le Sud du Pérou

février 29, 2012

   AVIS

 LA PIAFMOBILE EST À VENDRE: FAITES PASSER!

Le Sud du Pérou

 Oui, cet article est long, très long…Mais comment résumer  un mois si intense?

Lisez-nous en pause café, entre le fromage et le dessert … Ou d’une traite  pour les boulimiques? Surtout, en diagonale ou ligne par ligne,  allez jusqu’au bout du Pérou : amis, parents, c’est pour vous !

 (un grand MERCI à tous  ceux qui qui  réduisent les distances par leurs  mots et nouvelles !)

dessin de Basile: une vache française en voyage sur le bord du lac Titicac

(au premier plan, un champs de quinoa)

  NB pour les  jeunes curieux :

  vous trouverez  dans l’article une légende, 2 devinettes  de Piafs  et un  texte à trous  :  à vous de jouer

 

Entre Campoy et Manchay, banlieues de Lima

 Deux villes  perdues dans l’aridité du désert liménien

Sécheresse, poussière…Avec le temps, nos yeux, nos coeurs  s’acclimateront à ces décors  hostiles. La pauvreté qui  sautait aux yeux au début a laissé place au paisible quotidien fait de rencontres ordinaires. Simplement extraordinaires.

Un film  péruvien (pour ado et adultes!), tourné à Manchay   vous plongera dans les rues de ces deux villes où nous avons vécu  deux semaines. On y découvre l’héritage de la peur liée au terrorisme du Sentier Lumineux, la liberté à gagner, et dans la vie courante: les décors,  les relations  entre les hommes et les femmes, les marchés et les fêtes un peu Kitch… Un visage du Pérou comme on l’a effleuré, du bout des doigts, près de Lima.

Pour les toqués de la bobine indépendante :

  Pour commencer., Bienvenue à Campoy!

le Père Humberto fut l’un des premiers à répondre à nos courriers et  dans cette « banlieue » pauvre de Lima, il nous a immédiatement accueillis. Grâce à ses contacts, nous résolvons nos petits problèmes mécaniques. Dès les premiers jours, nous apprécions cet homme pragmatique, attentif  aux besoins des gens. S’il est lucide,  il  est  aussi animé d’un élan  profondément  attaché au  Christ.  Nous apprécions son esprit critique, sa rigueur et sa profonde bienveillance.  Grand merci Hubert!

À Campoy, nous goûtons  pour 10 jours au plaisir de la sédentarité: la boulangère nous reconnaît,  Basile peut  inviter le voisin à jouer  » à la maison » et les enfants  se donnent rendez-vous  pour des parties de foot  mémorables sur la place.

Tous les jours, une nouvelle rencontre s’ajoute à la précédente. Le camping -car est souvent visité!

 Nos voisins  nous invitent pour un petit déjeuner, ou un dîner…

Ici,  nous nous sentons particulièrement bien,  il n’y a rien de beau (c’ est même  assez laid), mais nous n’arriverons pas à partir!

Hubert est un bâtisseur: en 10 ans, il a mis en place des projets solides  et autonomes. La  paroisse de Campoy est un lieu de vie intense,  nous en sommes témoins: sans arrêt, des groupes, des familles, des enfants, des ados vont et viennent, l’église est un peu leur maison.

 Créée par le Père Humberto et d’autres, la Polyclinique est désormais  totalement autonome et accueille les malades  de tous acabits. Nous ferons une chaîne de seaux d’eau à travers la cour de la paroisse: l’eau manque à certaines heures pour les soins quotidiens…Cela parait sans doute misérable depuis la France, et pourtant  l’endroit est propre,  la pharmacie bien achalandée, le personnel très professionnel. Plus loin, un centre d’accueil et de psychomotricité pour les jeunes enfants,  des bénévoles  pour l’accueil et l’éducation des  mères adolescentes, nombreuses ici, et la régularisation de leurs papiers.

Le vivero (pépinière) est   un autre projet lancé par  le Père Humberto,  pour lequel nous serons pendant quelques jours les volontaires fortement stimulés par Véronica.

El vivero de Véro

 Véro la  très-vivante!

 Malgré trois jours par semaine passés à l hôpital,  cette jeune femme déborde de vie et son humour est décapant!  Elle nous dit qu elle puise toute son énergie dans la messe du dimanche. Sa force intérieure  nous énergise.

 Le Vivero, en plus d’être une pépinière, est  un lieu d’expérimentation  pour les plantes ornementales consommant peu d’eau. En effet, Campoy  se reverdit grâce au vivero qui plante  les « molles » le long des rues, remplaçant les ficus importés du Chili  chers et grands consommateurs d’eau. Les molles, »faux poivriers » endémiques, économiques,  ont besoin de très  peu d’eau  pour pousser et donnent de l’ombre aux passants, créent de l humus…

Nous retirons avec soin les petites feuilles mortes de ces bébés-poivriers,  remplissons des sacs de terre,  cela nous fait du bien de mettre la main à la patte et  les doigts dans l humus!!!

 des rencontres,encore des rencontres… Les petites soeurs de l’Assomption,  engagées sur le terrain,  nous attendent chez elles et racontent leur vocation: offrir une présence dans les quartiers les plus pauvres pour se rendre disponibles aux personnes selon les besoins. Quelles personnalités rayonnantes de bonté !

 

Une autre rencontre marquante,   celle de Jean Baptiste, jeune séminariste, volontaire dela DCC

 pour une petite entrevue, les enfants  ont preparé  leurs questions :

A quoi rêves-tu pour l’avenir du Pérou?

 moins de corruption: elle s infiltre partout ici et à tous les niveaux, c est terrible. Et une meilleure estime de soi pour les jeunes(…)

 -As-tu connu des périodes difficiles?

 mon estomac surtout! et quand on est loin on passe par des hauts et des bas, bien sûr

 -Est ce que tu as appris quelque chose de vraiment important?

 J’ en apprends tous les jours, j ai appris qu il n y a pas  qu une manière de penser,  appris àvoir les choses sous un autre angle, comme avec un autre projecteur sur la réalité.  Une autre manière de penser Dieu aussi.

 J’ai aussi appris que  « pauvre » ne signifie pas forcément « innocent »! Je partirai moins candide.

Est ce qu’il y a des rencontres qui t’ont marqué?

Oui, plusieurs. Je pense à Veronica qui a une grave maladie de reins et change 3 fois par semaine son sang. elle ne se lamente pas et mord dans la vie. C est une femme très forte et d’une énergie incroyable  (nous conjfirmons !)

Quelle est ta mission , en fait, comment se passe une journée ordinaire pour toi ?

 J accompagne des groupes de jeunes, un groupe de  » pandilleros » (délinquants) qui consomment drogue et alcool et se battent. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, c estla Mafiaqui fait régner l’ordre pour éviter  la présence de la police.  Ils sèment la terreur dans la ville et il y a parfois des amalgames de la part de la population avec le terrorisme. Ma présence en tant qu’étranger  me permet d être assez respecté, je parle peu mais je suis là pour leur dire  » au nom de Jésus, on ne vous laisse pas tomber, si vous avez besoin de nous, on est là ». Alors parfois on organise des  choses avec eux, des  fêtes,  des matchs… Quand je suis là, ils ne fument pas, ils  se battent moins en ma présence. C est tout simple.

 Je m’occupe aussi des groupes de confirmation. L intitulé de ma mission, c’est:  » ouverture à une autre dimension », c’est large ! Finalement  ca veut peut être dire parler d’une autre manière, c’est le plus souvent dans  la rencontre informelle que  les choses se passent ( en jouant au ping pong par exemple!)

 GRAND MERCI JB !

  les  barrios de Vizcuchera

 A Vizcuchera, près de Campoy, comme à Manchay on retrouvera les mêmes paysages de collines envahies par de drôles de colonies…  On les appelles les invadores ( les envahisseurs) : les habitants  de ces cerros (collines effroyablement sèches) arrivèrent dans l’urgence  et la confusion depuis la Sierra pour fuir le Sentier Lumineux ou  plus récemment depuis Lima pour fuir l’insalubrité, la densité et chercher un bout de terrain de sable…visite avec Hubert

Les futurs habitants arrivent en groupe, investissent un terrain, et en quelques heures s’installent.   Ils posent d’abord leurs premières  briques pour tracer  les limites du terrain puis plantent une baraque  de bois le temps d’accumuler l’argent nécessaire pour acheter les suivantes. A Manchay : le scénario se répète : il n y a pas d’eau, il faut attendre le camion -citerne qui vient un peu quand il veut, pour remplir les réservoirs devant les maisons .L’eau est une denrée rare et chère. Les enfants réalisent les écarts : «  Et dire que nous, on utilise de l’eau potable pour notre toilette et nos chasses d’eau! » Hubert  et la paroisse travaillent auprès des habitants pour leurs accès à la propriété, à la santé, à l’obtention de papiers dans des jeux politiques parfois sensibles. cette petite église de désert  est  un lieu pour l’engagement social.

  nous rencontrons des volontaires ATD QUART MONDE qui créent un bibliothèque de rue dans ce quartier, un projet que nous aimerions suivre…

La Cité des Rois

Avant de rejoindre Manchay,  nous visitons Lima

Ici s’entasse presque le tiers de la population du Pérou soit 9 millions de personnes.  Encore une mégalopole latine avec ses larges avenues et ses concerts de klaxons… Derrière sa crasse et son côté décadent, le centre nous a beaucoup plu; nous avons aimé les bâtiments néo-coloniaux de la  Plaza Major

Le Monasterio San Francisco et son beau cloître recouvert d’azulejos, la superbe bibliothèque (photo interdite, comme d’hab)…

Les balcons à encorbellements avec leurs parois ajourées

Et puis la relève de la garde  devant le Palais présidentiel !

Le Musée Larco se situe dans une belle demeure coloniale entourée d’un  jardin fleuri.. Les pièces en or, la céramique nous enseignent encore au sujet des cultures pré-incas.

 

QUIZZ numéro 1:

Quel est cet objet (ci-dessous)? A quoi sert -il?

Les fans des Cités d’Or devraient connaitre… 

Côme attend vos réponses: comesb@hotmail.fr

 

Horreur ! Dans le taxi qui nous dépose dans le centre, nous laissons l’enveloppe avec tous les devoirs à envoyer au Cned ! il faudra tout recommencer (heureusement pour Théophile et Basile, le Cours Sainte Anne sera beaucoup plus compréhensif ).

Avec  Esther, une volontaire de Campoy,  nous terminons la visite de Lima  par une sortie aux Aguas magicas en guise de consolation!!!

  Manchay, au Sud-Est de Lima

   A quelques kilometres de Campoy, nous ferons la connaissance d’une famille de volontaires: Claire, Serge, Louis et Julien. La famille Bonnet , volontaire Fidesco depuis 4 mois,  s est engagée pour une mission de  2 ans dans les écoles de Manchay. Allez voir leur blog : www.lesbonnetsperuviens.blogspot.com et  le blog de la Fidesco, pour ceux que l’idée titillerait;-) :    www.fidesco.fr

 

Nous tissons des liens au fil des jours, et comme dit Louis  » avant on se connaissait pas, on s’est rencontré, et maintenant on est des amis! » Une belle famille pleine d énergie et de créativité, drôle aussi ; leurs désirs de se donner et de découvrir  nous ont touchés. Nous savons que nous nous reverrons!

Claire

 Serge et Louis

Julien

Nous rencontrons l’équipe de la Fidesco de Lima et  ses environs,  et fêtons la galette des Rois avec eux après une baignade dans le rio

 

 Mathilde et Mariliane travaillent  aussi dans une école à quelques kms, la famille Chacone, Guillermo,  Marie  et leurs 4 enfants,  eux, arrivent en fin de mission: bonne route à eux!

Nos enfants  se régalent des bons petits mots de Julien, totalement lunaire, et de l’énergie dévorante de Louis.  Ces deux larrons, en attendant le retour en France,  sont pour nos grands des petits cousins de substitution à croquer !

Claire  est professeur d’arts dans 2 écoles dont 1 pour enfants handicapés (mais ce sont encore les vacances d’été ici), Serge  a 2 missions : il est professeur d’anglais et chargé du projet de Manchay Verde.

 MANCHAY  VERDE

 Nous donnons un coup de main pour  le projet-pilote .

 Explication de Côme  et schéma de Théophile à l appui:

Manchay est une banlieue de Lima dans le désert qui a de sérieux
problèmes d’eau. Des volontaires FIDESCO ont le projet de reverdir cette
zone en plantant des faux poivriers (des  » molles « en Espagnol) sur le flanc
de la montagne.  A terme, cela recréera de l humus, captera l humidité …

Ces arbres ne consomment que cinq litres d’eau par jour. Pour
économiser l’eau qui est très chère dans ce milieu aride, Manchay
Verde de la FIDESCO récupère les eaux usées de différentes écoles et les
filtre grâce à un filtre naturel composé de plusieurs couches de sable, de
graviers de différentes tailles et de roseaux (comme le montre le schéma
de Théophile).

L’eau est acheminée par une pompe située au niveau du puits.
Ensuite, elle passe à travers les graviers qui retiennent les grosses
particules et le sable termine le travail. Enfin les roseaux apportent de
l’oxygène à l’eau qui peut alors irriguer les plantes (sur le schéma, on
ne représente que le « pilote» mais le projet est similaire). L’eau sort du
tuyau à l’aide de buses d’irrigation qui permettent premièrement d’irriguer
seulement le pied de l’arbre et pas à côté et deuxièmement d’irriguer de
manière égale tous les arbres.

le projet pilote:

Ca marche!

 

Manchay Verde organise aussi des campagnes de sensibilisation à
l’environnement dans des écoles par le biais de concours de recyclage et
de mise en place de projets similaires dans certains établissements.

Ce projet m’a beaucoup intéressé au point de vue technique et
environnemental pour des pays en voie de développement comme pour
chez nous.

Nous mettons à neuf les bacs de recyclage que Manchay Verde met à disposition dans les écoles pour leur projet de sensibilisation à l environnement.

  recyclage: rien ne se perd, tout se transforme!

Notre dernière soirée sera  musicale, avec  deux professeurs de  musique, l’un est professeur de saxophone, l’autre de chant et de piano.  De Lima, ils choisisssent de venir enseigner dans ce quartier . Quelle belle soirée !

 

 les Bonnet chantent!

Au moment de se quitter, on se demande pourquoi on part… A bientôt, on vous attend en France, les Bonnets Péruviens !

Basile entre en CE1! Bravo Basile!

 Ses ainés s’amusent à le déguiser en premier de classe

 Sur la route , nous faisons halte pour renconter les sœurs de Point cœur à  Pachacamac

Eléonore, Marie, Myriame, Marie-Emmanuelle, Gabrielle

En quelques heures, elles nous communiquent une belle joie de vivre. france.pointscoeur.org/Servantes-de-la-Presence-de-Dieu.html 

On the road again…

Nous longeons la côte jusqu’à Nasca. En attendant, nous découvrons à Pisco l’apéro du Pérou : le Pisco, tout simplement!

 Dégustation dans l’une  des bodegas de Pisco de ce vin doux péruvien, le cocktail national 

Recette  pour un punch latino :

 10cl de Pisco,   ajoutez le jus d’un citron vert, 1cl de sucre, 1 blanc d œuf, quelques gouttes d aromatic bitter… Salud !

 Ica

 Une ambiance de station balnéaire péruvienne. Nos enfants travaillent sur des tables en terrasse devant des ribambelles de gamins amusés, qui déposent dansla Piafmobile des petits souvenirs… Les Péruviens offrent beaucoup de petits cadeaux; nous nous sentons gênés de  n’avoir finalement pas grand chose  à offrir en retour… Parfois un dessin, une petite pièce de monnaie d’un autre pays, notre temps pour jouer…

mais grillé.

Tandis que des files de touristes font la queue pour les iles Ballestas,  nous prenons le chemin qui mène à la réserve  de Paracas, entre  des dunes  de sable et les vagues du Pacifique.

 

 en pente…

 

Il n y a personne, hormis un garde et un petit chat perdu dans le désert: » mais qu’est ce que tu fais là, toi? »

 

Magnifique ! Le vent  a façonné les dunes et  donné aux falaises des silhouettes étranges. Les dégradés  de rose, de jaune et d’ocre tranchent  avec la mer turquoise. 

Plus loin, les  pélicans barbotent  et se disputent les poissons autour des barques de pêcheurs.

Réminiscence de notre  premier contact avec le Pacifique, il y a 6 mois, à la frontière de l’Alaska: les mêmes  oiseaux  marins aux becs rouges courent sur les plage du Pérou e sur celles d’Haida Gwai!

Dans l’oasis de Huacanchina

 Pour quelques heures, les Piafs se sont pris pour  Stéphane Peterhanse  et Michel Bourez à la fois,   et  dévalent des dunes de sable en sandboard :  bienvenue au Sahara du Pérou!

 Plus loin, nous observons Les lignes de Nasca depuis  un mirador flanqué sur la route. Bof. on en apprend plus sur Wikipedia!

La Sierra

 Des cactus au niveau de la mer  à la Sierra en quelques heures… Le mal des montagnes nous guette!

 

Entre Nasca et Cusco,   la route   sillonne entre des plateaux, des rivières, et des  lacs, des étendues à perte de vue. Nous traversons la Réserve de Galetas de Pampa où l’on croise  pour la première fois les douces vigognes, petites gazelles des Andes. On découvre que tous les lamas ne se ressemblent pas !

les jolies vigognes

Lamas et Compagnie
 Texte à trous pour les enfants écrit par Foucault

Au Pérou, il existe 5 sortes de « lamas »: le lama, l’alpaga, l’alpaca, la vigogne et le guanaco. Ils ont plusieurs points commun:  ils crachent pour se  . . . . . . . . , ils sont tous le cousin du chameau, leur poil est laineux, ils ont  des dents uniquement sur la mâchoire  . . . . . . . . . . leurs grands yeux noirs  bordés de longs cils leur donne un regard attendrissant.
3 de ces espèces sur 5 sont domestiquées. Le lama, bien qu’étant le plus connu, n’est pas le plus utile: il ne sert qu’à porter des charges dans les . . . . . . . . . . En revanche,en ce qui concerne l’alpaca, plus petit, sacré pour les Incas, on peut consommer sa viande, utiliser sa laine très fine et très douce et il peut porter des charges. Enfin l’alpaga est un croisement entre le lama et l’alpaca, il rend les mêmes services que l’alpaca mais de moins bonne qualité.
La  laine de la vigogne, sorte de petit lama sauvage très gracieux, est la plus douce au monde ! Seul le roi Inca pouvait porter des vêtements de  . . . . . . .  . Cet animal était en voie de . . . . . . . . . . .  il y a 10 ans. Aujourd’hui, il a repris du poil de la bête!
Pour finir le guanaco sauvage,trop . . . . . . par l’homme pour sa fourrure, est en voie de disparition: nous n’en avons jamais croisé! 😦
 Foucault
Envoie-moi  tes réponses à foucaultsb@hotmail.fr

 

Sur les routes de montagne, on atteint 4560 m d’ altitude et la nuit, Luc est saisi d’ un terrible mal de tête, le Soroche a fini par frapper !

 courses sur la route

picnic

Parfois la seule beauté de la route contribue à nous mettre de  bonne humeur!  Il arrive que Basile aime ces journées entières sur la route, comme une journée passée « à la maison »sans rien faire. Et d’autres jours sont ponctués de « Maman, quand est ce qu on arrive ? »… réponse : « dans 4 mois, mon chéri !»

  Nous voyageons   dans l’espace et dans le temps : les cultures  évoquent  pour nous le passé  avec ses villages où chacun vit grâce au commerce du voisin, au troc quotidien et au  lien étroit avec la terre.

Culture de pommes de terre (il y aurait près de 2000 espèces de patates!)

Les girouettes représentent des oiseaux,  une échelle,  une croix, parfois encadrées de deux taureaux en céramique,  ont été offertes par les voisins ou la famille; elles ornent les toits  pour célébrer la  fin de  la construction d’une maison, la croix portant bonheur évidemment.

 Cusco, la capitale inca

 En Quechua, Cusco signifie « nombril », en effet, Cusco est l’ombilic du monde pour les Incas, , c est ici que se retrouve l’élite et de là partent toutes les voies qui mènent aux territoires conquis et aux temples de l’Empire. Nous visitons le couvent san Domingo et le temple du soleil Qoricancha (pas de photo, c’est interdit…), lieu stratégique de l’Empire. Les Espagnols ont pillé, fondu les trésors que recelait ce temple mythique, prestige du l’empire inca.

Mais les pierres parlent encore!

Les pierres de Cusco

 La caractéristique la plus frappante de la ville est son architecture. Ses énormes murs aux pierres parfaitement ajustées sans mortier témoignent du génie technique du peuple inca. Ces blocs de pierres étaient soumis à un long travail de taille et  d’usure très laborieux,  les Incas disposaient de beaucoup de main d’oeuvre (pas d esclavage officiellement…).

 Les murs possèdent la fameuse inclinaison inca et la forme trapézoïdale des fenêtres et des portes   leur confèrent une sécurité antisismiques.  Ironie du sort : lors du tremblement de terre de 1650, seuls les murs  incas résisteront à la catastrophe, les murs espagnols d’architecture coloniale s’effronderont lamentablement.

La place d’Armes

On chante sous la pluie!

 

La cathédrale et l’église de la Compania ( Jésuites)

 Les péruviens se disent  « catholiques andins »et  le  syncrétisme  mêle subtilement la foi chrétienne aux traditions incas: chacun est baptisé et  va à la messe dominicale, mais  adore aussi Pachamama, la Terre Mère. A certaines occasions, le Péruvien moyen présente  ses offrandes (foetus de lamas, feuilles de coca, maïs pour remercierla Tierra Madre).  La vierge est assimilée à la déesse, sa cape de forme  triangulaire rappelant celle de la montagne que les quechuas vénèrent. Tout cela n’est pas incompatible et se pratique aujourd’hui dans un syncrétisme  très naturel. Malgré des pressions terribles au temps de la conquête, la culture andine résiste pacifiquement par son expression artistique avec beaucoup de subtilité: Dans les tableaux baroques,  on verra trôner sur  la table dela Cèneun cuy (cochon d’Inde,  la spécialité locale; il remplacera même parfois le pain); au pied dela Croix, Saint Jean etla Vierge mâchent  des feuilles de coca (rituel de deuil inca) et  la couleur de peau du Christ en croix rappelle singulièrement celle des Quechuas!

Fiesta de los compadres

Depuis la conquête espagnole, les fêtes indiennes coïncident avec le calendrier grégorien mais leur symbolisme est souvent lié à de très anciennes coutumes.

 Aujourd’hui, on  célébre  tous les saints masculins: les habitants décorent des croix  qu’ils dressent devant leurs églises. Un  arbre est décoré d’objets farfelus

 et après la procession, c’est réjouissances et libations jusqu’au soir!

 Au coeur du marché, nous assistons à une cérémonie très recueillie, quelques larmes versées par les femmes puis, portée par la musique, la petite communauté part dans une farandole joyeuse.

Nous n’avons pas tous les codes, mais la ferveur et la joie simples nous ont touchés.

La résistance pacifique à l invasion brutale des Espagnols se reflète à bien d’autres niveaux (agricole, gastronomiques, …) et l’on comprend que les indiens ont  intégré dans cette partie du monde la culture coloniale imposée tout en gardant profondément enracinées  leurs propres identités.

 L’artisanat cusqueno

 Fascinant de raffinement et de finesse. Quel savoir-faire !

 fileuse

tricoteuse

 les hommes aussi!

Côté musique…

 S’il faut bien reconnaitre que maintenir la pratique musicale  était un peu ambitieux (vraiment on n’y arrive pas!) les garçons s’exercent à   de nouveaux instruments plus « couleur locale »:  le charango pour Foucault, le cajon  et la kena  pour Théophile, l’antara pour Côme, l’ocarina pour Basile; les Piafs s’exercent à de nouvelles mélodies et s’éclatent ensemble sur les longs trajets! Petits concerts garantis au retour !

Rencontre d’un  super musicien qui initie Théophile, un   très beau moment

 Côme construit une flute… pour un petit cousin?

flâneries dans les rues

 

 La Vallée des Incas

 Dans des paysages sublimes, nous empruntons des pistes encadrées par les sommets enneigés ou  sur les hauts plateaux qui annoncent l’altiplano tout proche. Nous traversons les villages   entre Cusco et le Machu Picchu, aller-retour…

 

Ollataytambo

 

Le seul village qui ait gardé le plan d origine inca avec ses puits, ses rigoles dans lesquelles l’eau dévale  depuis la montagne et dessert  les maisons avant de continuer sa course pour irriguer les champs alentours.  C’est ingénieux et joli.

 Le site  archéologique est magnifique, notre favori! A quelques kms du Macchu Picchu, le village servait de relais aux Incas de passage pour les grandes fêtes religieuses. Nous circulons au milieu  des  vestiges des habitations, des temples, des thermes, nous découvrons comment les incas transportaient les pierres de plusieurs tonnes: tous les habitants participaient à la construction du  temple en échange de biens  en nature ( nourriture, vêtements…) que l’ Inca leur rendait.  Certains trouveront dans l’ organisation  inca des similitudes avec le socialisme, mais le rapprochement semble plus proche de la  récupération idéologique que d’une analyse poussée.

 

Las Salinas

Des salines comme à la maison! Mais à flanc de montagne, et à  des centaines de kms de la mer !

 Plusieurs  milliers bassins d’évaporation d eau salée venue d une source souterraine,que les familles de Maras se partagent depuis des siècles et  déjà exploitées par les civilisation pré-incas. Très beau !

c’est très très salé… et chaud!

 

Moray

 cultures en terrasse

 

 

Chinchero

 Le village des coopératives de femmes 

 Si nous avons vu parfois  la misère déguisée derrière les belles étoffes et les couleurs vives (les pieds surtout sont souvent bien abîmés,  certains ne portent pas de chaussures et l’hygiène  n’est pas souvent au rendez vous) ici, en revanche,  les femmes sont  joliment coiffées, leurs pieds sont chaussées, le soin qu’elles peuvent accorder à leur tenue revelle aussi leur implication dans le travail et le niveau de vie qui en découle.

Les femmes s’organisent en coopératives. solidaires, elles présentent leur artisanat aux touristes admiratifs que nous sommes, elles  savent vendre leurs produits. Elles nous expliquent fièrement  leur méthode de tissage, les teintes à base de plantes, de fleurs…

 Chapeau!

 Pisac

 un site gigantesque  et un marché coloré.

 

Macchu Picchu

 

Depuis  Ollantaytambo, nous partons le soir pour attraper le train vers Aguas Calientes puis  tot le matin pour attraper  le bus vers le Machu  Picchu. Vous suivez?  nous non plus: cette expédition fut un vrai casse tête et on aura cassé la tirelire pour la Grande Cité Perdue… (les étrangers paient un prix exorbitant, nous avons  râlé, en bons Français, et obtenu une légère réduction…) 

Cela valait largement la peine.La Cité de la Paix se  se laisse découvrir comme on ouvre un paquet cadeau.

Le matin dans les nuages,  nous marchons encore peu  isolés des autres touristes  et partons pour une belle randonnée jusqu’au sommet de Huanay Picchu.  

  La montée est raide et la récompense  à la hauteur!

Au milieu du brouillard, nous apercevons les montagnes qui surplombent le Rio Urubamba. le Macchu Picchu semble  jouer à cache-cache derrière son rideau de nuages. On guette, on évoquerait presque le Dieu  Soleil, et on s’extasie à chaque percée!

des pauses  trapèzoidales

Dans la descente, les rideaux s’ouvrent sur un paysage andin grandiose,  la cité du Macchu Picchu émerge des montagnes; est-ce la magie du lieu et son lot d’Histoire, les images qu’on en a vu, son mystère, ou encore les forces conjointes des montagnes et de la cité qui nous ont ainsi saisis, émus? Ce lieu rassemblait l’élite spirituelle et intellectuelle Inca.  La culture inca la plus avancée est gravée dans les pierres,  uniques témoins  d’un savoir faire architectural  et astronomiques exceptionnels, d’un système d’irrigation ingénieux,  d’une organisation politique,d’une civilisation sur un territoire  très étendu.

 Le Temple du Soleil,  l’Observatoire, le temple de la lune,les lieux de sacrifices: nous vous passons les détails  passionnants de la visite, ce serait long, Geo vous en parlerait mieux que nous!

En quelques générations, les Incas ont étendu leur empire depuis le sud dela Colombiejusqu’à Santiago du Chili (à vos atlas,  vous verrez, c’est hallucinant !). En revanche, l’indigénisme a parfois idéalisé la culture inca, impérialiste et pas si pacifique, qui a surtout tiré profit des cultures  pré-incas  qu’elle colonisait.

QUIZZ numéro 2

les Incas ont  succombé aux Espagnols parce qu’ il leur manquait :

1-    la roue

2-  l’arme à feu

3-  l’écriture ???

 Côme attend vos réponses à  comesb@hotmail.fr

 

Andahuaylillas

 Une église jésuite magnifique , du pur baroque andindans un petit village d’adobe perdu dans la montagne.

 on trouvera des representations de sirenes jouant du Charango, les miroirs et les vierges  triangulaires si spécifiques,, des motifs geometriques et symboliques andins et une porte encadrée de texte en latin, quechua, Aymara et espagnol.

les orgues

le plafond

les  Péruviens défilent dans les rues pour que le maire… reste en place! Sur la place il semble qu il y ait des divisions, ceratains disent que les manifestants sont payés par la municipalité…

Près du collège Saint Ignace, nous visitons le projet Q’ewar et faisons la  rencontre de son fondateur: Julio est sculpteur. Professeur à Lima, il décide  avec sa femme en 2002 de créer une Ecole Waldorf à Andahuaylillas pour venir en aide aux familles  les plus démunies.

Le lieu est beau et paisible , les matériaux choisis.

 

 Il y a des ateliers de musique, de poterie, un jardin potager pour les enfants. Les femmes, elles, confectionnnent  des petites poupées qui seront vendues à un prix équitable dans d’autres pays. http://www.qewar.com

 sur la route, quelques problèmes mécaniques… qui appelle Luc « Mac Guyver »?

 IL EST FORT MON MARI!!!

Puno

 Quelle chance : nous arrivons de justesse à la fin du carnaval de La virgen dela Candelaria.

 

Les danseurs arrivent en groupe et paradent dans la ville jusqu’à la place d’Armes pour danser jusqu’au bout de la nuit!

 

On nous asperge de mousse bleue, les grands l ont évitée avec soin, nos petits l’ont cherchée avec le même soin…

 C est la fête!

Les iles du lac Titicaca

La légende du fameux lac Titicaca, racontée par les Aymaras et reportée par Théophile:

Dans les plaines du Pérou vivaient  des tribus indigènes Aymaras.  Bravant un interdit, elles se réfugièrent dans les montagnes pour se cacher de la colère des Dieux. Pour les punir,les dieux envoyèrent des pumas qui les tuèrent. Le dieu du Soleil  qui les aimait pleura 40 jours sans cesser.  Au bout du quarantième jour, le  flot de ses larmes inonda la plaine. Les pumas moururent et se transformèrent  tous en pierres. D’ ailleurs, le mythe  et la réalité se rejoignent car « Titikaka » signifie « rocher du puma » en aymara.

 Théophile (appelé  aussi WIKI).

Nous quittons la piafmobile pour une nuit  chez l’habitant et 2 jours sur les îles.

Les Uros ,  iles flottantes

  Drôle de sensation en posant nos pieds sur un sol qui s enfonce.

 Ici, on parle Aymara.  A l’origine, les peuples  Uros ont fui l envahisseur inca et trouvé ce mode d habitat flottant pour échapper à sa domination. Sur chaque ile vivent plusieurs familles, son président change chaque année.

 Le toturo ( roseau) nourrit hommes et bêtes,  sert de combustible, d’engrais, de plancher et de toit,  il est  aussi la matière première de  l’artisanat.

mobile en roseau: pour qui celui là?

Pratique : On peut déplacer l’ile en cas de litige de voisinage, et même la couper  en deux si les couples  ne s entendent plus !

Sur cette terre artificielle, les Uros vivent  chichement de la chasse, peuvent cultiver… la pomme de terre, évidemment ! Assez maigre récolte quand même, et largement insuffisant pour faire vivre les familles. Le tourisme est une manne tombée du ciel, avec ses bons et moins bons côtés. Ceci dit, la culture est authentiquement préservée et il ne faut pas bouder ces rencontres uniques.  Nous ne sentons pas d’excès dans la  présentation  du folklore et des traditions (hormis le  tour en drakkar un peu anachronique!), même si la visite  est très organisée.

 l’ île Amantani

10 communautés se relaient pour accueillir les touristes chez elles.

Celle de Valéria et Elias nous accueille  dans leurs maisons en adobe pour une nuit. Ils ont quelques moutons et un petit terrain.

Nous participons à la préparation du repas, frugal et sain : soupe de quinoa,  fromage frit avec du riz, tisane de coca ( maté).

Maté

Les hommes travaillent pour la plupart dans les champs et cultivent pour leur propre consommation du mais, des pommes de terre, du quinoa, des racines (uca).  Les femmes tissent et tricotent toutes la journée en marchant, cuisinant, et lors des conseils  hebdomadaires qu’elles tiennent avec leur Président sur le stade de foot  pour régler les litiges et organiser la vie courante.

Un ballon est toujours un vecteur de jeux et de rencontres immédiatement efficace!

 Elias nous dit combien ce tourisme équitable a aidé les communautés à sortir de la misère et de l isolement. Ne vivant que du troc et n ayant aucune entrée d argent, le peuple Amantani était voué à la misère et ne pouvait s’auto suffire. 

 

Les traditions sont préservées, et s ils vivent encore  très modestement, les insulaires préservent avec dignité leur culture.

 le soir, on participe à une fête, Valeria nous costume…

 

Les touristes que nous sommes se considèrent honorés d’avoir partager un peu de la vie quotidienne

 L île de Taquile

 un modèle communautaire d’inspiration collectiviste. Plus riches qu’à Amantani, les habitants de l ile s organisent en coopérative. les textiles sont classés au  patrimoine de L Unesco. Ici, les hommes tissent  eux mêmes leurs bonnets dont les couleurs et motifs traduisent le statut social.

 Le carnaval, toujours..depuis  le lac, la procession s arrête dans les maisons jouant flûtes, tambours, quena, sampona avant de continuer sa lente ascension. Superbe !

 

 

 

le lac nous a beaucoup séduits. Ses dimensions, son microclimat, son  altitude  lui donnent   un air unique . Dans un ressac presque maritime, ses petits cailloux rose et blancs jouent une musique douce  de clapotis.

 

C’est sur cette note lacustre que nous quittons le Pérou. Nous n avons fait  qu’ effleurer, savons que nous n’avons des choses qu une vision fragmentaire, emportés par l’étreinte du voyage, nous continuons la route vers  Copacabana, et traverserons le lac Titicaca pour la Bolivie et ses surprises.

 Florent Valérie  Laure et Hugues nous retrouveront à la Paz!

…Aux artistes-danseurs, aux pêcheurs, aux joueurs de kenas et aux joueurs d’échecs, aux tricoteuses, aux fileuses, aux vendeurs de coca,  aux cultivateurs de pommes de terre, à ceux qui n ont  que leurs mains et rien à vendre, aux visages marqués par le soleil et le travail, aux sourires timides, aux  regards curieux, aux enfants vendeurs de pacotille, aux femmes courageuses , avec qui nous avons parfois  échangé quelques  simples mots, 

A tous ces visages,nous voulons rendre un grand hommage…En attendant de retrouver les vôtres !

 

 

 

 


le Nord du Pérou

février 17, 2012

 Bienvenue au monde à Antoine!

Vers l’ Eldorado, à petits pas, en  commençant par le Nord du Pérou

 ( dans le lien Bivouacs,  pour ceux qui nous suivent, la  liste continue)

 Derniers tours de roues en Equateur

à Cuenca, après des heures de vol  et de transit,  2 nouveaux piafs  prennent la route  avec nous: les parents de Caroline s’ ajoutent à  notre petit monde pour 2 semaines :  gazouillements, piafferies, joie  des retrouvailles!  Nous nous gargarisons  de nouvelles nationales, électorales, la crise et le triple A, et  surtout de nouvelles familiales (on en veut toujours plus! Les petits cousins-cousines manquent)!
 les parents se glissent parfaitement dans notre rythme  de nomades,   grand merci  à vous 2 d’avoir si bien joué le jeu d’une vie  itinérante!

 Vilcabamba


 Dernière étape équatorienne
Le  6 janvier, la fête des rois se célèbre dans  la rue,  et dans la   Piafmobile aussi:

Vive la Reine!

et vive les Rois!

en offrande  à  l’enfant Jésus: de la chicha, alcool de  mais,Santé! 

Nous suivrons en musique le début d’une longue  procession depuis l’église: le petit niño Jésus sera déposé dans la chapelle  d’un autre village.

 Vilcabamba, la ville de l éternelle jeunesse?
 

 

Rues  silencieuses,  place paisible. Nous croisons beaucoup de  seniors aux cheveux blancs au pas alerte et  assuré. On dit que l’ on vit plus longtemps ici…Attention, c est sérieux,  plus que de simples rumeurs, c’est  prouvé! Des chercheurs américains, nutritionnistes, gériâtres, scientifiques de tous poils avancent  des théories plus ou moins convaincantes pour expliquer le phénomène. Reste que l’atmosphère  tranquille et reposante préserve certainement du stress…
A Vilcabamba, beaucoup d’Américains bobos ou ex-hippies se sont installés comme chez eux, peut être pour ne pas vieillir?  La place regorge de troquets où le menu figure en Anglais (vegetarian sandwiches and organic muffins) et de tour operator pour des excursions « all inclusive »!  Au milieu de cet îlot  de Ricains, les « locaux »  un peu (pas trop encore)  gâtés par le tourisme continuent de couler de longs jours tranquillles sous le soleil… Et  nous, sous l’eau!

 Près de l’hôtel des parents, nous découvrons un projet de permaculture, mêlant  de manière  raisonnée les herbes folles et les plantes endémiques de la région, inspirée des pratiques locales ancestrales ( les fameuses cultures en terrasse que nous retrouverons plus au Sud).

 Et  le lendemain, la randonnée à cheval sur la crête est une véritable cure de jouvence! Au milieu des agaves et des courants tumultueux, Anne-Hélène a réveillé son  savoir-faire équestre. 

 Gilles trotte et galope  allègrement, Côme a retrouvé de belles sensations sur un petit cheval andin tonique, Luc aussi évidemment, Foucault part au triple galop; quant à Basile,  il est cette fois un peu moins téméraire la ballade étant plus périlleuse que les dernières fois!  Moi, je savoure: la vue depuis la crête est imprenable.

Prochaine galopade  familiale sur les plages de la presqu île guérandaise?

  El Peru

On passe la frontière en moins d’une heure, du jamais vu! 

Nous changeons nos   dollars équatoriens en Sol péruvien, pas  de queues ni  paperasses mais   une autre prise de tête: pour tracer le parcours, nous retournons  à 4 la carte dans tous les sens, le pays est immense mais plein d’obstacles: il faut faire des choix.

 La forêt amazonienne et les Andes paraissent des barrières infranchissables avec la Piafmobile, le territoire péruvien est en effet divisé en trois régions naturellement distinctes:  la Sierra (les Andes) au milieu, la Selva (la jungle) à l’Est  et la Costa ( la côte Ouest). Tout au long de la traversée, nous entendrons parler de ces trois entités disséminées dans des régions aussi vastes qu’isolées.  C’est décidé, pour des raisons de temps et  d’accessibilité, nous découvrirons  la côte Nord avec les parents; plus accessible,  elle nous offre des paysages  inattendus, loin des clichés andins…   Nous serons saisis tous les 8  par la variété des paysages : des déserts, des rizières, des dunes de sable, de misérables barraques de bois, de riches places coloniales, des hauteurs vertigineuses et enfin  la campagne andine inondée de rivières, puis, à nouveau des déserts arides… Tout cela en  l’espace de quelques jours, parfois quelques heures, sur la panaméricaine qui nous mène à Lima.

La Costa
Apres une nuit à Piura,  nous traversons de longs  paysages désertiques.

arrêt picnic sur la route

 

D’après vous,  le désert péruvien:

 1. »c’est soleil et sable fin, idéal pour des vacances balnéaires« 

 2. »y a rien à voir,  c’est franchement mort. »

  3. »ça change tout le temps,  c’est  bien mieux qu’une télé! »

Nous, nous avons aimé  traverser ces dunes  infinies et variées de roches et de sable qui offrent au voyage une  belle pause contemplative… 

A Pimentel, les parents feront une nuit blanche dans un hôtel de routards  avinés… Une fois suffira! Par la suite, nous dormirons dans les parkings  chics des hôtels des parents  et les  retrouvons  pour les  petits  déjeuners gourmands, voire pour un plouf dans la piscine après l’école sur de belles nappes blanches…Changement de rythme super agréable!

 

 La région récelle aussi de véritables trésors culturels  pré-incas que les archéologues  continuent de découvrir. Nous avons le  sentiment d’être   privilégiés  en explorant ces  sites encore  mi-enfouis sous le sable: moins connus  et moins visités que ceux du Sud,  ils révèlent   néanmoins des cultures fondatrices et particulièrement  avancées.
On assimile souvent la civilisation andine aux Incas, mais  de nombreuses cultures  les ont précédés:
 Les Moches (II-VIIè s.), les Chimus (apogée entre le XII et le XVè s.) étaient des orfèvres habiles et créatifs,  maîtres de l’art de la céramique et de l’architecture.

  Musée  Tumbas Reales de Sipan (Chiclayo)

 La  pyramide compte parmi les plus grandes découvertes  archéologiques du Pérou de ces 50 dernières années ( 1987)
Depuis 1750 ans  le señor de Sipán gisait  tranquille entouré de quelques milliers d’objets en or et céramique, d’un garde, de sa concubine, de son fils, de lamas et de chiens…

Photo trouvée sur internet, car nous n avons pas eu l’autorisation de sortir  notre appareil

 Le musée est passionnant, nous découvrons  la civilisation Moche,  experte  en orfèvrerie, métallurgie, céramique, architecture.  Les pièces exposées révèlent les échanges commerciaux avec le Chili, l’Equateur, la Colombie ( on retrouve les émeraudes!),  la finesse et la beauté des pièces sont à couper le souffle! Les enfants trouvent que ce n’est pas si facile d’être roi: porter tous les jours 15 kg de parures, pectoraux, tuniques, couronnes avec disque solaire, boucles d’oreille gigantesques  et percing en or…  Pas  si dorée, la vie royale!


  

Trujillo
 Huacas del Sol y de la Luna ( temples du Soleil et de la Lune)

La pyramide du  Soleil ne se visite pas, elle est en cours de fouille, on la confondrait d’ailleurs facilement avec une colline naturelle, non?

 Pourtant, c’est la plus grande pyramide du Pérou et les fouilles réservent encore de belles surprises même si Espagnols en détruisirent une bonne partie en détournant le cours du fleuve Moche.  La huaca del Sol avait  une fonction politique et administrative, celle de la Luna  servait aux rites religieux.  

 Huaca de la Luna
A la mort du roi, on recouvrait le temple avec des briques d’adobe puis on bâtissait un nouveau temple sur l’ancien: la structure compte  ainsi 9 temples s’ajoutant les uns sur les autres.

les  superbes bas-reliefs polychromes encore en bel état illustrent les cérémonies sacrificielles et la vie quotidienne.

Les danseurs


les soldats

 Le désert, toujours et encore,  entre deux sites archéologiques…


 

Chan Chan

Un temple  du royaume Chimu,  antérieur au peuple moche, au milieu du désert de sable … Très beau!
 


Entre  les murailles  en tapia  ( mélange de pierres et de paille) ,  il n’y a pas  de porte mais des angles savamment positionnés pour cacher chaque pièce du regard. De ce palais il ne reste  aujourd’hui  qu’un labyrinthe  de murs  qui  s’élèvent  parfois à plus de 7 mètres sur une longueur de 60 mètres. 

  Certains sont décorés de frises représentant des oiseaux ou des poissons stylisés, des serpents bicéphales, symbole de fertilité (nous trouvons bien des similitudes avec  les figures  mayas du Mexique).

Filet
 

oiseaux marins

poissons

le peuple Chimu, peuple pacifique,  vouait un culte,vous l’aurez deviné, à la mer.

 …

Puis nous continuons notre descente vers Lima en longeant la côte  sur  des routes de désert en croisant de rares  barraques en bois, des villages d’une grande pauvreté,  et des stations services isolées au milieu de nulle part.

pPour rejoindre un village à un autre, on utilise  les mototaxis, chouchouté par leurs chauffeurs. Basile en raffole, c’est bien mieux qu’un tour de manège!

  Huanchaco

 ici, on savoure  de délicieux ceviches, les meilleurs de toute l’Amérique Latine!

 Cette petite ville au bord du Pacifique est connue pour ses  cabalitos de totora, frêles embarcations de roseaux qui rappellent celles de Uros du Lac Titicaca (…prochain article!).

 

La Sierra

Depuis  Casma,   nous bifurquons et traversons des hauteurs vertigineuses, les  chaines de montagnes de la Sierra.

les paysages changent rapidement,  entre désert et hautes montagnes, l’air est de plus en plus froid.

La  Cordillère Blanche
C est la petite Piaf qui monte qui monte, dans des petits virages serrés serrés… Anne Hélène serre les dents mais garde le sourire! Dans la piafmobile, nous gardons les yeux rivés  sur le GPS pour battre notre  record d’altitude!  Il faut dire que nous approchons  de la plus haute chaîne de montagnes tropicale de la planète. Nous traversons des paysages à couper le souffle,  au sens propre du mot aussi: l’oxygène manque sérieusement!

 nous avons atteint 4230 mètres!!!


 Les pics rivalisent d’élégance,  l’altitude se fait sentir  et il faut reconnaitre  humblement nous ne sommes pas  des alpinistes chevronnés : nous nous essoufflons (pas les enfants!) en montant les moindres petites marches de la ville de Huaraz. Point de départ des treks, Huaraz  est  perchée à 3090 m, coincée entre les imposantes  cordillères Blanche et Noire et prend l’allure d un Katmandou des Andes! Nous apercevons le plus haut sommet du Pérou, le mont Huascaran ( 6768 m) vers lequel les alpinistes s’aventurent.
 La plupart des villages que nous traversons ont été entièrement détruits par les  tremblements de terre. En 1970, toute la vallée fut ravagée et l’on compta  plus de 80 000 morts. Les rues des villages  reconstruits de manière impersonnelle arborent  désormais de petits immeubles de béton disgracieux. Mais toujours animés: les marchés, les boutiques, les visages surtout égayent  les rues  les plus anodines.


 

horloger

 

cordonnier

 

 

 on découvre de nouveaux fruits, à croquer, sucer, mâcher, chiquer …

Dans les villages, rien ne semble avoir changé depuis des siècles. Les costumes d’abord: jupes de laines de couleurs différentes enfilées les unes sur les autres, chemisiers brodés aux couleurs vives, un carré de tissu dans le dos placé en bandoulière permet de porter  bébés, herbes, provisions…

Les chapeaux, entre le  haut de forme et le melon, tressés ou feutrés, parfois ornés de plumes ou de fleurs  varient  de style d’un village à l autre, la couleur du ruban signifiant le statut social: noir ou brun pour les veuves, blanc pour les femmes mariées…

 

Sur la route qui nous mène  à la lagune Chinancocha,  l’air fleure bon l’eucalyptus. Le lac, bleu turquoise, est situé à 4750 mètres d’altitude.  les parois des montagnes  sont  abruptes et on apercoit au loin  9 pics enneigés. Etrange pour nos références européennes: nous atteigons des lacs de glacier dans une douce température avoisinnant les 15 degrés.

 

 Douceur de l air et de l’eau


 En chemin, nous nous arrêtons pour une dégustation de cuy, les cochons d’Inde grillés, pas très appétissants et  franchement coriaces!  Gilles et Caroline se contenteront de regarder…

  Lima

Le Paris-Dakar  à Lima

 Pour  les derniers jours passés avec les parents,  il est impossible de circuler dans la capitale péruvienne! Nous nous perdons dans les rues liméniennes au milieu d une foule euphorique, serrés  comme des sardines entre les fanatiques de course de désert…

En attendant que le centre de Lima se vide de ses 4×4 vrombissants,  nous flânons dans  les rues de Miraflores et  découvrons un Lima chic  et paisible, avec sa promenade  de bord de mer bordée de palmiers et de belles boutiques.   le grand Lima  colonial nous ouvrira ses portes plus tard,  mais il est déjà temps pour les parents de boucler leurs valises. Nous avons le sentiment d’avoir découvert avec eux le visage d’un Pérou très varié et inattendu, et  partager ce morceau de vie un peu à part.

ils pourront comprendre mieux que quiconque  parmi nos proches (avec nos potes les Viard of course, et bientôt les Salmon-Ceccini en Bolivie!!!) ce qu’a  signifié pour nous:

 dénicher un  nouveau nid tous les soirs,  faire un exercice de géometrie dans les vibrations et les tournants, chercher désepéremment une carte sim pour l’ipad dans une ville inconnue, négocier entre désir d’exotisme et réalité d’une piste impossible en Amazonie, ils sauront combien l’eau est précieuse et compté notre usage électrique, comment charmer la police corrompue et rester ferme à la fois, pester contre un GPS  incapable de vous donner le degré d’inclinaison et la largeur des pistes, préparer un repas pour 8 dans une cuisine d 1 mètre carré, jouer à1 2 3 soleil sur l altiplano,  réciter une leçon sur Louis XIV dans la sierra, faire une toilette de chat, inventer des charades quand la route devient longue, lire en diagonale les guides touristiques et écouter son intuition, dresser une table dans le désert,  gouter au bonheur d’une rencontre fugace sous un parapluie , donner à un tee shirt franchement crade l’apparence  de propreté quand on en a que 3 ,  ils auront aussi compris le  grand bonheur pour nous de dénicher un tuyau pour faire le plein et  celui de trouver des toilettes dans une station service!

  Le voyage apprend à s’assouplir,  il aiguise l’intuition,  il apprend à accueillir le miracle d’être emmenés par le souffle de chaque instant.

Et puis ils  sauront combien  pour nous vivre ensemble et  voir  tous les jours nos enfants grandis et transformés par la vie est un trésor inestimable!

 Bientôt,  dans le sud du Pérou, nous vous promettons des photos de lamas et de grands paysages andins,de belles rencontres aussi…On y est déjà!