C’est Bo li Vie!

avril 14, 2012

LA PIAFMOBILE CHERCHE TOUJOURS UN ACQUÉREUR: ELLE EST TOUTE PRÊTE, PARFAITEMENT ÉQUIPÉE POUR UNE REMONTÉE VERS LE NORD!!!

 Écrivez-nous : lucsaintbonnet@gmail.com ou  csaintbonnet@gmail.com

Entre la Bolivie et le Chili

 Un  petit mois d’allers et venues entre ces deux pays voisins et presque antagonistes. Certes, ils partagent des paysages lunaires, célestes, des salars blancs comme neige et des canyons rouge sang,  des voûtes étoilées, des cheminées de fée… et si les vigognes et les lamas passent sans vergogne d’un pays à l’autre, les hommes, eux, connaissent les limites  des frontières: dans les postes-frontières, des affiches rappellent les derniers conflits en prévenant le touriste de la présence de mines anti-personnelles…Plongée dans une Histoire douloureuse.
 

 Le poste-frontière bolivien ressemble  à une cabane à frites! Pour la première fois, les douaniers, des deux côtés, veulent allonger  les frais…Nous restons fermes,  remplissons les papiers, et en moins d’une heure, nous voilà en

Bolivie

 Copacabana, Traversée du Lac Titicaca

Sur une barge plutôt sommaire, la Piafmobile croise des congénères  boliviens: bus, collectivos, et des voitures privées fraichement baptisées! En effet, à l’eglise de Copacabana, on se gare  en file indienne pour faire bénir son véhicule tout fleuri.

Un peu d’eau bénite, un signe de croix et Hop! le voyage est  garanti-assuré pour les prochains kms!

Nous nous préparons pour des routes hautes en altitude, en couleurs, et en coût d’essence: ici, le prix de l’essence, quand on daigne servir les étrangers, coûte 3 fois plus cher que pour les locaux. Evo Morales, premier président indigène en Bolivie, a tenu ses promesses de nationalisation des carburants. Entre autres…

Juli
 Marché avec un chaman -conteur-bonimenteur, la langue Quechua très gutturale donne à son boniment une gravité presque tragique d’obscure sorcellerie! Plus loin, des vendeurs de cordes tressées, de souliers fabriqués avec des pneus usés, de tulmas ( pompons à attacher au bouts des longues tresses noires),  des étals de racines improbables, d’herbes médicinales, de bloc d’argile et des pierres de sel, des sacs remplis de feuilles de coca… Bref, un marché avec ses aveugles,  ses petites filles, ses vendeurs de pacotille, ses chiens errants,..plus loin, un homme vend une poudre  magique  » testée par les Nord Américains, Mesdames et Messieurs, les japonais en raffolent! », c’est vous dire si ça vaut la peine!

 Nous quittons  bientôt les doux paysages lacustres  du Titicaca
 Ses dimensions, son  altitude  lui donnent  une impression unique et dans un ressac presque maritime, ses petits cailloux roses et blancs jouent une musique douce  de clapotis.

 Dans les villages, C’est Carnaval!

 

Dans l’altiplano, au mois de Février, les villageois dansent dans la boue au son d’une musique aigrelette, c’est le carnaval dans les campagnes.

 Ils tournent en  rond, deux par deux ou seuls,  agitant un mouchoir qu ils font tournoyer  au-dessus de leurs têtes. Le gros tambour et la flûte ne se pressent pas mais ne manquent  aucune pause  pendant que les jupes valsent allègrement.
Sur la route, nous nous arrêterons plusieurs fois pour admirer ces défiles colorés, et généreusement arrosés!

 

 les bandas:

L’arrivée à la Paz


 Une entrée  sportive et contrairement au nom qu’elle porte, cette ville nous a paru d’emblée totalement folle et  nous aura presque rendus fous!

Au détour d’une grosse avenue bondée,  entre deux places, nous nous glissons dans des ruelles un peu plus calmes

Le marché des sorcières et les foetus de lamas (pour les offrandes à la pachamama), les amulettes, les rues, les églises baroques, le couvent san Francisco…

amulettes

foetus de lamas

manifestation

 le couvent san Francisco

le musée de la musique

..et une circulation dingue sans priorité ni signalisation!.. Ici, c’est  le paradis du  » combi », taxi collectif duquel un préposé hurle à tout vent la destination à qui veut l’entendre. Ça grouille, klaxonne au milieu des cireurs de chaussures, diseuses de bonne aventure, entre hommes d’affaire ou jeunes mendiants. Une ville étonnante, perchée entre 3200 et 4000m d’altitude sur des formations géologiques surréalistes qui rougeoient à la tombée du jour.

la Valle de la Luna, tout près du seul bivouac possible pour la Piafmobile, nous offre de belles ballades  à l’écart de la ville. A pied pour moi, en quad pour mes gars !!!

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 on s’amuse!

 Mais n’imaginez pas que nous passons notre temps à sauter,  l’école continue, les enfants travaillent assidûment tous les jours;  voila plus d’un mois que les cours du CNED ont été envoyés depuis la France… La poste bolivienne nous aura rendus complètement chèvres et grâce à l’aide de Robert, le neveu de notre amie Ana Maria  et à sa persévérance , nous pourrons enfin récupérer les cours des grands. Grand merci Robert pour ton aide si précieuse!!!

 Nous ferons sa connaissance lors d’un repas  convivial durant lequel nous retrouvons Ana Maria et sa famille.
Une rencontre, comme à chaque fois, qui nous enrichit beaucoup.
 Robert travaille à l’ONU. Journaliste passionné par son pays,  il nous livre des informations précieuses sur la Bolivie et son histoire sur laquelle il a écrit plusieurs livres. Il nous  confie son analyse de la situation politique actuelle de Morales, proche de celle de Chavez au Venezuela. Si Morales offre comme promis de nouvelles opportunités aux communautés rurales isolées, les indispensables éducation et accès aux soins, il bloque peu à peu les frontières au marché international, canalisant les médias,  briguant l’opposition, … Robert parle avec réalisme d’une dictature voilée présentant de réels dangers pour les années à venir. Cet après-midi fut extrêmement instructive et tellement agréable! Un moment convivial, passionnant, chaleureux.  Et combien frustrant de ne pas se connaitre davantage… Sois le bienvenu quand tu veux en France!

Retrouvailles avec les SALMON-CECCINI
Nous retrouvons nos chers voisins montréalais:
 Florent, Valérie, Hugues et Laure, les tant attendus!

Sur les chemins de la valle de la luna, aux formations rocheuses  si étonnantes, le soleil tape, aie aie, sur les petites peaux blanches de nos amis Canadiens.

Luc et Flo

Un joueur de flûte perché sur un pic rocheux laisse résonner le son aigu de sa  kéna.

 Belles premières journées  à nous 10, pour 10 jours ensemble entre la Bolivie et le Chili.  

Comment ne pas vous présenter la mascote du moment, un chien abandonné que les enfants ont baptisé Fidesco: il ne nous quitte pas de tout notre séjour à la Paz!

Écriture à 4 mains pour ce qui suit, Valérie m’ayant envoyé des lignes de son  » journal de bord » ,  je les  glisse  en bleu entre les miennes,  et vice versa!

En route vers  le parc Sajama

La route est très belle: nous passons à travers des formations géologiques incroyables, un paysage  semi-désertique avec des  mousses d’un vert pomme et des lichens, des herbes sèches, des cactus, des  petits taillis et le long de canyons, des  cheminées de fées… et peu à peu, à mesure que nous montons en altitude, les sommets enneigés pointent leurs nez

construction d’une digue, les plus jeunes suivent l’exemple des plus grands!

Arrivée à Tomarapi

Un village avec sa petite église blanchie à la chaux, ses murs d’enceinte en adobe.


Derrière les murs de pierres sèches  qui encadrent le village, des enfants nous épient et se cachent… Nous sortons  notre ballon, une partie de Tomate ouvre les vannes: rigolade des deux bords! 

Depuis plusieurs semaines, nos albums  illustrés en Espagnol ont mystérieusement  disparu…  Nous devrons  faire sans.
La pluie se met à tomber en fin d’après midi. Des feutres, des feuilles, chacun dessine sa maison avec ses montagnes, ses vigognes, les canards, le chien.

 Nous passons la nuit dans ce petit village isolé.
la famille Salmon dans l’unique gîte, les Saint Bo dans la piafmobile. la nuit est glaciale, Basile dort avec son bonnet en alpaca, nous gardons tous nos chaussettes! Glagla…

 

Le lendemain matin, la neige tapisse  les plaines désertiques. Silence et pureté.

 

Nous prenons une piste qui mène aux thermes pour plonger dans des  eaux entre 35 et 40°’ en pleine steppe, perdus dans les vastes plaines, au milieu de lamas impassibles. Du pur bonheur!

 La route qui mène à la frontière est une large piste non- asphaltée qui nous ballade entre nids de poules et ornières. Les vigognes et lamas se promènent allègrement dans la végétation altiplanique.

Nous aimons particulièrement  ces décors  : nous rendraient-ils  plus vastes nous mêmes, pour un temps au moins? 

C’est un peu comme si nous nous élargissions.

CHILI

 Nous passons devant la caravane sans fin de camions chargés de marchandises chiliennes


  pour arriver à la frontière

Plus que 4 heures de décalage avec la France!!!
Nous nous  approchons du bout du voyage, du bout du continent,  même si nous prévoyons de faire des allers et retours et  encore quelques  larges boucles avant de rejoindre la côte Atlantique! C’ est d’ailleurs assez difficile de tracer notre itinéraire pas encore clairement défini pour ces 2 derniers mois. Nous oscillerons entre le Chili et l’Argentine, avec un court passage au Brésil sans doute,  selon l’avancée de la vente de la piafmobile…

 En attendant, nous atteignons 4696 m à la frontière chilienne: record battu!!!

 En température aussi…

 Les SALMON  expérimentent les problèmes de passages de douanes. Sans papiers ni  sans assurance  du véhicule des SALMON pour le Chili, (merci au loueur de la Paz!)  Luc et Florent passent leurs soirées en pourparlers pour accélérer le processus. Les Chiliens  semblent sous-estimer l’intégrité bolivienne, et pourtant, même si les douaniers sont  très coopératifs des 2 côtés, nous passerons la nuit à la frontière, bien heureux d’avoir pour nous 10 notre maison sur le dos!!!… Près du lac le plus haut du monde, le lac Chungara.
 Nous continuons notre descente le long de l’épine dorsale de l’Amérique du Sud parsemée de volcans avoisinant les 6000 m d’altitude.

 arrivéée à Putre:

  • où nous chercherons désespéremment le moyen de retirer de l’argent, pas de banque, pas de change, pas de caisse…pas de chance!
  • où notre petite Laure attrappe un furieux mal des montagnes et ira respirer sous un  masque à oxygène: revigorant!
  • où nous trouverons une grande cuisine familiale avec un vrai four pour faire de vrais gâteaux!
  • où les couchers de soleil sont magnifiques (merci Valérie!)

Le lendemain, nous partons à 10 dans le 4×4 pour le parc de la Vicuñas. Une très belle journée nous attendait au Salar de Surire. Au programme: une multitude de flamants roses, des autruches, des buses, des petits renards et toujours des dizaines et des dizaines de lamas, vigognes et alpagas.


Nous avons traversé plusieurs guets qui  ont rappelé aux Salmon les traversées de rivières à Tahiti! Mais rien n’a découragé Flo et nous sommes rentrés sans problème, avec des images plein la tête!

 

 

Couleurs délicates, palette pastel.  Notre premier salar

 

Défi pour l’amateur de photo:
 Approcher une vigogne sur la pointe des pieds  avec la légèreté  d’un flamant rose, sans faire crier les mouettes, et clic! Saisir en un instant le cliché du siècle!

champs de quinoa

Renards du déserts, ouates andines,  flamants roses Saint James, vigognes ou guanacos…On en prend plein les yeux avant de reprendre sous des trombes d’eau une route  chaotique!

 15 ans le 5 Mars!!!

  15 bougies dans un resto style Bagdad Café  entre les cactus candélabres vers la route qui mène à Arica…

 téléphone arabe (lancé par Théophile) :

 « un chasseur-s’appelant-Foucault -avec-son-chapeau-jouait-du-charango-sur-sa-peau-de-guanaco! »

faites passer…

« … »

Le rdv des camionneurs et des militaires. On nous y sert un excellent repas, un cadre pittoresque pour célébrer un anniversaire! 15 bougies (durement dénichées à Putre), sur un gâteau fondant au chocolat (maison)…Joyeux anniversaire Foucault!!!

Arica et Iquique

 Retour au désert, nous rejoignons la cote chilienne, en passant devant des vergers et des champs d’oliviers plantés par les colons espagnols,  adieu les polaires, nous sortons les maillots!

 les Salmon nous ouvre les portes de leur hôtel,  et on plonge!!!

entre détente et dictées…

Le Chili ré-ouvre des portes que nous ne franchissions plus depuis de longs mois: des supermarchés,  des boutiques de chaines vestimentaires et dans les rayonnages: des pots de Nutella!!! dans les rues piétonnes: des pizzerias, des ventriloques, et des magasins de téléphones portables. Bon retour dans le monde de la consommation…

 

Le Chili  est considéré comme une référence économique en Amérique Latine. Ce pays ultralibéral est pourtant plein de paradoxes et de contradictions: le seuil de la pauvreté atteint encore les 15% et plusieurs millions d’habitants vivent juste au-dessus.
L’industrie  minière est le pilier de l’économie chilienne: 1er exportateur de cuivre et de lithium, de nitrate naturel et même de saumon d’élevage (avant la Norvège), par ailleurs bourré de colorants et d’antibiotiques!
 Le manque de diversité représente sans doute un danger pour l’économie  chilienne(le cuivre représente 55% de ses exportations)

 Au fur et à mesure que nous approchons de Arica, le contraste avec la Bolivie est de plus en plus frappant: aucun panneau de circulation en Bolivie, routes bien balisées après la frontière chilienne.
Au détour d’une conversation, nous apprenons que le Chili est en ce moment terre d’accueil pour de nombreux immigrants espagnols fuyant la crise; l »arrivée de médecins espagnols et autres professionnels est particulièrement bien appréciée.

La fameuse église commandée aux ateliers Eiffel fait face à l’océan.

Mais nous ne nous attardons pas car une mission plus importante nous attend:

découvrir les fameuses glaces artisanales de Arica.

Double glace pour tout le monde! Puis nous déambulons dans la ruelle des artisans. Les étals ont envahi l’étroit passage et regorgent de petits objets faits-main: du petit porte-monnaie à l’ocarina, en passant par les sacs en toile, les bijoux …Les affaires ne semblent pas miraculeuses mais qu’importe!

 Les vendeuses ont le sourire aux lèvres et engagent allègrement la conversation avec Théophile, puis toute la famille!

De Arica à Pica, Chili

9:45 départ pour Pica. Un long voyage nous attend. Quelques 6h de route pour 326km.
Nous quittons l’océan pour replonger dans le désert et ses dunes de sables à perte de vue. C’est la région de Pacha. Dans les vallées, palmeraies, oliveraies, arbres fruitiers, grâce à la présence de rivières savamment employées pour irriguer la terre. Une touche de vert au milieu des montagnes de sable (et de sel!).

Après quelques montagnes russes version dunes de sable (nous montons le long des flancs de montagne de rocaille) nous revoilà à 1300m sur les hauts plateaux. Une belle route toute neuve, toute droite, attention peinture fraîche… Et 30 degrés dehors!

12h45: des géoglyphes à l’ouest, des mini-tornades à l’est. Nous traversons des plantations d’arbres, tentatives de prise de contrôle sur une nature plutôt stérile.

 géoglyphes

1125 mètres d’altitude, 28 cm du sable, des roches volcaniques, des virages inattendus, un camion renversé malgré les maintes recommandations à la prudence…

Les hauts plateaux sont interminables mais nous arrivons enfin à Humberstone.
Une visite s’impose.

Ce qui n’est aujourd’hui qu’un village fantôme était, entre 1930 et 1960 une ville de 10,000 personnes, dont 3000 travaillant à la mine de Nitrate de sodium. Bâtie par le propriétaire de la mine, l’Anglais Humberstone, elle connut son apogée dans les années 50. Nous y retrouvons un théâtre,

 

un ancien court de tennis, une belle piscine en métal, une école, un hôpital… La ville aujourd hui totalement abandonnée avait sa forge, sa menuiserie, son hôpital, bref, tout à fait autonome. la sécheresse a permis une conservation quasi intacte des lieux, un decor idéal pour jouer au cow boy.

quelques clichés far-west pour un scenario  toujours en cours de réalisation… en avant-première: les images d’un western spaghetti:

Où est Charlie? 

a

 Pica

Nous reprenons la route à travers un désert de cailloux. Cette oasis tant promise semble invraisemblable dans ce décor. Au loin, une masse verte commence à se définir. Nous traversons des plantations de palmiers-datiers, d’orangers, de citroniers, de pamplemoussiers et de manguiers. une vraie oasis où les habitants de Iquique, petits et grands, aiment se ressourcer le week-end. Nous posons nos penattes à Santa Rosa. Il y a de tout : piscine, poules, paons, oies, canards, moutons, lapins et surtout des manguiers et dattiers qui proposent leurs fruits gentillement, au grand plaisir des enfants.

Pas très loin, Iquique et ses plages étendues de sable blanc. Les enfants construisent des châteaux de sable, et sur le port, dans les  vagues énormes du Pacifique, les phoques pêchent et plongent leurs grosses têtes de lions de mer avant de s’étaler au soleil sur les quais.

 Gratte ciel, belles demeures coloniale, une allure de station balnéaire? dans les zones urbaines, avec ses petites baraques colorées et une couche de peinture cache-misère, Iquique farde les maisons les plus misérables et frôle pourtant l’allure de bidonvilles.

Les geoglyphes de Pintados

 Des traces datant du IX ème siècle qui servaient à orienter les caravanes  qui traversaient les salares depuis l’Altiplano pour les échanges commerciaux avec la côte. Sous une chappe de plomb, on s’amuse à reconnaitre les dessins de lamas, les silhouettes humaines ou les formes géométriques sur le flanc des collines. Les pierres furent  placées de telle manière que ni le vent ni le temps n’ont eu raison de leur patience  et de leur entêtement à rester  là, à la vue de tous, comme de grands panneaux de signalisation visibles de loin. Pour les caravaniers d’hier et pour les curieux d’aujourd’hui.

De Pica à Uyuni

Départ de Pica à 9h40

caché dans le four: le quatre-quart à la mangue cueillie par Laure tôt ce matin, mais shuuuut! C’est une surprise!
Après discussion avec un paysan, nous préférons opter pour la route asphaltée, même si elle  rallonge le trajet de quelques 150km.

Ce matin, le ciel semble encore plus bleu que ces derniers jours. La chaîne de montagne se profile à l’horizon. Le paysage désertique s’étend à perte de vue.

11h30, 1900m, 24 degrés dehors .

 La route grimpe insidieusement. Les « moraines » font place aux dunes de sable. Ah! Je m’y verrais bien sous un parasol, avec un grand verre de « pisco sur » glacé! Les montagnes se rapprochent, ou bien est-ce une illusion? Non. Elles étaient toutes bleues et là, commencent à se revêtir de brun, de verts, puis d’un ocre omniprésent. Élégamment parées de leur petits chapeaux de nuages blancs. 2500m.

11h55, 3007 m.
12h05, 3500 m.
12h15, 4000 m. La température tombe à 9°c.
Rencontre de 3 carabinieros vraiment sympas: l’expérience, la connaisance, la motivation.

Florent échange des autographes (et oui, on ne rencontre pas des acteurs tous les jours!) contre de l’info sur l’état des route, les postes frontière. …
13h15, 4330m.

Pour rejoinder le salar d’Uyuni, nous ne parvenons pas à connaitre l’état des routes…et par où passer?

Par le Sud, par le Nord ? les carabineros se contredisent,  pour certains la piste serait impossible sans 4×4, pour d’autres,  il n ‘y a même pas de poste frontière au sud,  le seul moyen serait de remonter au nord par Colchane?  Trop loin pour nous, nous n’avons de toutes façons pas assez de carburant, et de surcroit, il n’y aurait pas de station essence… Nous tentons donc notre chance par Ollaque. C’est l’aventure! Et c’est sans regret tant les paysages sont à couper le souffle!


 Heureusement, le 4×4 des Salmon nous trace la route, et nous suivons entre contemplation et crainte  la route qui sillonne au milieu des volcans enneigés, des lacs salés.

 Les nuages projettent leurs ombres  galopantes sur les flancs des montagnes.

Par chance, il semble que la déniveleuse vienne de passer, aplanissant  la piste rien que pour nous! Ouf!  Nous pouvons traverser cette route  normalement impraticable pour la Piafmobile, et absolument magnifique…

Les grands paysages comme un cadeau pour nous tout seuls, sous un ciel pur. Le long de notre route silencieuse, nous réalisons le privilège d’être ici, devant de si larges panoramas. Quel bonheur, comment le partager?…  un nouvel espace s’ouvre en nous; ni vertige ni euphorie, simplement ce qu’on appelle sans doute la Paix.
 

En voici de maigres aperçus… Des clichés d’espace et d’infini
 

 

Mais attention, une si belle route ça se mérite!
 Et parfois même, ça se refait: Florent, Foucault et Côme se transforment en cantonniers, calent de grosses  pierres volcaniques dans les crevasses pour que la Piafmobile passe.

Et elle passe!

Quelle équipe: Florent et Valérie, sans vous cette route était inenvisageable, Merci de l’avoir traversée avec nous!!! Quel bonheur pour nous de faire la route avec  votre famille, enthousiaste, simple et joyeuse!

 Passage de frontière, retour en Bolivie.
 Mais le Chili n’a   peut être pas dit son dernier mot: reviendrons-nous à Santiago?… à la fin de notre voyage, si la vente de la piafmobile nous le permet…

La montagnes nous dévoile ses richesses une à une.

Le salar de Copaiso s’étend au pied des sommets enneigés et nous invite pour les 7 ans de Hugues! 

Tartinade d’avocat et oeufs brouillés, chiffonnade de tomates en dé, chips et Gâteau aux Mangues maison, avant une partie de Piñata  et de 1.  2. 3. Soleil!!!

Joyeux 7 ans Hugues!!!

Nous passons devant une grande mine de cuivre à ciel ouvert. Un lac a été créé pour la  retenue d’eau, ses couleurs nous semblent d’un vert peu naturel. Des viscachas se sauvent à notre approche, les vigognes sont de retour et les montagnes au loin paraissent inatteignables.

Nous voilà à Ollagüe, poste frontière.

Les démarches se passent sans problème mais le départ est retardé: les clés du camping car sont restées à l’intérieur et la porte est verouillée!! Passant par la petite fenêtre, Basile  nous sauve!!

 comme il y a toujours un bon côté aux imprévus, ce petit retard nous permet d’être témoins d’un coucher de soleil spectaculaire: des rayons bleus s’élancent dans le ciel alors que le soleil va se cache dernière les sommets enneigés.  Nous n’en croyons pas nos yeux!

Nous avons un nouveau compagnon pour quelques centaines de kms, Thomas, jeune routard vagabond-voyageur-au grand coeur…il plantera sa tente près de celle de Florent et Valérie.

La nuit s’abat sur nous et nous trouvons vite un endroit pour dormir. La lune est presque pleine, les étoiles apparaisent. Aucun vent, aucun bruit. Le poste frontière étant fermé, plus personne ne passera par là jusqu’à demain matin. Dans la Piafmobile, soirée pâtes sur fond de charango, arrosé d’un bon vin chilien. La tente est montée. La nuit s’annonce douce.

Lever 7h30. Petit-déjeuner « sur l’herbe ».


Une petite randonnée sur la colline au pied de laquelle nous avons dormi. Des montagnes enneigées sur 360 degrés, une pause pour méditer sur ce vaste territoire encore vierge et silencieux.

  …et lancer des cailloux!

 

11h15, nous prenons la route pour Uyuni.

 Nous avions  perçu la blessure encore béante en Bolivie de la perte de leur accès aux côtes du Pacifique. Les gens semblent méfiants, répondent hâtivement, sourient peu…  Ce pays nous aura paru dur, blessé,  et surtout extrêmement pauvre.
 La guerre du Pacifique a entrainé la perte injuste d’accès a la mer, le conflit inégal mit en scène les forces limitées de la Bolivie face à l’expansionnisme chilien. Appuyé par l’Angleterre pour l’exploitation du guano et du salpêtre, le Chili en sortit facilement vainqueur. De son coté, la Bolivie aura subi successivement des pertes de territoires avec les pays frontaliers en quête de  richesses minières. Evo Morales,d’origine aymara, met aujourd’hui en place une politique socialiste favorisant les campagnes et les populations indigènes jusqu’ici fortement délaissées. Difficile de ne pas s’en rendre compte en traversant ce pays: les axes routiers relient exclusivement les grandes villes, les régions  restant isolées, extrêmement pauvres.  De grands chantiers tracent  aujourd’hui de nouvelles routes encore à moitié asphaltées. La piafmobile n’aura jamais autant vibré sur  de la tôle ondulée! Et malheureusement devra renoncer à d’autres, encore inondées par les pluies, peu entretenues…Nous traversons aussi des villages abandonnés, des montagnes rognées pour l’exploitation de l’argent, du cuivre, de gaz…
  Par exemple, le nouveau village de San Cristobal a vu se développer des infrastructures alléchantes pour les habitants (électricité, eau courante…) mises en place par l’entreprise japonaise qui exploite les mines d’argent. Le village installé en amont sur les veines d’argent a été délocalisé quelques kilomètres plus loin. A court terme, la population se satisfait de cette aubaine qui assure aux agriculteurs,devenus mineurs pour un temps, un travail pour les 10 prochaines années.  C’est malheureusement sans considérer les dégâts écologiques ( les lagunes sont asséchées, les montagnes se transforment en gruyère!) et les impacts sociaux à long terme. Mais comme dit un taxi:

« Quand on est pauvre, on pense pour aujourd’hui, pas pour  demain. »

 le Salar d’Uyuni

 Arrivée dans la ville d’Uyuni, drôle de cohabitation  entre les locaux,  souvent très pauvres, et les colonies de voyageurs au long cours 

 

 le salar

Immense désert de sel de 12 500 km²,  c’ est éblouissant et on ne sait plus bien si on est…

Sur l’eau?


…ou dans les airs?

Sur ce paradis blanc, des centaines d’hommes piochent pour dégager des briques de sel non iodé…pour 0,60€ la tonne de sel!


Cet immense lac salé serait-il menacé? D’après des scientifiques, plus de la moitié des réserves  mondiales de lithium gisent sous le Salar, ce qui en intéresse plus d’un… A suivre!

 Avant que les oiseaux canadiens reprennent leur vol, clic Clac, l’oiseau sort du sac! l’horizon infini et sa planéité parfaite nous offrent l’occasion  de pauses photo rigolotes!


 

Nos amis reprennent la route vers la Paz, puis s’envoleront vers la Belle Province, d’autres espaces tout blancs, et Montréal que nous aimons tant. A bientôt les amis!

 Le Sud Lipez

  Nous partons  pour 3 jours en 4×4 avec teophilo notre guide dans le  magnifique sud Lipez, parmi les paysages les plus beaux de notre voyage, sans aucun doute!

   la Laguna colorada,

 envol de piaf

un lac rose entouré de volcans que les flamants  survolent nonchalamment. Le silence qui y règne est pénétrant, l’air est  pur… Un paysage presqu’ irréel.

 

 les reflets des monts enneigés

 

Laguna Verde licancapu  5980 m
Nous sommes à la frontière du Chili et de l’Argentine… ça mérite une petite danse, non?

Plus loin,Pampajara, qu’on surnomme aussi le Désert de Dali  (on comprend assez bien l’allusion) avec ses rochers aux silhouettes surréalistes!

La  Laguna Polques, appelée aussi  Laguna salada nous invite dans ses bains chauds à  37°, avec des Polonais,nous nous prélassons  dans un petit bassin  naturel et avons bien du mal à en sortir!

Les  Geysers  Sol de la Mañaña, attention très très chaud: 200 °c, et très très haut: ça y est, nous avons atteint les 5000 mètres!  il fait très froid!!!

Ici, on utilise la géothermie pour mettre en place des turbines électriques  afin d’alimenter le sud-Lipez en électricité.

 L’arbre de pierre
 

le plus téméraire de tous atteint souvent les sommets  avant les autres!

 devinez: de qui s’agit il?

La vallee de las Rocas

 des piafs sous les ailes du vautour de pierre

Au retour à Uyuni, nous ressortons nos cartes  et demandons l’avis des locaux sur l’état des routes. À notre grand regret, nous devons renoncer a la route des Missions jésuites, au Nord-Est de  la Bolivie. Nous irons visiter celles de l’Argentine…

En route donc vers Potosi

    Nos nouveaux compagnons de route pour quelques jours, Julien et Louise, un couple franco-belge rencontrés à Potosi,   jeunes amoureux-voyageurs au long cours

Potosi

Ville coloniale grouillante, animées, polluée (le manque d’oxygène liée à l’altitude n’améliore pas la combustion de CO2). Une ville historique  dont voici la devise:
  » Je suis la riche Potosi, le trésor du monde, la reine des montages et la convoitise des rois »,rien que ça!
Avec la découverte des mines d’argent du Cerro Rico,Charles Quint éleva la ville au rang de ville impériale!
On dit qu’au milieu du XVIIème siècle, Potosi était aussi importante que Londres ou Paris…
Mais à quel prix? 6 millions d’Indiens, Aymaras, Quechuas, des Africains venus par le biais du commerce triangulaire furent  soumis à la Mita (travail forcé …et gratuit!) pour l’exploitation des mines d’argent. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de mineurs mourraient d’épuisement ou empoisonnés par les vapeurs toxiques du mercure.
 Le flux d’argent de Potosi vers l’Europe favorisa le développement du capitalisme, dont les vrais bénéficiaires furent les pays du Nord de l’Europe, la France notamment.

 Musée de la monnaie: c’est ici qu’on frappait les pièces d’argent pour le vieux continent.

Les mines


 Autrefois exploitées à ciel ouvert par les Espagnols, la montagne est aujourd’hui un véritable gruyère. Quant aux conditions de vie, c’est Germinal!


 Organisés aujourd’hui en coopératives, les mineurs  disposent de moyens minimes: l’ascenseur, trop cher, est remplacé par un système de poulie manuelle qui descend au creux de la Terre en 17 étages, remontant pierres et hommes dans des larges sacs en cuir.

Dans la boue et la poussière, à travers des tunnels sombres et des passages étroits, nous posons nos pas pour quelques heures dans ceux des mineurs, âgés de 13 ans  à 65 ans.  Les conditions de vie sont plutôt sombres: silicose, accidents; moyenne de vie: 45 ans.


les mineurs doivent acheter leurs propres explosifs, gèrent eux-mêmes leur temps de travail, parfois sans limites: payés au rendement,  selon la quantité de pierres et selon la chance, ils ne comptent pas leurs heures.. La feuille de coca chiquée en permanence (tous les mineurs mâchent une  boule proéminente, mélange de coca et de pâte de bicarbonate de soude entre leurs dents noircies) coupe la faim et  permet de lutter contre le sommeil. On nous dit qu’elle sert aussi de filtre respiratoire contre les dangereuses émanations?

Le travail consiste à suivre une veine alliant le plomb, l’or, la pirryte ( l’or des fous), le zinc, le cuivre, l’argent, il y a aussi de l’amiante et de l’arsenic…


 El Tio, le dieu diabolisé par les Espagnols qui s’en servaient pour manipuler les mineurs en les terrorisant, est aujourd’hui vénéré par les mineurs.

 Ils lui vouent un culte en lui présentant des offrandes  de coca et d’alcool à 95 °qu’ils partagent avec lui les jours de fête du Saint Esprit et des Compadres. Un  mineur, Fernando, prend le temps de nous expliquer son travail, les garçons sont captivés par les pierres et  nous sommes tous émus par les conditions de vie des mineurs, parfois à peine plus âgés que nos aînés.

et nous montre les pierres précieuses et semi-précieuses

 

 après avoir remonté la poulie avec Foucault, Côme se met au travail; c’ est lourd et plutot pénible!

En plus des dégâts écologiques, cette organisation auto-gérée nous choque; comme dit Foucault:

« c’est de l’auto-exploitation!!! » 

 Ont-ils vraiment le choix? Depuis Morales, les mineurs ont néanmoins une meilleure protection sociale et une assurance vie (minimalistes)…Difficile de ne pas tomber dans le misérabilisme…La visite fut très marquante pour chacun d’entre nous. Comment ne pas etre bouleversés par la rudesse de ses vies au coeur de la Terre?

 Sur la route vers l’ Argentine.
 Comme souvent à l’approche d’une frontière, nous  traversons un sas durant lequel nous ne savons plus bien où nous sommes, entre  deux Histoires, deux cultures, deux peuples qui ont vécu des conflits parfois récents, des pertes de territoires, des pertes humaines… Et souvent aussi, nous avons senti les méfiances d’un peuple envers l’autre, des rancœurs, voire du racisme. Notamment de la part des Chiliens envers les Boliviens. Comment en effet la politique de Morales et celle, ultra-libérale du Chili, peuvent-elles coïncider? les blessures successives depuis la guerre du Pacifique ne laissent pas présager des échanges plus paisibles…et si les forces sont terriblement inégales, les alliances s’organisent: Cuba,  le Venezuela, le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, l’Argentine unissent leurs forces.

Vers quel avenir?

 ce sont eux qui nous le diront:

 sur les grandes routes, ou les chemins de terre, partout nous croisons  des enfants, parfois vendeurs de pacotille, souvent aussi  petits écoliers dans leurs uniformes impeccables. Ceux-là  parmi tant d’autres font du stop pour rejoindre l’école la plus proche, et sont un peu intimidés, puis tout heureux de monter dans la piafmobile!

.

En attendant, nous retrouvons les joies du camping sauvage!
 

En quelques heures, nous redescendons à 2800 mètres, les lamas cèdent la place aux vaches et aux ânes.
Plantée au milieu d’un cirque de montagnes rouges, Tupiza nous révelle, tout près de la frontière argentine, une  Bolivie plus riche et à la température plus clémente.

 

 

Nous avons beaucoup aimé l’atmosphère de cette petite ville paisible, son marché bien garni, sa place ombragée avec ses tables de billard  à l’extérieur.


Le paysage de  la Quebrada, gorges aux formations rocheuses fantastiques, invite les garçons à une ballade à cheval à travers ces canyons au relief lunaire.

 Ambiance Far West!

 

Feu de camp, barbecue, école sur nos tables de camping ou assis dans l’herbe avant la recréation sauvage à la recherche de petit bois…  On est seuls au monde  pour quelques jours et on adore ça!  Autour du feu, on lève les yeux vers un ciel constellé d’ étoiles pour trouver la croix du Sud.

Trouvée!

Notre dernière nuit bolivienne sous la voûte céleste nous fera savourer à quel point, vraiment,
C’EST BO, LI VIE!!! 

 Nos billets de retour sont pris, nous atterrirons à Nantes le 19 Mai, et comme dit justement Basile en évoquant le dernier jour sur le continent américain:

  » on sera à la fois très tristes et très heureux »…

En attendant, nous sommes impatients de découvrir l’Argentine, les gauchos, les chutes d’Iguazu, la pampa,

mes carnivores de garçons  préparent  déjà le barbecue pour les légendaires grillades,

nous avons hâte de retrouver  Florencia, Gonzalo…  

 Et puis comme d’habitude, nous nous attendons au meilleur: l’inattendu!


le Sud du Pérou

février 29, 2012

   AVIS

 LA PIAFMOBILE EST À VENDRE: FAITES PASSER!

Le Sud du Pérou

 Oui, cet article est long, très long…Mais comment résumer  un mois si intense?

Lisez-nous en pause café, entre le fromage et le dessert … Ou d’une traite  pour les boulimiques? Surtout, en diagonale ou ligne par ligne,  allez jusqu’au bout du Pérou : amis, parents, c’est pour vous !

 (un grand MERCI à tous  ceux qui qui  réduisent les distances par leurs  mots et nouvelles !)

dessin de Basile: une vache française en voyage sur le bord du lac Titicac

(au premier plan, un champs de quinoa)

  NB pour les  jeunes curieux :

  vous trouverez  dans l’article une légende, 2 devinettes  de Piafs  et un  texte à trous  :  à vous de jouer

 

Entre Campoy et Manchay, banlieues de Lima

 Deux villes  perdues dans l’aridité du désert liménien

Sécheresse, poussière…Avec le temps, nos yeux, nos coeurs  s’acclimateront à ces décors  hostiles. La pauvreté qui  sautait aux yeux au début a laissé place au paisible quotidien fait de rencontres ordinaires. Simplement extraordinaires.

Un film  péruvien (pour ado et adultes!), tourné à Manchay   vous plongera dans les rues de ces deux villes où nous avons vécu  deux semaines. On y découvre l’héritage de la peur liée au terrorisme du Sentier Lumineux, la liberté à gagner, et dans la vie courante: les décors,  les relations  entre les hommes et les femmes, les marchés et les fêtes un peu Kitch… Un visage du Pérou comme on l’a effleuré, du bout des doigts, près de Lima.

Pour les toqués de la bobine indépendante :

  Pour commencer., Bienvenue à Campoy!

le Père Humberto fut l’un des premiers à répondre à nos courriers et  dans cette « banlieue » pauvre de Lima, il nous a immédiatement accueillis. Grâce à ses contacts, nous résolvons nos petits problèmes mécaniques. Dès les premiers jours, nous apprécions cet homme pragmatique, attentif  aux besoins des gens. S’il est lucide,  il  est  aussi animé d’un élan  profondément  attaché au  Christ.  Nous apprécions son esprit critique, sa rigueur et sa profonde bienveillance.  Grand merci Hubert!

À Campoy, nous goûtons  pour 10 jours au plaisir de la sédentarité: la boulangère nous reconnaît,  Basile peut  inviter le voisin à jouer  » à la maison » et les enfants  se donnent rendez-vous  pour des parties de foot  mémorables sur la place.

Tous les jours, une nouvelle rencontre s’ajoute à la précédente. Le camping -car est souvent visité!

 Nos voisins  nous invitent pour un petit déjeuner, ou un dîner…

Ici,  nous nous sentons particulièrement bien,  il n’y a rien de beau (c’ est même  assez laid), mais nous n’arriverons pas à partir!

Hubert est un bâtisseur: en 10 ans, il a mis en place des projets solides  et autonomes. La  paroisse de Campoy est un lieu de vie intense,  nous en sommes témoins: sans arrêt, des groupes, des familles, des enfants, des ados vont et viennent, l’église est un peu leur maison.

 Créée par le Père Humberto et d’autres, la Polyclinique est désormais  totalement autonome et accueille les malades  de tous acabits. Nous ferons une chaîne de seaux d’eau à travers la cour de la paroisse: l’eau manque à certaines heures pour les soins quotidiens…Cela parait sans doute misérable depuis la France, et pourtant  l’endroit est propre,  la pharmacie bien achalandée, le personnel très professionnel. Plus loin, un centre d’accueil et de psychomotricité pour les jeunes enfants,  des bénévoles  pour l’accueil et l’éducation des  mères adolescentes, nombreuses ici, et la régularisation de leurs papiers.

Le vivero (pépinière) est   un autre projet lancé par  le Père Humberto,  pour lequel nous serons pendant quelques jours les volontaires fortement stimulés par Véronica.

El vivero de Véro

 Véro la  très-vivante!

 Malgré trois jours par semaine passés à l hôpital,  cette jeune femme déborde de vie et son humour est décapant!  Elle nous dit qu elle puise toute son énergie dans la messe du dimanche. Sa force intérieure  nous énergise.

 Le Vivero, en plus d’être une pépinière, est  un lieu d’expérimentation  pour les plantes ornementales consommant peu d’eau. En effet, Campoy  se reverdit grâce au vivero qui plante  les « molles » le long des rues, remplaçant les ficus importés du Chili  chers et grands consommateurs d’eau. Les molles, »faux poivriers » endémiques, économiques,  ont besoin de très  peu d’eau  pour pousser et donnent de l’ombre aux passants, créent de l humus…

Nous retirons avec soin les petites feuilles mortes de ces bébés-poivriers,  remplissons des sacs de terre,  cela nous fait du bien de mettre la main à la patte et  les doigts dans l humus!!!

 des rencontres,encore des rencontres… Les petites soeurs de l’Assomption,  engagées sur le terrain,  nous attendent chez elles et racontent leur vocation: offrir une présence dans les quartiers les plus pauvres pour se rendre disponibles aux personnes selon les besoins. Quelles personnalités rayonnantes de bonté !

 

Une autre rencontre marquante,   celle de Jean Baptiste, jeune séminariste, volontaire dela DCC

 pour une petite entrevue, les enfants  ont preparé  leurs questions :

A quoi rêves-tu pour l’avenir du Pérou?

 moins de corruption: elle s infiltre partout ici et à tous les niveaux, c est terrible. Et une meilleure estime de soi pour les jeunes(…)

 -As-tu connu des périodes difficiles?

 mon estomac surtout! et quand on est loin on passe par des hauts et des bas, bien sûr

 -Est ce que tu as appris quelque chose de vraiment important?

 J’ en apprends tous les jours, j ai appris qu il n y a pas  qu une manière de penser,  appris àvoir les choses sous un autre angle, comme avec un autre projecteur sur la réalité.  Une autre manière de penser Dieu aussi.

 J’ai aussi appris que  « pauvre » ne signifie pas forcément « innocent »! Je partirai moins candide.

Est ce qu’il y a des rencontres qui t’ont marqué?

Oui, plusieurs. Je pense à Veronica qui a une grave maladie de reins et change 3 fois par semaine son sang. elle ne se lamente pas et mord dans la vie. C est une femme très forte et d’une énergie incroyable  (nous conjfirmons !)

Quelle est ta mission , en fait, comment se passe une journée ordinaire pour toi ?

 J accompagne des groupes de jeunes, un groupe de  » pandilleros » (délinquants) qui consomment drogue et alcool et se battent. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, c estla Mafiaqui fait régner l’ordre pour éviter  la présence de la police.  Ils sèment la terreur dans la ville et il y a parfois des amalgames de la part de la population avec le terrorisme. Ma présence en tant qu’étranger  me permet d être assez respecté, je parle peu mais je suis là pour leur dire  » au nom de Jésus, on ne vous laisse pas tomber, si vous avez besoin de nous, on est là ». Alors parfois on organise des  choses avec eux, des  fêtes,  des matchs… Quand je suis là, ils ne fument pas, ils  se battent moins en ma présence. C est tout simple.

 Je m’occupe aussi des groupes de confirmation. L intitulé de ma mission, c’est:  » ouverture à une autre dimension », c’est large ! Finalement  ca veut peut être dire parler d’une autre manière, c’est le plus souvent dans  la rencontre informelle que  les choses se passent ( en jouant au ping pong par exemple!)

 GRAND MERCI JB !

  les  barrios de Vizcuchera

 A Vizcuchera, près de Campoy, comme à Manchay on retrouvera les mêmes paysages de collines envahies par de drôles de colonies…  On les appelles les invadores ( les envahisseurs) : les habitants  de ces cerros (collines effroyablement sèches) arrivèrent dans l’urgence  et la confusion depuis la Sierra pour fuir le Sentier Lumineux ou  plus récemment depuis Lima pour fuir l’insalubrité, la densité et chercher un bout de terrain de sable…visite avec Hubert

Les futurs habitants arrivent en groupe, investissent un terrain, et en quelques heures s’installent.   Ils posent d’abord leurs premières  briques pour tracer  les limites du terrain puis plantent une baraque  de bois le temps d’accumuler l’argent nécessaire pour acheter les suivantes. A Manchay : le scénario se répète : il n y a pas d’eau, il faut attendre le camion -citerne qui vient un peu quand il veut, pour remplir les réservoirs devant les maisons .L’eau est une denrée rare et chère. Les enfants réalisent les écarts : «  Et dire que nous, on utilise de l’eau potable pour notre toilette et nos chasses d’eau! » Hubert  et la paroisse travaillent auprès des habitants pour leurs accès à la propriété, à la santé, à l’obtention de papiers dans des jeux politiques parfois sensibles. cette petite église de désert  est  un lieu pour l’engagement social.

  nous rencontrons des volontaires ATD QUART MONDE qui créent un bibliothèque de rue dans ce quartier, un projet que nous aimerions suivre…

La Cité des Rois

Avant de rejoindre Manchay,  nous visitons Lima

Ici s’entasse presque le tiers de la population du Pérou soit 9 millions de personnes.  Encore une mégalopole latine avec ses larges avenues et ses concerts de klaxons… Derrière sa crasse et son côté décadent, le centre nous a beaucoup plu; nous avons aimé les bâtiments néo-coloniaux de la  Plaza Major

Le Monasterio San Francisco et son beau cloître recouvert d’azulejos, la superbe bibliothèque (photo interdite, comme d’hab)…

Les balcons à encorbellements avec leurs parois ajourées

Et puis la relève de la garde  devant le Palais présidentiel !

Le Musée Larco se situe dans une belle demeure coloniale entourée d’un  jardin fleuri.. Les pièces en or, la céramique nous enseignent encore au sujet des cultures pré-incas.

 

QUIZZ numéro 1:

Quel est cet objet (ci-dessous)? A quoi sert -il?

Les fans des Cités d’Or devraient connaitre… 

Côme attend vos réponses: comesb@hotmail.fr

 

Horreur ! Dans le taxi qui nous dépose dans le centre, nous laissons l’enveloppe avec tous les devoirs à envoyer au Cned ! il faudra tout recommencer (heureusement pour Théophile et Basile, le Cours Sainte Anne sera beaucoup plus compréhensif ).

Avec  Esther, une volontaire de Campoy,  nous terminons la visite de Lima  par une sortie aux Aguas magicas en guise de consolation!!!

  Manchay, au Sud-Est de Lima

   A quelques kilometres de Campoy, nous ferons la connaissance d’une famille de volontaires: Claire, Serge, Louis et Julien. La famille Bonnet , volontaire Fidesco depuis 4 mois,  s est engagée pour une mission de  2 ans dans les écoles de Manchay. Allez voir leur blog : www.lesbonnetsperuviens.blogspot.com et  le blog de la Fidesco, pour ceux que l’idée titillerait;-) :    www.fidesco.fr

 

Nous tissons des liens au fil des jours, et comme dit Louis  » avant on se connaissait pas, on s’est rencontré, et maintenant on est des amis! » Une belle famille pleine d énergie et de créativité, drôle aussi ; leurs désirs de se donner et de découvrir  nous ont touchés. Nous savons que nous nous reverrons!

Claire

 Serge et Louis

Julien

Nous rencontrons l’équipe de la Fidesco de Lima et  ses environs,  et fêtons la galette des Rois avec eux après une baignade dans le rio

 

 Mathilde et Mariliane travaillent  aussi dans une école à quelques kms, la famille Chacone, Guillermo,  Marie  et leurs 4 enfants,  eux, arrivent en fin de mission: bonne route à eux!

Nos enfants  se régalent des bons petits mots de Julien, totalement lunaire, et de l’énergie dévorante de Louis.  Ces deux larrons, en attendant le retour en France,  sont pour nos grands des petits cousins de substitution à croquer !

Claire  est professeur d’arts dans 2 écoles dont 1 pour enfants handicapés (mais ce sont encore les vacances d’été ici), Serge  a 2 missions : il est professeur d’anglais et chargé du projet de Manchay Verde.

 MANCHAY  VERDE

 Nous donnons un coup de main pour  le projet-pilote .

 Explication de Côme  et schéma de Théophile à l appui:

Manchay est une banlieue de Lima dans le désert qui a de sérieux
problèmes d’eau. Des volontaires FIDESCO ont le projet de reverdir cette
zone en plantant des faux poivriers (des  » molles « en Espagnol) sur le flanc
de la montagne.  A terme, cela recréera de l humus, captera l humidité …

Ces arbres ne consomment que cinq litres d’eau par jour. Pour
économiser l’eau qui est très chère dans ce milieu aride, Manchay
Verde de la FIDESCO récupère les eaux usées de différentes écoles et les
filtre grâce à un filtre naturel composé de plusieurs couches de sable, de
graviers de différentes tailles et de roseaux (comme le montre le schéma
de Théophile).

L’eau est acheminée par une pompe située au niveau du puits.
Ensuite, elle passe à travers les graviers qui retiennent les grosses
particules et le sable termine le travail. Enfin les roseaux apportent de
l’oxygène à l’eau qui peut alors irriguer les plantes (sur le schéma, on
ne représente que le « pilote» mais le projet est similaire). L’eau sort du
tuyau à l’aide de buses d’irrigation qui permettent premièrement d’irriguer
seulement le pied de l’arbre et pas à côté et deuxièmement d’irriguer de
manière égale tous les arbres.

le projet pilote:

Ca marche!

 

Manchay Verde organise aussi des campagnes de sensibilisation à
l’environnement dans des écoles par le biais de concours de recyclage et
de mise en place de projets similaires dans certains établissements.

Ce projet m’a beaucoup intéressé au point de vue technique et
environnemental pour des pays en voie de développement comme pour
chez nous.

Nous mettons à neuf les bacs de recyclage que Manchay Verde met à disposition dans les écoles pour leur projet de sensibilisation à l environnement.

  recyclage: rien ne se perd, tout se transforme!

Notre dernière soirée sera  musicale, avec  deux professeurs de  musique, l’un est professeur de saxophone, l’autre de chant et de piano.  De Lima, ils choisisssent de venir enseigner dans ce quartier . Quelle belle soirée !

 

 les Bonnet chantent!

Au moment de se quitter, on se demande pourquoi on part… A bientôt, on vous attend en France, les Bonnets Péruviens !

Basile entre en CE1! Bravo Basile!

 Ses ainés s’amusent à le déguiser en premier de classe

 Sur la route , nous faisons halte pour renconter les sœurs de Point cœur à  Pachacamac

Eléonore, Marie, Myriame, Marie-Emmanuelle, Gabrielle

En quelques heures, elles nous communiquent une belle joie de vivre. france.pointscoeur.org/Servantes-de-la-Presence-de-Dieu.html 

On the road again…

Nous longeons la côte jusqu’à Nasca. En attendant, nous découvrons à Pisco l’apéro du Pérou : le Pisco, tout simplement!

 Dégustation dans l’une  des bodegas de Pisco de ce vin doux péruvien, le cocktail national 

Recette  pour un punch latino :

 10cl de Pisco,   ajoutez le jus d’un citron vert, 1cl de sucre, 1 blanc d œuf, quelques gouttes d aromatic bitter… Salud !

 Ica

 Une ambiance de station balnéaire péruvienne. Nos enfants travaillent sur des tables en terrasse devant des ribambelles de gamins amusés, qui déposent dansla Piafmobile des petits souvenirs… Les Péruviens offrent beaucoup de petits cadeaux; nous nous sentons gênés de  n’avoir finalement pas grand chose  à offrir en retour… Parfois un dessin, une petite pièce de monnaie d’un autre pays, notre temps pour jouer…

mais grillé.

Tandis que des files de touristes font la queue pour les iles Ballestas,  nous prenons le chemin qui mène à la réserve  de Paracas, entre  des dunes  de sable et les vagues du Pacifique.

 

 en pente…

 

Il n y a personne, hormis un garde et un petit chat perdu dans le désert: » mais qu’est ce que tu fais là, toi? »

 

Magnifique ! Le vent  a façonné les dunes et  donné aux falaises des silhouettes étranges. Les dégradés  de rose, de jaune et d’ocre tranchent  avec la mer turquoise. 

Plus loin, les  pélicans barbotent  et se disputent les poissons autour des barques de pêcheurs.

Réminiscence de notre  premier contact avec le Pacifique, il y a 6 mois, à la frontière de l’Alaska: les mêmes  oiseaux  marins aux becs rouges courent sur les plage du Pérou e sur celles d’Haida Gwai!

Dans l’oasis de Huacanchina

 Pour quelques heures, les Piafs se sont pris pour  Stéphane Peterhanse  et Michel Bourez à la fois,   et  dévalent des dunes de sable en sandboard :  bienvenue au Sahara du Pérou!

 Plus loin, nous observons Les lignes de Nasca depuis  un mirador flanqué sur la route. Bof. on en apprend plus sur Wikipedia!

La Sierra

 Des cactus au niveau de la mer  à la Sierra en quelques heures… Le mal des montagnes nous guette!

 

Entre Nasca et Cusco,   la route   sillonne entre des plateaux, des rivières, et des  lacs, des étendues à perte de vue. Nous traversons la Réserve de Galetas de Pampa où l’on croise  pour la première fois les douces vigognes, petites gazelles des Andes. On découvre que tous les lamas ne se ressemblent pas !

les jolies vigognes

Lamas et Compagnie
 Texte à trous pour les enfants écrit par Foucault

Au Pérou, il existe 5 sortes de « lamas »: le lama, l’alpaga, l’alpaca, la vigogne et le guanaco. Ils ont plusieurs points commun:  ils crachent pour se  . . . . . . . . , ils sont tous le cousin du chameau, leur poil est laineux, ils ont  des dents uniquement sur la mâchoire  . . . . . . . . . . leurs grands yeux noirs  bordés de longs cils leur donne un regard attendrissant.
3 de ces espèces sur 5 sont domestiquées. Le lama, bien qu’étant le plus connu, n’est pas le plus utile: il ne sert qu’à porter des charges dans les . . . . . . . . . . En revanche,en ce qui concerne l’alpaca, plus petit, sacré pour les Incas, on peut consommer sa viande, utiliser sa laine très fine et très douce et il peut porter des charges. Enfin l’alpaga est un croisement entre le lama et l’alpaca, il rend les mêmes services que l’alpaca mais de moins bonne qualité.
La  laine de la vigogne, sorte de petit lama sauvage très gracieux, est la plus douce au monde ! Seul le roi Inca pouvait porter des vêtements de  . . . . . . .  . Cet animal était en voie de . . . . . . . . . . .  il y a 10 ans. Aujourd’hui, il a repris du poil de la bête!
Pour finir le guanaco sauvage,trop . . . . . . par l’homme pour sa fourrure, est en voie de disparition: nous n’en avons jamais croisé! 😦
 Foucault
Envoie-moi  tes réponses à foucaultsb@hotmail.fr

 

Sur les routes de montagne, on atteint 4560 m d’ altitude et la nuit, Luc est saisi d’ un terrible mal de tête, le Soroche a fini par frapper !

 courses sur la route

picnic

Parfois la seule beauté de la route contribue à nous mettre de  bonne humeur!  Il arrive que Basile aime ces journées entières sur la route, comme une journée passée « à la maison »sans rien faire. Et d’autres jours sont ponctués de « Maman, quand est ce qu on arrive ? »… réponse : « dans 4 mois, mon chéri !»

  Nous voyageons   dans l’espace et dans le temps : les cultures  évoquent  pour nous le passé  avec ses villages où chacun vit grâce au commerce du voisin, au troc quotidien et au  lien étroit avec la terre.

Culture de pommes de terre (il y aurait près de 2000 espèces de patates!)

Les girouettes représentent des oiseaux,  une échelle,  une croix, parfois encadrées de deux taureaux en céramique,  ont été offertes par les voisins ou la famille; elles ornent les toits  pour célébrer la  fin de  la construction d’une maison, la croix portant bonheur évidemment.

 Cusco, la capitale inca

 En Quechua, Cusco signifie « nombril », en effet, Cusco est l’ombilic du monde pour les Incas, , c est ici que se retrouve l’élite et de là partent toutes les voies qui mènent aux territoires conquis et aux temples de l’Empire. Nous visitons le couvent san Domingo et le temple du soleil Qoricancha (pas de photo, c’est interdit…), lieu stratégique de l’Empire. Les Espagnols ont pillé, fondu les trésors que recelait ce temple mythique, prestige du l’empire inca.

Mais les pierres parlent encore!

Les pierres de Cusco

 La caractéristique la plus frappante de la ville est son architecture. Ses énormes murs aux pierres parfaitement ajustées sans mortier témoignent du génie technique du peuple inca. Ces blocs de pierres étaient soumis à un long travail de taille et  d’usure très laborieux,  les Incas disposaient de beaucoup de main d’oeuvre (pas d esclavage officiellement…).

 Les murs possèdent la fameuse inclinaison inca et la forme trapézoïdale des fenêtres et des portes   leur confèrent une sécurité antisismiques.  Ironie du sort : lors du tremblement de terre de 1650, seuls les murs  incas résisteront à la catastrophe, les murs espagnols d’architecture coloniale s’effronderont lamentablement.

La place d’Armes

On chante sous la pluie!

 

La cathédrale et l’église de la Compania ( Jésuites)

 Les péruviens se disent  « catholiques andins »et  le  syncrétisme  mêle subtilement la foi chrétienne aux traditions incas: chacun est baptisé et  va à la messe dominicale, mais  adore aussi Pachamama, la Terre Mère. A certaines occasions, le Péruvien moyen présente  ses offrandes (foetus de lamas, feuilles de coca, maïs pour remercierla Tierra Madre).  La vierge est assimilée à la déesse, sa cape de forme  triangulaire rappelant celle de la montagne que les quechuas vénèrent. Tout cela n’est pas incompatible et se pratique aujourd’hui dans un syncrétisme  très naturel. Malgré des pressions terribles au temps de la conquête, la culture andine résiste pacifiquement par son expression artistique avec beaucoup de subtilité: Dans les tableaux baroques,  on verra trôner sur  la table dela Cèneun cuy (cochon d’Inde,  la spécialité locale; il remplacera même parfois le pain); au pied dela Croix, Saint Jean etla Vierge mâchent  des feuilles de coca (rituel de deuil inca) et  la couleur de peau du Christ en croix rappelle singulièrement celle des Quechuas!

Fiesta de los compadres

Depuis la conquête espagnole, les fêtes indiennes coïncident avec le calendrier grégorien mais leur symbolisme est souvent lié à de très anciennes coutumes.

 Aujourd’hui, on  célébre  tous les saints masculins: les habitants décorent des croix  qu’ils dressent devant leurs églises. Un  arbre est décoré d’objets farfelus

 et après la procession, c’est réjouissances et libations jusqu’au soir!

 Au coeur du marché, nous assistons à une cérémonie très recueillie, quelques larmes versées par les femmes puis, portée par la musique, la petite communauté part dans une farandole joyeuse.

Nous n’avons pas tous les codes, mais la ferveur et la joie simples nous ont touchés.

La résistance pacifique à l invasion brutale des Espagnols se reflète à bien d’autres niveaux (agricole, gastronomiques, …) et l’on comprend que les indiens ont  intégré dans cette partie du monde la culture coloniale imposée tout en gardant profondément enracinées  leurs propres identités.

 L’artisanat cusqueno

 Fascinant de raffinement et de finesse. Quel savoir-faire !

 fileuse

tricoteuse

 les hommes aussi!

Côté musique…

 S’il faut bien reconnaitre que maintenir la pratique musicale  était un peu ambitieux (vraiment on n’y arrive pas!) les garçons s’exercent à   de nouveaux instruments plus « couleur locale »:  le charango pour Foucault, le cajon  et la kena  pour Théophile, l’antara pour Côme, l’ocarina pour Basile; les Piafs s’exercent à de nouvelles mélodies et s’éclatent ensemble sur les longs trajets! Petits concerts garantis au retour !

Rencontre d’un  super musicien qui initie Théophile, un   très beau moment

 Côme construit une flute… pour un petit cousin?

flâneries dans les rues

 

 La Vallée des Incas

 Dans des paysages sublimes, nous empruntons des pistes encadrées par les sommets enneigés ou  sur les hauts plateaux qui annoncent l’altiplano tout proche. Nous traversons les villages   entre Cusco et le Machu Picchu, aller-retour…

 

Ollataytambo

 

Le seul village qui ait gardé le plan d origine inca avec ses puits, ses rigoles dans lesquelles l’eau dévale  depuis la montagne et dessert  les maisons avant de continuer sa course pour irriguer les champs alentours.  C’est ingénieux et joli.

 Le site  archéologique est magnifique, notre favori! A quelques kms du Macchu Picchu, le village servait de relais aux Incas de passage pour les grandes fêtes religieuses. Nous circulons au milieu  des  vestiges des habitations, des temples, des thermes, nous découvrons comment les incas transportaient les pierres de plusieurs tonnes: tous les habitants participaient à la construction du  temple en échange de biens  en nature ( nourriture, vêtements…) que l’ Inca leur rendait.  Certains trouveront dans l’ organisation  inca des similitudes avec le socialisme, mais le rapprochement semble plus proche de la  récupération idéologique que d’une analyse poussée.

 

Las Salinas

Des salines comme à la maison! Mais à flanc de montagne, et à  des centaines de kms de la mer !

 Plusieurs  milliers bassins d’évaporation d eau salée venue d une source souterraine,que les familles de Maras se partagent depuis des siècles et  déjà exploitées par les civilisation pré-incas. Très beau !

c’est très très salé… et chaud!

 

Moray

 cultures en terrasse

 

 

Chinchero

 Le village des coopératives de femmes 

 Si nous avons vu parfois  la misère déguisée derrière les belles étoffes et les couleurs vives (les pieds surtout sont souvent bien abîmés,  certains ne portent pas de chaussures et l’hygiène  n’est pas souvent au rendez vous) ici, en revanche,  les femmes sont  joliment coiffées, leurs pieds sont chaussées, le soin qu’elles peuvent accorder à leur tenue revelle aussi leur implication dans le travail et le niveau de vie qui en découle.

Les femmes s’organisent en coopératives. solidaires, elles présentent leur artisanat aux touristes admiratifs que nous sommes, elles  savent vendre leurs produits. Elles nous expliquent fièrement  leur méthode de tissage, les teintes à base de plantes, de fleurs…

 Chapeau!

 Pisac

 un site gigantesque  et un marché coloré.

 

Macchu Picchu

 

Depuis  Ollantaytambo, nous partons le soir pour attraper le train vers Aguas Calientes puis  tot le matin pour attraper  le bus vers le Machu  Picchu. Vous suivez?  nous non plus: cette expédition fut un vrai casse tête et on aura cassé la tirelire pour la Grande Cité Perdue… (les étrangers paient un prix exorbitant, nous avons  râlé, en bons Français, et obtenu une légère réduction…) 

Cela valait largement la peine.La Cité de la Paix se  se laisse découvrir comme on ouvre un paquet cadeau.

Le matin dans les nuages,  nous marchons encore peu  isolés des autres touristes  et partons pour une belle randonnée jusqu’au sommet de Huanay Picchu.  

  La montée est raide et la récompense  à la hauteur!

Au milieu du brouillard, nous apercevons les montagnes qui surplombent le Rio Urubamba. le Macchu Picchu semble  jouer à cache-cache derrière son rideau de nuages. On guette, on évoquerait presque le Dieu  Soleil, et on s’extasie à chaque percée!

des pauses  trapèzoidales

Dans la descente, les rideaux s’ouvrent sur un paysage andin grandiose,  la cité du Macchu Picchu émerge des montagnes; est-ce la magie du lieu et son lot d’Histoire, les images qu’on en a vu, son mystère, ou encore les forces conjointes des montagnes et de la cité qui nous ont ainsi saisis, émus? Ce lieu rassemblait l’élite spirituelle et intellectuelle Inca.  La culture inca la plus avancée est gravée dans les pierres,  uniques témoins  d’un savoir faire architectural  et astronomiques exceptionnels, d’un système d’irrigation ingénieux,  d’une organisation politique,d’une civilisation sur un territoire  très étendu.

 Le Temple du Soleil,  l’Observatoire, le temple de la lune,les lieux de sacrifices: nous vous passons les détails  passionnants de la visite, ce serait long, Geo vous en parlerait mieux que nous!

En quelques générations, les Incas ont étendu leur empire depuis le sud dela Colombiejusqu’à Santiago du Chili (à vos atlas,  vous verrez, c’est hallucinant !). En revanche, l’indigénisme a parfois idéalisé la culture inca, impérialiste et pas si pacifique, qui a surtout tiré profit des cultures  pré-incas  qu’elle colonisait.

QUIZZ numéro 2

les Incas ont  succombé aux Espagnols parce qu’ il leur manquait :

1-    la roue

2-  l’arme à feu

3-  l’écriture ???

 Côme attend vos réponses à  comesb@hotmail.fr

 

Andahuaylillas

 Une église jésuite magnifique , du pur baroque andindans un petit village d’adobe perdu dans la montagne.

 on trouvera des representations de sirenes jouant du Charango, les miroirs et les vierges  triangulaires si spécifiques,, des motifs geometriques et symboliques andins et une porte encadrée de texte en latin, quechua, Aymara et espagnol.

les orgues

le plafond

les  Péruviens défilent dans les rues pour que le maire… reste en place! Sur la place il semble qu il y ait des divisions, ceratains disent que les manifestants sont payés par la municipalité…

Près du collège Saint Ignace, nous visitons le projet Q’ewar et faisons la  rencontre de son fondateur: Julio est sculpteur. Professeur à Lima, il décide  avec sa femme en 2002 de créer une Ecole Waldorf à Andahuaylillas pour venir en aide aux familles  les plus démunies.

Le lieu est beau et paisible , les matériaux choisis.

 

 Il y a des ateliers de musique, de poterie, un jardin potager pour les enfants. Les femmes, elles, confectionnnent  des petites poupées qui seront vendues à un prix équitable dans d’autres pays. http://www.qewar.com

 sur la route, quelques problèmes mécaniques… qui appelle Luc « Mac Guyver »?

 IL EST FORT MON MARI!!!

Puno

 Quelle chance : nous arrivons de justesse à la fin du carnaval de La virgen dela Candelaria.

 

Les danseurs arrivent en groupe et paradent dans la ville jusqu’à la place d’Armes pour danser jusqu’au bout de la nuit!

 

On nous asperge de mousse bleue, les grands l ont évitée avec soin, nos petits l’ont cherchée avec le même soin…

 C est la fête!

Les iles du lac Titicaca

La légende du fameux lac Titicaca, racontée par les Aymaras et reportée par Théophile:

Dans les plaines du Pérou vivaient  des tribus indigènes Aymaras.  Bravant un interdit, elles se réfugièrent dans les montagnes pour se cacher de la colère des Dieux. Pour les punir,les dieux envoyèrent des pumas qui les tuèrent. Le dieu du Soleil  qui les aimait pleura 40 jours sans cesser.  Au bout du quarantième jour, le  flot de ses larmes inonda la plaine. Les pumas moururent et se transformèrent  tous en pierres. D’ ailleurs, le mythe  et la réalité se rejoignent car « Titikaka » signifie « rocher du puma » en aymara.

 Théophile (appelé  aussi WIKI).

Nous quittons la piafmobile pour une nuit  chez l’habitant et 2 jours sur les îles.

Les Uros ,  iles flottantes

  Drôle de sensation en posant nos pieds sur un sol qui s enfonce.

 Ici, on parle Aymara.  A l’origine, les peuples  Uros ont fui l envahisseur inca et trouvé ce mode d habitat flottant pour échapper à sa domination. Sur chaque ile vivent plusieurs familles, son président change chaque année.

 Le toturo ( roseau) nourrit hommes et bêtes,  sert de combustible, d’engrais, de plancher et de toit,  il est  aussi la matière première de  l’artisanat.

mobile en roseau: pour qui celui là?

Pratique : On peut déplacer l’ile en cas de litige de voisinage, et même la couper  en deux si les couples  ne s entendent plus !

Sur cette terre artificielle, les Uros vivent  chichement de la chasse, peuvent cultiver… la pomme de terre, évidemment ! Assez maigre récolte quand même, et largement insuffisant pour faire vivre les familles. Le tourisme est une manne tombée du ciel, avec ses bons et moins bons côtés. Ceci dit, la culture est authentiquement préservée et il ne faut pas bouder ces rencontres uniques.  Nous ne sentons pas d’excès dans la  présentation  du folklore et des traditions (hormis le  tour en drakkar un peu anachronique!), même si la visite  est très organisée.

 l’ île Amantani

10 communautés se relaient pour accueillir les touristes chez elles.

Celle de Valéria et Elias nous accueille  dans leurs maisons en adobe pour une nuit. Ils ont quelques moutons et un petit terrain.

Nous participons à la préparation du repas, frugal et sain : soupe de quinoa,  fromage frit avec du riz, tisane de coca ( maté).

Maté

Les hommes travaillent pour la plupart dans les champs et cultivent pour leur propre consommation du mais, des pommes de terre, du quinoa, des racines (uca).  Les femmes tissent et tricotent toutes la journée en marchant, cuisinant, et lors des conseils  hebdomadaires qu’elles tiennent avec leur Président sur le stade de foot  pour régler les litiges et organiser la vie courante.

Un ballon est toujours un vecteur de jeux et de rencontres immédiatement efficace!

 Elias nous dit combien ce tourisme équitable a aidé les communautés à sortir de la misère et de l isolement. Ne vivant que du troc et n ayant aucune entrée d argent, le peuple Amantani était voué à la misère et ne pouvait s’auto suffire. 

 

Les traditions sont préservées, et s ils vivent encore  très modestement, les insulaires préservent avec dignité leur culture.

 le soir, on participe à une fête, Valeria nous costume…

 

Les touristes que nous sommes se considèrent honorés d’avoir partager un peu de la vie quotidienne

 L île de Taquile

 un modèle communautaire d’inspiration collectiviste. Plus riches qu’à Amantani, les habitants de l ile s organisent en coopérative. les textiles sont classés au  patrimoine de L Unesco. Ici, les hommes tissent  eux mêmes leurs bonnets dont les couleurs et motifs traduisent le statut social.

 Le carnaval, toujours..depuis  le lac, la procession s arrête dans les maisons jouant flûtes, tambours, quena, sampona avant de continuer sa lente ascension. Superbe !

 

 

 

le lac nous a beaucoup séduits. Ses dimensions, son microclimat, son  altitude  lui donnent   un air unique . Dans un ressac presque maritime, ses petits cailloux rose et blancs jouent une musique douce  de clapotis.

 

C’est sur cette note lacustre que nous quittons le Pérou. Nous n avons fait  qu’ effleurer, savons que nous n’avons des choses qu une vision fragmentaire, emportés par l’étreinte du voyage, nous continuons la route vers  Copacabana, et traverserons le lac Titicaca pour la Bolivie et ses surprises.

 Florent Valérie  Laure et Hugues nous retrouveront à la Paz!

…Aux artistes-danseurs, aux pêcheurs, aux joueurs de kenas et aux joueurs d’échecs, aux tricoteuses, aux fileuses, aux vendeurs de coca,  aux cultivateurs de pommes de terre, à ceux qui n ont  que leurs mains et rien à vendre, aux visages marqués par le soleil et le travail, aux sourires timides, aux  regards curieux, aux enfants vendeurs de pacotille, aux femmes courageuses , avec qui nous avons parfois  échangé quelques  simples mots, 

A tous ces visages,nous voulons rendre un grand hommage…En attendant de retrouver les vôtres !

 

 

 

 


le Nord du Pérou

février 17, 2012

 Bienvenue au monde à Antoine!

Vers l’ Eldorado, à petits pas, en  commençant par le Nord du Pérou

 ( dans le lien Bivouacs,  pour ceux qui nous suivent, la  liste continue)

 Derniers tours de roues en Equateur

à Cuenca, après des heures de vol  et de transit,  2 nouveaux piafs  prennent la route  avec nous: les parents de Caroline s’ ajoutent à  notre petit monde pour 2 semaines :  gazouillements, piafferies, joie  des retrouvailles!  Nous nous gargarisons  de nouvelles nationales, électorales, la crise et le triple A, et  surtout de nouvelles familiales (on en veut toujours plus! Les petits cousins-cousines manquent)!
 les parents se glissent parfaitement dans notre rythme  de nomades,   grand merci  à vous 2 d’avoir si bien joué le jeu d’une vie  itinérante!

 Vilcabamba


 Dernière étape équatorienne
Le  6 janvier, la fête des rois se célèbre dans  la rue,  et dans la   Piafmobile aussi:

Vive la Reine!

et vive les Rois!

en offrande  à  l’enfant Jésus: de la chicha, alcool de  mais,Santé! 

Nous suivrons en musique le début d’une longue  procession depuis l’église: le petit niño Jésus sera déposé dans la chapelle  d’un autre village.

 Vilcabamba, la ville de l éternelle jeunesse?
 

 

Rues  silencieuses,  place paisible. Nous croisons beaucoup de  seniors aux cheveux blancs au pas alerte et  assuré. On dit que l’ on vit plus longtemps ici…Attention, c est sérieux,  plus que de simples rumeurs, c’est  prouvé! Des chercheurs américains, nutritionnistes, gériâtres, scientifiques de tous poils avancent  des théories plus ou moins convaincantes pour expliquer le phénomène. Reste que l’atmosphère  tranquille et reposante préserve certainement du stress&#