La fin de la Baja, la rencontre d ‘un autre Mexique

 

 la fin de la Baja 

la rencontre d’un autre  Mexique

Depuis notre départ de la Paz, un  autre voyage   a commencé. La Baja  California est loin derrière nous, c’est un autre Mexique, celui que nous espérions, le VRAI?, que nous traversons maintenant. Puissent les lignes qui suivent vous faire voyager avec nous,  depuis les bleus  couleur Pacifique jusqu’au vert profond de la jungle vers laquelle nous nous enfonçons maintenant.

Loreto

 la ville de la première mission Jésuite, fondée en 1697. Un musée retrace l’histoire de la présence de la Compagnie de Jésus (jésuites) , témoignage  respectueux d’un ordre  qui fit son travail d’évangélisation, mais aussi d’organisation de micro- sociétés  démocratiques. Précurseurs et dérangeants pour la Couronne Espagnole, ils devront quittter le pays.

 

La Paz

    Après des heures de recherche dans la moiteur, avec un GPS défaillant, nous sillonnons  les rues de la ville de la Paz sans panneaux ni signalisation,  pour remplir  les papiers pour la traversée.  Il nous manque le permiso de transbordo pour la Piafmobile.  Quid?  Nous courons les bureaux, les couloirs, faisons les queues nécessaires pour  finalement  pointer nos pauvres mines en nage devant un guichet fermé! Arrivés une demie heure trop tard, rien à faire, il nous faudra attendre lundi.  Bon. Sans regret, nous   prolongeons notre séjour à la Paz où règne une ambiance plutôt « balnéaire ».   Ces deux jours supplémentaires nous permettront de rencontrer Zazil et Jose-Manuel,  grand merci  à Laetitia pour ce contact génial!  Ces  deux médecins, avec leurs  enfants  Manolo et Marianna, nous accueillent à bras ouverts : nous garons la Piafmobile devant leur sortie de garage, remplissons nos réserves d’eau, profitons d’une douche, d’une  machine à laver mais surtout d’un moment de convivialité simple et chaleureux.

  Un atelier peinture improvisé  à la maison  réunit nos enfants dans une joyeuse concentration artistique!

 

tamales, pâte de mais cuite dans ses feuilles

Et le matin: petit déjeuner  gastronomique de  délicieuses tamales.

Nous gardons en mémoire cet accueil  généreux. Saurions-nous  en faire autant avec des étrangers? Merci merci pour  ces 2 jours!

Le lendemain matin, départ pour une virée dans la Pacifique, une journée  bleue commentée par les enfants:

 

Les dauphins 

 Basile

 Le capitaine du bateau s’appelle Miguel. Nous le  retrouvons  sur la plage et nous lui disons: « hola! ». Il nous a emmené  pour voir les dauphins, c’était incroyable. La mer était bleu turquoise,  on voyait  de loin les dauphins qui sautaient quand Foucault nous dit:  » Regardez  là bas! Des dauphins! »

 Miguel   a accéléré et nous  a emmené vers les dauphins.  Une fois arrivés, on aurait dit qu’ils faisaient la course avec nous. Nous disions:  « Ah, on va les écraser! »

Ils étaient au-dessous de la barque. C’était drôle! On voyait pleins de dauphins sous l’eau: on les voyait très bien! Il y avait des gros et des petits dauphins et ils nous suivaient tout le temps. J’ai  envie d’y revenir.

Une journée Club Med? 

Tout y est: le bleu  de la mer, le sable blanc,…  

 un peu plus loin, nous plongeons pour observer de près le requin baleine:

 au dessus de l’eau, une énorme masse informe…

vaguement tâchetée

plouf!

au -dessous, un MONSTRE !!!

Le requin baleine

Théophile

 Nous cherchions impatiemment  le  fameux requin baleine en guettant la surface de l ‘eau. Enfin notre capitaine Miguel le localise. Il nous prête  masques palmes et tubas. Foucault et moi hésitions d’abord, mais encouragés par la famille, nous plongeons le voir.

Le requin baleine était tâcheté et sa bouche carrée était  étonnante.Il l’ouvrait puis la refermait, se nourrissant de plancton.  La bête était ENORME: 8 mètres de long!!! Quand on observait le fond de la mer, cela donnait le vertige parce qu’on ne le voyait  pas :  j’ imaginais que quelque chose allait surgir des abysses! Autour de lui, tournoyait un banc de poissons tandis que  d’autres poissons,  se collant à sa peau rugueuse, le prévenaient des prédateurs. Il allait et revenait lent comme un escargot et semblait inoffensif. C’ était exactement comme dans les documentaires marins.  »

 

Les poissons multicolores et les lions de mer

 Côme

 

 

Nous étions arrêtés à côté des otaries de l’île Espiritu Santo. Le capitaine du bateau nous invite à plonger avec masque, tuba et palmes (Basile a quand même perdu une palme, c’était sûr!) pour observer les poissons. Nous les avons regardés en nous accrochant au bateau pour résister au courant très fort. Ils étaient partout: en-dessous , à côté, au dessus de nous… Nous pouvions même les toucher! Jaunes à rayures blanches, oranges à points gris,  ou encore des longs  d un bleu métallique… De toutes les couleurs et de toutes les formes!  

Plus loin, les otaries poussaient leurs cris plaintifs mi-humains, mi-chiens sur les rochers, s’étalaient les unes sur les autres en grognant. Certaines étaient toutes seules dans leur coin en train de bronzer ou en pleine séance de yoga : immobiles sur le dos, les nageoires en l’air. Ou encore, on pouvait assister à des scènes familiales: câlins ou disputes qui se terminaient le plus souvent dans l’eau. Bref, un vrai spectacle visuel et sonore mais aussi vraiment de quoi rire! 

 

 

 

 

la pêche au gros

Foucault 

  Après  le requin baleine, les dauphins, les otaries et les poissons multicolores, nous avons fait de la « pêche sportive » (terme américain pour désigner « la pêche aux gros ») à la sortie de la réserve d’Espiritu Santo. Au bout de 10 minutes de traine, on entend se dérouler une de nos  quatre cannes à pêche.

Enfin, un de mes rêves se réalise: ce n’est pas  un petit poisson de lac, mais un vrai, bon, gros et beau poisson de mer : une dorade mexicaine de 6 kg ! Le terme « pêche sportive » et très bien choisi pour ce genre de loisir. Nous avons pris tour à tour la canne à pêche  pour essayer de monter à bord du bateau ce gros poisson, et nous avions l’impression de trainer un rocher ! Toute la famille abandonne, trop fatiguant, trop lourd, pas assez de technique et ni  de force. 

Reste plus que notre guide Miguel, avec toute la maitrise d’un pêcheur expérimenté. En 5 minutes, il nous ramène cette magnifique dorade.

 Quand nous arrivons au port, il la découpe en filets, que nous avons mangés le soir avec la famille de José-Manuel et Sazil: un régal ! ?6 +4 personnes, il en restait encore…

Départ 

le lendemain, nous devons traverser la mer de Cortes…Non sans difficulté.

Nous devons payer de notre ignorance, voire  de notre naïveté au passage de la « frontière »‘.  Vraiment, la Basse Californie est un état mexicain  à part.   Ici,   pour rejoindre l’état de sinoloa de l’autre côté du golfe, nous passons enfin des douanes normales avec visas et tampons,  devons photocopier nos papiers et… payer une amende salée! A Tijuana, nous avions été surpris de n’avoir eu  rien à présenter: omission de la douane mexicaine,  ignorance de notre part? Les deux mon capitaine! Résultat:  en toute bonne foi, nous avons roulé illégalement  jusqu’à la Paz! le Nord de la Basse Californie  est une zone frontalière pour tous les gringos (  vient de « Green…Go! »,  signifie: les « américains ») en mal d’exotisme qui ne traversent jamais  la mer de Cortes. Ce n’est pas le cas des piafs qui doivent s’ envoler vers Zacatecas où Bricia les attend!  Nous passons des heures interminables avec les services de Migracion,  et ouf! Embarquons de justesse  sur le gros ferry  pour 8 heures de traversée  vers Topolobambo  ( on aime beaucoup ce nom rigolo) .

Nous arriverons tard le soir,  confiant  notre nuit au garde du parking de l’embacadère. De  Topolobambo, route vers Mazatlan : nous trouvons pour la nuit un camping avec cocotier, eau chaude et toilettes. Foucault se réjouit de se servir de notre unique couteau de cuisine comme machette et offre du lait de coco à toute la famille! Il fait encore très très chaud, nous prenons la route tôt le matin  vers le coeur colonial du Mexique.

 En traversant   le Tropique du Cancer, les Piafs ont   un peu mal au coeur sur la longue route escarpée  jusqu’ à  Zacatecas. Cette fois, impensable  de sortir les cours…Et après des semaines de végétation désertique, quel bonheur de voir  les feuilles des arbres!

  Sur la route,  petite halte avec les routiers, pour des « huevos con jamon » et sieste du chauffeur.

 

 Nous grimpons et gagnons en altitude ( jusque à 2700 m) et en fraicheur. Pour  enfin arriver le soir dans la première ville coloniale:

 Zacatecas 

 Vivre avec…

 Arrivés dans la nuit, nous nous perdons dans le dédale des rues étroites du centre,  la police nous interpelle: nous avons pris un sens interdit ( sans signalisation, pas facile de savoir)! Et au passage  la Piafmobile  aurait tordu un feu (?): là, on ne plaisante plus, nous devons passer la nuit au commissariat, en attendant que l ‘assurance fasse sont travail… Bricia, chère Bricia,  court à notre secours,  Gracias a Dios!

 Nous assistons à une scène locale   presque pittoresque de pourparlers entre  les locaux qui  nous aident et la police municipale,  butée, de mauvaise foi,  campée sur ses positions  dans l’espoir de quelques pesos pour balayer l’affaire. Une femme énergique et son amie photographient  même les policiers, leur demandent leurs matricules, et finiront par chanter avec nous  dans la rue la Marseillaise  qu’ elles connaissent mieux que nous (!) suivi de l’hymne  national  mexicain,  tout aussi révolutionnaire!

 

Nous comprenons peu à peu la solidarité des mexicains contre la corruption banalisée des services publics. Tout finira  par s’arranger après des heures interminables  grâce  à l énergie, la force de persuasion, la diplomatie et l’humour de notre incroyable nouvelle amie Bricia.

  Retour au calme dans le quartier de Guadalupe, où vivent Bricia et Johnatan, avec leur adorable petite fille Sofia.

 La Piafmobile s’y installe pour quelques jours, se recharge en eau et électricité. Et nous , nous entamons un séjour de discussions tardives et arrosées, instructives et chaleureuses,  en très bonne compagnie.

 Vivre avec Zacatecas

  « Es su casa » une phrase que nous entendrons souvent de la part de nos hôtes,  l’hospitalité mexicaine  n’est pas une légende!

Bricia

 Une  femme d’énergie gourmande, d’esprit, d’humour, de générosité … Elle nous accueille, nous offre le gite, organise les rencontres, les visites… Nous rencontrons ses amis, Cristina et Jorge, et leurs enfants Danielle et Jorge .

 

Jonatan

Cristina

Jorge

Ingénieur de formation, Bricia n’a pas trouvé de travail dans sa ville d’origine ( après les études, on revient souvent vivre près des siens, les liens familiaux sont quotidiens). Le nombre d’entreprises étant limité dans son domaine, elle se reconvertit en prenant la direction d’une garderie, bientôt 2. Ici,  beaucoup de personnes, diplômées ou non, tentent leur chance en passant la frontière, mais les hommes ne reviennent pas forcément…

 Sa mère, sans pension après la mort de son mari, a monté un petit commerce au cœur de Guadalupe, et régale les habitants de « tortas ». Cela suffit pour vivre décemment. Le soir, elle prépare pour nous un posolle verde, délicieuse soupe au poulet. 

Quessadillas,  tamales,  tortas, possole, tortillas,  burritos,… todo es tan rico!

 des piments, des piments, encore des piments…

 

Comme dit Juan, le père de Cristina, « nos estomacs deviennent universels »!  Ce  professeur de philosophie nous offre le livre qu il a écrit sur l’histoire de sa famille, reflet passionnant de l’histoire du peuple mexicain. de la lecture pour la route!

 Nous sommes curieux les uns des autres, et très vite, nous nous sentons à l’aise, comme avec de bons vieux amis. Au fil de ces 4 jours passés ensemble, nous échangeons sur  les situations économiques, les questions de société de nos pays  réciproques. La crise actuelle est forte. Le monopole de l’information abrutit les consciences,  la corruption de la police  est monnaie courante. Et comment ne pas  parler de la  grande pauvreté,  dont  les narcotraficants tirent profit:  certains préfèrent rejoindre des cartels qui leur permettent de vivre décemment pour quelques années au risque de leur vie (leur espérance de vie  est alors réduite à 2 ou 3 ans.).   Si les séquestrations, les  meurtres  entre clans font l’actualité, c’est une minorité qui sème la terreur.  La vie est faite de réunions familiales, de bons repas, et les mexicains que nous rencontrons aiment leur pays, sont fiers de leur culture.

Pour nos amis, face à la violence, la seule issue réside dans l’éducation et la formation universitaire qui restent de bon niveau. Malheureusement,  par  manque d’offre, les étudiants ne trouvent pas de travail et quittent souvent le pays.

 Malgré tout, un marché parallèle permet à beaucoup de survivre, l’humour et l’amour de la vie sans doute aussi. 

Difficile de résumer ce temps durant lequel  non seulement nous avons appris, mieux saisi les difficultés que traverse le Mexique, apprécié la forte identité  culturelle mexicaine, mais aussi et surtout pendant lequel nous nous sommes sentis entre amis, entre « semblables ».

 Les enfants vivent à leur hauteur  leur propre expérience d’échanges et d’amitié,  communiquant par gestes, mimiques et jeux.  Le langage « Gépalémo » fonctionne  très bien!

un invité dans la Piafmobile!

Foucault et Côme ont leur part d échange, avec un neveu de Bricia entres autres, et les jeunes étudiantes de Zacatecas! Au fil des jours, nous parlons  tous de mieux en mieux espagnol.

Nous ne faisons que passer mais chacun de son côté, ouvrant la porte sur son monde,  l’élargit vers un monde  différent.

De loin, les paysages humains sont les plus beaux que nous ayions traversés.

 Zacatecas, la ville rose

Palacio legislativo

 la  façade chirrigueresque de la cathédrale de Zacatecas 

  le palacio de Gobierno sur la Plaza de Armas

 

Nous sommes désormais  dans le coeur colonial, et plongeons avec bonheur dans la grande histoire  mexicaine.  Il faut dire que nous sommes comblés de couleurs, de richesse architecturale, d’odeurs, de plats pimentés. Les enfants  qui jouent librement sur les places après l’école viennent facilement nous voir.

Toutes ces villes se sont développées  grâce aux gisements métallifères qui fournissent à la couronne d’ Espagne de l’or et de l’argent.  Des fortunes y naissent, et l’architecture en témoigne largement avec ses  édifices baroques,  ses manoirs opulents, couvents, églises, qui profitèrent aux espagnols venus exploiter les richesses naturelles, abusant   souvent de l’hospitalité naturelle des peuples indigènes. Ce cœur colonial était autrefois  un carrefour de convois muletiers d’or et d argent vers la capitale, de laquelle ils revenaient chargés des merveilles européennes.

 Guanajuato

 Nous trouvons avant la nuit  une place en pleine campagne, à quelques kms de la ville. Nous apprenons la naissance d’Aliette: bienvenue  au monde  chère petite nièce et cousine!!! 

Les journées commencent toujours par le travail de  classe, les garçons sont vraiment volontaires et réguliers! 

Puis nous enchainons par la visite de cette ville  colorée qui nous a   beaucoup plu! Nous avons  simplement pris plaisir à  nous perdre dans ses ruelles, allant de surprise en surprise,  découvrant les places arborées, les fontaines, les balcons en fer forgé…

 

 

 la Basilica de nuestra senora de Guadalupe:

 

 

 

 

San Miguel de Allende

 Nous sommes accueillis par Jose Luis et Cristina , leurs enfants Abraham, Cristina, Gabriela, Daniela.

 

MERCI LUIS POUR TOUS CES CONTACTS MAGNIFIQUES!!! 

Encore une fois, la Piafmobile s’arrête pour quelques jours devant la maison d’une famille dont nous partageons  le rythme quotidien, les allers et venues d’école, de travail, de repas, de discussions… quelques jours où chacun fait part à l’autre de ses goûts, ses projets, ses rêves aussi, et des préoccupations du moment .

Après un diner de burritos, les garçons jouent leurs pièces musicales dans le salon, tout le monde est ravi!

Nous suivons le  rythme de la famille en sorties aussi, sur la place le soir,ou au Balnearios le vendredi, après l’école:   Nous  nous sommes amusés et détendus avec eux   à las Grutas, source d’eau chaude à 40°c,  un très bon moment!

 

 

 

la ville de San Miguel de Allende

    Encore une ville classée au patrimoine de l Unesco ,  à chaque ville coloniale sa singularité. Nous avons été séduits par  la lumière particulière,  la douceur de vivre sur la place centrale dominée par les tours roses de la  Parroquia. On est surpris de voir autant d’américains; visiblement, ils se sont passés le mot! Depuis plusieurs dizaines d’années, une large communauté d’artistes  vient y construire ses maisons (dont notre ami architecte trace les plans, entre autres) ce qui confère au lieu un certain chic et pas pour autant dénaturé.

Les rues  sont bordées de riches demeures espagnoles dans l’harmonie des murs ocres qui colorent la ville. Le contraste avec les nombreux mendiants est frappant…Le gouvernement donne en espèces  (lait, céréales…) un minimum vraiment minimum aux familles démunies. En plus d’une pauvreté généralisée, il s’agit souvent de femmes dont le mari a passé la frontière pour une autre forme de servitude, celle qui l’attend aux USA.

 Atotolnico

Dans les environs, un sanctuaire construit par les indiens, petit village isolé et tranquille qui nous a beaucoup plu.

Nous devons continuer la route,  les questions fusent  pour la suite, le Mexique est immense, nous n’en ferons jamais le tour…  La ville de Mexico est-elle incontournable? Le Michoacan est-il si dangereux pour nous? Nous connaissons déjà le Yukatan,  et le Chiapas nous attend. Nous commençons à penser au Guatemala: où passerons-nous la frontière?

 Sur le conseil de nos amis, nous évitons Morelia pour des questions sécuritaires: il semble que ce soit   ces derniers mois le  berceau d’un des plus  grands cartels de drogue… A regret (surtout parce que nous ne pourrons rencontrer la famille de notre ami Luis), nous prenons  donc directement  la route vers la mégalopole Mexico DF, où nous serons hébergés  par la communauté saint Jean.

Mexico DF

 Grand grand  MERCI à Jean-Marie et Marie!!!  Nos  généreux guides-conseillers pour Mexico :  on vous attend en France, avec vous trois adorables bambins! Ils   seront les indispensables intermédiaires auprès  du père Jean Maximilien qui nous accueille.   La Piafmobile trouve grâce à eux une place idéale pour nos excursions et pour notre ressourcement au coeur de Mexico DF,  à la paroisse française. Génial!

La communauté saint Jean, religieux et religieuses, est à MEXICO depuis  1995. Jean Maximilien arrive du Togo, connait bien le Mexique. Ici, le travail ne manque pas. Nous cotoyons pour quelques jours la communauté française de Mexico: voilà bien longtemps que nous n’avions pas parlé la langue de Molière!

 « Maman, les français aussi sont généreux!  » Mais oui, il n y a pas que des familles ronchonchons! Sophie nous prête sa voiture, métamorphose notre  sac de linge sale en une pile de vêtements tout propres et repassés,  MERCI!!! Florence et Yann(coucou Edouard!)  nous convient à un repas français et familial avec confit de canard s’ il vous plait, MERCI aussi!!!On  vous retrouve bientôt sur nos traces?

Et  Jean Marie et Marie, adorables,  passent  le dimanche avec nous,  nous inviteront chez eux,

nous emmènent à Xochimilco d’abord.

  

Bain de foule dominical  au milieu des Mexicains qui  louent une  lancha  ( longue barque)  pour fêter l’anniversaire de la grand mère, les 3 ans de la dernière, ou tout simplement  pour déjeuner sur l’eau  en  écoutant les mariachis . Une atmosphère colorée et détendue  avec la famille Gerbaux.

Ces canaux  retracent pour quelques instants l’histoire de l’ancienne  capitale aztèque Tenochtitlan, autrefois vaste  ville flottante bordée de volcans. En  2 ans, Cortes soumet le peuple aztèque  et fait raser la ville. Dans Mexico, ce terrain muable et  le tremblement de terre de 1985  contribuent à l’ affaissement  des bâtiments. plus loin, San Angel,  à San Angel,

 une marchande d oiseaux fait piocher  un message  par son piaf …pour un autre piaf!   (courant, parait il…)

Le lundi, nous découvrons Mexico. Une mégalopole  monstrueuse, la troisième plus grande ville du monde.  On s’entasse dans le métro, les bus, les metrobus  ou dans les peseros (minibus bringuebalants complètement rouillés filant à folle allure  sur les artères  bondées  et vous conduisant  d’une bouche de métro à l’ autre) serrés comme des sardines au milieu de mexicains impassibles.   

 le Zocalo, la troisième place par la taille après la Place Rouge et la place Tian Anmen!

 Partout, dans le cœur historique, sur le Zocalo, on regarde comme des badauds les boniments, les vendeurs de carnets de blagues ( les fameux « albures »sorte de calembours pour lesquels nous aurions encore besoin de quelques années de pratique ), de clés USB, de CD piratés,… Et puis l’ étonnante Mexico  nous offre, comme un cadeau au cœur de son assourdissante frénésie, de véritables oasis. Les authentiques villages qu’ elle a engloutis sont devenus de simples colonias ( quartiers) : Coyoacan, Xochilmo, San Angel… Phagocytage anarchique mais efficace. Nous  déambulons  dans leurs petites ruelles colorées, avant d’entreprendre un chemin du retour souvent long et éprouvant, particulièrement pour  les petites jambes de Basile!

 A la  Basilica de Guadalupe, nous suivons  les grandes messes avec encens, reliques et bannières. Les pèlerins viennent des pueblos  avoisinants, parfois de bien plus loin, chargés d’offrandes à l intention  de la  Señora. Dans un curieux  syncrétisme, les croyances mayas se mêlent  étrangement  au rite catholique.   Ici, un culte était voué à la  déesse Terre, quel lien avec la petite Vierge de Nazareth?  Les Indiens, eux, assimilent avec ferveur ce mélange de croyances, de mystère et de dévotion. L atmosphère est mystique et sincère.

Au sud, Coyoacan , refuge des intellectuels et des artistes, avec ses riches  demeures coloniales, colorées bien sûr.

 

Nous avons eu un coup de coeur pour la place santa Catarina, rien de vraiment spectaculaire, mais on y était bien. Basile se mêle aux étudiants en architecture pour un croquis au crayon!

La maison  bleue de Frida Kalho,  …Une  femme  qui vit ses engagement artistique, politique et amoureux avec la même passion! En face, la maison de Trotsky,  et sur la place, des  vendeurs ambulants,  des cireurs de chaussures…

Après  la visite de  l’immense  musée d’antropologie ,  retour dans l’impasse Horacio où nous sommes heureux de retrouver la Piafmobile et de déserrer nos sandales … Le  lendemain, rendez-vous avec Soeur  Bernadette. 

Sœur Bernadette nous   consacre une part de son temps  précieux. Nous savourons cette rencontre autour d’une table,  tous curieux d’en apprendre plus sur sa mission ici. Chacun pose ses questions.

Nous sommes tous touchés par sa joie de vivre, son humour,  sa vivacité, une bonté rayonnante. « C’est  Dieu qui aime le premier »‘ nous dit-elle simplement. Sa  vie de prière et sa vie apostolique à la Croix Rouge, ou elle » fait le clown » pour les malades, vient apporter de la joie et de l’écoute,  s’alimentent l’une l’autre, indispensables à son équilibre. Elle donnera de la part de Basile un dessin à Esmeralda, du même âge que lui, qui passe  depuis plusieurs mois ses jours à l’hôpital. A tous ceux qui croient en la force de la prière  nous la confions, elle et sa famille dont les besoins sont immenses. Ceux qui voudraient en savoir plus peuvent nous écrire un courriel,  nous prendrons des nouvelles de cette petite fille.

  C ‘est la fin de la saison des pluies,   l’ouragan nous  a précédé sur la route.   Nous continuons  notre chemin  vers des hauteurs humides et luxuriantes, vers  Oaxaca et le Chiapas, tout près de la frontière guatemaltèque.

4 commentaires pour La fin de la Baja, la rencontre d ‘un autre Mexique

  1. Thérèse Dufour dit :

    Bonjour à vous les six piafs et un petit clin d’œil particulier pour le piaf dont c’était la fête aujourd’hui.
    Un grand merci pour vos nouvelles, c’est un régal de vous suivre et de découvrir avec vous les merveilles de la nature et des humains…
    Mon séjour en France en août a été bien dense et riche de rencontres. L’automne québécois s’est paré de ses belles couleurs avec ciel bleu et chaleur, un véritable été indien fort apprécié.
    Les activités ont repris leur rythme et je découvre de nouveaux horizons avec le MIDADE. Le groupe des Exercices dans la VIe Courante me donne de contempler les merveilles du cheminement de chacun, l’Esprit Saint n’est pas au chômage…
    Notre communauté est redevenue un quatuor avec l’arrivée de Simone et Claire.
    Belles rencontres et découvertes dans les nouveaux horizons qui s’ouvrent devant vous.
    A plus
    Thérèse

  2. claire viard dit :

    que de couleurs, de decouvertes, tout ça rempli nos yeux, nos narines, nos coeurs d’exotisme…. cette fois vous êtes vraiment passés de l’autre côté du mirroir, cette mer ce Cortes en plus de vous reserver des surprises « douanières » aura marqué une frontière bien plus symbolique qu’administrative ! Basile a grandit, il a des longues jambes a dit Paul et sur une des photos, on a l’impression que Foucault a un méga tatouage sur le bras…. waouh la transformation opère petit à petit, on va vous retrouvez blonds comme des anges, tatoués, bronzés avec des yeux plus grands et brillants que ceux d’un chat malicieux !
    love, love, love, love, love, love, un pour chacun pas de jaloux
    à très bientôt maintenant
    clairon & Co

  3. Bricout dit :

    Bonjour Les Piafs !
    Que de bleu et d’ocre, c’est magnifique … Et même Mexico semble intéressante en dépit de son immensité et de sa densité …
    Bien des commentaires me rappellent le Pérou, le mélange des cultures indiennes et espagnoles, les pratiques religieuses spécifiques, les églises baroques … mais je n’y ai pas vu un Pacifique aussi transparent et chaud !!
    Et la merveilleuse Bricia, comment l’avez-vous rencontrée ?? par hasard au poste de police ?! De magnifiques rencontres en tous les cas … Bonne route pour la suite, on vous embrasse tous !
    Blandine (alias Blanquita)

  4. Dominig Bouchaud dit :

    merci pour ces reportages vivants et passionnants, nous suivons avec enthousiasme votre périple! à bientôt !
    Dominig

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