C’est Bo li Vie!

LA PIAFMOBILE CHERCHE TOUJOURS UN ACQUÉREUR: ELLE EST TOUTE PRÊTE, PARFAITEMENT ÉQUIPÉE POUR UNE REMONTÉE VERS LE NORD!!!

 Écrivez-nous : lucsaintbonnet@gmail.com ou  csaintbonnet@gmail.com

Entre la Bolivie et le Chili

 Un  petit mois d’allers et venues entre ces deux pays voisins et presque antagonistes. Certes, ils partagent des paysages lunaires, célestes, des salars blancs comme neige et des canyons rouge sang,  des voûtes étoilées, des cheminées de fée… et si les vigognes et les lamas passent sans vergogne d’un pays à l’autre, les hommes, eux, connaissent les limites  des frontières: dans les postes-frontières, des affiches rappellent les derniers conflits en prévenant le touriste de la présence de mines anti-personnelles…Plongée dans une Histoire douloureuse.
 

 Le poste-frontière bolivien ressemble  à une cabane à frites! Pour la première fois, les douaniers, des deux côtés, veulent allonger  les frais…Nous restons fermes,  remplissons les papiers, et en moins d’une heure, nous voilà en

Bolivie

 Copacabana, Traversée du Lac Titicaca

Sur une barge plutôt sommaire, la Piafmobile croise des congénères  boliviens: bus, collectivos, et des voitures privées fraichement baptisées! En effet, à l’eglise de Copacabana, on se gare  en file indienne pour faire bénir son véhicule tout fleuri.

Un peu d’eau bénite, un signe de croix et Hop! le voyage est  garanti-assuré pour les prochains kms!

Nous nous préparons pour des routes hautes en altitude, en couleurs, et en coût d’essence: ici, le prix de l’essence, quand on daigne servir les étrangers, coûte 3 fois plus cher que pour les locaux. Evo Morales, premier président indigène en Bolivie, a tenu ses promesses de nationalisation des carburants. Entre autres…

Juli
 Marché avec un chaman -conteur-bonimenteur, la langue Quechua très gutturale donne à son boniment une gravité presque tragique d’obscure sorcellerie! Plus loin, des vendeurs de cordes tressées, de souliers fabriqués avec des pneus usés, de tulmas ( pompons à attacher au bouts des longues tresses noires),  des étals de racines improbables, d’herbes médicinales, de bloc d’argile et des pierres de sel, des sacs remplis de feuilles de coca… Bref, un marché avec ses aveugles,  ses petites filles, ses vendeurs de pacotille, ses chiens errants,..plus loin, un homme vend une poudre  magique  » testée par les Nord Américains, Mesdames et Messieurs, les japonais en raffolent! », c’est vous dire si ça vaut la peine!

 Nous quittons  bientôt les doux paysages lacustres  du Titicaca
 Ses dimensions, son  altitude  lui donnent  une impression unique et dans un ressac presque maritime, ses petits cailloux roses et blancs jouent une musique douce  de clapotis.

 Dans les villages, C’est Carnaval!

 

Dans l’altiplano, au mois de Février, les villageois dansent dans la boue au son d’une musique aigrelette, c’est le carnaval dans les campagnes.

 Ils tournent en  rond, deux par deux ou seuls,  agitant un mouchoir qu ils font tournoyer  au-dessus de leurs têtes. Le gros tambour et la flûte ne se pressent pas mais ne manquent  aucune pause  pendant que les jupes valsent allègrement.
Sur la route, nous nous arrêterons plusieurs fois pour admirer ces défiles colorés, et généreusement arrosés!

 

 les bandas:

L’arrivée à la Paz


 Une entrée  sportive et contrairement au nom qu’elle porte, cette ville nous a paru d’emblée totalement folle et  nous aura presque rendus fous!

Au détour d’une grosse avenue bondée,  entre deux places, nous nous glissons dans des ruelles un peu plus calmes

Le marché des sorcières et les foetus de lamas (pour les offrandes à la pachamama), les amulettes, les rues, les églises baroques, le couvent san Francisco…

amulettes

foetus de lamas

manifestation

 le couvent san Francisco

le musée de la musique

..et une circulation dingue sans priorité ni signalisation!.. Ici, c’est  le paradis du  » combi », taxi collectif duquel un préposé hurle à tout vent la destination à qui veut l’entendre. Ça grouille, klaxonne au milieu des cireurs de chaussures, diseuses de bonne aventure, entre hommes d’affaire ou jeunes mendiants. Une ville étonnante, perchée entre 3200 et 4000m d’altitude sur des formations géologiques surréalistes qui rougeoient à la tombée du jour.

la Valle de la Luna, tout près du seul bivouac possible pour la Piafmobile, nous offre de belles ballades  à l’écart de la ville. A pied pour moi, en quad pour mes gars !!!

.

 on s’amuse!

 Mais n’imaginez pas que nous passons notre temps à sauter,  l’école continue, les enfants travaillent assidûment tous les jours;  voila plus d’un mois que les cours du CNED ont été envoyés depuis la France… La poste bolivienne nous aura rendus complètement chèvres et grâce à l’aide de Robert, le neveu de notre amie Ana Maria  et à sa persévérance , nous pourrons enfin récupérer les cours des grands. Grand merci Robert pour ton aide si précieuse!!!

 Nous ferons sa connaissance lors d’un repas  convivial durant lequel nous retrouvons Ana Maria et sa famille.
Une rencontre, comme à chaque fois, qui nous enrichit beaucoup.
 Robert travaille à l’ONU. Journaliste passionné par son pays,  il nous livre des informations précieuses sur la Bolivie et son histoire sur laquelle il a écrit plusieurs livres. Il nous  confie son analyse de la situation politique actuelle de Morales, proche de celle de Chavez au Venezuela. Si Morales offre comme promis de nouvelles opportunités aux communautés rurales isolées, les indispensables éducation et accès aux soins, il bloque peu à peu les frontières au marché international, canalisant les médias,  briguant l’opposition, … Robert parle avec réalisme d’une dictature voilée présentant de réels dangers pour les années à venir. Cet après-midi fut extrêmement instructive et tellement agréable! Un moment convivial, passionnant, chaleureux.  Et combien frustrant de ne pas se connaitre davantage… Sois le bienvenu quand tu veux en France!

Retrouvailles avec les SALMON-CECCINI
Nous retrouvons nos chers voisins montréalais:
 Florent, Valérie, Hugues et Laure, les tant attendus!

Sur les chemins de la valle de la luna, aux formations rocheuses  si étonnantes, le soleil tape, aie aie, sur les petites peaux blanches de nos amis Canadiens.

Luc et Flo

Un joueur de flûte perché sur un pic rocheux laisse résonner le son aigu de sa  kéna.

 Belles premières journées  à nous 10, pour 10 jours ensemble entre la Bolivie et le Chili.  

Comment ne pas vous présenter la mascote du moment, un chien abandonné que les enfants ont baptisé Fidesco: il ne nous quitte pas de tout notre séjour à la Paz!

Écriture à 4 mains pour ce qui suit, Valérie m’ayant envoyé des lignes de son  » journal de bord » ,  je les  glisse  en bleu entre les miennes,  et vice versa!

En route vers  le parc Sajama

La route est très belle: nous passons à travers des formations géologiques incroyables, un paysage  semi-désertique avec des  mousses d’un vert pomme et des lichens, des herbes sèches, des cactus, des  petits taillis et le long de canyons, des  cheminées de fées… et peu à peu, à mesure que nous montons en altitude, les sommets enneigés pointent leurs nez

construction d’une digue, les plus jeunes suivent l’exemple des plus grands!

Arrivée à Tomarapi

Un village avec sa petite église blanchie à la chaux, ses murs d’enceinte en adobe.


Derrière les murs de pierres sèches  qui encadrent le village, des enfants nous épient et se cachent… Nous sortons  notre ballon, une partie de Tomate ouvre les vannes: rigolade des deux bords! 

Depuis plusieurs semaines, nos albums  illustrés en Espagnol ont mystérieusement  disparu…  Nous devrons  faire sans.
La pluie se met à tomber en fin d’après midi. Des feutres, des feuilles, chacun dessine sa maison avec ses montagnes, ses vigognes, les canards, le chien.

 Nous passons la nuit dans ce petit village isolé.
la famille Salmon dans l’unique gîte, les Saint Bo dans la piafmobile. la nuit est glaciale, Basile dort avec son bonnet en alpaca, nous gardons tous nos chaussettes! Glagla…

 

Le lendemain matin, la neige tapisse  les plaines désertiques. Silence et pureté.

 

Nous prenons une piste qui mène aux thermes pour plonger dans des  eaux entre 35 et 40°’ en pleine steppe, perdus dans les vastes plaines, au milieu de lamas impassibles. Du pur bonheur!

 La route qui mène à la frontière est une large piste non- asphaltée qui nous ballade entre nids de poules et ornières. Les vigognes et lamas se promènent allègrement dans la végétation altiplanique.

Nous aimons particulièrement  ces décors  : nous rendraient-ils  plus vastes nous mêmes, pour un temps au moins? 

C’est un peu comme si nous nous élargissions.

CHILI

 Nous passons devant la caravane sans fin de camions chargés de marchandises chiliennes


  pour arriver à la frontière

Plus que 4 heures de décalage avec la France!!!
Nous nous  approchons du bout du voyage, du bout du continent,  même si nous prévoyons de faire des allers et retours et  encore quelques  larges boucles avant de rejoindre la côte Atlantique! C’ est d’ailleurs assez difficile de tracer notre itinéraire pas encore clairement défini pour ces 2 derniers mois. Nous oscillerons entre le Chili et l’Argentine, avec un court passage au Brésil sans doute,  selon l’avancée de la vente de la piafmobile…

 En attendant, nous atteignons 4696 m à la frontière chilienne: record battu!!!

 En température aussi…

 Les SALMON  expérimentent les problèmes de passages de douanes. Sans papiers ni  sans assurance  du véhicule des SALMON pour le Chili, (merci au loueur de la Paz!)  Luc et Florent passent leurs soirées en pourparlers pour accélérer le processus. Les Chiliens  semblent sous-estimer l’intégrité bolivienne, et pourtant, même si les douaniers sont  très coopératifs des 2 côtés, nous passerons la nuit à la frontière, bien heureux d’avoir pour nous 10 notre maison sur le dos!!!… Près du lac le plus haut du monde, le lac Chungara.
 Nous continuons notre descente le long de l’épine dorsale de l’Amérique du Sud parsemée de volcans avoisinant les 6000 m d’altitude.

 arrivéée à Putre:

  • où nous chercherons désespéremment le moyen de retirer de l’argent, pas de banque, pas de change, pas de caisse…pas de chance!
  • où notre petite Laure attrappe un furieux mal des montagnes et ira respirer sous un  masque à oxygène: revigorant!
  • où nous trouverons une grande cuisine familiale avec un vrai four pour faire de vrais gâteaux!
  • où les couchers de soleil sont magnifiques (merci Valérie!)

Le lendemain, nous partons à 10 dans le 4×4 pour le parc de la Vicuñas. Une très belle journée nous attendait au Salar de Surire. Au programme: une multitude de flamants roses, des autruches, des buses, des petits renards et toujours des dizaines et des dizaines de lamas, vigognes et alpagas.


Nous avons traversé plusieurs guets qui  ont rappelé aux Salmon les traversées de rivières à Tahiti! Mais rien n’a découragé Flo et nous sommes rentrés sans problème, avec des images plein la tête!

 

 

Couleurs délicates, palette pastel.  Notre premier salar

 

Défi pour l’amateur de photo:
 Approcher une vigogne sur la pointe des pieds  avec la légèreté  d’un flamant rose, sans faire crier les mouettes, et clic! Saisir en un instant le cliché du siècle!

champs de quinoa

Renards du déserts, ouates andines,  flamants roses Saint James, vigognes ou guanacos…On en prend plein les yeux avant de reprendre sous des trombes d’eau une route  chaotique!

 15 ans le 5 Mars!!!

  15 bougies dans un resto style Bagdad Café  entre les cactus candélabres vers la route qui mène à Arica…

 téléphone arabe (lancé par Théophile) :

 « un chasseur-s’appelant-Foucault -avec-son-chapeau-jouait-du-charango-sur-sa-peau-de-guanaco! »

faites passer…

« … »

Le rdv des camionneurs et des militaires. On nous y sert un excellent repas, un cadre pittoresque pour célébrer un anniversaire! 15 bougies (durement dénichées à Putre), sur un gâteau fondant au chocolat (maison)…Joyeux anniversaire Foucault!!!

Arica et Iquique

 Retour au désert, nous rejoignons la cote chilienne, en passant devant des vergers et des champs d’oliviers plantés par les colons espagnols,  adieu les polaires, nous sortons les maillots!

 les Salmon nous ouvre les portes de leur hôtel,  et on plonge!!!

entre détente et dictées…

Le Chili ré-ouvre des portes que nous ne franchissions plus depuis de longs mois: des supermarchés,  des boutiques de chaines vestimentaires et dans les rayonnages: des pots de Nutella!!! dans les rues piétonnes: des pizzerias, des ventriloques, et des magasins de téléphones portables. Bon retour dans le monde de la consommation…

 

Le Chili  est considéré comme une référence économique en Amérique Latine. Ce pays ultralibéral est pourtant plein de paradoxes et de contradictions: le seuil de la pauvreté atteint encore les 15% et plusieurs millions d’habitants vivent juste au-dessus.
L’industrie  minière est le pilier de l’économie chilienne: 1er exportateur de cuivre et de lithium, de nitrate naturel et même de saumon d’élevage (avant la Norvège), par ailleurs bourré de colorants et d’antibiotiques!
 Le manque de diversité représente sans doute un danger pour l’économie  chilienne(le cuivre représente 55% de ses exportations)

 Au fur et à mesure que nous approchons de Arica, le contraste avec la Bolivie est de plus en plus frappant: aucun panneau de circulation en Bolivie, routes bien balisées après la frontière chilienne.
Au détour d’une conversation, nous apprenons que le Chili est en ce moment terre d’accueil pour de nombreux immigrants espagnols fuyant la crise; l »arrivée de médecins espagnols et autres professionnels est particulièrement bien appréciée.

La fameuse église commandée aux ateliers Eiffel fait face à l’océan.

Mais nous ne nous attardons pas car une mission plus importante nous attend:

découvrir les fameuses glaces artisanales de Arica.

Double glace pour tout le monde! Puis nous déambulons dans la ruelle des artisans. Les étals ont envahi l’étroit passage et regorgent de petits objets faits-main: du petit porte-monnaie à l’ocarina, en passant par les sacs en toile, les bijoux …Les affaires ne semblent pas miraculeuses mais qu’importe!

 Les vendeuses ont le sourire aux lèvres et engagent allègrement la conversation avec Théophile, puis toute la famille!

De Arica à Pica, Chili

9:45 départ pour Pica. Un long voyage nous attend. Quelques 6h de route pour 326km.
Nous quittons l’océan pour replonger dans le désert et ses dunes de sables à perte de vue. C’est la région de Pacha. Dans les vallées, palmeraies, oliveraies, arbres fruitiers, grâce à la présence de rivières savamment employées pour irriguer la terre. Une touche de vert au milieu des montagnes de sable (et de sel!).

Après quelques montagnes russes version dunes de sable (nous montons le long des flancs de montagne de rocaille) nous revoilà à 1300m sur les hauts plateaux. Une belle route toute neuve, toute droite, attention peinture fraîche… Et 30 degrés dehors!

12h45: des géoglyphes à l’ouest, des mini-tornades à l’est. Nous traversons des plantations d’arbres, tentatives de prise de contrôle sur une nature plutôt stérile.

 géoglyphes

1125 mètres d’altitude, 28 cm du sable, des roches volcaniques, des virages inattendus, un camion renversé malgré les maintes recommandations à la prudence…

Les hauts plateaux sont interminables mais nous arrivons enfin à Humberstone.
Une visite s’impose.

Ce qui n’est aujourd’hui qu’un village fantôme était, entre 1930 et 1960 une ville de 10,000 personnes, dont 3000 travaillant à la mine de Nitrate de sodium. Bâtie par le propriétaire de la mine, l’Anglais Humberstone, elle connut son apogée dans les années 50. Nous y retrouvons un théâtre,

 

un ancien court de tennis, une belle piscine en métal, une école, un hôpital… La ville aujourd hui totalement abandonnée avait sa forge, sa menuiserie, son hôpital, bref, tout à fait autonome. la sécheresse a permis une conservation quasi intacte des lieux, un decor idéal pour jouer au cow boy.

quelques clichés far-west pour un scenario  toujours en cours de réalisation… en avant-première: les images d’un western spaghetti:

Où est Charlie? 

a

 Pica

Nous reprenons la route à travers un désert de cailloux. Cette oasis tant promise semble invraisemblable dans ce décor. Au loin, une masse verte commence à se définir. Nous traversons des plantations de palmiers-datiers, d’orangers, de citroniers, de pamplemoussiers et de manguiers. une vraie oasis où les habitants de Iquique, petits et grands, aiment se ressourcer le week-end. Nous posons nos penattes à Santa Rosa. Il y a de tout : piscine, poules, paons, oies, canards, moutons, lapins et surtout des manguiers et dattiers qui proposent leurs fruits gentillement, au grand plaisir des enfants.

Pas très loin, Iquique et ses plages étendues de sable blanc. Les enfants construisent des châteaux de sable, et sur le port, dans les  vagues énormes du Pacifique, les phoques pêchent et plongent leurs grosses têtes de lions de mer avant de s’étaler au soleil sur les quais.

 Gratte ciel, belles demeures coloniale, une allure de station balnéaire? dans les zones urbaines, avec ses petites baraques colorées et une couche de peinture cache-misère, Iquique farde les maisons les plus misérables et frôle pourtant l’allure de bidonvilles.

Les geoglyphes de Pintados

 Des traces datant du IX ème siècle qui servaient à orienter les caravanes  qui traversaient les salares depuis l’Altiplano pour les échanges commerciaux avec la côte. Sous une chappe de plomb, on s’amuse à reconnaitre les dessins de lamas, les silhouettes humaines ou les formes géométriques sur le flanc des collines. Les pierres furent  placées de telle manière que ni le vent ni le temps n’ont eu raison de leur patience  et de leur entêtement à rester  là, à la vue de tous, comme de grands panneaux de signalisation visibles de loin. Pour les caravaniers d’hier et pour les curieux d’aujourd’hui.

De Pica à Uyuni

Départ de Pica à 9h40

caché dans le four: le quatre-quart à la mangue cueillie par Laure tôt ce matin, mais shuuuut! C’est une surprise!
Après discussion avec un paysan, nous préférons opter pour la route asphaltée, même si elle  rallonge le trajet de quelques 150km.

Ce matin, le ciel semble encore plus bleu que ces derniers jours. La chaîne de montagne se profile à l’horizon. Le paysage désertique s’étend à perte de vue.

11h30, 1900m, 24 degrés dehors .

 La route grimpe insidieusement. Les « moraines » font place aux dunes de sable. Ah! Je m’y verrais bien sous un parasol, avec un grand verre de « pisco sur » glacé! Les montagnes se rapprochent, ou bien est-ce une illusion? Non. Elles étaient toutes bleues et là, commencent à se revêtir de brun, de verts, puis d’un ocre omniprésent. Élégamment parées de leur petits chapeaux de nuages blancs. 2500m.

11h55, 3007 m.
12h05, 3500 m.
12h15, 4000 m. La température tombe à 9°c.
Rencontre de 3 carabinieros vraiment sympas: l’expérience, la connaisance, la motivation.

Florent échange des autographes (et oui, on ne rencontre pas des acteurs tous les jours!) contre de l’info sur l’état des route, les postes frontière. …
13h15, 4330m.

Pour rejoinder le salar d’Uyuni, nous ne parvenons pas à connaitre l’état des routes…et par où passer?

Par le Sud, par le Nord ? les carabineros se contredisent,  pour certains la piste serait impossible sans 4×4, pour d’autres,  il n ‘y a même pas de poste frontière au sud,  le seul moyen serait de remonter au nord par Colchane?  Trop loin pour nous, nous n’avons de toutes façons pas assez de carburant, et de surcroit, il n’y aurait pas de station essence… Nous tentons donc notre chance par Ollaque. C’est l’aventure! Et c’est sans regret tant les paysages sont à couper le souffle!


 Heureusement, le 4×4 des Salmon nous trace la route, et nous suivons entre contemplation et crainte  la route qui sillonne au milieu des volcans enneigés, des lacs salés.

 Les nuages projettent leurs ombres  galopantes sur les flancs des montagnes.

Par chance, il semble que la déniveleuse vienne de passer, aplanissant  la piste rien que pour nous! Ouf!  Nous pouvons traverser cette route  normalement impraticable pour la Piafmobile, et absolument magnifique…

Les grands paysages comme un cadeau pour nous tout seuls, sous un ciel pur. Le long de notre route silencieuse, nous réalisons le privilège d’être ici, devant de si larges panoramas. Quel bonheur, comment le partager?…  un nouvel espace s’ouvre en nous; ni vertige ni euphorie, simplement ce qu’on appelle sans doute la Paix.
 

En voici de maigres aperçus… Des clichés d’espace et d’infini
 

 

Mais attention, une si belle route ça se mérite!
 Et parfois même, ça se refait: Florent, Foucault et Côme se transforment en cantonniers, calent de grosses  pierres volcaniques dans les crevasses pour que la Piafmobile passe.

Et elle passe!

Quelle équipe: Florent et Valérie, sans vous cette route était inenvisageable, Merci de l’avoir traversée avec nous!!! Quel bonheur pour nous de faire la route avec  votre famille, enthousiaste, simple et joyeuse!

 Passage de frontière, retour en Bolivie.
 Mais le Chili n’a   peut être pas dit son dernier mot: reviendrons-nous à Santiago?… à la fin de notre voyage, si la vente de la piafmobile nous le permet…

La montagnes nous dévoile ses richesses une à une.

Le salar de Copaiso s’étend au pied des sommets enneigés et nous invite pour les 7 ans de Hugues! 

Tartinade d’avocat et oeufs brouillés, chiffonnade de tomates en dé, chips et Gâteau aux Mangues maison, avant une partie de Piñata  et de 1.  2. 3. Soleil!!!

Joyeux 7 ans Hugues!!!

Nous passons devant une grande mine de cuivre à ciel ouvert. Un lac a été créé pour la  retenue d’eau, ses couleurs nous semblent d’un vert peu naturel. Des viscachas se sauvent à notre approche, les vigognes sont de retour et les montagnes au loin paraissent inatteignables.

Nous voilà à Ollagüe, poste frontière.

Les démarches se passent sans problème mais le départ est retardé: les clés du camping car sont restées à l’intérieur et la porte est verouillée!! Passant par la petite fenêtre, Basile  nous sauve!!

 comme il y a toujours un bon côté aux imprévus, ce petit retard nous permet d’être témoins d’un coucher de soleil spectaculaire: des rayons bleus s’élancent dans le ciel alors que le soleil va se cache dernière les sommets enneigés.  Nous n’en croyons pas nos yeux!

Nous avons un nouveau compagnon pour quelques centaines de kms, Thomas, jeune routard vagabond-voyageur-au grand coeur…il plantera sa tente près de celle de Florent et Valérie.

La nuit s’abat sur nous et nous trouvons vite un endroit pour dormir. La lune est presque pleine, les étoiles apparaisent. Aucun vent, aucun bruit. Le poste frontière étant fermé, plus personne ne passera par là jusqu’à demain matin. Dans la Piafmobile, soirée pâtes sur fond de charango, arrosé d’un bon vin chilien. La tente est montée. La nuit s’annonce douce.

Lever 7h30. Petit-déjeuner « sur l’herbe ».


Une petite randonnée sur la colline au pied de laquelle nous avons dormi. Des montagnes enneigées sur 360 degrés, une pause pour méditer sur ce vaste territoire encore vierge et silencieux.

  …et lancer des cailloux!

 

11h15, nous prenons la route pour Uyuni.

 Nous avions  perçu la blessure encore béante en Bolivie de la perte de leur accès aux côtes du Pacifique. Les gens semblent méfiants, répondent hâtivement, sourient peu…  Ce pays nous aura paru dur, blessé,  et surtout extrêmement pauvre.
 La guerre du Pacifique a entrainé la perte injuste d’accès a la mer, le conflit inégal mit en scène les forces limitées de la Bolivie face à l’expansionnisme chilien. Appuyé par l’Angleterre pour l’exploitation du guano et du salpêtre, le Chili en sortit facilement vainqueur. De son coté, la Bolivie aura subi successivement des pertes de territoires avec les pays frontaliers en quête de  richesses minières. Evo Morales,d’origine aymara, met aujourd’hui en place une politique socialiste favorisant les campagnes et les populations indigènes jusqu’ici fortement délaissées. Difficile de ne pas s’en rendre compte en traversant ce pays: les axes routiers relient exclusivement les grandes villes, les régions  restant isolées, extrêmement pauvres.  De grands chantiers tracent  aujourd’hui de nouvelles routes encore à moitié asphaltées. La piafmobile n’aura jamais autant vibré sur  de la tôle ondulée! Et malheureusement devra renoncer à d’autres, encore inondées par les pluies, peu entretenues…Nous traversons aussi des villages abandonnés, des montagnes rognées pour l’exploitation de l’argent, du cuivre, de gaz…
  Par exemple, le nouveau village de San Cristobal a vu se développer des infrastructures alléchantes pour les habitants (électricité, eau courante…) mises en place par l’entreprise japonaise qui exploite les mines d’argent. Le village installé en amont sur les veines d’argent a été délocalisé quelques kilomètres plus loin. A court terme, la population se satisfait de cette aubaine qui assure aux agriculteurs,devenus mineurs pour un temps, un travail pour les 10 prochaines années.  C’est malheureusement sans considérer les dégâts écologiques ( les lagunes sont asséchées, les montagnes se transforment en gruyère!) et les impacts sociaux à long terme. Mais comme dit un taxi:

« Quand on est pauvre, on pense pour aujourd’hui, pas pour  demain. »

 le Salar d’Uyuni

 Arrivée dans la ville d’Uyuni, drôle de cohabitation  entre les locaux,  souvent très pauvres, et les colonies de voyageurs au long cours 

 

 le salar

Immense désert de sel de 12 500 km²,  c’ est éblouissant et on ne sait plus bien si on est…

Sur l’eau?


…ou dans les airs?

Sur ce paradis blanc, des centaines d’hommes piochent pour dégager des briques de sel non iodé…pour 0,60€ la tonne de sel!


Cet immense lac salé serait-il menacé? D’après des scientifiques, plus de la moitié des réserves  mondiales de lithium gisent sous le Salar, ce qui en intéresse plus d’un… A suivre!

 Avant que les oiseaux canadiens reprennent leur vol, clic Clac, l’oiseau sort du sac! l’horizon infini et sa planéité parfaite nous offrent l’occasion  de pauses photo rigolotes!


 

Nos amis reprennent la route vers la Paz, puis s’envoleront vers la Belle Province, d’autres espaces tout blancs, et Montréal que nous aimons tant. A bientôt les amis!

 Le Sud Lipez

  Nous partons  pour 3 jours en 4×4 avec teophilo notre guide dans le  magnifique sud Lipez, parmi les paysages les plus beaux de notre voyage, sans aucun doute!

   la Laguna colorada,

 envol de piaf

un lac rose entouré de volcans que les flamants  survolent nonchalamment. Le silence qui y règne est pénétrant, l’air est  pur… Un paysage presqu’ irréel.

 

 les reflets des monts enneigés

 

Laguna Verde licancapu  5980 m
Nous sommes à la frontière du Chili et de l’Argentine… ça mérite une petite danse, non?

Plus loin,Pampajara, qu’on surnomme aussi le Désert de Dali  (on comprend assez bien l’allusion) avec ses rochers aux silhouettes surréalistes!

La  Laguna Polques, appelée aussi  Laguna salada nous invite dans ses bains chauds à  37°, avec des Polonais,nous nous prélassons  dans un petit bassin  naturel et avons bien du mal à en sortir!

Les  Geysers  Sol de la Mañaña, attention très très chaud: 200 °c, et très très haut: ça y est, nous avons atteint les 5000 mètres!  il fait très froid!!!

Ici, on utilise la géothermie pour mettre en place des turbines électriques  afin d’alimenter le sud-Lipez en électricité.

 L’arbre de pierre
 

le plus téméraire de tous atteint souvent les sommets  avant les autres!

 devinez: de qui s’agit il?

La vallee de las Rocas

 des piafs sous les ailes du vautour de pierre

Au retour à Uyuni, nous ressortons nos cartes  et demandons l’avis des locaux sur l’état des routes. À notre grand regret, nous devons renoncer a la route des Missions jésuites, au Nord-Est de  la Bolivie. Nous irons visiter celles de l’Argentine…

En route donc vers Potosi

    Nos nouveaux compagnons de route pour quelques jours, Julien et Louise, un couple franco-belge rencontrés à Potosi,   jeunes amoureux-voyageurs au long cours

Potosi

Ville coloniale grouillante, animées, polluée (le manque d’oxygène liée à l’altitude n’améliore pas la combustion de CO2). Une ville historique  dont voici la devise:
  » Je suis la riche Potosi, le trésor du monde, la reine des montages et la convoitise des rois »,rien que ça!
Avec la découverte des mines d’argent du Cerro Rico,Charles Quint éleva la ville au rang de ville impériale!
On dit qu’au milieu du XVIIème siècle, Potosi était aussi importante que Londres ou Paris…
Mais à quel prix? 6 millions d’Indiens, Aymaras, Quechuas, des Africains venus par le biais du commerce triangulaire furent  soumis à la Mita (travail forcé …et gratuit!) pour l’exploitation des mines d’argent. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de mineurs mourraient d’épuisement ou empoisonnés par les vapeurs toxiques du mercure.
 Le flux d’argent de Potosi vers l’Europe favorisa le développement du capitalisme, dont les vrais bénéficiaires furent les pays du Nord de l’Europe, la France notamment.

 Musée de la monnaie: c’est ici qu’on frappait les pièces d’argent pour le vieux continent.

Les mines


 Autrefois exploitées à ciel ouvert par les Espagnols, la montagne est aujourd’hui un véritable gruyère. Quant aux conditions de vie, c’est Germinal!


 Organisés aujourd’hui en coopératives, les mineurs  disposent de moyens minimes: l’ascenseur, trop cher, est remplacé par un système de poulie manuelle qui descend au creux de la Terre en 17 étages, remontant pierres et hommes dans des larges sacs en cuir.

Dans la boue et la poussière, à travers des tunnels sombres et des passages étroits, nous posons nos pas pour quelques heures dans ceux des mineurs, âgés de 13 ans  à 65 ans.  Les conditions de vie sont plutôt sombres: silicose, accidents; moyenne de vie: 45 ans.


les mineurs doivent acheter leurs propres explosifs, gèrent eux-mêmes leur temps de travail, parfois sans limites: payés au rendement,  selon la quantité de pierres et selon la chance, ils ne comptent pas leurs heures.. La feuille de coca chiquée en permanence (tous les mineurs mâchent une  boule proéminente, mélange de coca et de pâte de bicarbonate de soude entre leurs dents noircies) coupe la faim et  permet de lutter contre le sommeil. On nous dit qu’elle sert aussi de filtre respiratoire contre les dangereuses émanations?

Le travail consiste à suivre une veine alliant le plomb, l’or, la pirryte ( l’or des fous), le zinc, le cuivre, l’argent, il y a aussi de l’amiante et de l’arsenic…


 El Tio, le dieu diabolisé par les Espagnols qui s’en servaient pour manipuler les mineurs en les terrorisant, est aujourd’hui vénéré par les mineurs.

 Ils lui vouent un culte en lui présentant des offrandes  de coca et d’alcool à 95 °qu’ils partagent avec lui les jours de fête du Saint Esprit et des Compadres. Un  mineur, Fernando, prend le temps de nous expliquer son travail, les garçons sont captivés par les pierres et  nous sommes tous émus par les conditions de vie des mineurs, parfois à peine plus âgés que nos aînés.

et nous montre les pierres précieuses et semi-précieuses

 

 après avoir remonté la poulie avec Foucault, Côme se met au travail; c’ est lourd et plutot pénible!

En plus des dégâts écologiques, cette organisation auto-gérée nous choque; comme dit Foucault:

« c’est de l’auto-exploitation!!! » 

 Ont-ils vraiment le choix? Depuis Morales, les mineurs ont néanmoins une meilleure protection sociale et une assurance vie (minimalistes)…Difficile de ne pas tomber dans le misérabilisme…La visite fut très marquante pour chacun d’entre nous. Comment ne pas etre bouleversés par la rudesse de ses vies au coeur de la Terre?

 Sur la route vers l’ Argentine.
 Comme souvent à l’approche d’une frontière, nous  traversons un sas durant lequel nous ne savons plus bien où nous sommes, entre  deux Histoires, deux cultures, deux peuples qui ont vécu des conflits parfois récents, des pertes de territoires, des pertes humaines… Et souvent aussi, nous avons senti les méfiances d’un peuple envers l’autre, des rancœurs, voire du racisme. Notamment de la part des Chiliens envers les Boliviens. Comment en effet la politique de Morales et celle, ultra-libérale du Chili, peuvent-elles coïncider? les blessures successives depuis la guerre du Pacifique ne laissent pas présager des échanges plus paisibles…et si les forces sont terriblement inégales, les alliances s’organisent: Cuba,  le Venezuela, le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, l’Argentine unissent leurs forces.

Vers quel avenir?

 ce sont eux qui nous le diront:

 sur les grandes routes, ou les chemins de terre, partout nous croisons  des enfants, parfois vendeurs de pacotille, souvent aussi  petits écoliers dans leurs uniformes impeccables. Ceux-là  parmi tant d’autres font du stop pour rejoindre l’école la plus proche, et sont un peu intimidés, puis tout heureux de monter dans la piafmobile!

.

En attendant, nous retrouvons les joies du camping sauvage!
 

En quelques heures, nous redescendons à 2800 mètres, les lamas cèdent la place aux vaches et aux ânes.
Plantée au milieu d’un cirque de montagnes rouges, Tupiza nous révelle, tout près de la frontière argentine, une  Bolivie plus riche et à la température plus clémente.

 

 

Nous avons beaucoup aimé l’atmosphère de cette petite ville paisible, son marché bien garni, sa place ombragée avec ses tables de billard  à l’extérieur.


Le paysage de  la Quebrada, gorges aux formations rocheuses fantastiques, invite les garçons à une ballade à cheval à travers ces canyons au relief lunaire.

 Ambiance Far West!

 

Feu de camp, barbecue, école sur nos tables de camping ou assis dans l’herbe avant la recréation sauvage à la recherche de petit bois…  On est seuls au monde  pour quelques jours et on adore ça!  Autour du feu, on lève les yeux vers un ciel constellé d’ étoiles pour trouver la croix du Sud.

Trouvée!

Notre dernière nuit bolivienne sous la voûte céleste nous fera savourer à quel point, vraiment,
C’EST BO, LI VIE!!! 

 Nos billets de retour sont pris, nous atterrirons à Nantes le 19 Mai, et comme dit justement Basile en évoquant le dernier jour sur le continent américain:

  » on sera à la fois très tristes et très heureux »…

En attendant, nous sommes impatients de découvrir l’Argentine, les gauchos, les chutes d’Iguazu, la pampa,

mes carnivores de garçons  préparent  déjà le barbecue pour les légendaires grillades,

nous avons hâte de retrouver  Florencia, Gonzalo…  

 Et puis comme d’habitude, nous nous attendons au meilleur: l’inattendu!

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :