San Francisco y La Baja California

 De San Francisco à la Baja California

5 men, 1 woman, 3 months,  

 See why we’re smiling!

 

 

Joyeux anniversaire  à  ma filleule Alice

 à Aladin et  à Elisabeth!

Aujourd’ hui, 23 septembre, nous sommes au Sud de la Baja California ( Mexique), sur le point de rejoindre la Paz, pour une traversée vers Los Mochis.

Beaucoup de tours de roues depuis notre dernier article, l’eau a coulé sous vos ponts, avec la rentrée, la vie folle de septembre, entre autres. Donc voici une image  de San Francisco dédiée aux  superwomen  en cette folle période:

Et de notre côté, la poussière s’accumule sur les enjoliveurs! Allez, un petit regard dans le rétroviseur, retour quelques semaines en arrière.

Quand San Francisco s’embrume….

Nous traversons le pont mythique. Le métal  rouge  contraste  avec  le bleu du ciel  dans une ligne de brouillard permanent. La traversée est colorée, à l’image de cette ville que nous avons tous aimé, pour des raisons différentes.Il y règne une atmosphère  plutôt décontractée, « cool »,  de ville « ouverte », à commencer par le stationnement : nous trouvons  une place devant la marina, au coeur de l’activité touristique de  Fisherman’s Wharf, pour trois jours sans être inquiétés!

 

Musée des automates

Le long des quais,  nous entrons dans le musée   des automates, et  marchons sur le Pier 39 où des otaries ont élu domicile, étalant au soleil et aux touristes leurs vies  tranquilles. Les bateaux  se mêlent aux nageurs en bonnets, aux pêcheurs de crabes, et aux lions de mer.

On sillonne la ville par le Cable, le  tramway emblématique qui se glisse à travers les collines qui font le charme de San Francisco.

Le soir, les rues de la petite Italie ou de Chinatown s’animent. Nous visitons la manufacture de biscuits chinois  traditionnels, dans lesquels un proverbe, une prédiction sont glissés. Le Chinatown, au delà de ses toits de pagodes et ses lampadaires ornés de dragons, témoigne de la résilience de la communauté chinoise face aux discriminations et aux mafias.

poissons qui sèchent sur un fil, Chinatown

Nous passons devant les graffitis où s’ affichent des opinions politiques, des pensées pacifistes ou révolutionnaires, des fresques murales, traces des émeutes hispano-américaines. Voilà  une ville qui s’affiche, qui se rebelle, se rebiffe. Une ville où des mouvements politiques naissent et meurent.

 

 

Dans le quartier d’  Union Square sont concentrés tous les magasins: on y perd notre sens de l’orientation,  le pull de Basile et beaucoup de temps pour le retrouver!!! San Francisco s’ embourgeoiserait presque dans ce quartier de grands magasins.

 Nous  traversons  les beaux quartiers de Alamo Square et ses grandes maisons victoriennes , colorées et chics, 

et dans   les couleurs arc en ciel  du quartier gay (Castro) , il n’est pas rare de voir des couples homosexuels avec une poussette: l’adoption pour les familles homoparentales  est ici très facile. Nous avons aussi  beaucoup aimé marcher dans les rues de Mission, quartier latino  avec son animation populaire, les taquerias ( tacos et burritos pour les petites faims) abondent,  autour de  la Mission  Dolores.

  le nopal, sorte de cactus qui se mange,  sur les étals de Mission

Beaucoup de « homeless » néanmoins, une pensée pour Ron, rencontré dans le tram, qui  traine sa guitare et sa pauvre mine dans un San Francisco nocturne pas toujours  si coloré…

 La Purissima mission

 

Sur la route, nous nous arrêtons  à Lompoc  autour de cette mission franciscaine de 1787 parfaitement restaurée; elle accueillait près de  1000 indiens Chumash,   encadrés de 5 soldats espagnols. Avec ses bâtiments en pisé, cette mission  espagnole figure parmi les plus évocatrices de Californie. Tissage ,  agriculture et élevage, travail de la vigne, maroquinerie étaient les tâches quotidiennes. Pour leur propres besoins  et aussi  pour développer l’économie espagnole. On nous dit que les Chumash, peuple docile,  s y trouvaient bien, c’est vraisemblable, il semble qu il y règnait une certaine harmonie. On nous dit aussi  qu’ils n’étaient pas  des esclaves; néanmoins,  ils encouraient de fortes sanctions s’ils quittaient la mission!

 Le jour de notre passage est un jour spécial : des bénévoles mettent en scène la vie quotidienne de la mission, ça tombe bien!

fausse confession avec un faux franciscain!

confection de tortillas, à base de mais et d’eau

 

 

  

Après avoir tous mis la main à la pâte,  nous poursuivons vers le Sud.

Los  Angeles BIS

Barbecue  et smores !

Comment mieux quitter les Etats-Unis qu’autour  d ‘une table avec une  chouette famille américaine, ouverte,   drôle, curieuse, simple. Dans une conversation autour des conquêtes napoléoniennes, Théophile et John rivalisent de connaissances! Avec les Mora, de réels liens d’amitié se tissent, nous espérons vous retrouver un jour, de l’autre côté de l’Atlantique.  Vraiment super, merci merci la famille Mora!

John, Frauke, Muriel, Madeleine, et les piafs

 Puis  à la paroisse  française Saint Sébastien, nous avons la chance d’arriver le jour d’un enseignement autour de Louis et Zélie Martin, parents de la petite Thérèse. Nous découvrons ce couple, qui a traversé ce que d’autres familles traversent, préoccupations  éducatives, matérielles, problèmes de santé, le deuil,  la guerre…

 Nous saisissons la chance de suivre, en français cette fois, une conférence sur   Sainte Thérèse, patronne des missionnaires, qui invite à la confiance.

 Et une rencontre amusante et inattendue: des amis de la famille! (pour les Saint-Bo de Rennes!)

 La Jolla,  tout près de San Diego, des vagues avant le Mexique.

Classe et jeu sur la plage de la  Jolla, au milieu des surfeurs et des familles chics et décontractées, qui votent Obama,  mettent des panneaux solaires  sur les toits de leurs maisons, mâchent du chewing gum en faisant une Party sur la plage avec un verre de vin  du viticulteur du coin.

Pour nous, drôle de sentiment mêlé d’ un peu d’appréhension  et de beaucoup de curiosité avant le passage  de la frontière mexicaine.

 Nous prolongeons de quelques heures  notre séjour dans ce pays si sûr, où nous  circulons en  sécurité, où  tout est conçu  pour les RV, où nous avons pu souvent camper « sauvage » sans problèmes. Ici tout est  facile: relations,  approvisionnement, routes…Quant  à nos aprioris, nous avons sans doute un peu mieux compris ce qui fait   l’  » identité américaine' »: avant tout sa grande diversité, entre l’ héritage  puritain Mormon, la liberté californienne, les patriotes du Montana,  les métis,  les fermiers du  Wyoming, les latinos,  les chinois, les cow-boys et les Indiens,  le souffle d’indépendance de la côte Ouest, un pays où  l’ on est le Guys de tout le monde…

Nous savons  mieux qu’avant qu’il est impossible de dresser 1 profil américain.

 Mexico

 

Tijuana

 Nous passons la frontière sans encombres, c’ en est étonnant: aucun contrôle, on ne nous demande même pas  nos passeports!!! Dans l’autre sens,  la file de voitures est impressionnante.

 Les États Unis sont séparés par 3140 km de frontière terrestre entre le Pacifique et golfe du Mexique.

 La plupart des américains qui passent la frontière viennent pour la journée ou quelques jours de vacances à la recherche d’exotisme. Mais avec la crise,  les cartels, le trafic de drogue, les appréhensions croissent et les occasions de bonnes affaires  ont fortement diminué. Le mur est de plus en plus surveillé par des patrouilles dressées pour dissuader les immigrants clandestins.

 La rencontre de 2 mondes est contrastée, et même si la Baja California est encore très proche des  USA, nous plongeons rapidement dans une atmosphère bien différente. Un autre voyage commence.

 Ensanada

A quelques encablures de Tijuana,  nous trouvons à Ensanada un accueil très chaleureux  de David, qui est le directeur du centre des arts à l Université. Merci à Xavier pour ce contact!

Il semble que nous devions désormais anticiper davantage nos lieux de couchage, qui doivent être sécuritaires. Nous trouvons donc un camping surveillé, conseillé par David.

Nous passons une bonne partie de notre premiere journée à régler des questions pratiques,  cartes mexicaines sur le GPS, nouvel abonnement  internet, banque,…milles petites choses. Pendant ce temps,  les enfants préparent leurs premiers devoirs à envoyer, et nous reprenons un rythme musical un peu délaissé ces derniers temps!

Le lendemain, nous sommes chaleureusement invités à participer aux cours d’art à l’université.

Visite des ateliers , des salles de cours, de répétition, de concerts,  nous pressentons que l’art sous toutes ses formes peut  créer des liens et devenir un langage commun. Dans une petite salle, Théophile travaille ses morceaux de piano, Basile, Côme et Caroline participent au cours de dessin de Maestro Gustavo, Foucault assiste  avec Luc à une répétition d’orchestre. Et le soir, danse africaine. Que du bonheur!

Merci à Lorena et David pour le tour guidé et le super accueil!

 Et a Eulogio et sa femme Monica,  rencontrés au hasard, qui  dressent avec nous l’ itinéraire, nous conseillent sur les routes, les bonnes adresses, très utiles pour la suite du voyage:

 Mais le soir, en rentrant de l’université,   vent de panique… De retour vers le camping, nous trouvons porte close, nous appelons: personne.

 Luc passe au-dessus de la grille, en vain.

 Nous devons trouver une autre solution pour la nuit.

 Beaucoup nous ont conseillé de ne pas rouler de nuit, nous sommes encore un peu verts pour connaitre les risques réels:  nous finissons par trouver l’adresse d un  RV park au sud de la ville, allons-y!

 Nous  arrivons de  nuit dans un camping pour gringos, vide,  près d’une plage . 

 le lendemain  sera un jour de fête:  El grito!

 Le mois de septembre est le mois de la Patrie, chacun y va de son drapeau mexicain et ce vendredi 15 septembre:  c’est la Fête de l Indépendance  du Mexique, jour de liesse!

en 1810, un prêtre, Michel Hidalgo , versé dans la littérature révolutionnaire, entraine avec lui un grand soulèvement populaire vers  l’ indépendance, le Mexique se libère de l’occupation espagnole.

Sur la place,  tout  le monde chante l’hymne national, en scandant après le discours  enflammé du maire  des  Viva Mexico!

Nous ne sortons peu notre appareil photo: tout près de nous, des militaires cagoulés et bien armés préviennent les jeunes manifestants qui dressent des banderoles au sujet du tarif  « inacceptable » des transports publics, dans une ambiance plutôt bon enfant. L’opinion s’ exprime, sans trop de heurts finalement.

 Dans notre camping de luxe,  c’est le weekend, l’espace vide se remplit, ouf, on se sent moins seuls! Des familles montent leurs tentes, dressent les tables,  réchauffent les tortillas.

Qui disait qu’ un sourire est le plus court chemin entre 2 hommes?

Basile  a retenu la phrase, et il confirme: »ça marche! » Lui  et Théophile, équipés de leurs seuls sourires,  ouvrent  bien des portes!

 Nous passerons la soirée en joyeuse compagnie de la grande famille Miranda ( 30 personnes),  on nous nourrit de  délicieuses tortillas de viande, et du chile  muy picante!

 Basile et Théophile jouent un quatre mains  et  Théophile offre une sonate de Beethoven  autour du feu.  Un très bon moment.  Quant aux  grands, ils observent tranquillement et exercent  leur espagnol.

Le lendemain matin,   nous sommes attendus pour un petit déjeuner de frijoles ( fèves) d’omelette au chorizo , et quelques chansons mexicaines.

 Nous sommes touchés par l’accueil simple et  fraternel.  Au fil des conversations, nous réalisons qu’une même foi nous unit, et un goût  commun pour un monde de paix. La violence médiatisée les offense:  si elle existe, le Mexique, ce n’est pas seulement cela.

 Une petite famille nous offre un bidon fort utile pour la route: fini l’ eau potable  au robinet,  il faudra désormais acheter des « carafones »!…ou la purifier.

A   Grabriel  y Analilia y a la familia Miranda: MUCHAS GRACIAS

La Transpeninsular

Nous traçons la route,  les décors changent: des cactus, des petits villages, des routes de tôle ondulée, une langue de terre sans fin dans le désert entre le Pacifique et la mer de Cortès.

Dans la Piafmobile, certains, les 2 vieux,  ont l’heureux sentiment de se laisser peu à peu déposséder,

et  les autres, les 4 jeunes, de  s’enrichir au fur et à mesure; la vérité se situe sans doute entre les deux.

  La Transpeninsular est parsemée d’ une extraordinaire variété de cactus, qui dressent leurs têtes épineuses vers un ciel toujours bleu. Touchante, émouvante végétation qui pousse  dans  un  milieu  où rien ne semble fait pour la vie.

Les saguaros, les cereus,  l’arbre boojum, les aguaves, les cactus tonneaux… Certains atteignent patiemment  leur taille maximale en 150 ans, profitant de la moindre goutte tombée du ciel. Les Mexicains les utilisent dans l’alimentation, la boisson ou pour fabriquer des hameçons, des barrières, des meubles.

A certains moments, nous réalisons plus qu à d’autres que nous « voyageons », ces paysages nous emportent.

 Grâce aux conseils  de Eulogio, nous dormons chez   Oscar son ami, qui tient un ranch  dans les environs de Catavina. Un homme tranquille, souriant dans un cadre tranquille et souriant.

 

 

Bahia de los Angeles

 Là où une petite communauté d’anciens hippies et de  gringos côtoient quelques locaux. Après  les paysages désertiques,  nous passons côté Golfe de Californie, ou mer de Cortès,  pour une eau bleue turquoise et chaude.

 Une drôle d’atmosphère dans un paysage qui pourrait être paradisiaque si tout ne  semblait pas  à ce point laissé  à l’abandon… et s’il ne faisait pas si chaud!

 Les enfants passent donc la moitié de la journée dans l ‘eau, à observer au masque les poissons et les étoiles de mer,  ou équipés de  leurs cannes à pêche. Au large, rôdent les requins baleines, dont nous voyons émerger les ailerons.

Classe  tôt le matin et  en fin d après midi, quand il fait moins chaud. Les enfants sont plus efficaces après un bain!

San Ignacio

Camping au milieu  d’une oasis,  d’une palmeraie de dattiers,  un petit paradis… Manuel nous accueille à la tombée de la nuit, nous sommes ses seuls visiteurs.

Le lendemain matin,  les enfants découvrent le campement, et sont enchantés par  le lieu:

Nous creusons dans la terre  un trou pour notre vidange d’eau sale, il était temps  et Manuel nous emmène chez lui pour faire le plein d’eau, il était temps aussi! (ça c’est pour les amateurs de questions pratiques!)

Nous visitons la très belle mission dédiée à Saint  Ignace , le pèlerin qui nous inspire pour la route (merci aux Xavières du site Vers dimanche!).

Fondée en 1728 par les Jésuites avant leur expulsion du Mexique,  l’église  présente une façade blanchie à la chaux avec des détails en pierre de lave rouge, et des niches abritant Saint Pierre et Saint Paul. Les 2 saints encadrent une porte principale au linteau finement sculpté. tout est sobre, clair. Recueillant.

 jour d’ anniversaire d’Alice, sans réseau pour te le souhaiter joyeux, mais  une pensée toute particulière pour toi!

 

Sur la place,  pendant  que certains font un petit marché pour remplir le frigo de mangues, d’avocats, de figues de Barbarie,  d’autres sortent les crayons pour un « dessin d’observation « , comme dit Basile. Un moment tout spécialement dédié à Chine et à sa maman Marie Pascale.

 

Santa Rosalia

  Avec ses maison en bois, leurs larges balcons, la ville a des allures de Caraïbes. Ici, les français se sont  établis pour exploiter le cuivre jusqu à épuisement, de 1880 à 1950. Une trace de la présence de nos compatriotes:  Santa Barbara, une église conçue par Gustave Eiffel!

  Mulege

 notre premier camping sauvage!

 pas si sorcier…

 

 Après dix minutes de marche, nous sommes tous en nage!

 

Bahia Concepcion

 Où nous vivons comme des Robinson!

 sur la playa El Coyote, seuls au monde!

La chaleur est suffocante, la mer est transparente,  presque trop chaude (dur!). Nous n’avons rien d’autre à  faire que nous baigner, et manger  toutes crues les almejas,  sortes de palourdes géantes, et les » chocolate », plus petites . C’est délicieux. On fait la vaisselle au sable  et au citron, pour  économiser l’eau,  on boit boit boit,  et puis  en moins  de 2 jours de paradis, tout le monde est d’accord pour retrouver la vie, les gens, un peu de frais: direction Loreto!

  …Pour un  camping avec de l’électricité!!! Et une connection Internet qui ne saute pas toutes les 10 minutes!!!! Youpi!

 Nous pouvons enfin vous écrire,

et chercher les infos pour le ferry que nous prendrons demain, samedi 24, à La Paz  pour Los Mochis.

  Nous retrouvons donc la Transpeninsular dans une dernière foulée avant la traversée,   et descendons toujours plus, vers le sud,  et vers  un inconnu qui nous attire.

2 commentaires pour San Francisco y La Baja California

  1. BRICOUT dit :

    coucou, c’est Lancelot !!
    c’est trop bien ce que vous faites ….j’aime bien regarder vos photos, c’est beau !
    bon voyage !

    coucou c’est Blandine,
    on vous souhaite bonne route au Mexique … et effectivement, attention à la sécurité : encore cette semaine, double page dans le Monde sur la violence dans les villes mexicaines avec schémas, statistiques etc .. Mais sur les plages, à vous voir, ça a l’air très calme !! Profitez bien de ces rencontres et de ces magnifiques paysages …
    On vous embrasse !

  2. Lucie dit :

    Salut la compagnie,

    J’ai un projet pour vous à la fin de votre périple: écrire un livre édité chez Paulines et venir donner une conférence à la librairie.

    Bye bye

    Marlu x x x x

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