juillet 24, 2011

   Haida Gwaii

Entre mer et terre

  Arrivés au petit matin sur l’île à Queen Charlotte City, nous prenons un brunch-nature !

petit déjeuner-brunch
brunch

Marée, sel, algues, crustacées, nous respirons à plein nez cet air marin qui nous rappelle la maison !

respirer l air marin, ENFIN!

respirer l air marin, ENFIN!

Les enfants mettent les pieds dans l’eau (encore fraîche, c’est le Nord !) et partent à la recherche des crabes du Pacifique sous les rochers !

 

Ici, l’amplitude des marées varie énormément, les courants sont puissants, le temps peut changer rapidement, et des vents forts se lèvent et disparaissent tout aussi soudainement.  Des alertes aux tsunamis nous rappellent que nous sommes sur la côte Pacifique !

 

des panopes, énormes mollusuqes du pacifique, rejettent l,eau de mer par leur siphon, nous assistons au spectacle de centaines de jets d,eau à marée basse!

A la frontière de l’Alaska, Haida Gwaii c’est :

un archipel d’ilôts rocheux où il pleut 220 jours par an, 

 des îles  où  règne atmosphère particulière …Est-ce dû à son insularité ?  A sa mixité ?

Mixte en effet : 2 communautés, au moins, s’accommodant l’une de l’autre harmonieusement (du moins c’est ce qui nous est apparu en 3 jours seulement !). Des blancs d’une part, citadins cultivés en exil sur cette île unique, amoureux certainement de la nature, un peu écolo-bobos et sans doute  tout aussi enclins à la rencontre de la population locale, les Haidas.

Et la population indigène, d’autre part,  les  Haidas. Un bon nombre d’entre eux  vit des subventions de l’Etat, et   nous avons observé  dans le village de Masset une pauvreté certaine, là où le désoeuvrement, l’obésité et la misère semblent s’attirer inexorablement  l’un vers l’autre …

Mais aussi, des représentants de cette culture haida raffinée et savante;  Roberta et sa famille nous accueille  chez elle pour découvrir une part de son patrimoine : les costumes, vanneries, objets d’art à base d’argiline et de bois; nous dégustons des plats traditionnels à base de fruits de mer, d’œufs de harengs sur des laminaires (algues), algues séchées…un régal !

 Les Haidas, c’est à l’origine ( il y a plus de 2000 ans) un peuple  de pêcheurs et de cultivateurs, de commerçants  et d’artistes:

 

Les écorces de cèdre rouge, les épicéas et les arbres de la forêt pluviale sont les matériaux principaux  pour l’artisanat :

  ils servent au tissage de chapeaux, de paniers, de tapis et vêtements,  d’objets d’art, et des mâts totémiques bien sûr, très réputés pour leur beauté ici. on en voit encore beaucoup  devant les maisons

les Haidas pratiquent  depuis longtemps le travail du fer, du cuivre, de l’or, mais dès 1770, avec l’arrivée des Européens, les épidémies de variole (90% de la population en meurt), les lois du gouvernement et les missions  chrétiennes ont largement contribué à l’extinction de la culture Haida…De tradition exclusivement orale, elle était  sur le point de disparaître, mais les « Anciens » ont maintenu, parfois dans le secret,  leurs coutumes et leur langue si particulières. Les jeunes aujourd’hui l’apprennent et la pratiquent et  cela demande un exercice régulier car les positionnement de la langue, de la gorge et de l’estomac (à ce qu on nous a dit !) demandent un effort inhabituel ! En effet, à l’écoute, c’est très particulier, mêlant le souffle et des sons venus du fond de la gorge : étonnant !

La faune  et la flore uniques attirent des chercheurs, des scientifiques , des ornitologues de tout poils, ce qui confère au lieu un protection environnementale privilégiée . Avec l’Océan Pacifique regorgeant de vie et la forêt  pluviale luxuriante, on sait que nous sommes en terre sacrée ! Les corbeaux et les aigles à tête blanche survolent  les forêts, les plages et les légendes ; ils sont présents partout …

Pyguargue à tête blanche

corbeaux et huîtriers aux becs rouges

corbeaux et huîtriers aux becs rouges

 Nous partons paisiblement en kayak  le long du littoral, mais, avec la marée  et les forts courants, le retour,  est plus sportif!

 

 

ici, on peut pĉher des saumons énormes, des halibuts, du thon, mais il faudrait partir en mer plusieurs jours et un budget au delà de nos moyens; nous nous contentons de quelques prises  tout de même réjouissantes!

 En randonnée dans la « forêt pluviale »(traduction  incertaine de la « rainforest ») nous sommes fascinés par la densité de cette forêt, ses mousses, ses racines, la hauteur de ses arbres et leur variété ! Cela rappelle à Luc la forêt équatoriale.

 

 

Pour les directions, il n’ y a pas ou peu d indications (trace de la culture orale ?)  et il faut frapper aux portes , demander pour trouver son chemin !

  Si bien que cette fois, notre séjour, malgré sa courte durée,  a été plus propice à la rencontre

Mary, du centre de location de Kayak, nous guide et Jeff  King , éditeur-journaliste et directeur du journal local THE OBSERVER, intéressé par notre périple, nous interroge pour un article  qui paraîtra au prochain numéro. Jeff, passionné d’opéra et de voile, est arrivé ici il y a 25 ans …

 Et d’autres rencontres sans traces photographiques : dans la rue, alors que nous cherchions notre chemin, une dame nous invite chez elle et nous offre  un plat entier de pinces de crabes et du saumon : elle en a trop !

 Une vieille institutrice, élégante et « so British », intriguée par notre camping-car, prend place dansla Piafmobile pour le simple plaisir de discuter, et nous raconte son histoire avec l’île et ses habitants.

Le soir, nous participons à une petite fête communautaire, genre de loto- braderie durant laquelle nous nous régalons  en observateurs  gourmands… de fruits de mer !

Bref, une communauté  isolée, préservée, et humainement riche.

  Nous partons en hésitant un peu : pourquoi ne pas rester un peu plus ?

 

A tort ou à raison, nous quittons l’île, dépendants des horaires des  Ferries  pour Prince Rupert et le Nord de l’île de Vancouver.

en 15 heures de croisière dans le passage intérieur entre les îles sauvages  du Nord du Pacifique,  les plus jeunes commencent l’école en douceur,

Nous entamons maintenant, tranquillement,  notre descente vers le Sud.


Jasper et suite…

juillet 21, 2011

 Le parc de Jasper et suite…

 La promenade des Glaciers

Cette fois, nous avons testé nos équipements de pluie et de  froid et malgré les ondées éparses, la Icefields Highway  nous aura comblé .

Tout au long de la route, les toponymes évoquent une époque révolue, où seuls les autochtones connaissaient ces montagnes:

   les chutes Sunwapta

ou

les chutes Athabasca

chutes Athabasca

chutes Athabasca

  

 des noms de négociant de fourrures,  d’explorateurs: le lac Hector

 

 ou de pourvoyeurs de chevaux:  le lac Peyto, si bleu!

Le plus bleu!

Le plus bleu!

 

lac Peyto

lac Peyto

   la route serpente au milieu de lacs,  et  dans la Piafmobile ou dehors,  tout le monde est aux aguets pour guetter les ours, cerfs, … et petits tamias!

 Nous avons eu la chance de voir un grizzli descendre vers la rivière.  Et puisque nous  sommes chez lui,  nous gardons respectueusement nos distances, nous  l’ admirons de loin,  et reprenons la route… Quelle bête énorme!

  le voyez-vous?

Entre d’ immenses champs de glace,  la région est couronnée par la calotte d ‘une trentaine de glaciers,  qui couvre une superficie de 325 km2.

Le  Mont Columbia (3747 m) est, pour, nous caché  dans la brume… 

Ses eaux de fontes alimentent  3 océans: l’Atlantique,le Pacifique et l’Arctique…

 Les beaux jours, nous profitons   de ce panorama exceptionnel pour des randonnées à la journée, ou pour de petites virées en  canot, kayak…

 

(canot sur le lac Pyramid)

 

 

Et le soir, la piafmobile s’arrête où elle veut, en pleine ville  ou devant un lac,  parfois pour la surprise d’un petit déjeuner  panoramique! 

 petit déj devant le lac Moraine

 

 pêcheurs  sur le Lac Moraine (bredouilles!)

 dans le Parc National de Jasper, les cours d’eau  succèdent  aux rapides tumultueux,  aux chutes d’eau, canyon, rivières… C’est le royaume de la pêche à la mouche!

 A Jasper, nous assistons à des cérémonies  amérindiennes, et à la levée d’un mât totémique. L’ atmosphère est au recueillement, les photos sont interdites aux moments les plus priants…

levée du mât totemique

levée du mât totemique

Les danses évoquent la symbiose entre l’homme et la nature:

 danse du papillon

 danse des oiseaux

 La danse, la musique et la prière sont indissociables et nous sentons,  malgré la foule de touristes dont nous sommes, une authentique  dévotion pour le Créateur, ou pour la Mère Terre.  Si ces cultures ont été décimées avec l’arrivée des Européens, leurs survivants tentent de faire renaitre leurs  traditions avec beaucoup de dignité.

 les chefs des différentes Nations prennent la parole, l’émotion est tangible.

Le peuple Haida, de Colombie Britannique défend particulièrement son patrimoine culturel, artistique; cela  confirme notre désir de remonter  vers le Nord, à la frontière de l’Alaska, pour en savoir plus.

Après une dernière randonnée  près du lac Maligne, petite sieste:  

 

   Et nous quittons les Rocheuses Canadiennes

 

les mots des enfants: 

« J’aime Jasper. On a vu 3 ours et des wapitis . Dans les Rocheuses, on a fait beaucoup de marches et on a vu un  totem que les indiens dressaient. les indiens ont l’air gentil! » Basile

 

« Les Rocheuses sont majestueuses, avec des grandes forêts denses remplies d’animaux. la ville de Jasper est très petite et moins touristique que celle de Banff :une place avec de la pelouse se trouve dans Jasper. Quand nous y sommes allés, il y avait un festival indien qui rassemblait plusieurs Nations,  c’était vraiment super! »  Théophile

 

 « Pour moi, Jasper, c est le parc des animaux et des Rocheuses. Dans la ville, on a assisté à la levée d un mât totémique des Haidas. et toutes les cérémonies:  prières sous forme de danse, accompagnées de voix et  de percussions.Les chefs des Premières Nations ont prononcé des discours  dans leurs langues et en anglais.  Il m’ont semblé émus. » Côme

 

« Les Rocheuses sont impressionnantes, pleines de couleur, avec des lacs bleu azur,  des forêts de conifères surplomblées de glaciers et peuplées d’animaux.  J‘ai ressenti un sentiment de grandeur et de liberté tout en étant émerveillé. » Foucault

Nous reprenons la route pour la Colombie Britannique, direction le Pacifique,  pour l’archipel des Haidas (appelé aussi  l’Ile de la Reine Charlotte). La route entre  Jasper et Prince Rupert (1000 kms) nous repose et nous ne sommes pas mécontents de ne plus avoir à nous extasier à chaque virage!

 Une route  presqu’ordinaire suit la rivière Fraiser qui prend sa source dans les Rocheuses pour finir sa course dans le Pacifique. Nous découvrons les paysages buccoliques de l’arrière-pays de la Colombie Britannique, champs de marguerites, ranchs, maisons en bois. La région vit principalement de l’exploitation forestière, mais une épidémie a décimé une quantité impressionnante de pins.  Conséquence directe des changements climatiques: un insecte coléoptère prolifère en raison de la douceur inhabituelle des hivers… 

Encore des montagnes, des lacs et  des ours et des biches… 

Nous roulons  le long de la ligne de chemin de fer où l’histoire de ce grand pays s’est écrite, parallèle aux ruées  vers l’or, les fourrures et la chance…  Et le  soir, nous prenons le bateau à Prince Rupert , pour découvrir l ‘île des Haidas.

 Embarquement et  … Dodo au fond  des sacs de couchage le temps de la traversée (8 heures).

 

 

Notre prochain  rendez-vous:  la partie la plus au Nord de notre périple:  l’ île de la Reine Charlotte, ou » Haida Gwaii »!


Calgary et Parc national de Banff

juillet 14, 2011

 Yeeppeeeeee,Calgary !

 

Nous y faisons un bref passage,  le temps d’admirer les chapeaux et les Stetson !

Pendant le Stampede, tout calgarien qui se respecte arbore fièrement son couvre-chef

 

 

ses bottes

 

 et yeepee !  C’est la grande fête  foraine pour cette ville-temple du rodéo !  pas de places pour le rodéo, tant pis, on assiste quand même   à l’évènement, on en prend plein la vue  et les oreilles, les enfants n’ont pas de difficulté à s’amuser!

 Mini chuckwagon avec des poneys

 Un peu à l’écart, des indiens présentent leur culture et ont dressé leurs tipis, nous dégustons leurs jus de saskatoon (sorte de bleuets) et leurs pains, et assistons à leurs danses.

 

 

 Vira, une Black-feet qui vit dans une réserve à 20 kms de Calgary,  nous demande de parler d’elle dans notre blog :

Vira
Vira

L’été, elle et sa famille vivent dans le tipi de ses ancêtres, une vingtaine de personnes environ. Très calme et pacifique, elle nous parle avec douceur, c’est apaisant après le vacarme du Stampede !

 Bref, nous visitons Calgary à son meilleur,  et pourtant la ville nous laisse une sensation de superficialité, sans âme, très propre et sécuritaire certes,  mais  bon… 

 Au début du siècle, Calgary  n’était encore  qu’une petite bourgade endormie du Far West canadien mais depuis les années 60 et la découverte  des carburants fossiles qui font la richesse de la province,  la ville explose.

 Les sables bitumineux représentent à ce jour la plus grande réserve de pétrole au monde après celle de l’Arabie Saoudite.  Ce pétrole lourd, cher et polluant est une mine d’or pour l’Alberta : le  taux  de chômage frôle le 0%, le développement économique est spectaculaire, et tout le monde circule en Hummer et 4×4 sans scrupules!

A la paroisse française de la Sainte Famille (merci pour le pain et l’accueil chaleureux !), les Français que nous rencontrons le confirment : peu de calgariens de souche, et une ambiance « fric » dominante.

 Mais…  Calgary, c’est aussi la porte vers les Rocheuses.

 Majestueuses Rocheuses 

lac  minnewanka

lac minnewanka

En laçant nos chaussures, nous avons tous une  pensée pour  les cousins-randonneurs !

 

 Nous découvrons le Lac Louise, le plus célèbre des lacs  émeraudes,  et   en effet quel bleu! Et quelle foule !

  Motivés, nous  partons pour une randonnée  vers les glaciers.

 

 

on est de plus en plus seuls…

 

 

 Le soir,  nous avons le sentiment d’être partis  très loin et  très haut, nous nous relaxons dans les sources chaudes naturelles puis, fourbus et heureux,  retrouvons la Piafmobile dans la nuit.

 Le lendemain,  nous partons pour une nouvelle randonnée au fond  de la vallée des Dix Pics et découvrons  cette fois les eaux turquoises du Lac Moraine, plus beau encore que le célèbre Lac Louise à notre avis.

 

L’étroite route qui nous y mène nous offre  l’occasion de belles rencontres, ours, wapiti, marmotte, …

   

 

 

 

 Mais pas encore de grizzli à l'horizon!
Mais pas encore de grizzli à l’horizon!

 Depuis le Lac Moraine, plus sauvage,   nous montons jusqu’au Col des Sentinelles, presque seuls au monde dans ce paysage à couper le souffle.

 

 

Randonnée du col des sentinelles

 Nous croisons   tout de même quelques randonneurs : Benjamin, de Valence,  qui relie à pied Banff à Jasper et part  ensuite vers le Yukon, bonne route à toi !

Benjamin' qui nous a accompagné  dans la montée

Benjamin' qui nous a accompagné dans la montée

Et  aussi Sally, apicultrice à Edmonton,   randonneuse chevronnée, avec qui nous avons, le temps de la descente, une belle conversation.

Pour le début de la descente, Foucault suit Côme et tous les 2  dévalent  le névé sur les fesses! (sous le regard effrayé de leur maman !)

 
Et puis…

 les jours de pluie, nous vivons   des jours  très ordinaires, de lessive, de parties de Uno,  de bricolage divers,  de chicanes, de musique et de lecture, comme à la maison…

 Demain, 14 juillet,  sans feux d’artifice, nous partons  vers le Parc National de Jasper, par la Icefields Parkway.

 nous avons maintenant 8 heures de décalage avec la France, et bientôt, nous passerons un nouveau fuseau horaire!


la grande traversée: du Manitoba vers Calgary

juillet 9, 2011
 

 La grande traversée 

 Traversée du  Manitoba  et  du Saskatchwan, vers l’Aberta

2  provinces que nous traversons peut être trop rapidement,   mais  notre objectif  maintenant  est d’atteindre l’Alberta, donc ROULONS !!!

Entre Winnipeg et Brandon, nous trouvons un stationnement idéal pour le soir : un vaste terrain de jeu,  avec douche et toilettes. Nous sommes seuls sur la place, les enfants en profitent pour  faire une grande partie de foot et  jouer de la musique.

 

Puis nous continuons la route. Les  grandes plaines agricoles, caractéristiques des Prairies que nous traversons, s’étendent à perte de vue : des horizons de  cultures  céréalières sans fin qui nous laissent le temps de méditer. On le savait…

Il n’y a rien d’autre à faire que : traverser.

on the road again...

on the road again...

 
 again
 
 
and again

and again

 
…Et prendre une glace dans une station  d’essence perdue comme en plein  désert.
étape essence et glace!

étape essence et glace!

…Et contempler, sentir le temps et les distances qui s’allongent.

 « Quand est ce qu’on arrive ? »

"quand est ce qu'on arrive?"

"quand est ce qu'on arrive?"

 Foucault lit les articles du Monde, histoire de rester un peu connecté avec l’actualité.

lecture du Monde
lecture du Monde

Le goût  pour la route nous gagne.

...

...

Nous  voyons  régulièrement passer des trains  CANADIAN PACIFIC d’une longueur de 1,5 km(on a vérifié au compteur !) qui traversent  tout le pays.

le transcanadien

le transcanadien

Et aussi : une biche, et un chien de prairie pas farouches du tout !                                                                                                                                                                                                                                                   

Biche

Biche!

Chien de prairie

Au fur et à mesure que nous avançons dans  le Saskashwan, la terre devient sèche et poussiéreuse. Il fait chaud, 35 degrés.  Le  vent emporte des pollens auxquels Foucault et Basile semblent être allergiques : les yeux picotent et les nez coulent !

C’ est tout plat,  sans relief, sans habitations, on est frappé par l’immensité du ciel et de la terre. Ces paysages désertiques  pourraient être monotones, mais le moindre signe de vie est vite repéré et nous enthousiasme.  Et finalement, nous aimons beaucoup ces immensités immobiles, aux  couleurs pures ; vert prairie, jaune colza, bleu ciel, et parfois, inattendus,  le noir ébène d’un  corbeau ou d’un cheval.

  Enfin, nous franchissons les Badlands, territoire au Sud de l’Alberta. De plus en plus de poussière… Et le vent  chaud, le Chicoon, balaie le sable comme dans les westerns , nous approchons du Wild West, c’est tangible.

 Direction : le Parc Provincial des Dinosaures, lieu de repos ultime de milliers de dinosaures, classé au patrimoine de l’Unesco.

Inattendue au milieu de la plaine herbue,  une dépression nous offre un  paysage regorgeant  de hoodoos et de formations rocheuses colorées. Etonnant et spectaculaire.

 
le lieu idéal pour nos chercheurs de fossiles:
 
Trouvé!

Trouvé!

 
 
hoodoos

hoodoos

 

La Piafmobile reprend son souffle et nous, nous nous extasions devant  le canyon  où poussent des cactus, où l’on peut rencontrer des serpents à sonnette, des veuves noires, et des scorpions!

cactus

cactus

 

pas très rassuré, Foucault?

Nous décidons de camper au pied de ce mini Grand Canyon au paysage fantasmagorique, les enfants courent entre les monticules aux formes arrondies comme s’ils découvraient une nouvelle planète.

Nous vous laissons admirer avec nous cette  merveille naturelle.

Ballade sur la lune!

Nous sommes sur la terre des Pieds Noirs, des amérindiens nomades qui voyaient dans ce paysage lunaire une manifestation des Esprits, et, selon leurs traditions, si nos cœurs sont assez généreux, nous pouvons entrer en relation avec eux et avec le Créateur. On y croit volontiers!

Le lendemain, accompagnés de guides, nous partons sur les sentiers des paléontolgues, en prêtant serment de ne rien déplacer, ni pierres, ni plantes!

Nous découvrons des fossiles de dinosaures: à nos pieds, des centaines de bouts d’os de ces monstres terrifiants disparus il y a 65 millions d années.

Les guides nous apprennent à les identifier. Instructif et fascinant.

un os!

un os!

 Puis nous prenons la route  vers la ville des Cow Boys, Calgary : on nous informe que nous arriverons  en plein Stampede, le fameux festival de rodéo et de chuckwagons (course de chariots bâchés): tant mieux ou tant pis?


Vers le Manitoba

juillet 5, 2011

 Vers le Manitoba…

Samedi 2 juillet

Après avoir vidé nos  eaux usées (un bonheur !), fait un brin de toilette  de la  Piafmobile et   de nous 6 réunis, tenté en vain  d’envoyer nos premières photos (le réseau sur Manitoulin laisse à désirer), nous reprenonsla  HWY17 en longeant le Lac Huron puis le Lac Supérieur.

Luc au volant

Luc au volant

 Supérieur en taille, certes, et en beauté à notre avis : il est si grand, il a l’air de se prendre pour l’Océan ! 

 Grandes plages, falaises, forêts de pins, encore du bleu et du vert  dans une  nature absolue … ces larges routes donnent effectivement un  sentiment de grande liberté.

   Et puis, surtout, NOUS AVONS VU  NOTRE PREMIER OURS !!!

L'OURS!!!
L’OURS!!!

Sur le bord de la route, il prenait un casse-croute d’orignal, l’animal!

 les 6 piafs piaffent ! (merci à Brent, le voisin de camp qui nous a conduit vers l’ours dans son pick up)

Nous campons à  Agawa Bay, la Piafmobile se glisse entre 2 pins devant le lac, et se régale, comme nous, du  coucher du soleil.

coucher de soleil  Agawa Bay

coucher de soleil Agawa BayBasile coucher de soleil Agawa Bay

 Dimanche matin : nous profitons de ce campement vraiment topissime, et marchons, seuls au monde, le long du rivage de ce lac immense.

Temps particulièrement paisible de prière en famille devant le lac, avec une pensée pour Gaspard.

 Ballades et pêche

 

Nous sommes  surpris et emballés par cette partie de l’Ontario dont on parle trop peu. La route est toujours large, déserte, et bordée de lacs et forêt boréale, magnifique !

En plus des tortues, des aigles, des biches, ours,  lièvre,  sans compter les papillons et surtout   les  moustiques et mouches noires, Basile guette maintenant les orignaux et les caribous .

Le 3 juillet au soir, nous avons passé Wawa, et campons au parc Neys, à l’Ouest de Marathon.

Nous avons déjà parcouru 1500 kms et un nouveau   rythme s’installe,  c’est un peu la route qui décide, et si le détour d’un lac semble  en valoir la peine, ou d’un sentier,  nous y allons…Tout en sentant profondément l’appel vers le Grand Ouest qui nous  incite à reprendre la route!

 Il y a toujours de la place  pourla Piafmobile dans les parcs provinciaux, pas besoin  de réservation, nous nous arrêtons donc quand cela semble le bon moment, le Lonely Planet et le Wood’alls sont de fidèles coéquipiers !

 Les garçons maîtrisent  maintenant parfaitement les pompes, système de vidange, dirigent les marches arrière, lancent les  feux de camp le soir, intègrent les rationnements  en eau et électricité,  s’alternent pour la vaisselle et les repas, le copilotage,  … restent encore quelques réflexes  à acquérir pour que les verres ou jeux de cartes ne tombent pas à chaque virage !

 Et puis,  entre deux parcs, ils dévorent les livres de la bibliothèque  (en aurons-nous suffisamment ?)

Theophile copilote

Théphile copilote

 voici quelques photos du quotidien:

Basile au réveil

Basile au réveilCôme au réveil

petit déjeuner

petit déjeuner

vaisselle

vaisselle

lunch-buffet!

lunch-buffet!

Nous campons au parc Neys, à l Ouest de  Marathon. Le lendemain matin est consacré au grand ménage du lundi et à une partie de football américain sur la plage déserte du parc Neys avant de prendre la route vers le Manitoba par la transcanadienne, nous savons que la route est encore longue…

ballon au parc  Neys

ballon au parc Neys

 Le paysage change, nous traversons des routes escarpées au creux d’une roche rouge.

 Sur la route, nous nous arrêtons  pour la visite d’une mine d’Amethyste, les enfants partent à la recherche de cette pierre semi-précieuse et sont largement satisfaits de cette ruée vers l’or : ils  ne savent plus où donner de la tête, rincent et brossent leurs trouvailles qui passent à la pesée puis à l’expertise.

mine d amethyste

mine d amethystechercheurs de trésorschercheurs de trésors

 Et cela donne l’occasion d une petite leçon de géologie. Nous identifions les couches successives de granit, quartz et d’amethytse  qui peut virer jusqu’au rouge selon la présence de fer.

  Le long de cette interminable transcanadienne,  nous changeons de fuseau horaire :

changement de fuseau horaire

changement de fuseau horaire

 Les moustiques, mouches noires et brûlots  tournent inlassablement autour de nos têtes à chaque halte, Luc est leur cible favorite , il est piqué de partout !!! et la piafomile n,est pas épargnée!!!

bzzzz

bzzzz

 Le soir, nous roulons jusqu’à la tombée de la nuit, le ciel est orangé, rose, bleu, nous sommes tous silencieux devant ce spectacle incroyable. Nous dormons dans un parking de Wall Mart pour reprendre la route  aujourd’ hui, mardi… 1 semaine de route déjà….


Entre Montréal et l’île Manitoulin

juillet 5, 2011

 

 

Entre Montréal et l’île Manitoulin

Et voilà,  après la bénédiction anticipée de la fraternité Monastique de Jérusalem,

fraternité Monastique de Jérusalem: départ!

la mésaventure  de   la clim qui nous a retenu une semaine, nous sommes sur la route. Suivant les conseils de Iain, plutôt que la grande route, nous prenons la 148 qui longe des villages québecois : buccoliques et paisibles. Autant dire que l’ambiance dans la Piafmobile est joyeuse !

 Dans la soirée, nous croisons un campement de « VR » (= véhicule récréatif = camping-car !) en attente d’un festival de musique Country pour la fin de semaine, nous demandons s’il y a une place pour nous : on nous conduit vers un emplacement en face d’un lac : top !

Il pleuviotte, les moustiques attaquent sauvagement mollets et bouts de nez découverts, mais Basile est largement récompensé : une tortue marche tranquillement devant lui. Une fois attrapée, elle sort les griffes et réclame sa liberté !

 «En fait, ça court vite, une tortue ! »

une tortue pour Basile

une tortue pour Basile

Quant à nous, nous reprenons la route à vitesse d’escargot, direction Sudbury.

 Mercredi 29

 Sur la route vers Sudbury, les lacs alternent avec les forêts de grands pins, du bleu et du vert à l’infini. Vraiment chouette. 

Mille Merci à la famille Bompierre pour cette soirée de brochettes de guimauves, de rencontres simples autour de votre traditionnel feu de fin d’année scolaire où Perrine et Raphaëlle ont brûlé leurs cahiers dans un beau feu de joie ! Nous croisons ici le père Ronald Perron,  Jésuite à Sudbury et curé de la paroisse Sainte Anne des Pins, qui  se décrit lui même comme un hyperactif:   « une perle d homme »  qui nous met sur la route  vers d’autres hommes et femmes qui vivent de leur foi.

  

 

 

 

 

 

 

Avant le départ, nous partageons un peu de musique, de la fleur de sel, de la lecture (merci pour ces livres qui s’ajoutent parfaitement à notre bibliothèque !) et de bons conseils pour profiter de la région… 

 

Après 2 heures de route, nous arrivons sur l île Manitoulin dans la région de la Baie Géorgienne, dans le lac Huron. L’île la plus grande au monde (en eau douce) ! Se rendre ici, c’est se préparer à un véritable exercice de diction : les noms des villages sonnent comme des mantras : Mindemoya, Wikwemikong, Sheguiandah (là où nous campons 2 jours, et captons un réseau Wifi !)… les 8 communautés des Premières Nations ont dû abandonner leurs terres aux colons, et se retrouvent parquées dans des petites zones au milieu de terres habitées désormais par les blancs. On sent la brutalité de cette page de l’ Histoire, si récente encore… Dans des boutiques, les autochtones (les Ojibwes) présentent l’artisanat local (des mocassins, des paniers multicolores en épines de porc-épic !), ou dévoilent la riche histoire de leurs légendes. Un Pow Wo en perspective, les 2 et 3 juillet, se prépare. Le lendemain, nous partons tôt pour la très belle randonnée du Cup and Saucer Trail (12 kms pour atteindre LE point culminant de l’île, puis… Baignade dans les chutes de Bridal Veil