levers et couchers du soleil

  Utah: suite et fin 

… Des levers et des couchers de soleil 

des piafs dans les arbres

 les piafs sur leurs branches

 Nous vous avions quittés à l’entrée de  la réserve navajo,  Côme a mené l’ enquête pour mieux comprendre ce peuple discret:

 «Le peuple Navajo est une tribu d’indiens qui vit dans une réserve étendue sur 4 états : Nouveau Mexique, Colorado, Arizona et Utah.

 En circulant dans la réserve, j’ai pu  observer que les maisons n’étaient pas  regroupées en village mais dispersées dans le désert.

 Les Navajos habitent dans des maisons appelées « Hogan », sur la route nous en  avons vu plusieurs, à côté des huttes de sudation où ils pratiquent des rites de purification. Ces habitations ont une structure de bois de cèdre rouge recouverte de terre. Leur forme est circulaire ou hexagonale pour que les esprits des ancêtres ne se heurtent pas aux angles.

Durant le XVIè siècle, les Espagnols arrivent dans le Sud-Ouest des États-Unis, colonisent et christianisent cette région et les indiens meurent par millions en raison des maladies apportées par les Européens, l’esclavage et des guerres contre les Espagnols.

Les  Navajos sont issus de 4 clans. Quand un enfant naît, il fait partie du clan de sa mère, par contre, lorsqu’il se présente, il présente son clan,  puis celui de son père, celui de sa grand-mère maternelle et  enfin celui de son grand-père paternel. Il parait que pendant la deuxième guerre mondiale, les Navajos ont intégré  l’armée américaine et utilisaient leur langue comme code secret.

 Les légendes : l’organisation de ce peuple est basée sur le chiffre 4. Selon la légende, les Navajos viennent d’un peuple issu dans le premier monde (noir) migrant vers le second (bleu), le troisième (jaune) et enfin dans le quatrième monde (le monde présent). D’ailleurs, c’est un peuple nomade, ils se déplacent selon les saisons.

Les Navajos vivent de l’élevage de leurs moutons (« churros ») et du tissage de leur laine. Une légende dit que l’art du tissage a été appris aux femmes par la femme-araignée qui les a encouragées à ne pas abandonner malgré la difficulté de la tâche. Autrefois, ils fabriquaient avec cette laine  des vêtements mais aujourd’hui, les femmes tissent  surtout des couvertures et des tapis, nous en avons vu plusieurssur  les étals au bord de la route.

A Monument Valley,  les Navajos vivent du tourisme en gérant le parc tribal, ou en vendant des bijoux, des objets artisanaux sur la route…»

Côme

 Le Monument Valley

Le Park tribal  est géré par la nation navajo; des familles y cultivent encore la terre, passant l’hiver sur les hauteurs et l’été dans les hogans.

les Navajos tirent  profit au maximum du site qui leur appartient, comme une revanche après les abus  du passé,  et montent les prix pour une entrée sur des lieux  sacrés pour eux, mythiques pour nous,  auxquels eux seuls ont désormais accès… A moins de monter dans une jeep tout terrain  conduite par un Navajo muni d’une carte   légitimant  un tarif exorbitant, il est impossible pour la Piafmobile d’accéder  à la route non goudronnée qui serpente entre les  les étroites flèches rocheuses  sur des pistes de sable rouge.

Il faudra négocier afin d’obtenir un prix familial raisonnable pour un tour  au milieu des flèches, mesas et hoodoos.

Le jeu en valait la chandelle, un moment de grâce où nous circulons dans le silence et la lumière rasante du soir entre West Mitten  et East Mitten,  Merrick butte, the  3 Sisters,  et une arche  devant laquelle les 4   boys bondissent comme tigres !

Le soir, nous visionnons dans une petite salle en terre battue la projection de la Chevauchée Fantastique,dans le vacarme assourdissant d’une clim aléatoire. Piteuse caricature, mais le décor est là!

Les journées sont torrides, elles atteignent parfois 50 degrés. Cette fois, pas de camping sauvage, il faut un branchement pour la clim!

Le camping est équipé d’une piscine, on y plonge entre les cours de géographie et les dictées, en attendant à nouveau la relative fraîcheurdu soir . Et au petit  matin, tous les piafs se lèvent aux aurores pour le lever du soleil.

 

le Grand Canyon

Nous retrouvons nos amis de Calgary Laurent et Nathalina, et profitons des connaissances géologiques de Laurent pour comprendre le phénomène exceptionnel du site .

Nathalina

Il y a environ 65 millions d’années, la plaque Pacifique heurte la plaque Nord américaine (aux environ de la Californie actuelle) soulevant le plateau du Colorado et créant les montagnes rocheuses. Le fleuve Colorado se fraie un chemin jusqu’au golf de Californie, creusant le Grand Canyon .  Le canyon fend la terre sur une profondeur de 1600 mètres, avoisinant en moyenne 16 kms de large; les dimensions sont stupéfiantes et la combinaison de profondeur, largeur et longueur rend le grand canyon unique: la plus grande faille du monde !

Les roches les plus jeunes, 270 millions d’années seulement (un clin d’œil  géologique!) sont d’origine volcanique, tandis que  les roches les plus anciennes, au fond du canyon,  ont  2 milliards d’années,  presque la moitié de l’âge de la Terre! La plupart sont d’origine sédimentaire, résultant de millions d’années de dépôts de sable,  de sels et de sédiments,  laissés par les mers et les rivières et progressivement compactés puis transformés en grès. Elles renferment un grand nombre de fossiles, qui font encore le bonheur des géologues, et de Basile !

 Chaque ère géologique semble  enregistrée dans des  strates nettement visibles 

 

Nous partons sur le chemin des mules pour une randonnée  matinale qui descend  à pic vers le Colorado, les gourdes remplies jusqu’au goulot.

On admire  aussi sans rien savoir…

En tous les cas, cette fois, Basile est décidé : il sera géologue. … et peintre « dans une  petite maison au fond d’un grand jardin »,  hermite, « chercheur de tout » parce que l’or, ça ne suffit pas, paléontologue, Ranger, observateur d’oiseaux,  pêcheur de saumon, protecteur des animaux,  surfeur-écrivain, … En attendant, on a encore un peu de chemin…

 Sur la route, 

le store flotte au vent: la Piafmobile se prend pour un navire?  Soit,

 alors cap sur la

 Californie!

 Nous  voguons dans une mer de sable, jusqu’à  une oasis  très artificielle…

Las Vegas : la grande Mascarade!

Le paradis du kitch! ici, tout est faux ; les arbres sont en plastique,  le ciel en trompe l’œil (la lumière décline avec les heures), le bonheur est siliconé !

New York au Nevada!

Nous faisons la visite  en 1 heure des grandes villes européennes, on gagne du temps à Las Vegas!

la  fontaine de Trevi

la tour Eiffel sans son  Trocadéro

On peut aussi  déguster un éclair au chocolat dans une pâtisserie du Marais !

Impressionnant, …et déprimant, quand on sait en plus  l’impact écologique de cette ville artificielle en plein désert,  puisant sur les réserves du lac jusqu’à épuisement, et  provoquant  ainsi son assèchement  dramatique , réduit de 2 tiers en 10 ans! Folie et démesure.

 Los Angeles, Cité des Anges 

Oui, ici, nous avons rencontré nos anges : John, Frauke, Muriel et Madeleine : nous ne nous connaissions à peine mais quel accueil !

En plus d’être notre Post Office (ils réceptionnent nos courriers du CNED, les commandes de livres…), ils  nous branchent en eau et électricité pendant plusieurs jours,  nous donnent toutes les infos pour les visites et  ravitaillements dans  L.A City,  ouvrent leur maison, agrandissent la table,  et surtout nous goûtons au plaisir de la rencontre, une vrai moment de simplicité et de convivialité !

 c’ est la rentrée des classes pour les petits américains…

Dîners très chaleureux,   Frauke est  d’origine allemande et partage joyeusement ses accointances  avec les Européens que nous sommes ;  nous échangeons nos idées  avec elle et  John sur des sujets passionnants ; John est  le directeur d’une école  germano-américaine, en plus de  son métier : réalisateur pour des documentaires TV.

Foucault et Côme  feront sauter des crêpes pour toute une bande de gourmands

 le lendemain,   grâce à la paire de ciseaux de la baby sitter-coiffeuse : grand rafraichissement capilaire!

Finies les vacances…

La rentrée des classes est  lancée : le grands ont  maintenant tous leurs cours et les devoirs à renvoyer :  le réveil sonne à 7h00, pour environ 3- 4 heures de travail par jour, 7 jour sur 7. Le rythme de nos journées change.

Visite du Grammy

 le musée de la musique américaine

Rock and roll, punk,  psychédelique, alternatif, ….Écoute jubilatoire   de Elvis Presley  Bob Dylan, les Beach Boys. ..Interactif, amusant et instructif !

 

 

Au Grand Central Market, chouette, du poisson frais, du ceviche , des tortillas et du bon guacamole !

 Nous oscillons entre l’anglais et l’espagnol depuis plusieurs jours:
  la Californie  nous donne l’occasion de nous familiariser avec l’accent, l’architecture et les couleurs hispano-mexicaines.

El pueblo,  quartier  historique compact et coloré ,  dévoile les  traces de l’ère espagnole en  nous laissant découvrir les bâtiments les plus anciens de la ville:  tout cela nous   met en appétit pour le  Mexique!


La très belle gare  Union Station est un des derniers témoins de l’âge d’or des gares ferroviaires  américaines, art déco et glamour…Là, un chapeau abandonné a trouvé son propriétaire!

 adopté!

 vers San Francisco

 nous décidons de remonter   vers le Nord pour découvrir  la baie de San Francisco. Nous repasserons par Los Angeles, que nous voulons continuer de découvrir: nous reviendrons donc voir nos amis, avant de passer la frontière mexicaine.

Départ vers  Santa Barbara, la 10ème mission franciscaine de la Californie,  qui date de 1786. Les bâtiments originaux ont été construits en adobe  et d’une façon très simple, puis progressivement aménagés.  Les franciscains y cultivaient le blé, le maïs, puis les oliviers,  les orangers; la mission possédait aussi du bétail. Entre 1786 et 1846, près de 5000 indiens Chumash  se convertirent au christianisme.  Des  moines franciscains y résident encore aujourd ‘hui.  La chapelle  nous offre une belle pause familiale. 

saint Francois et un petit piaf!

 des moinillons et des oisillons:

  Dans notre remontée vers  la baie de Monterey, sur la route viticole de Los Olivos,    l’incontournable achat d’une bouteille de Chardonnay fournira la  cave-très sobre- de la Piafmobile. Santé! Plus loin, sur la plage de Prismo Beach, les  surfeurs  guettent LA vague,  tandis des vols de pélicans indifférents les survolent avec nonchalence.  les vagues sont énormes sur toute la côte!

puis route vers  San  Luis Obispo:  nous profitons de l’animation du marché nocturne du jeudi soir  et  prenons un verre  dans un café -librairie- où tout est bio, recyclé et un peu déjanté,   décidément l’art de vivre californien nous plait beaucoup; le patron  vient taper la causette avec les «Europeéens » (nous!),  au milieu d’une faune bobo-écolo très  joviale.

Dans la nuit, nous nous garons tout près de la mission de San Luis Obispo,  le saint sacrement y est exposé ce matin, nous prenons un temps de prière. Ces moments sont toujours ressourçants, paisibles; essentiels.
 les jardins de la mission regorgent de grappes de raisins,  de roses, d’hortensias, une grande variété de cactus et de lézards.

Puis  nous continuons notre remontée sur la Hway 1, Morro Bay avec ses pélicans , ses otaries et  ses  innombrables surfeurs

    La côte est toujours sous la brume , tout est un peu flou et gris, une atmosphère bretonne parfois, et si on entre dans les terres: grandes plaines d’herbe sèche sous ciel bleu. Sur la route vers san Siméon,  nous passons par le marché de Cambria : enfin des petits fruits difformes et biscornus, des tomates jaunes et des figues du pays!
… A Point  Piedras  Blancas, des colonies d’éléphants de mer sur leur lendemain de fête sont affalées sur le sable: ces énormes pinipèdes sont plutôt drôles à voir, à entendre aussi: ils ronflent, soufflent, les mâles  éructent des sons bizarres avec leurs trompes!

Nous prenons la route du Big Sur qui serpente à flanc de falaise dans une brume quasi omiprésente,  et en contrebas, entre chien et loup, nous trouvons un emplacement pour dormir dans le bruit fracassant des vagues.
 Demain, nous irons voir si San Francisco s’embrume…

5 commentaires pour levers et couchers du soleil

  1. les Danest dit :

    waouh…ici on s’empêtre dans les rentrées en tous genres qui n’en finissent pas et qui nous essouflent !!! PROFITEZ !! des bises à tous!

  2. Marie dit :

    Toujours aussi beau !
    J’y crois pas….
    Bravo pour ce passionnant blog,
    Je vous embrasse bien fort.
    Marie

  3. GSQ dit :

    Bonjour, et bravo pour ces superbes récits. En plus de nous mettre des idées plein la tête, nous admirons la qualité de l’enseignement pour toute la famille de ce voyage éducatif, humain et « big »!
    Un grand merci pour vos photos et commentaires.

    Guy, Sandrine et Quentin -cousins de Marie-Pascale- de Montréal!

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