Haida Gwaii

Entre mer et terre

  Arrivés au petit matin sur l’île à Queen Charlotte City, nous prenons un brunch-nature !

petit déjeuner-brunch
brunch

Marée, sel, algues, crustacées, nous respirons à plein nez cet air marin qui nous rappelle la maison !

respirer l air marin, ENFIN!

respirer l air marin, ENFIN!

Les enfants mettent les pieds dans l’eau (encore fraîche, c’est le Nord !) et partent à la recherche des crabes du Pacifique sous les rochers !

 

Ici, l’amplitude des marées varie énormément, les courants sont puissants, le temps peut changer rapidement, et des vents forts se lèvent et disparaissent tout aussi soudainement.  Des alertes aux tsunamis nous rappellent que nous sommes sur la côte Pacifique !

 

des panopes, énormes mollusuqes du pacifique, rejettent l,eau de mer par leur siphon, nous assistons au spectacle de centaines de jets d,eau à marée basse!

A la frontière de l’Alaska, Haida Gwaii c’est :

un archipel d’ilôts rocheux où il pleut 220 jours par an, 

 des îles  où  règne atmosphère particulière …Est-ce dû à son insularité ?  A sa mixité ?

Mixte en effet : 2 communautés, au moins, s’accommodant l’une de l’autre harmonieusement (du moins c’est ce qui nous est apparu en 3 jours seulement !). Des blancs d’une part, citadins cultivés en exil sur cette île unique, amoureux certainement de la nature, un peu écolo-bobos et sans doute  tout aussi enclins à la rencontre de la population locale, les Haidas.

Et la population indigène, d’autre part,  les  Haidas. Un bon nombre d’entre eux  vit des subventions de l’Etat, et   nous avons observé  dans le village de Masset une pauvreté certaine, là où le désoeuvrement, l’obésité et la misère semblent s’attirer inexorablement  l’un vers l’autre …

Mais aussi, des représentants de cette culture haida raffinée et savante;  Roberta et sa famille nous accueille  chez elle pour découvrir une part de son patrimoine : les costumes, vanneries, objets d’art à base d’argiline et de bois; nous dégustons des plats traditionnels à base de fruits de mer, d’œufs de harengs sur des laminaires (algues), algues séchées…un régal !

 Les Haidas, c’est à l’origine ( il y a plus de 2000 ans) un peuple  de pêcheurs et de cultivateurs, de commerçants  et d’artistes:

 

Les écorces de cèdre rouge, les épicéas et les arbres de la forêt pluviale sont les matériaux principaux  pour l’artisanat :

  ils servent au tissage de chapeaux, de paniers, de tapis et vêtements,  d’objets d’art, et des mâts totémiques bien sûr, très réputés pour leur beauté ici. on en voit encore beaucoup  devant les maisons

les Haidas pratiquent  depuis longtemps le travail du fer, du cuivre, de l’or, mais dès 1770, avec l’arrivée des Européens, les épidémies de variole (90% de la population en meurt), les lois du gouvernement et les missions  chrétiennes ont largement contribué à l’extinction de la culture Haida…De tradition exclusivement orale, elle était  sur le point de disparaître, mais les « Anciens » ont maintenu, parfois dans le secret,  leurs coutumes et leur langue si particulières. Les jeunes aujourd’hui l’apprennent et la pratiquent et  cela demande un exercice régulier car les positionnement de la langue, de la gorge et de l’estomac (à ce qu on nous a dit !) demandent un effort inhabituel ! En effet, à l’écoute, c’est très particulier, mêlant le souffle et des sons venus du fond de la gorge : étonnant !

La faune  et la flore uniques attirent des chercheurs, des scientifiques , des ornitologues de tout poils, ce qui confère au lieu un protection environnementale privilégiée . Avec l’Océan Pacifique regorgeant de vie et la forêt  pluviale luxuriante, on sait que nous sommes en terre sacrée ! Les corbeaux et les aigles à tête blanche survolent  les forêts, les plages et les légendes ; ils sont présents partout …

Pyguargue à tête blanche

corbeaux et huîtriers aux becs rouges

corbeaux et huîtriers aux becs rouges

 Nous partons paisiblement en kayak  le long du littoral, mais, avec la marée  et les forts courants, le retour,  est plus sportif!

 

 

ici, on peut pĉher des saumons énormes, des halibuts, du thon, mais il faudrait partir en mer plusieurs jours et un budget au delà de nos moyens; nous nous contentons de quelques prises  tout de même réjouissantes!

 En randonnée dans la « forêt pluviale »(traduction  incertaine de la « rainforest ») nous sommes fascinés par la densité de cette forêt, ses mousses, ses racines, la hauteur de ses arbres et leur variété ! Cela rappelle à Luc la forêt équatoriale.

 

 

Pour les directions, il n’ y a pas ou peu d indications (trace de la culture orale ?)  et il faut frapper aux portes , demander pour trouver son chemin !

  Si bien que cette fois, notre séjour, malgré sa courte durée,  a été plus propice à la rencontre

Mary, du centre de location de Kayak, nous guide et Jeff  King , éditeur-journaliste et directeur du journal local THE OBSERVER, intéressé par notre périple, nous interroge pour un article  qui paraîtra au prochain numéro. Jeff, passionné d’opéra et de voile, est arrivé ici il y a 25 ans …

 Et d’autres rencontres sans traces photographiques : dans la rue, alors que nous cherchions notre chemin, une dame nous invite chez elle et nous offre  un plat entier de pinces de crabes et du saumon : elle en a trop !

 Une vieille institutrice, élégante et « so British », intriguée par notre camping-car, prend place dansla Piafmobile pour le simple plaisir de discuter, et nous raconte son histoire avec l’île et ses habitants.

Le soir, nous participons à une petite fête communautaire, genre de loto- braderie durant laquelle nous nous régalons  en observateurs  gourmands… de fruits de mer !

Bref, une communauté  isolée, préservée, et humainement riche.

  Nous partons en hésitant un peu : pourquoi ne pas rester un peu plus ?

 

A tort ou à raison, nous quittons l’île, dépendants des horaires des  Ferries  pour Prince Rupert et le Nord de l’île de Vancouver.

en 15 heures de croisière dans le passage intérieur entre les îles sauvages  du Nord du Pacifique,  les plus jeunes commencent l’école en douceur,

Nous entamons maintenant, tranquillement,  notre descente vers le Sud.

5 commentaires pour

  1. foucault dit :

    Chère Caroline,
    Cher Luc

    C’est avec beaucoup d’attention , de joie et d’impatience que nous lisons régulièrement vos belles aventures et rencontres. Nous vous sentons en pleine forme et vraiment dane l’accueil de ce qui vous ait donné de vivre à chacune de vos étapes.
    De notre côté, nous passons des vacances qui s’apaisent doucement, après avoir vécu une fausse couche il y a 10 jours
    Attente d’un bébé pour des parents encore indécis quant à leur désir d’agrandir ou non la famille….surprise donc!!! Temps pour accueillir cette vie naissante, remises en question, joie grandissante et vie qui s’arrête. Tout cela demande beaucoup d’énergie que nous remettrons au Seigneur lors d’une session du Chemin neuf que nous vivrons la semaine prochaine avec les Wallaert notamment.
    Nous vous embrassons avec toute notre profonde affection
    En union de prière
    Charlotte

    • lessixpiafs dit :

      coucou les Foucault
      nous lisons ce message avec affection et sentons l’émotion et l’épreuve traversée…
      cette retraite vous soutiendra certainement,
      on pense à vous tous,
      et particulièrement à Domitille!
      Prenez soin de vous!

      Affections

  2. Les Pommeret dit :

    Nous sommes rentrés de notre congé sabbatique voici quelques jours. Le boulot dans une semaine pour Edouard. Le retour est plus facile pour les enfants heureux de retrouver leurs amis et leur quotidien. Merci pour vos photos et vos récits. Nous allons vous suivre maintenant de près! Qui sait, cela nous donnera-t’il des envies d’autres départs?
    Nous vous embrassons tous très forts, que Dieu soit avec vous.

    • lessixpiafs dit :

      nous sommes allés vous visiter retrospectivement:
      quelle belle aventure, vous êtes tous magnifiques!
      comment se passe le retour?
      on aimerait avoir des nouvelles fraiches: avez vous skype qu’on voit vos trombines?
      on vous embrasse fortissimo!
      Les 6 piafs

  3. Bonjour Luc,
    Heureuse d’avoir de tes nouvelles et nous suivrons votre périple avec envie! Mon mari a longtemps rêvé à ce genre d’aventure…
    Nous avons trouvé un compromis intéressant dans nos voyages de coopération. Quelle belle façon de voir les pays autrement que de prendre le temps de voir comment vivent les gens ordinaires et d’échanger avec eux…Si vous avez besoin de suggestions pour la Bolivie, le Guatemala ou le Chili…
    Très belles photos en passant!! j’ai mis le blog de Pierre, mon mari qui expose quelques photos…
    à la prochaine!
    Yolaine Villeneuve

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