeux encore étourdis par les vagues et la tempête. Pendant qu’au port de Manga  Luc usait ses nerfs et sa patience légendaire  à remplir d’interminables piles de paperasses, les enfants, eux, planchaient sur  leurs versions latines (à l’aide, Bonne Maman!) ou leurs problèmes de maths…


Lorsqu’enfin, au bout de 3 jours, nous retrouvons notre maison roulante et  lui dénichons grâce à Veronica une place dans la marina de Manga, quartier résidentiel de Carthagène.

Là, nous sommes les voisins de Veronica, Alberto  et leurs 3 enfants, amis de Benjamin. Nous assistons  avec eux à une fête de Noel  sous le soleil, bizarre,  et les soirées suivantes passées en leur compagnie,  les conversations sont joyeuses et chaleureuses.

Premier contact colombien,  premier maillon d’une chaine de rencontres merveilleuses.

Le miracle colombien opère!  Est-il possible de définir en quelques mots l’identité colombienne? … Un appétit pour le bonheur  malgré les cicatrices encore très douloureuses. La bonne humeur pimente la vie  comme le sel rehausse chaque plat; un moment ou une rencontre deviennent des bénédictions: pas de temps à perdre. Est-ce parce qu’il faut se réjouir des étincelles, si petites soient-elles? Ou bien un élan  porté naturellement vers l’autre?  En tous cas, nous recevons comme un cadeau la  curiosité joyeuse envers l’étranger qui ne venait plus: combien de visites de la Piafmobile, de  fois devrons nous poser pour une photo avec des gens croises dans la rue ou dans une station service,  combien de demandes de nouveaux amis sur Facebook? Nous jouissons surtout  de cet intense sens de l’hospitalité! Les relations humaines sont primordiales,  et la spiritualité vécue en profondeur. Un peuple fier  de sa richesse culturelle,  de ses paysages variés, de sa gastronomie délicieuse, qui veut  délibérement tourner la page des années noires.
C’est un peu court évidemment, mais c’est ce que nous avons expérimenté en traversant ce pays que nous avons tant aimé… Le reste se laissera découvrir au fil du récit de notre trop courte traversée.

Carthagène


Visite d’une  ville-musée,  ancienne plaque tournante du trafic d’esclaves et du commerce des pierres précieuses.


Nous déambulons  dans les ruelles fleuries   en levant nos 6 têtes vers les balustrades en bois, autour  du Palais de l’Inquisition, de la Tour de l’Horloge; longeant les remparts de la forteresse San Felipe de Barajas…

Ambiance des Caraïbes. Les palenqueras posent pour les milliers de touristes débarqués des bateaux de croisière.

Le jour, sous le soleil tropical, Carthagène exhibe ses façades colorées, vestiges du passé, et heureusement, la brise venue de la mer apporte de la  fraîcheur à nos promenades de curieux. On vient chercher le long des remparts qui patientent jusqu’au coucher du soleil à la fois l’évocation des luttes terribles du passé et l’air du Pacifique qui efface tout. Le fort qui protégeait Cartaghene des pirates évoque  l’époque où l’or et les émeraudes raflés par les conquistadores transitaient par la ville.


Et puis à la tombée de la nuit, la ville s’illumine: calèches éclairées à la bougie, terrasses animées dans la douceur du soir.  « On se croirait dans un film »dit Théophile….Dont nous serions les spectateurs éblouis.
Passé l’éblouissement des couleurs et de l’ambiance, on entendrait presque  des secrets conservés dans les patios, les fortifications, les étroites rues pavées. D’anciens cloîtres, des églises, des bastions et les vestiges de violentes batailles témoignent d’hommes et de femmes  esclaves qui ont gagné  ici leur liberté.

Esmeraldas
Parce que la Colombie est  le premier producteur d émeraudes au monde, nous suivons l’incontournable visite d’un  des magasins de pierres précieuses  avec explications et illustrations à l’appui. On apprend  que des dizaines de bulldozers rabotent la montagne à la recherche de veines contenant la  fameuse pierre, et que tous les mineurs sont atteints d’une incurable maladie obsessionnelle: la fièvre verte!   Une belle légende    pour éluder la  vérité écologique et sociale…
On dit qu’un  chef Fura fut trompé par sa femme Tena et de désespoir, il pleura  amèrement sur la montagne. Les larmes qu’il versa se transformèrent en… émeraudes, ma chère Armance!

(Après  bientôt 15 ans de mariage,  Luc et moi nous fiançons!)

De prime abord, Carthagène laisserait croire en une Colombie  pacifiée, économiquement prospère… la réalité est bien différente et le contraste  saisissant  lorsqu’on quitte la ville pour des colonies  de villages de misère, de poussière et de sacs en plastique.  Les chiffres ne trompent pas:’tandis qu’ à peine 2% des propriétaires fonciers possèdent 80 % des terres, 10% des Colombiens détiennent 50% des richesses nationales. Quant à la paix, elle s’installe progressivement. Rien à voir, heureusement,  avec les dernières   années de terreur:  en parlant avec nos amis, nous comprenons  que sortir de chez soi présentait  alors un  réel danger, et  encore aujourd hui chacun reste prudent ( nous ne savons pas bien si c est lié à des habitudes traumatisantes ou à de réels dangers…).  On veut nous protéger, nous prévenir, nous entourer de précautions. Il faut dire qu’ en 2007,  on comptait encore  22 000 homicides. En 1995, avec 33 000 homicides, la Colombie dépassait les Etats Unis et même la Chine! Uribe, appuyé des Etats Unis, tient depuis 2002 une politique de fermeté, la baisse de la violence se fait donc  nettement sentir. La Colombie sort de ses années noires. Pour nuancer le tableau, il faut  préciser que le gouvernement  actuel stigmatise systématiquement  les groupes terroristes(d’obédience marxiste) sans évoquer sa propre violence  et le comportement sanguinaire de  son armée. Une femme de MSF rencontrée à Cartaghene nous dit l’horreur des actions  militaires…

Quant à nous, JAMAIS nous ne nous sommes sentis en insécurité, mais au contraire  toujours accueillis, entourés de bienveillance.   Petite réflexion familiale:   la réalité quotidienne et ordinaire  que nous vivons  est aussi juste que celle, alarmante et catastrophique, véhiculée par les médias.

Volcan Totumo

A quelques kilomètres de Carthagène,
Sortie dominicale en compagnie des familles colombiennes, toujours curieuses et  avides d’échanges. Nous  flottons au centre du cratère d’un volcan profond de 2400 m. La boue est tiède, donc rafraichissante dans la chaleur tropicale.

 on joue à » qui-est-où? »:

Déjà les civilisations précolombiennes s’y immergeaient  pour guérir leurs douleurs articulaires ou simplement pour avoir une belle peau satinée! On s’attarde donc avec jubilation dans ces  bons principes actifs et thérapeutiques.En tout cas, s’amuser est  forcément salutaire!

Métamorphose: vous nous reconnaissez?

 Routes en Colombie
Bonne nouvelle: la piafmobile est étanche et quasi amphibique!  Les routes boueuses et inondées ressemblent à des fleuves que nous traversons entre des trucks  longs de 15 mètres, parfois à l arrêt pendant des heures…Au milieu de  ces colosses de la route, la piafmobile passe pour une  touriste extravagante! Mais il nous faut coûte que coûte tracer la route, passer les terrains glissants et boueux jusqu a  la region de Santander où Claudia, qui suit notre parcours depuis le début, nous attend.
Enfin, arrivée à Bucaramanga un soir de fête: pour célébrer l’Immaculée Conception, les enfants éclairent les rues en allumant des cierges multicolores sur les trottoirs ou sur le palier de leur maison.


Tout est prétexte pour faire la « rumba » : dès notre premier soir, nous participons au banquet du quartier de nos  nouveaux amis, Claudia et Puno.  Lumineux.


La Piafmobile est visitée, admirée par toutes les générations.  Nos ados font des rencontres, Côme s’improvise instituteur et donne un cours de Français aux jeunes curieux!

Les jours qui suivent sont un enchantement après les routes terribles: nous sommes entourés d’amitié, de joie de vivre et bercés de musique latine. Claudia et Puno  sont incroyables. Quelle leçon d’hospitalité, d’humanité! Ils nous offrent  tous les deux  un arbre réconfortant où nous reprenons des  forces. les Piafs peuvent poser  leurs ailes un peu mouillées, un peu fatiguées dans leurs branches si largement ouvertes.  Meme si on n’a pas tellement le temps de  s’endormir:  de fête en fête, de musique en musique, de conversations arrosées en retours tardifs, nous  comprenons vite que la « rumba » est un  indispensable ingrédient colombien!

Puno est une personnalité!  Universitaire et  chroniqueur cynique dans la presse (sa plume anonyme relève avec un humour sarcastique  les fautes et incohérences journalistiques),  il est aussi à l’ initiative de manifestations musicales,  organisant les  festivals autour du patrimoine musical colombien de la région de  Santander. Et puis… Son véritable violon d’Ingres: le tiple! (guitares à 4 cordes  triples) , et le groupe Los Muchos qu’ il a créé.
Un être humain chaleureux et  malicieux!

 Claudia est une femme de Bogota au coeur d’or! Genereuse, elle nous a accueilli avec délicatesse et son appétit de vivre communicatif nous ont tout de suite mis à l’aise. Elle nous guide, nous régale, orchestre nos visites, nous fait rire et nous entoure de bienveillance. Jusqu’ à notre sortie du pays, nous nous sentirons accompagnés par cet ange protecteur, c’est  encore elle qui nous donnera les prochains contacts à Bogota et à Buga. Les enfants ont adoré leurs deux chiens, deux molosses doux comme des agneaux, et surtout,  Foucault s’est fait un nouvel ami, Simon, le fils de Claudia.


 Eres bienvenido en Francia!

 Petit concert à la maison…

 et concert à la ronde  tous les jours…

Le  canyon de  Chicamocha en téléférique.

Nous descendons jusqu’au Rio et remontons vers la Mesa de los Santos. Basile est très  fier de connaitre, après le grand Canyon, le 2 ème plus grand canyon du monde!!!

 Avec Stefania, de l ‘Alliance francaise, adorable étudiante qui nous accompagne.’

San Gil


Parque el Gallineral


Petit parc écologique. Sentier au milieu  des gallineros, arbres gigantesques desquels pendent des lichens appelés  la barba  del viejo (la barbe du vieux)!

et plus loin, gare aux aras!

Et puis, les enfants la réclamaient et  grâce à la maman de Puno, nous goutons à la curiosité culinaire locale: les croquantes hormigas culonas ( littéralement fourmis à gros cul, classe!)… pas incontournable!

Barrichara

une très jolie et paisible  petite ville coloniale. Murs blanchis à la chaux, boiseries vert bouteille,  pas une seule pierre ne semble avoir bougé depuis sa fondation en 1705. Sérénité des habitants pas pressés…

Basile aime toujours autant grimper sur les statues, c’est son dada!

Côme, comme d’habitude,est là pour le soutenir, Puno aussi…

 Basile veut mettre  cette photo aussi sur le blog😉 :

Pour ceux qui passent par là, ce n’est écrit nulle part sur les guides, mais  à El Pinchote, il FAUT absolument   prendre un Tinto ( petit café serré) dans le kiosque de la  place centrale, à la nuit tombée! Rituel colombien incontournable.

 El Socorro
Au hasard de nos pérégrinations, nous reconnaissons une silhouette:  c’est Aude! Le lendemain, elle nous rejoint avec son gros sac sur le dos pour une visite passionnante del Socorro, la ville natale de Puno, avec Camelo, guide-comédien ami de Puno. Fief de la franc maçonnerie et foyer de la révolution colombienne.

 C est là que nous quittons nos amis…

Yeux embués, gorges nouées… Certains se demanderont si une amitié d’une semaine compte  vraiment… Et pourtant, dans ces conditions de rencontre exceptionnelle se vit quelque chose d’exceptionnel.

MUCHAS GRACIAS CLAUDIA Y PUNO!

Villa de Leyva

Aude embarque avec nous  jusqu’ à Villa de Leyva, dans la région des Hautes Terres, le Boyaca. A notre tour d être un arbre pour cet oiseau migrateur: nous déployons la banquette et nous voila 7 pour quelques jours!


Aude est pleine de malice et de curiosité, nous aimons le regard qu’elle pose sur les choses, et les questions qu’elle porte.

 A bientôt, Chère! (en Bolivie peut être?)


La Piafmobile se gare  au monastère Ecce Homo, édifié par les Dominicains, le sol est pavé de pierres fossiles et le patio intérieur entouré de belles arcades. Belle rencontre de 28 postulants dominicains.

Nous installons  avec eux une crèche géante.

Le soir, ils nous invitent à leur veillée de prière. Dans  une lente  procession à la bougie le long du cloitre du monastère, nous avons la chance de vivre un beau moment de recueillement avec ces tout jeunes séminaristes.  28 garçons qui interrogent leur vocation religieuse. Pour nos repères européens, des jeunes drôles, bons vivants, bien dans leurs baskets,  désireux de donner leur vie  pour suivre le Christ, c’est  déconcertant…et décapant!

La ville


étonnante disproportion  entre la  plaza Mayor ( soulignons l’audace de porter un autre nom  que Plaza Bolivar!), immense, et ses petites maisons basses et blanches écrasées de soleil dont les bougainvilliers envahissent les murs. Derrière, les montagnes dressent leurs silhouettes bleues. comme dit Aude, on se croirait dans un décor de petit train électrique!

atelier de dessin dans la rue.

Jolie et paisible Villa de Leyva.

  sur la route de Bogota, nous visitons la catédrale de sel, taillée par les mineurs. 

Bogota

Nous pensions  trouver une ville polluée et dangereuse,   inhospitalière… Surprise! On a adoré et regretté de ne pas pouvoir y rester davantage…

   En face de l’appartement des parents de Claudia, la Piafmobile  trouve une bonne place  dans une rue en travaux. Elle peut  donc prendre ses aises, nous aussi(pas trop de bruit) sans gêner la circulation, par ailleurs intense voire chaotique!  les parents de Claudia nous accueillent pour le petit déjeuner, les garçons  prépareront des crêpes le soir.

 

Une amie de Claudia,  Catalina, étudiante et passionnée d’Histoire, nous fait visiter sa ville. Mieux qu un guide, très pro et super amicale. Elle nous fait part des désillusions de la jeunesse colombienne.  Nous partage son   intérêt  très vif pour les questions politiques malgré tout emprunt d’amertume face à une corruption omniprésente. Elle et son ami restent  pourtant « optimistes »(ils le disent eux mêmes) et   gardent un désir profond d’engagement. Une rencontre  vraiment enrichissante. 

Musée  Botero
Et ses gorditos qui nous font bien rire

le musee de l’or

Le Musee de l or abrite  la plus vaste collection d objets précolombiens en or au monde! 35 000 pièces issues  de la cordillère des Andes, de la cote caraïbe et de la sierra Nevada. Magnifique!


Blond doré, une pièce unique

sourire en or

petite promenade avant le déluge…

Le soir, Bogota inondée par la pluie,  il nous est impossible de prendre un bus!  Catalina et Juan Manual s’inquiètent de nous voir rentrer seuls…Finalement,  ils nous confient à la police qui prendra le numéro de téléphone de notre chauffeur de taxi ainsi que le nôtre. Nous devrons  prévenir   l’agent de notre arrivée sans encombre:  ces précautions  que nous n’aurions pas prises seuls  nous rappellent que le pays est  sans doute encore dangereux.Et  que nos  jeunes amis sont  marqués  par la violence qu’ ils ont vécue et  vue de près.

Adios, amigos!

Les routes sont encore en très mauvais état, souvent inondées; nous tentons de rejoindre malgré tout la zone du café, même si nous devrons renoncer à certaines visites. Luc  roule au ralenti,  prudence…

pffff… première avarie mécanique du voyage. entre  Bogota et Armenia.

Notre arrivée tardive  dans la nuit, en bord de route,  est récompensée le matin par un petit déj surprise préparé par les enfants, trop mignons!

 el Cafetero
La Colombie est aujourd hui le 3 ème producteur de café ; cependant, les meilleurs grains sont destinés à l’exportation. Le café se cultive à partir de 1100 m et jusqu à 1700m, à l ombre des palmiers. C’est dans cette région qu’on trouve les plus belles fincas; la Piafmobile s’offre donc le luxe de se garer  dans la cour d’une des plus anciennes de la région, la Cabana. Nous sommes seuls au monde, dans un cadre magnifique!

Bricolage, menues réparations,  travail de classe, lessive… la piafmobile sèche entre 2 ondées ( le soir, c est  toujours le déluge).  Et comme les routes sont impraticables, nous restons sur place. Visite avec la gardienne Maria, donc,  de l’exploitation de café,  du jardin, de la maison coloniale. Magnifique. Tout est  beau, coloré et gorgé d’eau!

  les piafs

 Buga

Anita et Alfonso

 la maison d Anita et d Alfonso qui nous accueillent est un ancien trapiche ( exploitation de la canne  a sucre), et nos hotes sont amateurs d antiquites.
Anita est  restauratrice d’ art religieux, nous visitons ave elle l’ église de Buga et  son tres beau chemin de croix, le couvent san Francisco et les fresques inspirées  par l’ art indigene.
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Popayan

La ville blanche. Une grosse ville coloniale pas incontournable a notre avis, meme si nous avons aime l’ ambiance de novenas (chant et musique de Noel) et son atmosphere andine.

Pasto
notre derniere halte colombienne.

Pasto.

Nous sommes à presque 3000 m d’altitude. Nous sortons les polaires et  arrivons dans  la maison  des Jesuites , la Casades Exercices Spirituels. Le père Jose  Alguilar nous accueille. Il y a un parking assez grand pourla Piafmobile, c’est habituellement un lieu de retraite spirituelle ignacienne.

nous connaissons bien  la famille de  Saint Ignace.  Le père Jose a   une attitude attentive  et   une qualité d ‘écoute toutes  ignaciennes qui font que nous nous sentons en famille (en plus, pour ceux qui le connaissent, il ressemble un peu à Franck, non ?).

Une journée de Noël peu ordinaire.

Lagune

A quelques kilometres de Pasto,  Jose nous emmène pour visiter un village étonnant. L’atmosphère est andine, l’architecture est suisse : des petits chalets  colorés aux volets en bois… étonnant mais vraiment charmant.  L’ambiance de Noël se fait sentir, décoration aux fenêtres, les enfants jouent dehors.

Sur le lac,  de jolies embarcations rejoignent un parc protégé, sur  une île où poussent des plantes endémiques.

Une ballade dans les sentiers  nous permet de mieux connaître Jose.

Il nous parle de la place des Jésuites, de son travail d’accompagnement  et  de réflexion auprès des responsables politiques locaux. Il mène  aussi des projets de recherche autour des questions environnementales et sociales en  Amérique Latine.

Théologie dela Libération.  Sil’église nous a paru ici souvent conservatrice, voire autoritaire, Jose donne un autre ton  à visage humain, proche de l’Eglise du Christ  telle que nous l’aimons.  Nous nous sentons en fraternité.

 Sur la route, cours d’ Espagnol !

 

Festival de los Blancos y Negros

Dans l’atelier d’un ami de Jose  professeur aux beaux arts,  nous assistons aux préparatifs et à la construction de ces chars immenses et bariolés.  Les artisans coupent, taillent, ils emplâtrent, polissent, colorent, vernissent…

Ce festival est la fierté locale, connu dans tout le pays, il offre l’occasion d’unegrande fête avec ses excès plus ou moins réjouissants ! Lancers de farine, œufs,  consommation  d’alcool… A l origine, ce  carnaval indigène    offrait l’opportunité de changer de rôle pour un jour : les Andins se déguisaient en Blancs, et les Blancs se maquillaient en noir. Les chars et grosses têtes  représentent souvent  des morceaux choisis de l’Histoire  de l invasion espagnole. La coutume s’est transformée en gigantesque parade et les festivités durent plusieurs jours. Nous n y serons pas mais ce fut vraiment interessant d observer les préliminaires  de cette grande manifestation populaire.

Retour  en fin d’après midi,  nous préparons Noel,  accrochons au plafond des branches d’eucalyptus en guise de sapin et quelques décorations sur nos fenêtres.  Le père nous propose de célébrer Noël entre nous. Quel meilleur cadeau pouvions-nous recevoir ?

Jose  nous laisse installer à notre goût la pièce que nous avons choisie pour notre   petite messe. Nous 6 avec le père José en cercle autour d’une table,  nous vivrons une célébration dans l’intimité familiale; Basile dispose  la crèche du Nicaragua et 7  bougies.  Dans la nuit,  quelques morceaux de musique choisis et joués par les enfants. Au centre,la Bible, le pain et le vin. Nous lisons les textes dans nos langues respectives. Echange en profondeur, offrande de ce que nous sommes et vivons. Impossible de traduire cette nuit de Noël,  c’est un moment  de grâce unique, gravé dans nos mémoires, nos esprits et nos cœurs.

Quitter la Colombie  sur cette note  nous invite à écouter l’immense  musique  des choses et des êtres. A tendre l’oreille pour entendre Celui qui, invisible, l’orchestre avec tant de délicatesse.

Muchissimas Gracias Padre. Merci Père.

 Le lendemain, nous partons tôt pour passer la frontière équatorienne.

las Lajas

Sur la route, un arrêt à Las Lajas fut un avant goût des couleurs de l’Equateur. Lieu de pèlerinage, atmosphère empreinte de mysticisme ce 25 décembre, des pèlerins gravissent les marches pieds nus et vêtus des costumes  de la Sierra.

Cochons d’ inde en broche, les fameux cuys, Bienvenue dans les Andes !

Nos amis Viard sont déjà dans l’avion, au-dessus de nos têtes,  on guette, on trépigne d’impatience, sans oser y croire encore… Le soir, on pourra  sauter dans leurs bras et embarquer pour 15 jours dans un rythme jovial à 12,  un vrai bonheur!

Juliette  a tout dit ou presque, dans son article  drôle et touchant, qui lui ressemble si bien.  On s est régalés à la lire, l’ impression de l’entendre nous a réchauffés alors que nous étions  déja  dans les hauteurs péruviennes,  Merci Merci ma belle Juliette!!!

Bientôt le Nord du Pérou, à 8 cette fois,  et tout ce que nous n’ imaginions pas !


Équateur: une étape entre amis

janvier 8, 2012

A Basile, Théophile, Côme, Foucault, Luc et Caroline…

A vous qui m’avez confié la tâche et le plaisir de rédiger l’article de l’Equateur, j’aimerais d’abord dire un énorme merci. Ça a été les plus étonnantes, merveilleuses, drôles, parfois tendues, vacances de Noël que j’ai jamais vécue. Il faut dire que je n’en ai pas vécues beaucoup (17 pour être exacte, et je ne me souviens pas des 5 premières…).

Alors voilà, cet article c’est un peu mon cadeau de Noël, un grand merci qui vient tout droit du cœur, en espérant que vous continuerez votre aventure avec cet amour de la découverte et du voyage et ce dynamisme qui vous caractérisent…

Tout d’abord je pense qu’il faudrait parler des six mois qui ont suivi votre départ… Montréal semble vide sans vous. Tous les endroits où nous avions l’habitude de nous retrouver sont vides et soudain insignifiants. Mais la vie continue, et la perspective de vous retrouver à Noël a illuminé ce décembre froid et sans neige ! Et pendant les trois jours de voyage pour venir jusqu’à vous, qui n’ont pas été trop fatigants (New York, et Miami Beach, il y a pire !) j’avais une boule dans le ventre… Excitation, impatience, inquiétude aussi peut être, de voir que la vie nomade vous aient changé… le pire ça a été le trajet de l’aéroport à Otavalo, les embouteillages, le taxi qui semblait avancer à deux km/h !

Et puis il y a eu cet instant où quatre silhouettes sont apparues devant les phares et je me suis dis… Enfin! quel bonheur de vous serrer dans mes bras et de savoir que nous allions passer 11 jours tous les douze, à s’amuser comme avant, à passer des heures à parler de tout et de rien, de dire des conneries jusqu’à deux heures du matin, se réveiller en se disant que ce n’est pas un rêve, et que vous, êtes bien là! alors je me dis que même si ce rêve va devoir s’arrêter un jour ou l’autre… merci d’exister tout simplement, d’être de si bons amis avec qui on peut rire et s’engueuler à tout moment!

donc ce récit c’est pour vous six, j’espère que ça vous plaira…

chut…ça commence!

Dîner de retrouvailles à la Casa Mojanda, et ouverture des cadeaux. Léo a eu un gratte-dos qui semble bien lui plaire… Foucault, François et Côme ont reçu des parfums!

Cette nuit là on a dormi tous ensemble dans un grand dortoir de huit lits, les petits étaient surexcités, mais nous, malgré notre envie de discuter jusqu’à l’aube, la fatigue du voyage nous a rattrapés ! Le lendemain, on va faire une petite balade le long de la Laguna Mojanda, on part en galopant devant, mais les adultes ont plus de mal avec l’altitude (4263 m). La montée vient à bout de tout le monde et on redescent à Otavalo, pour découvrir le fameux mercado qui contribue à la célébrité de la ville. Il a lieu tous les jours, mais le samedi est le vrai jour de foire. Chacun y fait ses petites affaires, ça marchande de partout. Foucault achète une peau de lama, Léo marchande une écharpe en Alpaca, Luc et Caroline essayent des ponchos, bref, chacun y trouve son bonheur !

Balade au bord de la Laguna Casa Mojanda, et Marché d’Otavalo.

Le soir, c’est l’anniversaire de Luc, et en plus d’une tarte aux pommes à tomber par terre, l’anniversairé a droit à un concert (quelque peu cacophonique) et des cadeux achetés sur le marché. On fait aussi le tour du potager, on rencontre Meme et Maki les deux chiens de l’hôtel, de Sami le Lama-qui-fait-des-bisous, et les propriétaires, Betty et son compagnon, des gens adorables, qui parlent plus anglais qu’espagnol.

Sami et  Juliette, Betty et Daniel. Première expérience de voyage en camping-car, il y a 2 heures de route entre Otavalo et Quito. Ou plus précisément la Mitad del Mundo, une petite ville à 10 km de la capitale située exactement sur la ligne de l’équateur

La famille Viard (c’est à dire nous!) s’adapte plutôt bien à la vie en camping-car…

La famille Saint-Boviard au milieu du monde : le pied droit dans l’hémisphère Sud et le pied gauche dans l’hémisphère nord !

On arrive dans l’après-midi à Quito, la ville est magnifique, toute colorée, complètement métissée, embouteillée comme pas possible, bref j’adore. Les gens regardent la Piafmobile avec des yeux tous ronds, ils applaudissent pendant les manœuvres, c’est génial. L’hôtel, qui est en fait une auberge de routard, dotée d’une terrasse avec une vue à couper le souffle sur Quito (de nuit c’est encore plus impressionnant !), des chambres qui ne ferment pas à clé, des douches froides et un personnel qui parle le spanglais… On dîne à 12 sur la terrasse, le traditionnel ensemble soupe, riz-viande-et-légumes, et dessert ABSOLUMENT délicieux.

INFORMATION IMPORTANTE!

UN REPAS TYPIQUE DE L’ÉQUATEUR

Soupe, riz, viande et légume, pâtisserie en dessert.

BUEN PROVECHO!

Le lendemain, le mercredi 28 décembre on part à la découverte de cette immense ville, en commençant par la basilique, bâtiment totalement incongru dans le chaos de la ville. Heureusement les Quitenos se sont réappropriés la base de l’édifice en le transformant en petits commerces où l’on trouve tout l’attirail ménager, du fauteuil à la télécommande de télévision.

On continue dans le Quito colonial, sur la Plazza Grande, où on grignote un morceau, Caroline m’initie à la photo d’observation de la vie indigène. C’est vrai que les dames sont magnifiques. Très élégantes avec leur jupe noires fendue sur le côté, qui dévoile un jupon de dentelle, leur chemisier brodé de milles couleurs vives, rehaussées par un châle d’alpaca. Elles portent un chapeau avec une petite plume de paon sur le côté, et leurs longs cheveux noirs sont tressés et enroulés dans une un bandeau tissé, pareil à leur ceinture. elles portent toutes des chaussures pointues et un collier de perles dorées, qui va très bien avec leur peau chocolat. Les hommes aussi sont élégants: pantalons blancs et gilets, chapeau de feutre et chaussures cirées.

On traverse la ville à pied (enfin, une partie parce que Quito est tellement grand, que même en haut de la montagne, on ne voit ni le début, ni la fin !), et on monte à travers un quartier plutôt défavorisé en direction du Museo del Agua. C’est un musée moderne, tout en verre, qui explique à la fois l’histoire des premières canalisations de Quito, et les projets écologiques en cours.

Maman et Paul jouent dans le petit aqueduc installé à l’entrée du musée.

Partout on croise des chiens errants, des dames en costumes traditionnels, des enfants qui joue, pleins de taxi à 3 dollars le trajet, peu importe où on va, on a même vu une ÉNORME araignée !

Petite pause désaltération pour compenser le manque d’oxygène et la marche rapide de Luc!

Un patissier fabrique des boules de pâte sucrée, son atelier est ouvert sur la rue…

Luc et Caroline.

La majorité des soirées, les enfants (Les quatre grands Juliette, Foucault, François (monplus grand petit frère) et Côme ainsi que  les deux loustiques, Léo (un deuxième frère), et Théophile, dorment dans le camping-car, pendant que les parents prennent des chambres dans des hôtels avec les deux plus petits ( Paul, petit frère numéro 3, et Basile). Le matin c’est la course dans la Piafmobile pour tout ranger, parce que les routes sont mauvaises, et il ne faut rien laisser trainer.

Petite balade en oeuf…

Le jeudi, au programme, on monte avec le téléphérique, sur une des montagnes (la ville est tellement haute, 2800 m, que les montagnes qui atteignent facilement les 4200 m, nous semblent des collines.) qui surplombent Quito. La vue de là-haut est incroyable, Quito est immense, elle s’étend de part et d’autre de la vallée et on ne voit qu’une étendue infinie de maisons colorées et de building en verre. La Basilique domine la ville. On entame une petite marche le long de la balade sur la crète, mais on s’essouffle trop vite et on redescend après une demi-heure de panorama à couper le souffle. Sauf bien sûr, les deux chèvres de montagnes Léo et Théophile qui escaladent les pentes les plus…pentues, sans même être essouflés!

Luc et son fils en pleine contemplation…

Une petite église à 4200 m d’altitude…

Maman devant Quito

Dans les œufs, (les six ados dans uns, les parents et les petits dans l’autre), Théophile, Léo et Côme, s’amusent à faire peur aux gens qui montent ! Une petite séance de rigolade, ça fait toujours du bien.

Après un délicieux déjeuner dans le Quito colonial, on part avec trois taxi (nous sommes 12 tout de même !), visiter le musée et la maison de Guayasamín, un peintre indigène, qui voulait dénoncer les horreurs faites à son peuple lors de l’arrivée des premiers colons grâce à ses oeuvres. Ses peintures ressemblent beaucoup à celles de Picasso alors que les deux hommes ne se sont jamais rencontrés. Il a aussi construit une chapelle, très moderne, La Capella del Hombre, qu’il voulait dédier à la paix.

On continue avec la Fondation Guayasamín, quelques mètres plus bas, où Caroline, Luc, Claire et moi rencontrons une guide russe, parlant aussi bien le français et l’anglais que l’espagnol, qui nous explique avec beaucoup d’émotion l’histoire des premiers indigènes. Pendant ce temps, les enfants s’amusent dans le jardin…

De gauche à droite: Côme, Léo, Théo, Basile, François et Foucault

On rentre, tous sur les rotules, sauf Claire, Caroline, Luc et moi qui allons faire les courses. Malheureusement le marché ferme sous nos yeux. On trouve une petite boutique qui vend des fruits et légumes inconnus, et une boulangerie à l’odeur irrésistible. Nous l’avons dévalisée sous les yeux ahuris de la vendeuse et de sa famille…

Le lendemain, on part de Quito. Nous disons au revoir à cette ville incroyable, et partons pour de nouvelles découvertes. Sur la route on passe près du volcan bien connu, le Cotopaxi… malheureusement l’accès au parc semble difficile et nous avons encore beaucoup de route. Notre dilemme se résout de lui-même, pour la simple et bonne raisons que nous loupons l’entrée du parc de… 45 km. Petite pause déjeuner dans un charmant petit village, avec un marché. On goute à la fameuse Patatas à la pobre, les gens sont très aimables, très souriants, ils rigolent bien devant cette bande de 12 gringos qui font des têtes dégoutées devant les pates de poulet qui flottent dans la soupe.

On s’arrête sur la route (une petite route de montagne  un peu chaotique) dans une ferme écologique, dirigée par un indigène, Senor Salas. Il nous fait visiter tous son domaine, où il fait pousser des plantes en voie de disparition, autrefois utilisées par les natifs. Il nous montre aussi ses lamas, ses canards (patos en espagnol), il a aussi des poules, des moutons et des loups de temps en temps, mais on ne les a pas vus !

Arrivée à la posada de Tigua dans la soirée. On y rencontre une famille belge, Roger, Anne et leur fille Pauline. La posada est en fait une ferme, il y a des lamas (claro que si !), des veaux, (dont un qui s’amuse à charger François…), des vaches, des moutons et des cochons. Il y a aussi un chien, qui passe ses journées allongé au soleil. Les garçons montent les lamas… conclusion : ça fait mal aux fesses !

Théophile et Basile

Foucault

Côme et Léo

  Nous faisons aussi la connaissance des enfants qui vivent dans la ferme : Pablo Mauricio, John-john, Erica et Salita. Ils nous montrent leur école et on joue au foot avec eux. Diner à l’hôtel, avec un serveur hyper poli, puis super bonne nuit dans le camping-car.

De gauche à droite: Paul, (juliette dans le fond, mais ne vous en occupez pas…), Johnjohn, Pablo Mauricio, Erica et Basile… Salita nous a rejoint plus tard. Samedi : on se réveille avec une douche glaciale (le chauffe-haud s’allume avec du feu, une mèche et de l’huile…pas très efficace…) le programme de la journée : petite balade au marché de Quilotoa, puis randonnée au bord de la Laguna. Le marché est très animé : musique, défilé en costumes, on sent vraiment que c’est le dernier jour de l’année. On y voit des poulets vivants accrochés la tête en bas qui discutent à qui mieux mieux, des moutons en laisse, un autre univers quoi ! on s’arrête à un stand de lainage : des gants pour les trois grands Saint-bonnet, un pull pour Pauline, Léo louche intensément sur un masque en laine très coloré ( et surtout très cher) et Caroline s’offre un magnifique poncho rouge en laine d’alpaca.

Une jeune fille pas trop rassurée, ouvrait le défilé, sur son cheval déguisé…ça rime!

Les costumes étaient magnifiques. Un peu pompeux, mais tellement colorés, c’est incroyable!

La Laguna de Quilotoa aussi est incroyable…elle est bleue turquoise, verte par endroit, et l’ombre des nuages sème ça et là des tâches bleu roi. Le lac est entouré d’une couronne de montagne qui montent facilement à 4000 m. il y a un chemin qui suit la crète et un autre sentier qui descend jusqu’au bord du lac. On commence à descendre, mais on s’essouffle trop vite. La remontée est encore pire.

Petite photo de familles…

On dit au revoir à Roger, Anne et Pauline qui continuent leur route de leur côté. Après le déjeuner, une tortilla cuisinée dans la Piafmobile, chacun vaque à ses petites activités : petite sieste sur le toit du camping-car pour les gars( Luc préfère dormir sur l’herbe…), balade sur la crête pour Claire et Caroline.

On reprend la route, cette fois-ci direction Banos, dans le Sud. Sur les routes, des jeunes déguisés ont fabriqués des barrages, pour quémander un peu d’argent pour la soirée !

Un gars déguisé en fille demande de l’argent. Derrière lui, ses amis abaissent la corde qui oblige les voitures à s’arrêter!

On arrive devant un petit hotel très sympa, juste à côté d’un chantier en ruines. Après une manœuvre plutôt impressionnante, on décide d’aller au bains (d’où le nom de la ville…), les gens commencent déjà à se rassembler dans les rues. La musique et les feux d’artifices sont en avance. Le projet banos tombe à l’eau, quand on voit le monde et la couleur de l’eau… on déambule dans les rues, partout on voit ces poupées de papier mâché qui vont être brûlées à minuit. Le restaurant Jardin de Mariane, nous offre un petit patio idyllique, pour cette dernière soirée de 2011. On fait des mimes en attendant le repas (qui est d’ailleurs TRÈS long à venir… ) : Caroline nous éblouit avec son imitation d’un chien errant, Jean-Christophe et Luc nous régalent avec une carricature de Justin Bieber particulièrement drôle, et Paul et Basile, enchainent pendant le reste de la soirée, des mini-sketches trop mignons : moyen âge, chevaliers, guerre, ninjas, espions, assassins, et j’en passe ! Au final, on ressort tous un peu endormi du resto (la fondue de bœuf et les crêpes au chocolat pèsent sur les estomacs), mais on est tout de suite réveillés par l’ambiance dans les rues ! La foule bouge au rythme d’une musique à crever les tympans, les bûchers commencent à se former, on voit un magnifique feu d’artifice et finalement…

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        FELIZ ANO NUEVO !!!

Les feux prennent. Il y en a partout ! Tous les 20m, on voit brûler ces poupées qui symbolisent tout ce qu’on veut laisser derrière nous pour commencer d’un bon pied cette nouvelle année. Au camping car, on allume des petits feux d’artifices, et on danse sur le toit au son de Manu Chao ! Puis tout le monde au dodo à 2h du matin, au grand regret des gars qui voulaient faire une nuit blanche ! et comme nous avons été trop occupé à nous amuser ce soir là…il n’y a pas de photo! désolée…

MAIS BONNE ANNÉE 2012 QUAND MÊME!

Dimanche :

Enfin une bonne douche chaude !Les préparatifs se font dans la bonne humeur des 1er Janvier. Les Saint-Bo skype la famille, pendant que les Viard sont malades. (sauf moi !) Et puis, parce que ca ne se fait pas de rater les bains, dans une ville qui s’appelle bains, on va passer deux petites heures dans l’eau à 30 degres. Il y a aussi deux grands toboggans, qui aboutissent  dans un bassin malheureusement froid ! mais ca n’arrête pas Foucault, Théo, Léo, Francois et Côme. Après coup, tout le monde est d’accord pour dire que ca fait du bien ! Ce jour a été un exploit de conduite : toutes les conditions étaient là pour décourager le plus endurci des chauffeurs : pluie, routes mauvaises, broulliard, détournement à cause d’une éruption, petits incidents dans la Piaf,… alors franchement BRAVO LUC ! On passe la journée dans le camping-car, s’arrêtant seulement pour les pauses pipi et le déjeuner… On arrive de nuit à la Posada Ingapirca, un petit hôtel charmant. Les parents profitent des lits de l’hôtel pendant que nous partageons une dernière nuit à six dans la Piafmobile.

Lundi :

Caroline, Luc, et les quatre gars partent de bonne heure pour aller récupérer les parents de Caroline, Gilles et Hélène (aussi connus sous le nom de Taticou et Mamica). Nous profitons donc d’une journée tous les six…une petite présentation s’impose:

  • Jean-Christophe (alias Papa ou Crac)
  • Claire (Maman)
  • Juliette (Moi, 17 ans, bientôt 18 !)
  • François, 14 ans
  • Léo, 12 ans (meilleur ami de Théophile)
  • Et Paul (plus souvent appellé Pipou), 6 ans.

Nous prenons donc notre matinée pour faire une bonne toilette, un bon et copieux petit déjeuner, et une visite du site Canari-Inca, Ingapirca. Il y a un musée et un guide pour nous expliquer les mystères des premières civilisations : le dieu Soleil et la déesse lune, les constructions, les positions des bâtiments par rapport aux points cardinaux, les rites religieux, c’est passionant.

On prend un bus pour se rendre à Cuenca où nous retrouvons (après une très longue séparation d’au moins 8h !)la famille Saint-bonnet au complet. Et nous voici maintenant 14 à arpenter les rues de Cuenca. On s’arrête dans un petit restaurant très sympa, et puis chacun retourne à son hôtel, tous deux sur la Calle Bolivar, à 7 rues de distance.

On passe en tout deux jours et trois nuits à Cuenca. C’est une ville moins grande que Quito, mais mieux entretenue. Toutes les rues sont en sens unique, on voit beaucoup de cireurs de chaussure (d’ailleurs Papa s’est fait ciré les siennes : elles sont comme neuves !), des vendeurs de cerises avec leur brouette, une magnifique cathédrale, toute en brique avec des immenses coupoles bleues. Mais   surtout, des marchés. Pleins de marchés!

Nous allons visiter une fabrique de chapeaux Panama, qui fait aussi office de musée. Nous avons même la chance de voir les machines en marche et des les essayer !

Une couturière finit les ourlets des chapeaux.

INFORMATION IMPORTANTE!

Théophile et Léo nous ont préparé un article plus développé sur le sujet…

 Le Panama, un chapeau pas comme les autres

Durant la construction du canal de Panama, les ouvriers se servaient de chapeaux pour se protéger de la chaleur du soleil. Ensuite le Panama (nom du chapeau) devint une marque d’élégance.

La fabrication du chapeau:

Le travail est d’abord réalisé par les indigènes qui cultivent la feuille de palme (originaire du palmier),ils tressent la base du chapeau appelée la copa puis la forme destinée à protéger du soleil appelée Alas. Le chapeau est ensuite envoyé dans des ateliers de chapeau à Cuenca …) ,les ouvriers peaufinent le travail avec des machines pendant 20 à 30 secondes servant soit à renforcer les mailles de la palme ou à donner la forme du crâne. La machine s’utilise avec du gaz , de l’électricité et de l’eau qui humidifie la paille pour la rendre plus souple afin de lui donner la forme d’un modèle prédéfini ( chapeaux borsalijo, clasico, havana, cow boy…). on y ajoute communément un bandeau noir reposant sur l’aile du chapeau. Il est ensuite mis sur le marché et sa valeur peut aller de 15 à 700 € en fonction du soin mis dans le tressage de la Paille ,et Aussi pour des raisons esthétique .

Rédigé par Théophile Saint-Bonnet et Léo Viard.

Nous en avons donc profité, pour nous acheter des chapeaux : des panamas blancs pour les trois grands Saint-Bonnet, et pour Gilles, et le magnifique chapeau de paille rouge et noir que vous avez vu un peu plus haut, pour moi !!!

Petit arrêt respiratoire au bord du canal

On mange dans un petit resto sur la Calle Larga, après avoir fait une grande balade le long du canal en exhibant nos beaux chapeaux… tout le monde commence à en avoir marre de la soupe et du riz, mais on en mange quand même parce que un c’est vraiment bon et deux… bah il n’y a que ça ! Plus tard, nous nous rendons au musée Banco Central, c’est un musée magnifique qui parle des premiers peuples, les Canaris et les Incas,  puis les Quechua et enfin le peuple indigène qui vit encore en Équateur. Les gars se passionnent pour les têtes réduites…et le trampoline géant dans le hall ! On rentre à l’hôtel en taxi et les parents préparent le dîner du soir. Tout le monde vient manger « chez nous », dans notre petit appart’ de l’hôtel l’Orquidea. Le lendemain, dernier jour de notre périple, on visite les marchés et la cathédrale, qui est très belle avec des vitraux magnifiques et une énorme crèche. Comme à chaque fois qu’ils rentrent dans une église, les gars font des boules de cires avec le surplus des bougies de prière…

Une boule de cire, soigneusement découpée par Foucault

Et dans l’après-midi, on vise la détente. Nous partons donc avec la Piaf (ça faisait longtemps !) dans un petit village en dehors de la ville, où il y a des banos. Nous passons donc les trois heures suivantes à mariner dans de l’eau à 40° C, en essayant d’éviter les éclaboussures des gars qui s’amusent à se couler ! non mais sérieusement ça a fait du bien à tout le monde ! On repart sous une pluie glaciale… Maman et Caroline chantent des chansons populaires françaises et on goûte des miettes au Nutella en guise de collation. On passe notre dernière soirée tous les 12 à l’appartement, avec un guacamole délicieux réalisé par Foucault, et une soupe au poulet à se rouler par terre, préparée avec amours par nos deux mamans préférées… Au moment de dire au revoir, je pleure comme une madeleine…

INFORMATION IMPORTANTE!

Je déteste les adieux…

mais dans ce cas là, ce n’est pas vraiment des adieux!

c’est un ÉNORME message d’amour pour la suite du voyage…

De la part de la famille Viard et j’imagine de celle de tous vos autres lecteurs, je vous souhaite beaucoup de bonheur et d’aventure pour le reste de votre voyage!

…et un petit bonus pour la fin!

Petite présentation des participants à l’Étape Équateur:

Les Papa: Luc et Jean-Christophe:

Caractéristique personelle: applaudir sarcastiquement dès que quelqu’un (quelqu’un voulant dire ici une personne de moins de 18 ans…) fait une bêtise, mérite la médaille de la patience, pour la conduite de la Piafmobile! Caractéristique personnelle: Filme tout ce qu’il voit avec son téléphone et fait très bien les savons de marseille à Foucault.

Les Mamans: Claire et Caroline

Caractéristique personnelle: ranger dès que quelquechose traîne, faire des câlins et lever la tête en fermant les yeux lorsqu’il y a du soleil…  Caractéristique personnelle: Prendre les gens en photo, lire les guides de voyage (le Routard en particulier) et répandre l’amour partout où elle va…

Les « Gars »: Juliette (ya pas moyen, à chaque fois on nous appelle les gars, même quand je suis là!), Foucault, François et Côme

Caractéristique personnelle: je dirais bécasse, souriante, aime prendre des photos et faire des blagues débiles. ADORE LES CÂLINS ( mais à part les mamans et mon papa, personne ne lui en fait jamais… ) Caractéristique personnelle: dis toujours « je sais ce que je dis » avec beaucoup d’aplomb, adore les peaux de lama et la bonne nourriture en grosse quantité (sauf ce qui est gras et les rats!). est toujours plein d’énergie et il est TROP MIGNON quand il sourit!  Caractéristique personnelle: à la fois maladroit et nounours, aime par dessus tout faire des guilis dans la nuque de Foucault et s’amuser. Il court en tapant des pieds et il joue très bien au tarot!   Caractéristique personnelle: dis des jurons en québécois, fais des grimaces en mettant les dents en avant… À VOIR ABSOLUMENT! et est expert en matière de manoeuvre de camping-car…

Les inséparables: Léo & Théo

Ils font des vidéos débiles mais hilarantes sur l’Ipad, toujours collé l’un à l’autre, ils adorent la musique (surtout les percussions),  et être bien habillés (chapeaux et écharpe en Alpaca même par beau temps…) une drôle de paire quoi!

Les petits: Basilou et Polo

ils aiment dessiner, faire des mimes de ninja, courir partout, rire aux éclats, regarder La belle et la bête ou Kungfu Panda 2, mettre des chapeaux de cowboys et carresser les chiens avec des gros poils tous doux… bref, ils sont trop mignons!

Alors voilà, je vous souhaite à tous les six plein de bonheur pour cette année 2012, en attendant très impatiemment de vous revoir.

À cet été!!!

GROS GROS GROS BIZOUX!

JULIETTE

Ps:

Avis à tous!

Après une intense réflexion,
le jury à décidé d’accorder le Jean-Jacques Award,
Prix du meilleur bourin, à Côme Saint-bonnet!!

Félicitations au grand gagnant!!

Pleurez pas les gars! Ce sera pour la prochaine fois!

Bonus n°2

Les photos que je ne peux pas ne pas mettre!

Parfait exemple des maisons colorées de Quito

Caroline dans les herbes hautes à 4000 m d’altitude.

Devinez c’est qui???

allez je vous aide, au premier plan c’est Côme et celui derrière avec le masque de lion désesperé c’est François…

La basilique de Quito un soir nuageux

Trois indigènes tricottent à l’abri du vent…

Le traffic à Quito c’est quelquechose!!

Lue et Caroline rentrant du marché!

Basilou sur le toit du camping-car

Les Gars…

et la meilleure de toutes!!!

LA COMPAGNIE ÉQUATORIENNE BIENTÔT SUR LES SCÈNES!!!


joyeux noel

décembre 24, 2011

JOYEUX NOEL A TOUS!!!

Noel. Incroyable naissance!
Parce que le Verbe se fait chair, chaque jour peut être une aube, un commencement.
La vie est un  cadeau!

Puissions-nous l’accueillir comme un don précieux,  quel que soit le  voyage à  vivre!

Le nôtre, aujourd hui, va toujours plus vers le sud!

Toujours plus vers le Sud

 Ces dernières semaines furent  pleines de poussière de route, de  pluie chaude, de vent, de Pacifique, des centaines de kilomètres dans la moiteur, et beaucoup de paperasses pour nos traversées de frontières!
Comme dit Théophile :  » nous ne sommes pas des touristes, nous sommes des voyageurs! » la vie n’est donc pas toujours rose ni rectiligne mais toujours en mouvement. Nous en sommes les acteurs parfois fatigués, mais  très souvent émerveillés.

 Du Costa Rica au Panama

 Un long couloir sous la pluie que nous choisissons de traverser  rapidement.  La Colombie nous attire, l’Equateur nous attend…  La pluie  chaude tombe  en trombe et d’ un coup le ciel semble avoir ouvert des écluses eternelles!
L’averse commençant  toujours en milieu d’après midi, nous visitons le matin et prenons   la route jusqu à la  tombée du jour. Réglée comme une horloge,  comme un rideau noir la nuit  tombe  à 5h30 et  aussitôt, la lune se couche sur le dos! Goulument,  la Piafmobile  grignote  ses derniers kms  en Amérique Centrale.

 Costa Rica

Drole de sensation: dès le passage de la frontière, tout change. Les paysages  agraires  sont quadrillés, les gens portent lunettes de soleil et casquettes, tout est propre, entretenu…. et CHER!!!!  Ce qui change aussi et nous repose un peu: nous  nous savons en pays sûr donc n’avons plus besoin de chercher un bivouac sécurisé, finis aussi les barrages militaires,  et puis l’eau est à nouveau potable.  Surtout on trouve du Nutella dans les supermarchés!
Petit protégé des US, le Costa Rica est une destination facile et attractive pour les nord américains. Nous sommes en pleine période de thanks giving:  c’est donc le  débarquement des Américains sur les plages où les uns  achètent  le souvenir  de leur semaine d’aventure ultra-orchestrée tandis que les autres se prélassent dans les sources chaudes naturelles  dans des parcs  dénaturés. Comme il doit être bon d être  riche ici!   Quoique…Tout est à notre gout un peu trop sécurisé et balisé.  Restent les plages de rêve et les visites  des parcs (avec guides naturalistes , bien sûr).
 Le Costa Rica est un pays  reposant dans cette Amérique centrale agitée, le seul qui n’ait pas d’armée, c ‘est en partie sa force.
Après des heures sous la pluie tropicale, nous traversons des paysages très  fleuris et quand enfin la brume se dissipe, nous admirons le volcan  Arenal. 

 Le soir (sans appareil photo, désolés!) nous nous baignons dans les eaux  chaudes du volcan:  un super moment de detente pour nous 6!

 Le parc Manuel Antonio.

 A défaut de zoom ( notre appareil photo est toujours entre les mains d’un visiteur nicaraguayen! ), nous  glissons l’objectif  du petit appareil  de Côme dans le télescope  de notre guide naturaliste Estelle.
Ecarquillez vos mirettes: Basile a pris des photos   pour vous!
 Attendrissants paresseux, à 2 ou 3 doigts:


ils peuvent mettre 1 mois pour digérer une feuille!
plus rapides, plus agressifs aussi, les paresseux a 2 doigts ont un pelage plus clair.


Singes à tête blanche


 Singes hurleurs qui vivent en groupe et poussent des cris terrifiants et pour cause:  ilsont une cage thoracique 9 fois plus développée que la nôtre!!

Sur la côte pacifique, les vagues sont fortes et puissantes. Les garçons s’enivrent de vagues avant de rentrer  saouls et salés dans la Piafmobile qui  se tapisse  progressivement de sable noir!

Pour fendre les  noix de  Coco, un seul ustensile: l’indispensable machette dont se servent tous les campesinos de l’Amérique Centrale; Foucault et Côme sont équipés et jouent les Robinson!

 Panama

Dernier passage de frontière avant l’Amerique du Sud:
Nous traversons le Puente de las Americas

 Un pays qui ne ressemble pas à ses voisins. Si l isthme présente une richesse biologique aussi fascinante que le Costa Rica, sa diversité humaine et culturelle  l’emporte  largement sur  son voisin. L’ histoire du canal  a permis un développement unique sur  le continent.

Visite de la ville de Panama: le contraste entre ses tours modernes  et  ses rues coloniales de belle architecture est saisissant.  On visite les places élégantes, passons devant  les vendeurs  de chapeaux ambulants, 

 les  artisanes kuna qui vendent leurs molas ( broderies).

 

Le musée du canal  est l’occasion  pour nous 6 de plonger dans l’Histoire contemporaine.  Nous apprenons  ensemble comment l’ idée d’un canal navigable pour relier les deux océans a germé dans les têtes d’ingénieurs, de géographes, de rêveurs et de politiques du monde entier. L’occasion d’apprendre  aussi comment le projet du canal fut lancé par les Français, les  conditions effroyables du début  du chantier, son abandon et sa reprise par les Américains….Apprend-on mieux sur le terrain qu’assis sur nos bancs d’école? En tous les cas, nous saisissons concrètement  ici les enjeux commerciaux entre le Nord et le Sud, l’impérialisme américain et les poussées nationalistes panaméennes, certaines aberrations aussi: des peuples déplacés au profit d échanges internationaux, et toujours les mêmes victimes réduites au silence.

Une chance inouïe: lors d’une promenade le long du canal, nous faisons  la connaissance d’Alex  et de ses 4 enfants  Max, Ines, Charlotte et Louise.


Plus tard, nous rencontrons  Aude. la famille de Beaulieu  est amoureuse de voyages, pleine d initiative et de créativité: avec eux, nous partageons nos rêves… Bientôt sur les routes  peut être?  La Piafmobile garée pour quelques jours devant chez eux, Basile est à nouveau comblé d amitié féminine!

 

1000 MERCI pour votre accueil chaleureux, vos conseils, nous restons en contact, c’est sûr!

 Dans la rue, les panaméens sont curieux et généreux.
 Maria Elena, devant chez qui nous nous sommes garés nous   invite a prendre nos douches dans sa maison et sous cette chaleur tropicale, nous apprécions!
 Un couple de curieux, Carlos et Clelia, passe devant la Piafmobile. Au fil de la conversation, nous apprenons que Carlos travaille pour la préservation des cultures indigènes. Il nous proposera de partir avec lui le lendemain à la rencontre des  Emberas. Nous prenons donc la route transisthmique puis traversons le fleuve, accompagné de Carlos et de deux jeunes Emberas qui nous conduisent jusqu’à leur village.

L’isthme du Panama s étire entre deux  océans, représentant un pont naturel pour des espèces  animales et végétales uniques et rares. Nous gardons les yeux et les oreilles grands ouverts sur cette nature fascinante, mais ne mettons pas les mains dans l’eau!


 

Les Emberas vivent majoritairement sur le Darien, cette fine bande terrestre  qui sépare les Caraïbes du Pacifique. Au milieu de la forêt amazonienne, les villages Emberas restent  inaccessibles par la route et par conséquent  heureusement isolés des autres civilisations.
 Ayant fui  les conflits,  ceux que nous rencontrons  se sont rapprochés  de la grande ville de Panama pour le commerce de leurs produits à base de bois et la vente des noix de  cocos qu’ils cultivent.
 Rien ne semble avoir sérieusement altérer leur culture: pas de fil électrique ni de télévision, pas de chaussures ni tee-shirts mais de simples pagnes  de perles, des colliers,  des tissus colorés.

Les maisons sur pilotis protègent des fortes crues et pour passer d’un village à l autre, les habitants  se déplacent en pirogue à moteur. Nous mangeons du poisson et des bananes plantain frites, le tout enroulé dans des feuilles de palme.

 

Délicieux!
Apres quelques danses, Foucault et Luc s’exécutent  aux bras de  jolies dames Emberas.

Une atmosphère pacifique, des regards sains et joyeux. On est presque dans le mythe du bon sauvage! Nous savons aussi que ce peuple a fui des conflits armés et que leur réalité aujourd’hui pacifiée ne fut pas toujours simple.
Ce court passage sur une langue de terre perdue nous  a introduit  vers un monde riche de traditions et de savoir faire. Nous repartons sur la pointe des pieds avec un petit gout de pas assez…
 Carlos et Clelia nous invitent à fêter  Thanks Giving chez eux: dinde farcie et bonnes discussions, un moment génial, vive les rencontres imprévues!

 

Puis c est le moment du grand passage


Apres d interminables heures à remplir des piles de paperasses,à attendre sous la pluie, enfin la Piafmobile  est conforme pour la traversee du Darien: nous l’abandonnons pour quelques jours au milieu de containers. Quant à nous, nous voila backpackers !

 rencontre  insolite

 

 A Portobello,nous rencontrons le capitaine  slovène Michel avec qui nous embarquons pour 5 jours de croisière.

 

Parenthèse marine vers  Cartaghene pour rejoindre le continent sud-américain.Sur le bateau l Independance, nous côtoyons des voyageurs européens qui  ont traversé  les mêmes paysages que nous à pied,  en bus,en moto, en solo, en  couple ou en bande de potes…
 Moto
Nous sommes 13à bord. 5 jours de croisière pour se sentir un peu hors du temps  et de l espace à se raconter nos aventures et nos attentes, nos impressions, à s’échanger nos bons trucs aussi.  En quelques heures, nous formons une petite communauté  aux  sens et mémoires  nourris des mêmes  saveurs panaméricaines!

 

Une petite étoile sur notre route ( on la retrouvera!:) , Aude, une jeune française   fraichement sortie de son école d’archi et partie sur la route depuis le Mexique pour un an en sac à dos:  Coup de coeur pour cette pétillante et lumineuse baroudeuse !

Lecture  d El Principito ( le Petit Prince,  en Espagnol)
 Pierce, un londonien, imbattable aux échecs
 et tout l’équipage


Des le premier jour, nous naviguons dans le mythique  archipel des San Blas: 367 iles  au sable blanc et cocotiers, de vrais décors de carte postale.

 

les Kunas


Quelle élégance chez ces femmes: un trait noir partage le visage en deux, elles portent les cheveux courts, un anneau d or dans le nez, une jupe en portefeuille  aux motifs colorés, des bracelets  au poignets ou aux chevilles et deux molas cousus sur la blouse. Ce peuple fier (qui tient aussi  une réputation de  sacré filou) a obtenu des droits sur son territoire auprès des autorités panaméennes. Les Kunas  gèrent  donc leur patrimoine naturel et culturel  selon leurs propres lois. Selon la coutume, un roi règne sur l’archipel et attribue une ile  par  famille pour quelques mois.  Les Kunas résistent aussi dignement aux projets de construction d hôtel de luxe  qui n ont pas vu le jour sur leur territoire, mais que penser des paquebots de croisière qui, entre novembre et février, envahissent  les iles de milliers de touristes? On sait aussi que ceux qui cherchent  des  paradis artificiels  trouvent  sur ces iles  des portes d’entrée parallèles,  triste effet du choc des cultures.


Les femmes viennent en pirogue nous vendre leurs broderies  ( prix non négociable!), les hommes leurs poissons.


 

Les derniers jours de croisière ont été  nettement plus pénibles: pluie, grosses vagues, le vent dans le nez et  la coque balottée dans la queue d un ouragan, nous sommes  verts,  livides, translucides jusqu a notre arrivée tant espérée à Carthagenes: TERRE!!!

 La Colombie

Dans nos esprits français, la Colombie évoque  la guérilla, le café, les FARC, la salsa, Ingrid Bettancour…Pour nous, elle évoquait déjà des visages, ceux de  nos amis de Montréal
Benjamin et Yenny ( et leurs enfants Rafael et Pablo)
 sans qui notre séjour n’aurait pas eu  la même saveur. Un immense  Merci  à vous deux!!!
 Nous avons découvert un pays magnifique,  d’une palette culturelle, naturelle, humaine exceptionnelle.
 Surtout des êtres chaleureux, spirituels qui méritent qu’ on s’ attarde à vous les présenter. 

 Nous voulons leur rendre hommage en consacrant à ce pays  si riche un article à lui tout seul, …dans quelques semaines…  

  Pour la premiere fois, nous quittons un pays  avec peine. Nous reviendrons en  Colombie, nous y avons laissé une part de nous mêmes.  

 le  25 décembre, nous passons la frontière équatorienne pour  retrouver nos amis et nos parents qui arrivent comme des cadeaux tombés du ciel!   la Piafmobile se pare de ses plus belles couleurs pour eux, et les Piafs piaffent d impatience de les serrer dans leurs bras!!!
Tout bientôt, avec eux,  nos premiers pas sur les cordillères andines.


fin du Mexique et suite…

novembre 12, 2011

Du Sud  du Mexique  au  Guatemala

A lire auprès du feu, par petits bouts!

 

Nos derniers  tours de roues dans ce pays immense et plein de contraste vers son tout  petit voisin, le Guatemala que nous avons tant aimé.

 Nous sommes  actuellement au Nicaragua,  à la frontière du Costa Rica,   et nous avons des tonnes de mots et de photos à vous offrir.  

Pour commencer,  les piafs ont rédigé  à  12 mains    leur virée en chiffres:

134 jours
23000 kilomètres
7 pays dont  3  frontières en 2 jours!

 nos réserves

entre 6 et 8 litres  d’eau par jour pour boire
40l d’eau  par jour pour  le  reste ( vaisselle, toilette, ménage)! 

  Altitude

le point culminant: 4000 mètres; le  plus bas: au Monument Valley,  -104 mètres en-dessous du niveau de la mer ?

 Températures 

 maximale: 52 degrés, minimale: 3 degrés

sur la route

 1367 ralentisseurs (approximatif!), 4 vidanges d’huile, 2 pocs sur la Piafmobile,   POc et Repoc! Aie!

sur la courbe de croissance

Foucault:  5cm, Côme: 3 cm, Théophile: 2,5 cm, Basile:  2,5cm!

 Santé

189345 piqures de bébêtes, dont 100000 pour Luc

d’où 1 visite aux urgences…  pour l’allergie de Luc qui se transformait en poisson lune!

2 Turista : 1 pour Côme(après l’unique  hamburger, véridique! fini, les hamburgers!!!) et 1 pour Caroline (après une Margarita… pas fini, les Margarita!)

sécurité
1vol (téléphone, aux US)
2 pertes ( l’autre téléphone, au Guatemala…et une casquette, on ne sait pas où!)
Nous avons été escortés 2 fois par de gentils policiers (Mexique, Guatemala)
2 fois arrêtés  abusivement par de sales flics corrompus ( Mexique et Nicaragua)

On a croisé 50  barrages  de militaires armés jusqu’aux dents, qui ont visité 3 fois la piafmobile,  mais 0 agression, 10000 sourires

  petits extras

1 nuit dans un hôtel
2 nuits sur un ferry
10 soirées home-cinéma dans la Piafmobile!

Combien de rencontres?…Impossible à chiffrer! Unique à chaque fois
 Et on n’a pas compté le nombre de photos!

 Nous avons été réveillés la nuit par
Des trains, des singes hurleurs, des camions, des Rangers,  des coqs, des voitures, le soleil, des chants d’oiseaux,  des pas  d’animaux sur le toit, la montre de Côme,  la pluie, des gens, le tonnerre, le froid, le chaud, le bruit des vagues,  un policier ivre chantant sous la douche :  » no quiero agua, yo quiero cerbeza! », le ronflement de…, « et ce matin, un bisou ! » dit Basile…

 La Piafmobile a dormi
sous des citronniers, des sapins,des palmiers, sur  la plage, au fond d’une impasse,  sur le port, dans la jungle, dans la montagne,  au milieu d’une ferme,  dans des quartiers chics, des quartiers pauvres, des parcs,  devant un volcan,  dans des stations services, en plein centre ville, dans des parkings d’hôtels, de centres commerciaux, devant des maisons d’amis, chez la police, dans la cour d’une église, dans un champ, dans une marina,  la tête en bas, la tête en haut, sur la route, dans des campings, au milieu de nulle part…

 Ce qui nous manque le plus:

(…silence…)

Une conversation  de fille (Caroline ), le fromage, les bonnes baguettes françaises,
 la neige  et le Québec (Basile)…
à l’unanimité: VOUS,  nos amis, nos familles!!!

 Oaxaca, San Cristobal  de las Casas …et la jungle

 Oaxaca, notre région coup de coeur

Dans un parking franchement laissé à l’abandon,  nous garons  la  Piafmobile pour 3 jours et  faisons la  rencontre d’ un homme incroyable, un amoureux du voyage

Canadien, Georges est  régulièrement sur   la route depuis  40 ans, pour Caritas ou la  Croix Rouge, ou pour le simple bonheur de « traverser ». Il connait donc le continent comme sa poche! Il  nous laisse un cadeau inestimable:   Sur notre clé USB, la  liste des  bivouacs avec coordonnées  GPS et commentaires, des cartes Garmin pour chaque pays que nous traversons, des infos  pour notre traversée au Panama… Plus nous avançons, plus les voyageurs que nous rencontrons nous ressemblent,  portés par  un même souffle qui pousse à aller un peu plus loin. Le même gout pour la déroute, la rencontre,  la  simplicité.

  Entre nos 2  véhicules,  un van abrite un jeune couple californien depuis six mois, volontaires pour une association de micro-crédit: la fondation  En Via ( www.envia.org )

 En Via travaille avec les femmes d’un village proche de Oaxaca, Teotitlan del Valle, dont le tissage de tapis est la spécialité et la principale source de revenus. Le tourisme est donc primordial.  En Via soutient les femmes dans leurs projets et dans la commercialisation des  tapis dont elles seules connaissent les secrets de fabrication. Avec  un prêt de 1300 pesos (80 €) sans intérêt, les femmes peuvent  acheter la laine ou la cochenille pour la teindre, développer leurs ateliers… Toutes les semaines, elles remboursent 10 pesos, et peuvent progressivement  obtenir des prêts supplémentaires jusqu’ à leur complète autonomie.

 12 volontaires, des jeunes de toutes nationalités, animent pour 3 ou 6 mois des ateliers: cours d’anglais,  de gestion,  d’internet.

  

 Rencontre de 2 volontaires, Tania, Suisse, et Samantha, Américaine.

 Au village, nous sommes frappés par l’atmosphère joyeuse, les visages détendus, la volonté et la créativité des femmes. 
Nous rencontrons  l’une des pionnières:  organisée, elle  fait la visite de son atelier et nous  présente les différentes étapes  de tissage:

 Cardage et filage 

Teinte  avec des produits naturels:  cochenille, pierres, insectes,citron, plantes, feuilles ou fruits…

tissage de motifs traditionnels, mais aussi  fraichement inventés

Des idées plein la tête pour développer son activité (Casa Bazan ), Rosa respire la créativité et l’intelligence!
 Et puis un peu plus loin, nous avons promis de parler de Conchita,qui  tient un petit comedor, pas cher et délicieux!


  Alors pour ceux qui passent à Teotitlan del Valle,  allez au Conchita’s Food, en face de la tortillaria et dégustez les  délicieuses Tlayudes, huaraches, quesadillas,  …  

Concepcion Bautista Lorenzo CALLE AV JUAREZ  104\Tel 019 51 52 44600 

 les Monti, les 5M et les Carapatte : faites passer!

 Oaxaca la ville

 nous déambulons dans le Zocalo, en en prenant pleins les yeux et les oreilles

 

On a adoré l’ atmosphère  très particulière  dûe au riche mélange des cultures qui colorent la ville: Zapotèques, Miztéques,  et  autres communautés qui viennent  ici pour vendre leur artisanat traditionnel. Beaucoup d’indiens des pueblos avoisinants vendent des  huipiles (vêtements brodés),  tapis de laine (satrape)  animaux en bois sculpté, poteries, la caverne d’Ali Baba. Au marché,  nous dégustons le plat local,  le mole negro ( sauce à base de cacao et de fèves).

 

Nous aimerions trouver les mots pour décrire le charme, l’esprit qui règnent au milieu  des couleurs, senteurs, et dans le brouhaha incessants du marché. Est-ce dû a la présence des chamans, à  l’authenticité des traditions qui font la fierté des indiens?  il y a   ici une force qui contraste avec  la culture de la soumission  vue  parfois ailleurs. 

   Des  manifestations orchestrées par des mouvements d’extrême -gauche  rassemblent les  opposants au régime : des slogans  virulents dénoncent la faim et la misère des indiens.

   le santo domingo

    moinillon- danseur! aller…

…et retour!

Chuipiles, dégustations de sauterelles marinées et grillées, ultra proteinées!

 

 Nous frappons à la porte d une école  toute bleue et blanche, le directeur nous accueille et nous visitons l,établissement avec deux jeunes collégiennes.

 Nous passerons la  fin de la matinée avec  elles: elles nous  accompagnent jusqu’au  San Domingo, magnifique couvent attenant à l’église. le lendemain, nous partons pour Monte Alban,  la plus grande cité zapotèque
 Nous visitons le site cérémoniel, le jeu de balle,  l’observatoire et les glyphes très bien conservés.
   Monte Alban

 grand calme et vaste terrain de jeu

Los  danzantes, série de sculptures montrant des hommes dans d’ étranges postures ( danseurs ou prisonniers torturés? les interprétations varient…)

Lorenzo est un artisan local, il parle encore la langue zapotèque. Sa culture est très proche de celles de ses ancêtres: médecine  de plantes,  alimentation à base de mais, artisanat fait avec la jade locale, cérémonies,… Il vit dans un village près du site, dans une maison au toit de palme comme ses ancêtres.

  le Chiapas

la province la plus pauvre du pays (ici, plus de 80% n’ont ni eau potable, ni hôpitaux, ni électricité; la moitié de la population souffre de dénutrition et environ 80% des enfants souffrent de malnutrition.)… Et pourtant,  les plus grandes ressources naturelles se trouvent ici: agriculure, élevage, pétrole, gaz…!

« C ‘est la région pauvre la plus riche »  dit Basile

 
« Et la région riche la plus pauvre » répond Théophile.

 
 San Cristobal de las Casas


 Fondée en 1528 par les Espagnols. 
 Ici  débuta le mouvement zapatiste.L es rues ont été balayées par la queue de l’ouragan qui a traverse le pays,  nous sommes à 2300 m d’altitude.
 pour notre arrivée entre chien et loup,  nous cherchons un bivouac,  pas  facile ! Nous devons recevoir plusieurs refus d’hôtels censés accueillir les camping cars.  Un peu désoeuvrés, nous nous arrêtons   dans la nuit sur la rue principale pour trouver une solution . Théophile repère juste sous nos yeux l’ indication d’un trailer park :  dans ces moments de grâce, on croit  au miracle!
 Pour  nos amis  campingcaristes: rue guadaloupe de Victoria,près de l hôtel  la Merced  c’ est un autolavado, et parking pour les bus: eau et électricité à disposition,  une lavanderia à 2 pas, en plein centre, donc parfait, bravo Théophile!  Nous y rencontrons Lencho , Sol et leur petit garçon Cinchao, qui vivent dans un bus scolaire aménagé et sillonnent les routes sud- américaines depuis 15 ans.

San Cristobal de las Casas, une vieille cité provinciale de l ‘époque coloniale avec ses arcades et ses maisons basses aux fenêtres grillagées de fer forgé, encore et encore…  Règne ici une atmosphère très cosmopolite, nous sommes à 2140 m d’altitude, le écarts de températures sont surprenants.
 

Le marché  explose en  variétés de légumes, de fèves colorées,  et contraste avec les rues piétonnes proprettes et lèchées  destinées au touristes ou aux hippies locaux, très présents ici.

 

 Dans une atmosphère new age,  écolo-bobo,  San Cristobal attire les touristes férus de mystique  pré-hispanique.

 L ‘avantage : on y trouve une EXCELLENTE  boulangerie française,  et son jeune boulanger!

  

 Et pour répondre à vos questions sur notre petit quotidien du type:

‘ »mais comment vous faites pour laver votre linge ? » 

Voila une lavanderia type, où nous déposons notre linge et le récupérons  tout -propre -plié-  et-presque-repassé : on paie au poids ! 

   San Juan de Chemula

   Un pueblo tzotzile ,  à flanc de montagne. Nous n’aurons pas le droit de prendre des photos à l intérieur,  et pour cause,  l’entrée est interdite aux photographes, on prendra quand même la porte en photo, magnifique, du pur style chemula!


 

Quant à l interieur,  complètement fou,  en voici la description, la plus fidèle  possible …

 
Dans cette église, pas de bancs ni d’autel. Tous les jours, une bonne centaine de personnes  assises à même le sol  viennent en procession prier, porter leurs offrandes, cette petite église ne désemplit pas. 
De larges pans de tissu  fleuris pendent du plafond et, au fond, le Christ est remplacé par le saint local, san  Juan.
Partout de  longues aiguilles de pin  jonchent le sol au milieu de  milliers de petits cierges allumés par dizaine, qui tiennent  bien droits sur le carrelage.Le décor  se perd dans une fumée verticale,  embrumé, encensé dans un brouhaha d’incantations et de musique ( flutes, tambours) qui nous   plonge dans un autre temps. Les femmes enveloppent leurs visages  frippés  dans les tissus locaux. Les hommes, eux, portent des vestes de longs poils  de laine noire et    un chapeau de paille dont il se découvrent en entrant; au cou un miroir  en pendentif sert à refleter l’âme de celui qui le porte.  Un peu partout, des hommes et des femmes assis tiennent les  poules et coqs qu ils vont sacrifier, d’autres  aspergent  le sol de l’eau de vie locale, mangent et boivent, fument en  s’ inclinant avec ferveur… Certains   guident les prières des autres bien que chacun  semble  isolé  dans le marmonnement  de ses propres incantations; des femmes chantonnent, les enfants s’endorment.
    Dans des processions  et  une atmosphère très mystiques, des gestes  indescriptibles rappelant  un vague signe de croix  se mêlent  à des rituels  sans doute plus ancestraux. Les fidèles ont apporté des pierres, des bouteilles remplies de la tequila locale qui aide  la transe, de la nourriture en offrande…
 Tout nous échappe, les codes sont incompréhensibles,   mais une force  très particulière se dégage de ce lieu. Impossible d’y être insensible…

 Nous continuons vers le sud-est dans les bordures de la jungle

Palenque

 Qu’il fait chaud et lourd ici!!! Nous visitons l’une des plus grandes cités  mayas du Mexique dont on ne voit pourtant qu’une faible partie; le reste est enfoui sous la végétation tropicale. L’atmosphere Indiana Jones plait au  plus jeune d’entre nous!

 Argg! Une tarentule!

    Au petit matin, nous passons la frontière toute proche

Guatemala

 

 Au passage de la frontière, des bâtiments colossaux côté mexicain et de l’autre,   une  pauvre barraque en préfabriqué :   serait-ce   l’avant-goût du contraste qui nous attend? le Guatemala, un petit pays, enfin, que nous pourrons visiter sans trop rouler.

 A quelques mètres de la frontière, les  traces de l’ouragan.

 En quelques  minutes, nous nous sentons ailleurs.
les paysages et l’ atmosphère humides  évoquent pour Luc l’Afrique Equatoriale, l ‘Asie du Sud- Est pour Caroline : tout  se dessine en courbes souples: vaches à bosse,  douces collines vertes.
Les palmiers dattiers émergent au milieu de vastes champs  et dans  cette campagne luxuriante, des petits cochons, un cheval, des dindons  nonchalants traversent la route; tout cela contribue à laisser de prime abord une impression de sérénité, d’ harmonie heureuse. Les visages sont souriants, les regards curieux et rieurs.Nous sommes au nord du  Guatemala, dans le Peten.


 

 l’animal que nous avons le plus souvent croisé!

 Sans conteste c est le » tumulos« , plus petit et un peu moins agressif que  son cousin  mexicain le Tope,  mais égal en nombre!

Ici, le soleil se couche très rapidement,   à 6 heures il fait nuit noire; on nous déconseille encore le camping sauvage.
Pour notre première nuit, au détour d’un chemin de terre, au milieu des champs,  un homme et sa famille  nous proposent  de garer la Piafmobile devant leur maison.


Le lendemain matin, nous  fêterons l’anniversaire de Basile, entourés de la famille de Ricardo et des voisins,  curieux  et amusés de notre passage. 

La matinée se passe en échanges joyeux et simples. Les enfants font visiter leur maison: au sol, de la terre battue; un hamac et quelques  chaises dressent le mobilier. Les poules, dindons et cochons vont et viennent. Les enfants  du village visitent à leur tour notre maison roulante, on  s’observe, se pose des questions, et puis on souffle 7 bougies ensemble!

 

Une petite fête qui  fut une belle surprise pour Basile, pour nous et pour tous nous l’ espérons.

 El Remate

La route passe par des flancs de collines couverts de champs de mais  dans une végétation luxuriante parsemée de petites maisons de bois. Un coin agreste, doux, peuplé de dindons et de chevaux qui traversent à la hâte l’unique route goudronnée. Ici, l’hiver s’en va doucement vers l’été. Le lac invite  au repos, à la baignade…  Entre les cours et les devoirs, on en profite !

 

En l’honneur de l’anniversairé, nous nous offrons une randonnée à cheval.  Notre Basile  chapeauté  joue au cow boy  en poussant des « yaaaah ! »pour lancer son cheval au galop! Un cavalier  de 7 ans téméraire et enthousiaste !

 

 

Ici, tout semble doux à vivre,  pauvreté ne signifie pas misère. Au cours de la randonnée équestre, Chon  nous explique un peu la situation de son pays: la guerre  civile encore  très présente   dans les esprits,  les massacres des années 90, les élections imminentes…  Nous apprendrons plus tard que Chon comptait parmi les rebelles. 

 Nous avons un coup de coeur pour cet homme libre et attachant. Et puis,  nous sommes au cœur de l’actualité politique: le deuxième tour des élections présidentielles aura lieu le jour de notre départ!

  Tikal

 On nous l’avait dit, nous nous y  attendions: Tikal nous a  éblouit!
 Avant le lever du soleil, nous prenons nos frontales, chaussons nos gros souliers et partons dans la jungle, au milieu des cris des singes hurleurs et des  premiers  battements d’ailes  de toucans et de perroquets. Nous partons   pour l’ascension du temple qui offre un panorama unique sur la canopée tropicale.

le site est prodigieux,  peuplé d animaux et de plantes exotiques… Nous nous sommes perdus dans ses dédales avec une délicieuse inquiétude! Heureux tout de même de retrouver un sentier  après quelques heures de totale errance dans la jungle!

Nuovo horizonte
 Chon nous donne l’adresse de son frère, fondateur d’une coopérative   qui  développe parallèlement à sa mission agricole des projets  éducatifs  et  de tourisme solidaire.

Santa Ana, nuevo horizonte
 Www.coopnuevohorizonte.com
Visite d une coopérative agricole.


Afin de  comprendre la démarche de cette association de paysans mayas, nous devons entrer   dans l’histoire du pays et plonger  dans une réalité pas franchement douce.

      Pendant la guerre civile, un nombre effarant  d’indiens furent exterminés,  la terrible  politique oligarchique et totalitaire de la  » terre brulée » fit raser plus de 400 villages dont la majorité  des habitants furent massacrés. La guerre fit plus de 15 000 victimes civiles. Alors que la  forêt servait de refuge aux indiens, le  gouvernement ordonna  d’abattre les arbres au nom de la lutte « anti-insurrectionnelle ». Une véritable persécution  dirigée contre les indigènes. Aujourd’hui,   la reforestation est l’ un des  projets de nuevo horizonte.
Alors que la terreur d’ Etat contre les communautés indiennes rurales (descendants des Mayas )avait atteint son apogée de 1982 à1990,  4 organisations de guerillas se regroupaient et  près d’un demi-million de personnes- surtout des paysans des hautes terres-  leur apportaient un  soutien actif.
 la coopérative que nous visitons est gérée  par d’anciens guérilleros; nous constatons une organisation rôdée et volontaire, défiant le pouvoir en place, des hommes et des femmes qui n’ont  confiance que dans leurs propres forces pour penser l’avenir.   Cette coopérative rassemble ceux qui ont  perdu terres et  familles.

 Pisciculture, agriculture, commercialisation, tourisme équitable, reforestation, éducation (dans le pays, on atteint un taux d’alphabétisation de 73%, mais  l’enseignement n’étant plus gratuit à partir de 13 ans, beaucoup abandonnent).

 Nous visitons cette exploitation de 900 hectares où vivent désormais 450 personnes qui pourraient  maintenant vivre en  complète autonomie.
Derrière la façade souriante qui nous  a séduit d’abord, nous comprenons que la violence est encore présente dans les esprits et les moeurs,  La « lucha » (lutte) ne semble pas terminée. D’ici la fin de notre séjour, les guatémaltèques auront fait leur choix présidentiel entre un candidat prônant la force armée, émanation  directe de l’ancienne dictature militaire,   ou un démagogue fascisant. Malheureusement, ces élections ne laissent présager que du pire pour ce pays  pourtant si beau, dont les richesses naturelles  et humaines semblent  une provocation à la violence et à la folie des  tyrans qui les gouvernent.

 la Côte  Caraïbe

On voulait voir ça. Un autre visage du Guatemala,  d’autres peaux et d’autres musiques, une autre langue,une histoire à part.

 Nous arrivons au bord de l’immense  lago Izabel.
Le lac  se déverse dans le Rio Dulce  qui s’élargit en aval pour se jeter dans la mer des Caraïbes, à Livingston.
 Pas de route pour rejoindre cette bourgade à part, et c’est tant mieux!  Les Garifunas   peuvent donc préserver leur culture et leur identité  si particulières.
 Pour la première fois nous laissons la Piafmobile une nuit, c’est un peu la fête: une nuit à l’ hôtel!!!


 

Nous  traversons le fleuve en longeant des villages lacustres où la pirogue est le seul moyen de transport,  des pontons  conduisent aux paillottes sur pilotis dont les habitants vivent de la pêche et du tourisme. Des enfants s’approchent de notre barque pour nous vendre des coquillages ou des carapaces de tortues.

 

  

 

Livingston

 A l’embouchure du fleuve, la ville de Livingston nous plonge dans un monde nouveau. Ce qui nous a marqué et touché:  la  cohabitation  étonnante entre le peuple maya, les « ladinos »(métis) et les Garifunas.

Les  Garifunas
  Beaucoup de  Garifunas vivent  en Amérique Centrale.  Dans l’histoire tumultueuse  de l’intrusion européenne sur le continent américain  et du trafic d’esclaves noirs, peu d’épisodes sont aussi émouvants que celui du peuple Garifuna.Ils seraient les  seuls Noirs du continent américain  qui n’aient jamais connu l’esclavage! Issus d’un  naufrage de négriers espagnols survenu en 1635 sur l’ile de San Vicente, dans les eaux caribéennes, les  survivants africains  se  mélangèrent  aux peuples autochtones  en  adoptant leur langue; le parler des descendants  africains a donné naissance à la langue garifuna, aujourd hui enfin considérée comme culture particulière,  digne de protection. La culture garifuna, « chef d’oeuvre de l’humanité », selon l’Unesco.

 

  

   petit touriste blond

nous partons faire un tour à la playa blanca où nous  assistons à un baptême dans la mer

 une petite fille   qui nous a partagé ses chansons.

A Los sieste altares, nous rencontrons un  drôle de chaman

son autel

 dans  son jardin  il y a un bassin…

Côme  étant toujours partant pour les défis: plouf!

 

 

 

 

 

les Hautes Terres, le coeur du Guatemala culturel

Antigua (les photos ont mystérieusement disparues !)

 Où les murs passent sans transition de la peinture fraîche à la décrépitude lépreuse. Des airs de cité hantée, perdue, désertée. en cette saison…  Singulière atmosphère de ruines  après la catastrophe. Est-ce dû  aux irruptions volcaniques  successives, aux tremblements de terre, est-ce à cause du récent ouragan, de la fin de la saison des pluies? la période électorale et l’avenir incertain ont aussi vidé les rues de leurs touristes.
 En revanche, si les  couleurs des murs ont été délavées par le temps  (ce qui n’est pas sans charme) , les habitants,  eux, arborent leurs tissus dans  une  véritable explosion de couleurs. 

   pour Fleur:   ici, les  mamans  papotent aussi bien au lavoir que sur la plage du Moulin!

 1 er novembre, la Toussaint pour nous.  Ici,  la  fête des Morts.
 Nous prenons un petit collectivo (microbus toujours plein comme un œuf!)   pour un village  situé à 25 km d’Antigua, à  Santiago.
 Dans les villages, on se retrouve par centaines sur les tombes et mausolées, un cerf volant de papier de soie à la main.
Entrainés par cette foule  en marche vers le grand cimetière surplombant la ville, nous nous laissons gagner par le jeu, la fête.


Plus nous approchons du  cimetière, plus les cerfs volants flottent au-dessus de nos têtes, le ciel est multicolore!
Si certains sont achetés individuellement, la plupart ont été  fabriqués à plusieurs. Tous les âges se réunissent  pour commémorer les êtres  disparus et agiter dans le soleil   le cerf volant  confectionné en famille, entre amis, ou avec le village.

 

Délicat papier de soie, couleurs éclatantes, c’ est un ballet multicolore et dansant au- dessus de nos têtes. Là des tombes  fleuries, ici de simple mottes de terre pour les moins argentés.  Le cimetière se transforme en un vaste terrain de jeu et tout  autour des  tombes, des hommes, des femmes,des enfants dressent leurs sourires vers le ciel, poussent des cris de joie devant l’ envol  d’un cerf volant ou se désolent  en riant de sa chute.

Le vent léger et  le soleil ont sans doute contribué à  rendre cette journée particulièrement lumineuse  mais c’est encore autre chose qui nous a charmés ici.  Dans une célébration joyeuse de la vie et de la mort, les fils tendus vers le ciel  semblent  manifester une confiance   évidente dans un au-delà omniprésent.
 Nous avons aimé cette manière ludique et joyeuse de rendre hommage aux êtres chers, de les fêter, et de faire des cimetières  un lieu de retrouvailles festives. On garde en mémoire l’idée des cerf volants pour la prochaine fête de la Toussaint!

 Sur le parking de la police turistica oè nous restons ces quelques jours,  nous rencontrons des  voyageurs  venus d Israel

 Jonhathan et Tamara et leur petit garçon
 Quand débarque un petit van Westfalia venu droit du Québec,

 Au volant: Valérie,  une maman sur la route, jeune trentenaire
 en copilote: Camille, 7 ans
 Leur site
 www.voyagerpourgrandir.ca

 

Elles seront toutes les deux nos comparses  pour quelques  jours vers Le lac Atitlan.

   Comme on dit au Québec, nous sommes  » tombés en amour »de cette maman et de sa petite fille, tout le monde est sous le charme!

 lac Atitlan

 Nous partons ensemble jusqu’ à Panajachel; sur la route, les  garçons apprendront à  changer un pneu!

   Nous nous arrêtons tous les 8 pour un bivouac dont nous aurons du mal à décoller, en face des volcan du lac Atitlan.

 

retour du marché!

 Avec Camille et Valérie, nous apprenons quelques mots dans une langue  magique, celle  des signes. Et puis nous avons tout compris: Camille est une fée!

Elle a le pouvoir extraordinaire de faire ouvrir les bras et provoque instantanément un élan incontrôlable de tendresse , nous sommes totalement envoutés!

Nos repas à 8 autour du feu devant le volcan   resteront gravés dans nos mémoires. De là, nous prendrons une petite lancha vers les villages voisins, passerons à l’association  qui soutient la scolarisation des enfants les plus démunis du  village,  www.clubquetzal.org

 

 les rues sont pleines , les  femmes tissent sous nos yeux noeud après noeud  des tissus d’une beauté unique.

 

les hommes aussi sont coquets!

 Nous prenons notre envol, encore une fois…

 

L’ Amérique Centrale en quelques jours , quelques lignes  et sans images ( plus d appareil photo!)

Salvador, Honduras, Nicaragua

 Ici, on   parle peu du passé très récent, les guerres civiles assassines, mais on suppose sans risquer de se tromper qu’il a été terrible. L’état des routes, les rues et les visages mal lavés, les étals frugaux, tout révèle la pénurie discontinue comme s’il manquait le nécessaire pour réparer les moindres petits dégâts de la vie ordinaire. Et puis  surtout, où est donc passé ce qui rend digne une famille, un peuple,… la culture ? le contraste est saisissant avec le Guatemala, si culturellement « authentique ». Ici, rêve- t-on  davantage de ressembler aux géants du continent ? Disparus ces tissus si beaux  et place est faite  dans les rues pour  la musique américaine tapageuse… d’autres en feraient peut être un autre portait, plus nuancé, ce fut certainement trop court.

 Frontières…

 Si  celle  du Guatemala-El Salvador est facile, celle du Honduras  fut assez pénible.  Nous traversons une faune dense, des étals tous azimuts, des femmes entassées entre leurs paniers d’oranges pelées, des camionneurs aux visages grêlés tendent leurs hamacs sous leurs énormes véhicules en attendant le lever du jour. Nous sommes littéralement harcelés par les faux-guides qui bondissent surla Piafmobileen tentant de nous faire croire qu on ne pourra pas se passer de leurs services pour passer la frontière! Une grappe d’enfants s’accroche aux rétroviseurs pour nous vendre leurs oranges, ou nous demander des chaussures.  Nous nous sentons riches,  étrangers, mal à l’aise.

 Après une série de photocopies et de paperasses, les douaniers, dans leur lenteur soucieuse, tapent avec l’index leur clavier, entre les pauses et les conversations qui n’en finissent pas…

Dans l’attente et la moiteur, nos enfants persévèrent pour  avancer leurs devoirs. Ils sont en avance sur le programme,  et les premiers résultats sont excellents, chapeau bas!

Nicaragua
 Le pays le plus grand d Amérique Centrale, le plus pauvre aussi.  Ça saute aux yeux dès les premiers kilomètres.   On  dit le plus sûr? C ‘est pourtant ici que nous devons subir notre premier  vol sérieux: infraction du véhicule,   vol d’ appareil photo et de notre argent hebdomadaire…. Aarggg! Les photos de passages de frontières volatilisées… en plus  des enquiquinements de policiers corrompus!

Mais  une rencontre suffit pour nous faire aimer notre séjour au Nicaragua: pour les  amis campingcaristes, allez  à Mi Viejo Rancho, a Catarina (près du très beau lac Apoyo), Yolanda est une femme extra, Horacio  incroyablement prévenant,   et saluez les pour nous!!!

Pour notre première nuit à qq kilomètres de la frontière, nous nous arrêtons dans  une station service.  Une guirlande de petites filles entourent la Piafmobile, nous vendent leurs  oranges.

 Nos portes s ouvrent,  après quelques rires étouffés dans les cols, les questions habituelles, l’épellation de chaque prénom,  nous nous installons sur  une marche en béton, cherchons  l ‘atlas, et nos albums pour enfants en espagnol. Une   bibliothèque Uno ( le Shell  d’ Amerique Centrale) s’improvise à la tombée de la nuit. Âgées de 7 à 12 ans, ces fillettes ne savent ni lire ni écrire mais aiment  visiblement les histoires.
 Quand je leur demande de dessiner à quoi elles aimeraient que le monde ressemble,  elles  me disent leurs  rêves: avoir un lit, de belles chaussures, une belle maison, et une bicyclette!

 dessin de Basile

Dessiner, lire, se conter des histoires est un Sésame prodigieux pour se rencontrer, « être » ensemble.   

Voila  la frustration de la route: le choix de l’ itinérance rend les rencontres fugitives, bien qu’intenses.   Même s il est arrivé que nous ayons l’envie de  nous attarder, ce déplacement , curieux, observateur, que nous espérons généreux aussi, est une école passionnante et riche, et  nous ne  nous sentons pas la vocation de rester ailleurs que dans notre maison roulante, à pas de tortue, pas  d’autre appel aujourd’hui que celui de prendre la route, chercher encore l’horizon derrière chaque village, et le visage de Dieu derrière chaque visage. Avant de revenir chez nous pour continuer le voyage.

 La traversée du Panama nous attire comme un aimant:  de l’autre côté, nous avons le projet de nous arrêter plus longuement  grâce  aux beaux contacts qui nous attendent. Nous poser, donner des coups de mains si possible.

   Et puis 2 rendez vous  très importants nous attendent en Equateur!

Pour clôre,  un dessin de Côme qui met à l’honneur le tissage guatemaltèque comme une oeuvre d’art!

titre: Métissage