San Francisco y La Baja California

septembre 23, 2011

 De San Francisco à la Baja California

5 men, 1 woman, 3 months,  

 See why we’re smiling!

 

 

Joyeux anniversaire  à  ma filleule Alice

 à Aladin et  à Elisabeth!

Aujourd’ hui, 23 septembre, nous sommes au Sud de la Baja California ( Mexique), sur le point de rejoindre la Paz, pour une traversée vers Los Mochis.

Beaucoup de tours de roues depuis notre dernier article, l’eau a coulé sous vos ponts, avec la rentrée, la vie folle de septembre, entre autres. Donc voici une image  de San Francisco dédiée aux  superwomen  en cette folle période:

Et de notre côté, la poussière s’accumule sur les enjoliveurs! Allez, un petit regard dans le rétroviseur, retour quelques semaines en arrière.

Quand San Francisco s’embrume….

Nous traversons le pont mythique. Le métal  rouge  contraste  avec  le bleu du ciel  dans une ligne de brouillard permanent. La traversée est colorée, à l’image de cette ville que nous avons tous aimé, pour des raisons différentes.Il y règne une atmosphère  plutôt décontractée, « cool »,  de ville « ouverte », à commencer par le stationnement : nous trouvons  une place devant la marina, au coeur de l’activité touristique de  Fisherman’s Wharf, pour trois jours sans être inquiétés!

 

Musée des automates

Le long des quais,  nous entrons dans le musée   des automates, et  marchons sur le Pier 39 où des otaries ont élu domicile, étalant au soleil et aux touristes leurs vies  tranquilles. Les bateaux  se mêlent aux nageurs en bonnets, aux pêcheurs de crabes, et aux lions de mer.

On sillonne la ville par le Cable, le  tramway emblématique qui se glisse à travers les collines qui font le charme de San Francisco.

Le soir, les rues de la petite Italie ou de Chinatown s’animent. Nous visitons la manufacture de biscuits chinois  traditionnels, dans lesquels un proverbe, une prédiction sont glissés. Le Chinatown, au delà de ses toits de pagodes et ses lampadaires ornés de dragons, témoigne de la résilience de la communauté chinoise face aux discriminations et aux mafias.

poissons qui sèchent sur un fil, Chinatown

Nous passons devant les graffitis où s’ affichent des opinions politiques, des pensées pacifistes ou révolutionnaires, des fresques murales, traces des émeutes hispano-américaines. Voilà  une ville qui s’affiche, qui se rebelle, se rebiffe. Une ville où des mouvements politiques naissent et meurent.

 

 

Dans le quartier d’  Union Square sont concentrés tous les magasins: on y perd notre sens de l’orientation,  le pull de Basile et beaucoup de temps pour le retrouver!!! San Francisco s’ embourgeoiserait presque dans ce quartier de grands magasins.

 Nous  traversons  les beaux quartiers de Alamo Square et ses grandes maisons victoriennes , colorées et chics, 

et dans   les couleurs arc en ciel  du quartier gay (Castro) , il n’est pas rare de voir des couples homosexuels avec une poussette: l’adoption pour les familles homoparentales  est ici très facile. Nous avons aussi  beaucoup aimé marcher dans les rues de Mission, quartier latino  avec son animation populaire, les taquerias ( tacos et burritos pour les petites faims) abondent,  autour de  la Mission  Dolores.

  le nopal, sorte de cactus qui se mange,  sur les étals de Mission

Beaucoup de « homeless » néanmoins, une pensée pour Ron, rencontré dans le tram, qui  traine sa guitare et sa pauvre mine dans un San Francisco nocturne pas toujours  si coloré…

 La Purissima mission

 

Sur la route, nous nous arrêtons  à Lompoc  autour de cette mission franciscaine de 1787 parfaitement restaurée; elle accueillait près de  1000 indiens Chumash,   encadrés de 5 soldats espagnols. Avec ses bâtiments en pisé, cette mission  espagnole figure parmi les plus évocatrices de Californie. Tissage ,  agriculture et élevage, travail de la vigne, maroquinerie étaient les tâches quotidiennes. Pour leur propres besoins  et aussi  pour développer l’économie espagnole. On nous dit que les Chumash, peuple docile,  s y trouvaient bien, c’est vraisemblable, il semble qu il y règnait une certaine harmonie. On nous dit aussi  qu’ils n’étaient pas  des esclaves; néanmoins,  ils encouraient de fortes sanctions s’ils quittaient la mission!

 Le jour de notre passage est un jour spécial : des bénévoles mettent en scène la vie quotidienne de la mission, ça tombe bien!

fausse confession avec un faux franciscain!

confection de tortillas, à base de mais et d’eau

 

 

  

Après avoir tous mis la main à la pâte,  nous poursuivons vers le Sud.

Los  Angeles BIS

Barbecue  et smores !

Comment mieux quitter les Etats-Unis qu’autour  d ‘une table avec une  chouette famille américaine, ouverte,   drôle, curieuse, simple. Dans une conversation autour des conquêtes napoléoniennes, Théophile et John rivalisent de connaissances! Avec les Mora, de réels liens d’amitié se tissent, nous espérons vous retrouver un jour, de l’autre côté de l’Atlantique.  Vraiment super, merci merci la famille Mora!

John, Frauke, Muriel, Madeleine, et les piafs

 Puis  à la paroisse  française Saint Sébastien, nous avons la chance d’arriver le jour d’un enseignement autour de Louis et Zélie Martin, parents de la petite Thérèse. Nous découvrons ce couple, qui a traversé ce que d’autres familles traversent, préoccupations  éducatives, matérielles, problèmes de santé, le deuil,  la guerre…

 Nous saisissons la chance de suivre, en français cette fois, une conférence sur   Sainte Thérèse, patronne des missionnaires, qui invite à la confiance.

 Et une rencontre amusante et inattendue: des amis de la famille! (pour les Saint-Bo de Rennes!)

 La Jolla,  tout près de San Diego, des vagues avant le Mexique.

Classe et jeu sur la plage de la  Jolla, au milieu des surfeurs et des familles chics et décontractées, qui votent Obama,  mettent des panneaux solaires  sur les toits de leurs maisons, mâchent du chewing gum en faisant une Party sur la plage avec un verre de vin  du viticulteur du coin.

Pour nous, drôle de sentiment mêlé d’ un peu d’appréhension  et de beaucoup de curiosité avant le passage  de la frontière mexicaine.

 Nous prolongeons de quelques heures  notre séjour dans ce pays si sûr, où nous  circulons en  sécurité, où  tout est conçu  pour les RV, où nous avons pu souvent camper « sauvage » sans problèmes. Ici tout est  facile: relations,  approvisionnement, routes…Quant  à nos aprioris, nous avons sans doute un peu mieux compris ce qui fait   l’  » identité américaine' »: avant tout sa grande diversité, entre l’ héritage  puritain Mormon, la liberté californienne, les patriotes du Montana,  les métis,  les fermiers du  Wyoming, les latinos,  les chinois, les cow-boys et les Indiens,  le souffle d’indépendance de la côte Ouest, un pays où  l’ on est le Guys de tout le monde…

Nous savons  mieux qu’avant qu’il est impossible de dresser 1 profil américain.

 Mexico

 

Tijuana

 Nous passons la frontière sans encombres, c’ en est étonnant: aucun contrôle, on ne nous demande même pas  nos passeports!!! Dans l’autre sens,  la file de voitures est impressionnante.

 Les États Unis sont séparés par 3140 km de frontière terrestre entre le Pacifique et golfe du Mexique.

 La plupart des américains qui passent la frontière viennent pour la journée ou quelques jours de vacances à la recherche d’exotisme. Mais avec la crise,  les cartels, le trafic de drogue, les appréhensions croissent et les occasions de bonnes affaires  ont fortement diminué. Le mur est de plus en plus surveillé par des patrouilles dressées pour dissuader les immigrants clandestins.

 La rencontre de 2 mondes est contrastée, et même si la Baja California est encore très proche des  USA, nous plongeons rapidement dans une atmosphère bien différente. Un autre voyage commence.

 Ensanada

A quelques encablures de Tijuana,  nous trouvons à Ensanada un accueil très chaleureux  de David, qui est le directeur du centre des arts à l Université. Merci à Xavier pour ce contact!

Il semble que nous devions désormais anticiper davantage nos lieux de couchage, qui doivent être sécuritaires. Nous trouvons donc un camping surveillé, conseillé par David.

Nous passons une bonne partie de notre premiere journée à régler des questions pratiques,  cartes mexicaines sur le GPS, nouvel abonnement  internet, banque,…milles petites choses. Pendant ce temps,  les enfants préparent leurs premiers devoirs à envoyer, et nous reprenons un rythme musical un peu délaissé ces derniers temps!

Le lendemain, nous sommes chaleureusement invités à participer aux cours d’art à l’université.

Visite des ateliers , des salles de cours, de répétition, de concerts,  nous pressentons que l’art sous toutes ses formes peut  créer des liens et devenir un langage commun. Dans une petite salle, Théophile travaille ses morceaux de piano, Basile, Côme et Caroline participent au cours de dessin de Maestro Gustavo, Foucault assiste  avec Luc à une répétition d’orchestre. Et le soir, danse africaine. Que du bonheur!

Merci à Lorena et David pour le tour guidé et le super accueil!

 Et a Eulogio et sa femme Monica,  rencontrés au hasard, qui  dressent avec nous l’ itinéraire, nous conseillent sur les routes, les bonnes adresses, très utiles pour la suite du voyage:

 Mais le soir, en rentrant de l’université,   vent de panique… De retour vers le camping, nous trouvons porte close, nous appelons: personne.

 Luc passe au-dessus de la grille, en vain.

 Nous devons trouver une autre solution pour la nuit.

 Beaucoup nous ont conseillé de ne pas rouler de nuit, nous sommes encore un peu verts pour connaitre les risques réels:  nous finissons par trouver l’adresse d un  RV park au sud de la ville, allons-y!

 Nous  arrivons de  nuit dans un camping pour gringos, vide,  près d’une plage . 

 le lendemain  sera un jour de fête:  El grito!

 Le mois de septembre est le mois de la Patrie, chacun y va de son drapeau mexicain et ce vendredi 15 septembre:  c’est la Fête de l Indépendance  du Mexique, jour de liesse!

en 1810, un prêtre, Michel Hidalgo , versé dans la littérature révolutionnaire, entraine avec lui un grand soulèvement populaire vers  l’ indépendance, le Mexique se libère de l’occupation espagnole.

Sur la place,  tout  le monde chante l’hymne national, en scandant après le discours  enflammé du maire  des  Viva Mexico!

Nous ne sortons peu notre appareil photo: tout près de nous, des militaires cagoulés et bien armés préviennent les jeunes manifestants qui dressent des banderoles au sujet du tarif  « inacceptable » des transports publics, dans une ambiance plutôt bon enfant. L’opinion s’ exprime, sans trop de heurts finalement.

 Dans notre camping de luxe,  c’est le weekend, l’espace vide se remplit, ouf, on se sent moins seuls! Des familles montent leurs tentes, dressent les tables,  réchauffent les tortillas.

Qui disait qu’ un sourire est le plus court chemin entre 2 hommes?

Basile  a retenu la phrase, et il confirme: »ça marche! » Lui  et Théophile, équipés de leurs seuls sourires,  ouvrent  bien des portes!

 Nous passerons la soirée en joyeuse compagnie de la grande famille Miranda ( 30 personnes),  on nous nourrit de  délicieuses tortillas de viande, et du chile  muy picante!

 Basile et Théophile jouent un quatre mains  et  Théophile offre une sonate de Beethoven  autour du feu.  Un très bon moment.  Quant aux  grands, ils observent tranquillement et exercent  leur espagnol.

Le lendemain matin,   nous sommes attendus pour un petit déjeuner de frijoles ( fèves) d’omelette au chorizo , et quelques chansons mexicaines.

 Nous sommes touchés par l’accueil simple et  fraternel.  Au fil des conversations, nous réalisons qu’une même foi nous unit, et un goût  commun pour un monde de paix. La violence médiatisée les offense:  si elle existe, le Mexique, ce n’est pas seulement cela.

 Une petite famille nous offre un bidon fort utile pour la route: fini l’ eau potable  au robinet,  il faudra désormais acheter des « carafones »!…ou la purifier.

A   Grabriel  y Analilia y a la familia Miranda: MUCHAS GRACIAS

La Transpeninsular

Nous traçons la route,  les décors changent: des cactus, des petits villages, des routes de tôle ondulée, une langue de terre sans fin dans le désert entre le Pacifique et la mer de Cortès.

Dans la Piafmobile, certains, les 2 vieux,  ont l’heureux sentiment de se laisser peu à peu déposséder,

et  les autres, les 4 jeunes, de  s’enrichir au fur et à mesure; la vérité se situe sans doute entre les deux.

  La Transpeninsular est parsemée d’ une extraordinaire variété de cactus, qui dressent leurs têtes épineuses vers un ciel toujours bleu. Touchante, émouvante végétation qui pousse  dans  un  milieu  où rien ne semble fait pour la vie.

Les saguaros, les cereus,  l’arbre boojum, les aguaves, les cactus tonneaux… Certains atteignent patiemment  leur taille maximale en 150 ans, profitant de la moindre goutte tombée du ciel. Les Mexicains les utilisent dans l’alimentation, la boisson ou pour fabriquer des hameçons, des barrières, des meubles.

A certains moments, nous réalisons plus qu à d’autres que nous « voyageons », ces paysages nous emportent.

 Grâce aux conseils  de Eulogio, nous dormons chez   Oscar son ami, qui tient un ranch  dans les environs de Catavina. Un homme tranquille, souriant dans un cadre tranquille et souriant.

 

 

Bahia de los Angeles

 Là où une petite communauté d’anciens hippies et de  gringos côtoient quelques locaux. Après  les paysages désertiques,  nous passons côté Golfe de Californie, ou mer de Cortès,  pour une eau bleue turquoise et chaude.

 Une drôle d’atmosphère dans un paysage qui pourrait être paradisiaque si tout ne  semblait pas  à ce point laissé  à l’abandon… et s’il ne faisait pas si chaud!

 Les enfants passent donc la moitié de la journée dans l ‘eau, à observer au masque les poissons et les étoiles de mer,  ou équipés de  leurs cannes à pêche. Au large, rôdent les requins baleines, dont nous voyons émerger les ailerons.

Classe  tôt le matin et  en fin d après midi, quand il fait moins chaud. Les enfants sont plus efficaces après un bain!

San Ignacio

Camping au milieu  d’une oasis,  d’une palmeraie de dattiers,  un petit paradis… Manuel nous accueille à la tombée de la nuit, nous sommes ses seuls visiteurs.

Le lendemain matin,  les enfants découvrent le campement, et sont enchantés par  le lieu:

Nous creusons dans la terre  un trou pour notre vidange d’eau sale, il était temps  et Manuel nous emmène chez lui pour faire le plein d’eau, il était temps aussi! (ça c’est pour les amateurs de questions pratiques!)

Nous visitons la très belle mission dédiée à Saint  Ignace , le pèlerin qui nous inspire pour la route (merci aux Xavières du site Vers dimanche!).

Fondée en 1728 par les Jésuites avant leur expulsion du Mexique,  l’église  présente une façade blanchie à la chaux avec des détails en pierre de lave rouge, et des niches abritant Saint Pierre et Saint Paul. Les 2 saints encadrent une porte principale au linteau finement sculpté. tout est sobre, clair. Recueillant.

 jour d’ anniversaire d’Alice, sans réseau pour te le souhaiter joyeux, mais  une pensée toute particulière pour toi!

 

Sur la place,  pendant  que certains font un petit marché pour remplir le frigo de mangues, d’avocats, de figues de Barbarie,  d’autres sortent les crayons pour un « dessin d’observation « , comme dit Basile. Un moment tout spécialement dédié à Chine et à sa maman Marie Pascale.

 

Santa Rosalia

  Avec ses maison en bois, leurs larges balcons, la ville a des allures de Caraïbes. Ici, les français se sont  établis pour exploiter le cuivre jusqu à épuisement, de 1880 à 1950. Une trace de la présence de nos compatriotes:  Santa Barbara, une église conçue par Gustave Eiffel!

  Mulege

 notre premier camping sauvage!

 pas si sorcier…

 

 Après dix minutes de marche, nous sommes tous en nage!

 

Bahia Concepcion

 Où nous vivons comme des Robinson!

 sur la playa El Coyote, seuls au monde!

La chaleur est suffocante, la mer est transparente,  presque trop chaude (dur!). Nous n’avons rien d’autre à  faire que nous baigner, et manger  toutes crues les almejas,  sortes de palourdes géantes, et les » chocolate », plus petites . C’est délicieux. On fait la vaisselle au sable  et au citron, pour  économiser l’eau,  on boit boit boit,  et puis  en moins  de 2 jours de paradis, tout le monde est d’accord pour retrouver la vie, les gens, un peu de frais: direction Loreto!

  …Pour un  camping avec de l’électricité!!! Et une connection Internet qui ne saute pas toutes les 10 minutes!!!! Youpi!

 Nous pouvons enfin vous écrire,

et chercher les infos pour le ferry que nous prendrons demain, samedi 24, à La Paz  pour Los Mochis.

  Nous retrouvons donc la Transpeninsular dans une dernière foulée avant la traversée,   et descendons toujours plus, vers le sud,  et vers  un inconnu qui nous attire.


levers et couchers du soleil

septembre 9, 2011

  Utah: suite et fin 

… Des levers et des couchers de soleil 

des piafs dans les arbres

 les piafs sur leurs branches

 Nous vous avions quittés à l’entrée de  la réserve navajo,  Côme a mené l’ enquête pour mieux comprendre ce peuple discret:

 «Le peuple Navajo est une tribu d’indiens qui vit dans une réserve étendue sur 4 états : Nouveau Mexique, Colorado, Arizona et Utah.

 En circulant dans la réserve, j’ai pu  observer que les maisons n’étaient pas  regroupées en village mais dispersées dans le désert.

 Les Navajos habitent dans des maisons appelées « Hogan », sur la route nous en  avons vu plusieurs, à côté des huttes de sudation où ils pratiquent des rites de purification. Ces habitations ont une structure de bois de cèdre rouge recouverte de terre. Leur forme est circulaire ou hexagonale pour que les esprits des ancêtres ne se heurtent pas aux angles.

Durant le XVIè siècle, les Espagnols arrivent dans le Sud-Ouest des États-Unis, colonisent et christianisent cette région et les indiens meurent par millions en raison des maladies apportées par les Européens, l’esclavage et des guerres contre les Espagnols.

Les  Navajos sont issus de 4 clans. Quand un enfant naît, il fait partie du clan de sa mère, par contre, lorsqu’il se présente, il présente son clan,  puis celui de son père, celui de sa grand-mère maternelle et  enfin celui de son grand-père paternel. Il parait que pendant la deuxième guerre mondiale, les Navajos ont intégré  l’armée américaine et utilisaient leur langue comme code secret.

 Les légendes : l’organisation de ce peuple est basée sur le chiffre 4. Selon la légende, les Navajos viennent d’un peuple issu dans le premier monde (noir) migrant vers le second (bleu), le troisième (jaune) et enfin dans le quatrième monde (le monde présent). D’ailleurs, c’est un peuple nomade, ils se déplacent selon les saisons.

Les Navajos vivent de l’élevage de leurs moutons (« churros ») et du tissage de leur laine. Une légende dit que l’art du tissage a été appris aux femmes par la femme-araignée qui les a encouragées à ne pas abandonner malgré la difficulté de la tâche. Autrefois, ils fabriquaient avec cette laine  des vêtements mais aujourd’hui, les femmes tissent  surtout des couvertures et des tapis, nous en avons vu plusieurssur  les étals au bord de la route.

A Monument Valley,  les Navajos vivent du tourisme en gérant le parc tribal, ou en vendant des bijoux, des objets artisanaux sur la route…»

Côme

 Le Monument Valley

Le Park tribal  est géré par la nation navajo; des familles y cultivent encore la terre, passant l’hiver sur les hauteurs et l’été dans les hogans.

les Navajos tirent  profit au maximum du site qui leur appartient, comme une revanche après les abus  du passé,  et montent les prix pour une entrée sur des lieux  sacrés pour eux, mythiques pour nous,  auxquels eux seuls ont désormais accès… A moins de monter dans une jeep tout terrain  conduite par un Navajo muni d’une carte   légitimant  un tarif exorbitant, il est impossible pour la Piafmobile d’accéder  à la route non goudronnée qui serpente entre les  les étroites flèches rocheuses  sur des pistes de sable rouge.

Il faudra négocier afin d’obtenir un prix familial raisonnable pour un tour  au milieu des flèches, mesas et hoodoos.

Le jeu en valait la chandelle, un moment de grâce où nous circulons dans le silence et la lumière rasante du soir entre West Mitten  et East Mitten,  Merrick butte, the  3 Sisters,  et une arche  devant laquelle les 4   boys bondissent comme tigres !

Le soir, nous visionnons dans une petite salle en terre battue la projection de la Chevauchée Fantastique,dans le vacarme assourdissant d’une clim aléatoire. Piteuse caricature, mais le décor est là!

Les journées sont torrides, elles atteignent parfois 50 degrés. Cette fois, pas de camping sauvage, il faut un branchement pour la clim!

Le camping est équipé d’une piscine, on y plonge entre les cours de géographie et les dictées, en attendant à nouveau la relative fraîcheurdu soir . Et au petit  matin, tous les piafs se lèvent aux aurores pour le lever du soleil.

 

le Grand Canyon

Nous retrouvons nos amis de Calgary Laurent et Nathalina, et profitons des connaissances géologiques de Laurent pour comprendre le phénomène exceptionnel du site .

Nathalina

Il y a environ 65 millions d’années, la plaque Pacifique heurte la plaque Nord américaine (aux environ de la Californie actuelle) soulevant le plateau du Colorado et créant les montagnes rocheuses. Le fleuve Colorado se fraie un chemin jusqu’au golf de Californie, creusant le Grand Canyon .  Le canyon fend la terre sur une profondeur de 1600 mètres, avoisinant en moyenne 16 kms de large; les dimensions sont stupéfiantes et la combinaison de profondeur, largeur et longueur rend le grand canyon unique: la plus grande faille du monde !

Les roches les plus jeunes, 270 millions d’années seulement (un clin d’œil  géologique!) sont d’origine volcanique, tandis que  les roches les plus anciennes, au fond du canyon,  ont  2 milliards d’années,  presque la moitié de l’âge de la Terre! La plupart sont d’origine sédimentaire, résultant de millions d’années de dépôts de sable,  de sels et de sédiments,  laissés par les mers et les rivières et progressivement compactés puis transformés en grès. Elles renferment un grand nombre de fossiles, qui font encore le bonheur des géologues, et de Basile !

 Chaque ère géologique semble  enregistrée dans des  strates nettement visibles 

 

Nous partons sur le chemin des mules pour une randonnée  matinale qui descend  à pic vers le Colorado, les gourdes remplies jusqu’au goulot.

On admire  aussi sans rien savoir…

En tous les cas, cette fois, Basile est décidé : il sera géologue. … et peintre « dans une  petite maison au fond d’un grand jardin »,  hermite, « chercheur de tout » parce que l’or, ça ne suffit pas, paléontologue, Ranger, observateur d’oiseaux,  pêcheur de saumon, protecteur des animaux,  surfeur-écrivain, … En attendant, on a encore un peu de chemin…

 Sur la route, 

le store flotte au vent: la Piafmobile se prend pour un navire?  Soit,

 alors cap sur la

 Californie!

 Nous  voguons dans une mer de sable, jusqu’à  une oasis  très artificielle…

Las Vegas : la grande Mascarade!

Le paradis du kitch! ici, tout est faux ; les arbres sont en plastique,  le ciel en trompe l’œil (la lumière décline avec les heures), le bonheur est siliconé !

New York au Nevada!

Nous faisons la visite  en 1 heure des grandes villes européennes, on gagne du temps à Las Vegas!

la  fontaine de Trevi

la tour Eiffel sans son  Trocadéro

On peut aussi  déguster un éclair au chocolat dans une pâtisserie du Marais !

Impressionnant, …et déprimant, quand on sait en plus  l’impact écologique de cette ville artificielle en plein désert,  puisant sur les réserves du lac jusqu’à épuisement, et  provoquant  ainsi son assèchement  dramatique , réduit de 2 tiers en 10 ans! Folie et démesure.

 Los Angeles, Cité des Anges 

Oui, ici, nous avons rencontré nos anges : John, Frauke, Muriel et Madeleine : nous ne nous connaissions à peine mais quel accueil !

En plus d’être notre Post Office (ils réceptionnent nos courriers du CNED, les commandes de livres…), ils  nous branchent en eau et électricité pendant plusieurs jours,  nous donnent toutes les infos pour les visites et  ravitaillements dans  L.A City,  ouvrent leur maison, agrandissent la table,  et surtout nous goûtons au plaisir de la rencontre, une vrai moment de simplicité et de convivialité !

 c’ est la rentrée des classes pour les petits américains…

Dîners très chaleureux,   Frauke est  d’origine allemande et partage joyeusement ses accointances  avec les Européens que nous sommes ;  nous échangeons nos idées  avec elle et  John sur des sujets passionnants ; John est  le directeur d’une école  germano-américaine, en plus de  son métier : réalisateur pour des documentaires TV.

Foucault et Côme  feront sauter des crêpes pour toute une bande de gourmands

 le lendemain,   grâce à la paire de ciseaux de la baby sitter-coiffeuse : grand rafraichissement capilaire!

Finies les vacances…

La rentrée des classes est  lancée : le grands ont  maintenant tous leurs cours et les devoirs à renvoyer :  le réveil sonne à 7h00, pour environ 3- 4 heures de travail par jour, 7 jour sur 7. Le rythme de nos journées change.

Visite du Grammy

 le musée de la musique américaine

Rock and roll, punk,  psychédelique, alternatif, ….Écoute jubilatoire   de Elvis Presley  Bob Dylan, les Beach Boys. ..Interactif, amusant et instructif !

 

 

Au Grand Central Market, chouette, du poisson frais, du ceviche , des tortillas et du bon guacamole !

 Nous oscillons entre l’anglais et l’espagnol depuis plusieurs jours:
  la Californie  nous donne l’occasion de nous familiariser avec l’accent, l’architecture et les couleurs hispano-mexicaines.

El pueblo,  quartier  historique compact et coloré ,  dévoile les  traces de l’ère espagnole en  nous laissant découvrir les bâtiments les plus anciens de la ville:  tout cela nous   met en appétit pour le  Mexique!


La très belle gare  Union Station est un des derniers témoins de l’âge d’or des gares ferroviaires  américaines, art déco et glamour…Là, un chapeau abandonné a trouvé son propriétaire!

 adopté!

 vers San Francisco

 nous décidons de remonter   vers le Nord pour découvrir  la baie de San Francisco. Nous repasserons par Los Angeles, que nous voulons continuer de découvrir: nous reviendrons donc voir nos amis, avant de passer la frontière mexicaine.

Départ vers  Santa Barbara, la 10ème mission franciscaine de la Californie,  qui date de 1786. Les bâtiments originaux ont été construits en adobe  et d’une façon très simple, puis progressivement aménagés.  Les franciscains y cultivaient le blé, le maïs, puis les oliviers,  les orangers; la mission possédait aussi du bétail. Entre 1786 et 1846, près de 5000 indiens Chumash  se convertirent au christianisme.  Des  moines franciscains y résident encore aujourd ‘hui.  La chapelle  nous offre une belle pause familiale. 

saint Francois et un petit piaf!

 des moinillons et des oisillons:

  Dans notre remontée vers  la baie de Monterey, sur la route viticole de Los Olivos,    l’incontournable achat d’une bouteille de Chardonnay fournira la  cave-très sobre- de la Piafmobile. Santé! Plus loin, sur la plage de Prismo Beach, les  surfeurs  guettent LA vague,  tandis des vols de pélicans indifférents les survolent avec nonchalence.  les vagues sont énormes sur toute la côte!

puis route vers  San  Luis Obispo:  nous profitons de l’animation du marché nocturne du jeudi soir  et  prenons un verre  dans un café -librairie- où tout est bio, recyclé et un peu déjanté,   décidément l’art de vivre californien nous plait beaucoup; le patron  vient taper la causette avec les «Europeéens » (nous!),  au milieu d’une faune bobo-écolo très  joviale.

Dans la nuit, nous nous garons tout près de la mission de San Luis Obispo,  le saint sacrement y est exposé ce matin, nous prenons un temps de prière. Ces moments sont toujours ressourçants, paisibles; essentiels.
 les jardins de la mission regorgent de grappes de raisins,  de roses, d’hortensias, une grande variété de cactus et de lézards.

Puis  nous continuons notre remontée sur la Hway 1, Morro Bay avec ses pélicans , ses otaries et  ses  innombrables surfeurs

    La côte est toujours sous la brume , tout est un peu flou et gris, une atmosphère bretonne parfois, et si on entre dans les terres: grandes plaines d’herbe sèche sous ciel bleu. Sur la route vers san Siméon,  nous passons par le marché de Cambria : enfin des petits fruits difformes et biscornus, des tomates jaunes et des figues du pays!
… A Point  Piedras  Blancas, des colonies d’éléphants de mer sur leur lendemain de fête sont affalées sur le sable: ces énormes pinipèdes sont plutôt drôles à voir, à entendre aussi: ils ronflent, soufflent, les mâles  éructent des sons bizarres avec leurs trompes!

Nous prenons la route du Big Sur qui serpente à flanc de falaise dans une brume quasi omiprésente,  et en contrebas, entre chien et loup, nous trouvons un emplacement pour dormir dans le bruit fracassant des vagues.
 Demain, nous irons voir si San Francisco s’embrume…